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FERMENTATION DES VOLCANS HOMOGÈNES

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Fig. 37. — Coupe sur le chemin de fer de Prague.

a, tuf basaltique présentant les cristaux d'aupite en mince» couches; b, conglomécat basaltique formé de bombes arrondies, riches en divine ; c, masse basaltique partagée en colonnes.

Ces masses éruptives, cependant, ne possèdent pas une uniformité complète; au contraire, par des modifications de structure, elles présentent les connexions les plus étroites avec les volcans stratifiés. Ce sont des formations de brèches au contact de la masse volcanique, avec les roches voisines, des dépôts de tuf et de fragments volcaniques dont l'éjection a précédé l'éruption de la masse fluide ou a eu lieu en même temps (fig. 57), mais dont cependant la quantité est très -faible comparativement aux volcans stratifiés; ce sont enfin des productions amygdaloïdes qui font supposer un état primitivement poreux, scoriacé, de la roche, par où elle se rapproche de certaines laves des volcans stratifiés.

Les tufs et les conglomérats qui naissent évidemment à l'intérieur de la gorge volcanique par les explosions

de vapeur, à la manière des cendres, sables et bombes des volcans straliflés, accompagnent très-ordinairement les volcans homogènes trachytiques, andésitiques et basaltiques. La production de ces masses meubles a précédé la sortie delà lave. Si l'arrivée de l'eau, dont l'explosion a déterminé leur éjection, n'avait été interrompue, la formation de bombes et de cendres eût continué, et au lieu d'un volcan homogène, il se serait formé un volcan stratifié. L'étroite connexion des deux sortes de volcans ressortira encore plus nette lorsqu'on réfléchira que les volcans, pendant leur période d'activité, peuvent combiner les deux types primitifs. Santorin était d'abord un volcan stratifié dont les bords du cratère ont formé les îles de Thera, Therasia, Aspronisi; c'est seulement plus tard que s'élevèrent au centrç du cratère, que la mer était venu occuper, ces volcans homogènes dont les sommets forment les îles Kaimeni (fig. 30). C'est de la même manière que s'est élevé dans le volcan d'Astroni,près de Naples, au milieu d'un cratère formé de couches de tuf ponceux, un cône trachytique de plus de C6 mètres de hauteur. La Rocca Monfina et le puy de Sarcoui sont d'autres exemples. Ce dernier est un mont trachytique en forme de cloche, du plateau central de France : il est sorti des cratères de deux cônes de cendres. Palma aussi présente au milieu d'un grand cratère de volcan stratifié un dôme trachytique. On désigne ces sortes de volcans par le qualificatif de combinés.

§ 18. Formation des volcans homogènes. — Il a été démontré plus

1^2 CAUSE DÉRUPTIONS.

haut que la conformation et la nature pétrographique des volcans stratifiés étaient essentiellement déterminées par le conflit entre les gaz et vapeurs qui s'exhalent de la cheminée volcanique d'une part et la lave fluide d'autre part. On a vu également que la plus grande partie des matériaux qui composent le cône volcanique stratifié devaient leur état meuble, fragmentaire, aux explosions de vapeur qui se répètent continuellement pendant la période d'activité du volcan. Le conflit de la lave avec l'eau, et, par suite, le puissant développement de vapeur qui s'ensuit, joint à un état peu visqueux de la lave, détermine donc la formation d'un volcan stratifié en communication avec l'inlériepr de la terre par le moyen d'un canal. Mais un volcan homogène se forme quand l'eau ne vient plus rencontrer la lave, quand il n'y a plus abondante production de vapeur : la lave s'écoule alors en grande quantité et tranquillement. Quand la lave sort du canal volcanique dans un état voisin de la solidification, elle ne coule pas au loin, mais s'amasse autour de sort point d'émission pour former des cônes, des buttes {volcans en dômes) ; lorsqu'elle est très-fluide, peu visqueuse, elle s'étale en nappes. L'homogénéité de la masse éruptive et la régularité de la montagne qu'elle forme, qui peut seulement s'expliquer par la solidification de toute la masse à la fois, montrent que les uns comme les autres sont dus à une seule éruption. Lors de la formation des Kaimeni de Santoiin en 1866, on a pu voir apparaître tout d'une traite une masse de lave de 200 mètres de puissance, à parois abruptes (cône d'éruption homogène).

Puisqu'il est reconnu que les cônes de basalte, de trachyte et de plionolithe sont des volcans, et que la notion ancienne comprenant seulement les volcans stratifiés est ainsi élargie, il faut admettre l'étroite connexion des formations éruptives des temps anciens avec les produits actuels des volcans: un typhon de porphyre carbonifère, une nappe dyasique de mélaphyre, un dépôt paléozoïque de granité ou de diabase ont la même signification qu'un cône de trachyte ou une nappe de basalte. D'un côté comme de l'autre, il s'agit d'un épanchement volcanique accompagné d'une éruption faible ou nulle de matières meubles.

La cause des éruptions volcaniques doit être attribuée à ce que, par suite d'une déperdition de la chaleur intérieure, la croûte solide de la terre se contracte. Si faible que soit cette contraction, la masse ignée comprimée réagit et pénètre dans les fentes de l'écorce terrestre, où elle peut se solidifier en filons, ou se répandre à la surface de la terre, sous forme de dômes, de courants, de nappes, etc. Les phénomènes remarquables et imposants qui accompagnent ou précèdent leséruptions (tremblements de terre, pluie de cendres, éruption de bombes, etc.) ne sont qu'accessoires malgré leur puissance, et résultent de la rencontre et du conflit du magma

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