‹ Traité de l'alcoolismeChapitre 125 sur 201 · CIDRE · texte numérisé non relu

CIDRE

ALCOOL

ANNEES

(Boissons distillées)

total ù ioo«

litres

litres

litres

litres

litres

io5

-ëi

lOI

ib

(') Le litre de io«. géncralemenl adopté, nous semble exagéré. Celui de 9",3.

est la moyenne d'un grand nombre d'analyses concernant les différents crus et

une série de récoltes annuelles.

(*) Une autre statistique donne : 112 litres de vin par tête (quantité réolleinenl

imposée : 91 hectolitres); 28 litres de cidre; 5 litres 08 d'alcool (quantité ^o^a/e,

c'esl-û-dire quantité réellement imposée -j- consommation en franchise « éva-

luée »).

(') Une autre statistique donne : vins, ii3; cidre, 3a; alcool, 4*8i; soit, en

rectifiant le chiffre delà population (Voy. la note de la page précédente) : vins, 112 ;

alcool, 4,77.

(*) Cet accroissement semble dû à ce c^ue la loi du 3i mars 1903, sur les bouilleurs de cru, a augmenté la consommation visible d'une partie de ce qui se ven-

dait en fraude, sous le couvert de la « franchise. »

s'est fortement accentuée dans la seconde moitié du xix" siècle, et, circonstance aggravante, les boissons à titre alcoolique élevé — eaux-de-vie, apéritifs, vins-liqueurs aromatisés — en sont devenus les principaux agents. Il faut toutefois recon-

Triboulet, Mathieu et Mignot. Traité de Talcoolisme. 26

4oa

DEMOGRAPHIE

naître que, depuis le début du présent siècle, la consommation de ces liquides semble subir un très notable recul (Voy. tableau, p. 4^1, années 1900 a 1903).

La répartition de la consommation des boissons distillées, sur le territoire français, n'est pas uniforme.

Ainsi, la première des deux statistiques précédentes fait clairement ressortir ce fait, bien des fois constaté, que la région particulièrement contaminée par Talcoolisme, s'étend sur tout le Nord-Ouest. On y voit aussi que les ports de mer, — même ceux du Midi — se distinguent par leur consommation exagérée en liqueurs fortes ; que Paris ne vient qu'au 20® rang, et que les centres vinicoles arrivent en dernier lieu, dans Téchelle décroissante de la consommation des spiritueux.

Ajoutons qu'en France, comme dans d'autres contrées, d'ailleurs, les populations montagnardes, à l'inverse de celles du littoral, sont relativement sobres.

Enfin, un tableau de la répartition des alcools frappés de droits, dressé par la direction des Contributions indirectes, nous fait voir que la consommation de Yabsintlie et similaires a passé, entre i883 et 1897, en douze ans, de 51 132 hectolitres a 192 699, et celle du bitter, de 3021^ hectolitres à plus de iOOŒJ hectolitres (*). C'est sur ces deux liqueurs que l'augmentation est le plus accusée, toutes proportions gardées.

Variations de la consommation de l'absinthe selon les droits

{par hectolitre).

90 francs au degré.

187J 218 fr. 75 au volume

i5G fr. a5 (188.. )•

•23 000 hectolitres.

6713 , la 670

119 ti53

Remarquons, en passant, que les chiffres correspondant à la consommation totale ou à la consommation par tête, sont

{^) V. Annuaire statistique de la France j 1899, p. 4i9«

CONSOMMATION COLONIALE 4o5

établis pour Tensemble de la population, sans qu'il soit tenu compte de Tâge, du sexe, du genre de vie, etc. Or, la consommation a son maximum d'intensité, se centralise, dans la partie masculine et adulte de la nation, celle qui produit et aussi procrée, de telle sorte que la moyenne consommée, pour les adultes français, serait de 38 à 40 litres par an (de Lavarenne). Considérons encore, que l'on rencontre, disséminés sur toute retendue du territoire, tant dans les régions fortement éthy- Usées que dans celles où la consommation est inférieure à la moyenne (voy. p. 189), des îlots de « suralcoolisation » (en général, des centres industriels). Et ce fait mérite d'être relevé, car si, en soi-même, la consommation moyenne par tête d'habitant — voire d'habitant adulte — ne correspond pas à des doses a coup sûr dangereuses pour les individus et pour la race, il n'en est pas de même de l'absorption intensive qui s'opère dans ces conservatoires de Talcoolisme. C'est là qu'existe le danger.

Notre documentation est très imparfaite en ce qui concerne la consommation des alcools dans les colonies françaises. Tout nous porte à croire, cependant, qu'il s'y fait un ample usage de boissons spiritueuses, et que beaucoup d'entre elles n'ont rien à enviera la métropole, sous le rapport de l'imprégnation éthylique (').

On ne saurait, sans injustice, faire porter toute la responsabilité de cette alcoolisation sur l'élément militaire, ainsi qu'il est d'usage courant. La faute en incombe surtout aux industriels de la métropole et à leurs intermédiaires, les mercantis. Le premier commerçant établi dans une colonie nouvellement acquise, c'est le débitant de boissons.

Actuellement, TAlgérie semble détenir le record de l'alcoolisation (^). C'est l'absinthe, l'anisette d'Espagne (45**) et les amers, que l'on y consomme surtout. A ce propos, il nous faut détruire une légende accueillie par plusieurs ouvrages traitant de Tabsinthe et de Tabsinthisme. On a dit que l'absinthe algérienne était obtenue à l'aide d'une essence tirée des bulbes

(*) Il n'est question, bien entendu, que de la population d'origine européenne.

(^ M. Rouby estime qu'il y a, dans le département d'Alger, sur i33 ooo colons^ 44000 alcooliques. Nous citons ces chiffres en rappelant au lecteur les réserves faites en tête du présent chapitre.

DEMOGRAPHIE

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