‹ Traité de l'accompagnement modal des psaumesChapitre 20 sur 32 · III. — Mode de FA intense · texte numérisé non relu

III. — Mode de FA intense

Malgré la brièveté de cette antienne, l’importance de la tierce la-ut = ut-la est manifeste. La fondamentale, inexprimée, est Fa. Si l’installation de la Quinte Modale sur l’accent de Jérusalem est jugée trop dure, on différera l’émission de cette quinte jusqu’au dernier son de la cantilène.

La meilleure formule d’accompagnement est ici la Quinte Modale, installée d’un bout à l'autre du verset, intonation exceptée. Pas de tierce : la formule psalmodique insère celle-ci dans la quinte, pour conclure. Variante :

La fondamentale reste affirmée jusqu’à la médiation. Après quoi elle cède le pas à une pseudo-tonique occasionnelle; ce qui n’est pas d’un très bon exemple. Mais il faut songer aussi, dans ces formules intenses, à éviter la mièvrerie. Et après avoir entendu la tierce conclusive à la fin de l’antienne, mise en évidence par l’installation de la Quinte Modale, on souhaite de ne pas conclure tous les versets de la même manière. Le premier de tous, en particulier, échappera avec avantage à la conclusion sur la pseudo-médiante.

L’astérique signale une broderie vocale et des « échap pées », à l’accompagnement.

Mode de RÉ autonome.

Antienne [Férié II, Ire semaine de l’Avent, à Vêpres] à Magnificat :

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La Quinte Modale, spécifiée dès les premiers sons mélodiques, est immédiatement située dans l’échelle de ré autonome par l’émission du si naturel. Il faut tenir compte de ce fait dans l’harmonisation et rappeler, au moins furtivement, cesi ^ :

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Ne point hésiter à traiter en appoggiatures les deux sol de la terminaison; car tout le verset pourrait être harmonisé par l’émission de la seule Quinte Modale, ou mieux — en raison des broderies vocales autour du la — par l’émission de la tierce ré- fa | fondamentale et pseudo-médiante]. El il est recommandable de se contenter, pour deux versets au moins, de cet accompagnement rudimentaire.

Antienne [IIe dimanche de l’Avent, à Laudes] montes et colles : les sons terminaux des distinctions, situés sur les degrés V, I, IV, V. sous-finale , IV et I, et la contexture mélodique ne laissent aucun doute sur la région occupée par la Quinte Modale. Il faudra discrètement, dans l’harmonisation, faire entendre le si t] organique de l’antienne [trop longue pour être reproduite ici]. Et comme nous sommes très loin de ré mineur , il sera bon de ne pas conclure au majeur relatif moderne [fa majeur}.

C’est épineux ;

L’arrangement ci-dessus a pour lui la logique modale.

Cantilènes altérées.

Celle qui suit est « déraillée ». Entendre par là qu elle commence en un ton [sens moderne] et finit en un autre. Gevaert a étudié les transformations successives de ces mélodies et la plupart de ses conclusions restent inattaquables [Mélopée antique, ch. vii]. L’édition vaticane, ayant cependant adopté les versions les plus récentes, nous met en présence de disparates telles que [Ier dimanche de l’Avent, à Laudes], ecce veniet :

où la quinte phrygienne se transpose, en cours de route. De ceci :

elle passe à cela :

De sorte que si 1 on demande à 1 antienne de renseigner sur la fourniture harmonique du verset, on risque, en cette opération, de « dérailler ». Mieux vaut s’en tenir aux conclusions fournies par les deux dernières distinctions et ne pas abuser, dans le cas présent, du contraste entre les deux quintes opposées : elles ne sont en effet qu’une seule et même quinte, émise à deux hauteurs différentes. La réalisation la plus simple sera donc en ce cas :

Mais cette autre, qui n’installerait point lourdement le sol , peut être un type de variantes :

L'astérisque marque une anticipation, par la partie vocale.

d’un des sons de l’accord parfait terminal. Cet ut est accentué. Le double astérisque signale les broderies simultanées et antagonistes du chant et de l’accompagnement; accentuées aussi. Il faut que les appoggiatures aient une raison d’être et qu’elles se trouvent soulignées.

Voici une antienne, dégénérée dès le Moyen Age, signalée comme telle par le pseudo-Hucbald, et dont l’édition vaticane accepte les versions récentes. On y lit, non sans surprise :

Antienne [IIe dimanche de l’Avent, à Laudes] urbs fortitudinis :

HTr r=i;WT

Ai - le-lû-ia

Les deux premières distinctions font croire qu’on est en mode de Ré autonome, transposé d’une quarte à l’aigu; les trois dernières sont en mode de Sol normal. [Voyez Gevaert, Mélopée antique , p. 196, ch. vu]. Il n’y a ici dans l’usage du si [7 rien qui rappelle le mécanisme des Conjointes; c’est une altération de l’échelle modale. Les éditeurs ont eu sans doute leurs raisons de la conserver et il faut, dans l’accompagnement du verset, s’en souvenir. L’emploi du si |? y sera difficile, en raison de la forme mélodique de la psalmodie, car le si fcj figure et à l’intonation, et à la terminaison. Mais dans le cours du psaume, l’intonation disparaît et, avec elle, le si \ initial. On pourra donc réaliser, suivant le cas, soit :

[L’asténque signale (200), non une septième, mais une broderie supérieure du mf, avec élision du mi de passage entre ré et fa] — soit :

Je n’hésite pas (201) à traiter en broderie appuyée l’accent tonique de Dômini, et en anticipation la seconde syllabe atone de opéra. Les notes réelles sont ici ré, fa, mi; et, après la médiation, ré, si.

Il serait tolérable, dans un verset pair, de conclure sur l’accord parfait de ré mineur [avec ou sans tierce], au lieu de l’accord de sixte proposé ci-dessus (201). Mais il faut, dans les versets sévères, selon les règles proposées, ne point émettre directement une fondamentale autre que celle de l’antienne.

Antienne [Férié IV de la IIe semaine de l’Avent, à Magnificat ] Sion [la même, quant au thème — avec

quelques différences de détail appelées par les syllabes verbales — que l’antienne « déraillée » précédemment produite ( 194). Ici, également, le si [? se trouve, dont on pourra faire usage] :

Quâr- tus tô - nus sic in - ci - pi - tur et sic me - di - â - tur,

at - que sic fi - ni tur

at - que sic fi - ni - tur,

Wf

La fondamentale est fa, mais le mode est de Sol, transposé d’un ton [sens moderne] au grave. On peut conclure aussi sur l’accord d’u£ (B), sans tierce incluse. La broderie avec le si tj [*] suppose nécessairement que ce si t] a été employé avant la médiation, à l'exclusion du [?.

Antienne [Férié II de la IIP semaine de l’Avent] ecce veniet Dominus ], encore le même que (194)5 mais sans si [> dans la dernière distinction. Il est impossible d’assortir l’harmonisation du verset à la Quinte Modale qui conclut cette antienne « déraillée ». Donc ne pas hésitera user du contraste commandé par l’antienne elle-même, à attribuer au psaume la Quinte Modale de la fondamentale sol et, par conséquent, à finir sur la pseudo-médiante :

Le jeu actif des notes de passage et des broderies produit ici des dissonances qui renforcent parfois l'accentuation ; par exemple la septième dans medidtur, engendrée par la broderie du sol , à la partie inférieure.

Mode d’UT.

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