‹ Traité de l'alcoolismeChapitre 91 sur 201 · BUVEURS D ABSINTHE · texte numérisé non relu

BUVEURS D ABSINTHE

c Phtisie ulcéreuse, réaction asthmatiformc, évolution lente.

c Phtisie ulcéreuse, banale. Entérite, évolution lente. Phtisie fibreuse, évolution lente.

Phtisie fibreuse, évolution lente.

Tuberculose pleuro-péritonéale. Cirrhose ? Ancien buveur d'absinthe. Phtisie depuis i ans.

Tuberculose rénale longtemps contenue, actuellement tuberc. aiguë pulmon. Ancien absinthique. Tuberculose pulmonaire banale. Évolution lente. Tuberculose (2"-3"), évolution subaiguë.

Tuberculose (3°). évolution assez rapide. Tuberculose (2*'-3°), banale.

i'eat pas moins possible de cataloguer les buveurs suivant leur prédilection pour tel ou tel it des désordres gastriques et des troubles nerveux imputables à leur régime-

poumons, le péritoine, les méninges, et tue avec rapidité (*).

H. Mackenzie et Th. Oliver ont établi la fréquence de la tuberculose aiguë miliaire, chez les alcoolisés.

Jacquet, dans sa communication (avril 1899}, nous dit que: « chez la plupart de ses malades, la période ulcéreuse et « cavitaire est venue vite ; en un ou deux ans, en moyenne. (( Cela, ajoute-t-il, est en désaccord avec l'alTirmation de (t quelques auteurs sur la tendance fibroïde de la phtisie des « alcooliques. »

Letulle a signalé l'action aggravante deTalcool sur la tuberculose, qu'il active, en même temps qu'il rend le tuberculeux insensible aux eflfets thérapeutiques. « L'homme le plus vigou- « reux, devenu alcoolique, dit le professeur Brouardel, est <( sans résistance devant la tuberculose. »

Ces vérités sont devenues monnaie courante, et on les retrouve dans les avertissements destinés au public (Le Gendre, Triboulet, Debove et Faisans). Elles méritent d'être un peu longuement examinées, de subir un contrôle qui ne fera que les mettre plus en relief encore, et qui nous délivrera de raisonnements et de sophismes dont, à mon avis, il serait bon de faire justice une fois pour toutes : je veux parler des relations possibles de l'alcoolisation avec les formes cliniques de tuberculose fibreuse, considérées comme formes de résistance.

Je ne puis mieux faire, à ce propos, que de reporter le lecteur à la statistique précédente, car elle plaide à souhait le pour et le contre, à charge, pour nous, médecins, déporter le jugement définitif.

Sur les3o sujets tuberculeux alcooliques de cette statistique, on constate, non sans une certaine stupéfaction, si Ton n'est mis en garde, que ce sont les buveurs d'absinthe qui, tout en donnant un pourcentage étiôlogique, quantiiatwement considérable, de— fournissaient la moins mauvaise proportion qualilalivement, si je puis m'exprîmer ainsi, c'est-à-dire le moindre nombre de formes aiguës et graves. On trouve,

(<) Lancereaux. Effets comparés des boissons alcooliques chez Thomme. et leur influence prédisposante sur la tuberculose, in France médicale ^ 8 mars i8y5, p. i46-

