ESTH10MENE DE LA VULVE
hypertrophique de la grande lèvre esl si considérable qu’elle éveille I idée d’éléphantiasis. Ces parties indurées son! rarement douloureuses, à moins d’être momentanément enflammées; pourtant les caroncules du méat urinaire sont ordinairement très sensibles (Duncan).
Les formes bvperfrophique et ulcéreuse sont parfois isolées, mais le plus souvent confondues en une forme mixte.
Diagnostic. — La marche lente de l'ulcération, son cortège hypertrophique et l’absence d’engorgement ganglionnaire notable la feront
. distinguer du chan-
cre phagédémque ,
des syphilides tertiaires, du cancer.
On ne pourra la confondre avec l'éléphantiasis, où il n’existe pas d induration marquée des tissus ni d’ulcération spontanée.
Pronostic. —
Cette affection est grave, quoiqu'elle ait une marche lente : l’affection peut avoir une durée de huit à dix ans. On a vu la
morl survenir par péritonite, à la suite d'une propagation, du côté du rectum.
Fig. 78 i. — Esthiomène de la vulve.
Un cenlre tuberculeux avec sa cellule géante.
1. Cellule géanle contenant un nombre énorme de vaisseaux. 2. Tissu çonjonctr lâche avec nombreux éléments cellulaires arrondis. 5. Gros vaisseau. Vide entre la cellule géante et le tissu ambiant.
Étiologie. — L’eslhiomène esl une affection rare. C'est de vingt à trente ans qu’elle a élé le plus souvent observée, chez les femmes de la liasse classe, les prostituées. La cause la plus importante est la tuberculose dont elle n’est, d’ailleurs, qu'une manifestation cutanée. 1 ne malade de Le f ort, deux de Bernutz et deux observées par Fiquet1 avaient des antécédents tuberculeux très nets. Toutes les causes qui amènent la misère physiologique, privations, excès, syphilis héréditaire, prédisposent à l'esthiomène.
Traitement. — Il consisté essentiellement dans la cautérisation des ulcères ou l’excision au bistouri des portions hypertrophiées. Le cautère actuel est très préférable aux caustiques potentiels, acide nitrique fumant (E. Martin), potasse caustique (G. Voit), acide sulfurique (Guil-
1 Fiquet. Essai sur l'eslhtomène de la région vulro-anale. Thèse de Paris, 1 S 7 <j .