EXAMEN COMPARÉ DES MÉTHODES DIRECTE ET INDIRECTE
ment les moyens notés en italique, il est facile de constater les faits généraux suivants :
1° Les moyens directs de traitement (scarifications des bourrelets, alun et azotate d'argent en topiques) ont élé plus souvent ou beaucoup plus souvent employés dans les cas de guérison, que dans les cas de mort, et dans ceux qui ont exigé la bronchotomie.
2° Il en a été de même pour les oésicatoires sur la région antérieure du cou.
3° Au contraire, les moyens indirects ou généraux (émissions sanguines , vomitifs , sinapismes aux extrémités , antispasmodiques et opiacés) ont été plus souvent ou beaucoup plus souvent mis en usage dans les cas où le traitement a échoué que dans ceux où il a réussi.
Dès lors nous sommes conduit à admettre que, dans l'angine infiltro-laryngée , le traitement direct, y compris Y application des vésicatoires sur le cou , est supérieur au traitement indirect , lequel est cependant loin d'être inutile.
Au reste, nous aurions pu prévoir cette conclusion en quelque sorte clinique , en posant ainsi le problème : Soit une infiltration bornée à une très petite étendue, mais placée de manière à occasionner très rapidement la mort, en indiquer le traitement le plus sûr et le plus prompt? — Ne devra-t-on pas répondre que ce traitement sera celui qui s'adressera à l'infiltration elle-même directement ou le plus directement possible; car le plus ordinairement le temps accordé sera trop court pour que les moyens généraux et indirects, destinés surtout à combattre la cause de l'infiltration puissent atteindre leur but. — Que cette infiltration, par exemple, soit inflammatoire , pût-on obtenir, à l'aide des émissions sanguines, des révulsifs et des dérivatifs, la disparition de la phlegmasie elle-même , très probablement on ne réussirait pas à faire disparaître à temps le liquide sécrété. — Et si l'œdème est simple , on sait que Jes moyens généraux ou indirects ont fort peu de prise sur un œdème qui n'occupe qu'un point fort circonscrit de l'économie.
Ainsi, dans le cas posé : attaquer directement l'infiltration, c'est- \ à-dire X effet, sera le meilleur moyen de sauver le malade ; les agents destinés à combattre la cause, d'ailleurs fort utiles, tiendront cependant le second rang.
Or telle n'a pas été jusqu'ici l'opinion d'un grand nombre de
praticiens qui ont prodigué les saignées générales et locales, les révulsifs aux extrémités, les vomitifs, les purgatifs, les antispasmodiques, etc., — et qui, au contraire, ont négligé totalement ou n'ont employé que tardivement ou d'une manière fort incomplète l'application d'un large vésicatoire sur le cou , et surtout les topiques et les diverses opérations qui s'adressent à l'infiltration elle-même.