en effet, six cas à évolution lente^ et trois cas de longue résistance préalable. Allons-nous en conclure, à titre de réclame pourFintoxication par Tabsinthe, que ce produit est défavorable à révolution tuberculeuse ? Je mets en garde contre cette façon un peu légère de présenter les choses, manière d'être trop familière à ceux de nos confrères qui cultivent le paradoxe. Non, Tabsinthe n'est pas sclérogène. Avecou par l'alcool qu'elle renferme, elle est capable de modifier profondément l'organisme, et cela dans le sens bien indiqué par Glénard Voy. Alcoolisme insidieux, p. 223), d'une déviation fonctionnelle vers ce qu'on appelle hépatisme (Glénard) ou, plus communément, arthritisme 5 vocables qui veulent tous deux exprimer ce fait que, devant une attaque toxique ou infectieuse, certains sujets (hépato-arthritiques) résistent volontiers par réaction fibreuse et, en particulier résistent de cette façon à la tuberculose. Or, résister par fibrose, ce n'est pas mal, à condition de sortir vainqueur de la lutte ; mais il y avait mieux encore, c'était de résister avant et de ne pas même laisser commencer l'attaque. Cette prophylaxie spontanée préalable, je prétends que mes 6 ou 8 absinthiques ci-dessus relevés étaient tous capables de la faire. C'est quelque chose pour moi, médecin, que ces sujets luttent contre leur tuberculose par sclérose ; je puis espérer qu'avec de l'hygiène et quelques secours thérapeutiques appropriés, quelques-uns peut-être de ces malades ne succomberont pas; mais c'eût été bien davantage, et pour moi et pour la société, si aucun d'eux ne fut devenu tuberculeux. Je dis que c'était possible ; il suffît d'un coup d'oeil pour des médecins, et d'un instant de réflexion pour tout le monde, pour s'en convaincre. Neuf de mes malades absinthiques ont près de la cinquantaine ; or, ce n'est pas l'âge de la mort par tuberculose dans nos milieux urbains : les autres chiffres de la statistique le prouvent. La tuberculose, chez la plupart, a débuté tardivement ; elle est lente, parce que ces gens-là étaient des forts, des hommes de grande vigueur originelle, nés pour braver l'infection avec succès, la tuberculeuse comme les autres. Ce n'est qu'après des défis sans nombre à l'hygiène, qu'ils ont fini par se laisser envahir et par succomber, devenant — malgré leur vigueur native — com-

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plices (le la maladie, et justifiant ainsi, une fois de plus, les deux proverbes : « l'homme est son premier ennemi »; « rhomme ne meurt pas, il se tue ».

Ce que je dis pour Tabsinthe, poison national et parisien par excellence, je le répète intégralement pour les eaux-de-vie, le vin, la bière, le cidre.

Ces boissons, dès que Tusage en est hors de proportion avec réquilibre fonctionnel d'un organisme humain, font dévier celui-ci : de très fort, il devient moins fort ; de moins fort, il devient faible, etc. La vraie force, la force supérieure, c'est de ne pas se laisser toucher en profondeur, par Tinfection ; le degré de force moindre, bien qu'appréciable encore, c'est de résister aux atteintes infectieuses, et plus particulièrement à la tuberculose, par voie de réaction fibreuse. Mais si Ton est faible, mieux vaut s'en remettre à ses propres forces, que de recourir aux fallacieux toniques. Quand le régime au vin, à l'alcool, à l'absinthe, est institué chez un faible, la déchéance organique ne fait que gagner en vitesse : j'en appelle à l'observation quotidienne de tous les médecins, et je signale, pour les incrédules, mes faits cliniques i, lo, 12, i4 à 19, et 29 et 3o, dans lesquels la plus âgée des victimes n'a pas trente-cinq ans, et où les sept malades en cause succombent à des formes aiguës ou subaiguës, c'est-à-dire à des formes de non-résistance (^).

Une question se présente maintenant : en quoi et comment l'alcoolisation modifie-t-elle l'organisme humain, pour accroître ainsi sa vulnérabilité vis-à-vis de l'infection bacillaire?

Incontestablement grâce aux atteintes qu'elle porte à l'appareil digestif et au système nerveux, comme va nous le prouver l'analyse des faits.

Il faut d'ailleurs remarquer que si l'une de ces deux modifications organiques et fonctionnelles peut prédominer, dans tel ou tel cas, elles n'interviennent pas isolément, mais d'une manière connexe, solidairement.

(*) Certains auteurs comparent révolution de la tuberculose chez les alcoolique», à celle de la tuberculose chez les diabétiques. Cette interprétation ne saurait convenir qu'à un petit nombre de faits, et plus spécialement aux formes avec insuffisance hépntorcnale, plus ou moins rapides.

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I. De rinfluence des troubles digestifs — notamment par alcoolisme — sur la genèse de la tuberculose. — Nous avons dit comment, par les troubles digestifs, par les désordres de la nutrition intime (assimilation), Talcool mettait l'organisme en état de moindre résistance (Voy. p. i6o). Les faits cliniques rapportés par Glénard, par Gilbert, par nous-même, prouvent combien, d'une façon précoce, le foie, devenu inférieur à sa tâche, cesse de protéger efficacement le buveur contre Tinfection — disons, ici, contre la tuberculose. 11 est relativement fréquent de voir l'influence de cette infection se faire sentir sur le foie même, quand l'alcool favorise l'action du bacille : il existe des foies gras tuberculeux, des foies sclérosés et gras tuberculeux, des cirrhoses tuberculo-alcooliques (type Hutinel-Sabourin).

