XXII INTRODUCTION
sions dermiques, pour les faire entrer, par groupes arbitraires, dans les casiers d'une classification qui met la variole à côté de l'acné ! Elle n'a pas assez cherché à rattacher ces diverses formes aux conditions dans lesquelles elles se développent, point de vue que je crois plus médical et plus pratique. Je ne prétends pas cependant que ce point de vue ait été complètement méconnu par les médecins qui ont poussé si loin l'étude de la dermatologie; mais il me semble regrettable qu'ils ne lui aient pas accordé une plus grande importance. Sans doute ce travail rencontre des difficultés sérieuses; on n'arrivera peut-être pas d'emblée à constituer ladiathèse herpétique avec tous ses éléments, à déterminer rigoureusement ses limites ; et ce groupe artificiel des maladies de la peau, créé par Mercurialis, constitué définitivement et devenu classique parles travaux de Lorry, sera maintenu quelque temps encore, au moins à titre provisoire, dans les cadres nosologiques, comme un témoignage de l'imperfection de nos connaissances sur ce sujet.
Tous les auteurs qui se sont occupés de cette question admettent que la peau peut devenir malade sous l'influence de causes très diverses ; je vais les énumérer rapidement (1).
(1) M. le docteur Cazenave, médecin de l'hôpitHl St-Loiiis (D/ci. de médecine, t. XXIIl), ratlache à trois ordres de causes le développement des affections cutanées :
1° Les unes sont accidentelles, contagieuses ou non contagieuses;
2° D'autres sont symptomaiiques d'une affection interne ;
3° Les autres enfin, spéciales à la peau, indépendantes de troubles intérieurs, ne semblent réellement liées à l'action d'aucune cause accidentelle, qui serait tout au plus dans ce c.is une cause occasionnelle ,
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est à peine besoin de mentionner les fièvres éruptives, séparées des affections herpétiques par des caractères si tranchés qu'il faut une étrange préoccupation d'esprit pour avoir songé à les en rapprocher. A côté de celles-ci, nous rangerons certaines autres fièvres, comme la suette, le typhus, la fièvre typhoïde, très voisines des précédentes à certains égards, dans lesquelles cependant lés manifestations cutanées paraissent jouer un rôle plus secondaire.
2° D'autres maladies contagieuses, mais dont la fièvre n'est pas un élément essentiel, comme la syphilis, la morve, donnent naissance à des éruptions spécifiques.
3" Plusieurs substances médicamenteuses, toxiques ou indigestes, comme le copahu, la belladone, les moules (1) dans certaines circonstances, provoquent le développement d'exanthèmes particuliers.
ei on les a crues déTeloppées sous l'influence d'un principe particulier que l'on a appelé virus dartreux. Sans admettre ce virus, ajoute-l-il, il faut reconnaître qu'il y a certaines formes qui se transmettent par hérédité et dont il faut chercher la cause dans cette individualité qui joue eu pathologie un si grand rôle. Plus loin, il admet que la scrofule, le scorhut, paraissent dans beaucoup de cas être la cause qui produit ou entretient telle ou telle maladie de la peau. « Et il est hors de doute » qu'il y a chez beaucoup de malades une liaison étroite entre certaines » affections cutanées et le rhumatisme, la goutte, etc. » J'admets avec mon savant confrère, qu'il faut laisser de côté ce virus dartreux qui n'est qu'une hypothèse, mais je maintiendrai le mot diathèse, qui me paraît plus net, mieux défini que cette individualité dans laquelle il faut chercher la raison de ces maladies.
(1) Quand on voit l'ingestion des fraises (j'en ai rencontré plusieurs exemples), du riz (Lorry en cite une observation), produire l'urticaire chez certains sujets, on peut se demander si les moules jouent uq