En raison de ce que suggère le relevé des faits cliniques, leur contrôle au moyen de méthodes d'examen perfectionnées, il me paraît important de revenir sur les relations particulièrement intimes — plus qu'on ne l'a dit, peut-être encore — de la cirrhose de Laënnec, dite des buveurs, avec la tuberculose.

La tuberculose se rencontre assez souvent chez les sujets atteints de cirrhose hypertrophique ou atrophique du foie, et c'est, en particulier, une des complications fréquentes de la cirrhose, nous disent les auteurs classiques.

Récemment, le D'' Kelynack, de Londres, ayant fait le dépouillement de 121 cas, non discutables, de cirrhose vulgaire, a reconnu 21 fois la coexistence de la tuberculose, soit dans 23 p. 100 des cas. Quatorze fois il y avait tuberculose pulmonaire aiguë ; 1 2 fois, tuberculose péritonéale. Il n'y eut pas moins de 12 sujets, sur les 121 cirrhotiques, à mourir nettement de tuberculose; soit 10 p. 100.

(( Je reste très frappé , dit l'auteur, de la fréquence avec laquelle « ce que nous appelons la péritonite tuberculeuse se rencontre « cliniquement chez nos sujets atteints de cirrhose hépa- « tique (^). »

Ces réflexions, inspirées par l'observation clinique, se trouvent prendre une importance bien réelle aujourd'hui.

(*j Dr Kelynack. Quartetly joum. of inebriety. April 1902, p. 1-7.

aSj ÉTUDE CLINIQUE

OÙ Jousset nous signale que, grâce à Tinoscopie (recherche du bacille dans la fibrine des épanchements), il a rencontré le bacille de Koch, deux fois sur sept cas de cirrhose avec ascite.

Une de mes observations personnelles, rapportée à la Société médicale des hôpitaux, vient à l'appui de la doctrine qui fait de la tuberculisation un agent de complications au niveau des séreuses, y compris le péritoine, et elle semble môme donner l'explication d'un certain nombre d'ascites dites cirrhotiques.

Ce n'est pas là une simple curiosité scientifique ; cela soulève une dos plus grosses questions doctrinales de la pathologie : Tétiologie de la maladie cliniquement cataloguée sous le nom de cirrhose de Laënnec, ou cirrhose atrophique, alcoolique (y compris, d'ailleurs, la forme hypertrophique).

Pourquoi la cirrhose, relativement si fréquente à Paris, estelle si rare daus beaucoup de centres de grosse consommation vinique et alcoolique ?

C'est, peut-être, faudra-t-il répondre, en raison de la tuber^ culose, absente ici, et toujours présente là. Cette façon de comprendre les choses me paraît singulièrement conforme à ce que révèle l'observation clinique, en cours de documentation, grâce au référendum institué par le D*" Boix (*).

C'est donc ainsi, par viciation de la nutrition, plus spécialement par « hépatisme » — dans le sens le plus large du terme, depuis la nuance minime d'hypofonction, jusqu'à la lésion la plus confirmée du foie — que le terrain est préparé à la tuberculisation, chez certains buveurs. J'ajouterai à cela l'intervention, soit initiale, soit plus ou moins concomitante ou tardive, des troubles gastro-intestinaux, modificateurs de Thépatisme ou provoqués par lui, et aussi des désordres ou des lésions pancréatiques et spléniques, qui sont encore à définir dans leurs rapports avec la tuberculisation.

11. De rinfluence des troubles d'innervation par alcoolisme sur la tuberculisation. — Les questions biologiques sont d'ordinaire complexes, et si rhépalisme peut expliquer bien des désordres de nutrition, il ne faut pas oublier que nos échanges

(') E. Boix. Arch. gén, de méd.^ iQol, n»» i et suiv.

ALCOOLISME ET TUBERCULOSE a83

3ont régis par notre système nerveux. A voir la sensibilité de celui-ci pour les toxiques, il y a vraiment lieu de se demander si ce n'est pas par déchéance nerveuse primordiale qu'intervient Tintoxication alcoolique, dans la genèse de la tuberculose.

Déjà, avec Lancereaux et ses élèves, nous avons appris à connaître les polynévrites d'origine alcoolique et aromatique (absinthe, apéritifs divers).

Dans les observations mentionnées, la tuberculose intervient parfois, à titre d'épiphénomène, pour hâter le dénouement final. Mais, d'après le D' Kelynack, il y aurait un rapport évident entre la polynévrite alcoolique et la tuberculose. Sur dix cas par lui recueillis en deux années, et concernant neuf femmes et un homme, il a rencontré huit tuberculoses pulmonaires, soit 80 p. 100. Le même auteur signale encore que, dans la terrible épidémie de névrite arsenicale de la région de Manchester, les faits les plus graves furent observés chez des alcooliques, dont la fin fut assurément hâtée par l'apparition d'une tuberculose pulmonaire (*).

Cette influence des grands désordres d'innervation sur. l'évolution de la tuberculose pulmonaire est, d'ailleurs, signalée par Lancereaux et ses élèves : dans sa thèse, Pol Vassal dit « qu'il n'est pas rare de voir une tuberculose pulmonaire aiguë «terminer l'existence du malade polynévritique (-) »; mais, somme toute, elle n'a pas été suflisamment définie.

A l'appui de cette influence du « trophisme nerveux » sur les conditions de résistance de l'organisme vis-à-vis de la tuberculisation^ je mentionnerai l'opinion do Ch. Richet et Héricourt : pour eux les traitements médicamenteux ont une action favorable sur la tuberculose, en raison du réconfort apporté à la cellule nerveuse. Or, l'alcool, après une courte phase d'excitation, se révèle avec tout son pouvoir anesthésique, déprimant, autrement dit, comme un poison de la cellule nerveuse, et finalement comme un produit nuisible pour la vitalité générale du tuberculeux (^).

{') Kelynack. 190a, loc. cil.

(') Pol Vassal. Paralysie alcoolique, formes généralisées. Thèse de Paris, iS9i,p. 3i.

[^) Ch. RicH£T et Héricourt. La zôrnothérapic. Paris, 1900.

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Quoi qu'il en soit des interprétations, nous avons tous observé reffondrement rapide de certains tuberculeux, après des excès d'alcool, comme après des émotions vives: Tinfluence du système nerveux central apparaît, ici encore, incontestable. Elle n'est pas moins évidente dans la tuberculisation des hérédoalcooliques. Ne domine-t-elle pas, d'ailleurs, toute l'hérédité?

Par le fait môme que les éthyliques, dans une notable proportion, ont un système nerveux héréditairement déchu, ils sont en état d'infériorité en face de la tuberculose, car il est reconnu qu'une telle déchéance est très propre à préparer l'invasion bacillaire.

D'Espine et Picot incriminent l'hérédité alcoolique, chez les scrofuleux, c'est-à-dire chez bon nombre de prédisposés à la tuberculose (*).

Pour Legrain, la tuberculose infantile, avec ses multiples manifestations extrapulmonaires, frappe souvent les descendants du buveur, dès le jeune âge (-).

Derecq, Marfan, Dupré, noient la prédisposition à la tuberculose, des enfants d'alcooliques (').

Le D*" Arrivé a soumis à une enquête i5o6 enfants. Il a trouvé que sur loo enfants tuberculeux (y compris ceux qui meurent de méningite), 36,49 sont des hérédo-alcooliques, 417^4 ^^s hérédo-tuberculeux, et 22, 27 seraient issus d'individus ne présentant aucune des tares précitées (^). Ce sont, n'est-il pas vrai, des chiffres éloquents (nous renvoyons, du reste, le lecteur au chapitre qui sera consacré à la pathologie infantile;.

Aux deux modes d'action que nous venons de reconnaître à l'alcool, envisagé comme adjuvant de la tuberculose, on doit en ajouter un troisième.

III. Influence directe sur les voies respiratoires. — Les surfaces pulmonaires se chargent, on le sait, pour une forte part, de l'élimination des boissons alcooliques.

(') D'EspiNE et Picot. Traité pratique des iiialad. de l'enfance, art. Snrofule.

(') Legrain. Hérédité et alcoolisme.

(') Imbault. Loc. cit.

(*) Akhivé. Influence de ralcoolismc sur In dépopulation. Thèse de Paris, 1900.

ALCOOLISME ET TUBERCULOSE aSS

« Dans tous les cas, dit Lancereaux [loc, cit,)^ les alcools et « les essences, d'une pari en diminuant les combustions orga- « niques, d'autre part en s'éliminant par les poumons, créent « tout à la fois une prédisposition générale et une prédisposition « locale, qui fournissent au bacille de la tuberculose un terrain « propre à son développement. »

Il y aurait, semble-t-il, des recherches de contrôle à faire sur ce point; car il n'est pas impossible que certains produits paralysent plus que d'autres les surfaces de défense des bronches et du poumon, soit directement, au moment de Félimination, soit indirectement, par.la voie de l'innervation pneumogastrique ou bulbaire.

Sur cette importante question des rapports de Téthylismeetde la tuberculose, nous croyons utile de donner en note, abstraction faite des ouvrages déjà cités, les sources auxquelles le lecteur pourra se reporter avec le plus de profit (^).

l'alcoolisme en chirurgie, alcool et traumatisme

Les relations entre l'intoxication éthyliqueet le traumatisme se manifestent de diverses façons :

i^ L'alcoolisme est fréquemment cause de blessures ou de mort pour autrui.

Il" L'alcoolisme est cause de blessures ou de mort pour Faldoolique lui-môme. M. Th. Monley, de New-York ('^), dans son

Cl AuBKT. Alcoolisme en Basse-Brctag^ne. Gaz. med. de Nantis, 1897. Bhukon. Alcool et tuberculose. Normandie méd., janv. 1900. Lecaplai?!. La tuberculose chez les Bretons. Thèse de Paris, 1900. H. Martel, Tuberculose et alcoolisme. Bull, mena, des œutf.de tenf. tuberc. sept. J. V. Laborde. Croisade contre la tuberculose et l'alcoolisme. Trib. méd., avril 1900,

J. V. Laborde. Croisade contre la tuberculose et Talcoolisme. Trib. méd., juillet

Plicque. Alcool et tuberculose. Trib. méd., mars 1901.

J. Weill-Mai^tou Tuberculose et alcool. Méd. mod., mars 1901, p. 20.

JoLLT. L'alcool comme cause de la dégénér. delà race française et de prédispos, à la tuberculose. Journ. méd. Paris, déc, 1901 , p. a5o.

RoMME. Etiol. soc. de la tuberculose. Lutte antilub.^ tQoi, II, p. 9.

ROMMB. Etiol. soc. de la tuberculose. Lutte antitub.,}any. 1902.

(•) Th. Monley. Rôle de l'alcoolisme dans les états traumatiques. Comptes rendus VII* Gong, internat., 1899, *• '^« P- Co.

a86 ÉTUDS CLINIQUE

rapport au VII® Congrès, envisageant ces deux propositions en médecin d'un pays industriel, montre que les dangers de Talcoolisme vont croissant, avec Textension actuelle du machi*^ nisme, car des centaines ou des milliers d'existences peuvent être confiées à quelque éthylique aux mains tremblantes, halluciné on délirant ; il montre aussi que Talcoolique pourra pâtir cruellement des nouvelles lois sur les accidents du travail, les patrons ayant tout intérêt à choisir des auxiliaires sobres.

3*^ L'alcoolisme est une cause d'aggravation en cas de blessures ou d'opérations (').

L'aggravation peut être d'ordre général, et c'est le délire nerveux (dont la fréquence s'accroît d'une manière inquiétante] qui est le plus souvent observé.

Dans la statistique de Maussire, il a été consigné trentedeux fois. Comme traumatisme provocateur, il y a eu 1 3 plaies ou contusions de la tête ; ii fractures (membres et os longs), etc. L'âge a varié de la façon suivante : i délire de 20 à 3o ; 1 1 de 3o à 40 ; 1 1 de 4o à do ; 7 de 5o à 60, et 2 de 60 à 70 ans. Le délire a paru i3 fois le soir même, 8 fois le lendemain.

Sur 32 malades, 3o ont guéri, mais 25, après séjour d'un mois environ à Ville-Evrard. Il y a eu 2 morts (*). (Voy, plus loin, delirium tremens).

Au point de vue du traumatisme môme, il faut reconnaître, avec Verneuil, que le pronostic des lésions traumatiques présente, toutes choses égales d'ailleurs, une grçivité except onnelle, chez les sujets entachés d'alcoolisme (^).

Je signale les difficultés qu'offre la chloroformisation des intoxiqués, sans qu'il me soit possible de dire si les accidents du chloroforme sont plus nombreux proportionnellement chez les alcooliques, n'ayant pu recueillir de documents à ce sujet;

1') Au nombre des accidejits causés pur l'alcooiisme, un des plus ezceplionneis. roinme aussi des plus curieux, est représenté par ecs faits quasi -légendaires de cornbustion aponianée. Que faut-il penser de la pathogénie d'un tel phénomène? On l'au rnit vu survenir chez des éthyliques obèses et saturés d'alcool.

(*) MA.U8SI11E. Alcool et traumatisme. Thèse de Paris, 1901, p. 58. (•■») Verkeuil, Mém. de chir.yi. III. Paris, i883.

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