GARGARISMES
.Médicaments magistraux, liquides, ayant ordinairement l’eau pour excipient , destinés aux affections de la bouche et de la gorge. Le médecin ne négligera pas de faire remarquer au malade qu’il n’a qu’à se laver la bouche ou la gorge avec son gargarisme , et qu’il ne doit point l’avaler ; en effet , des accidents sérieux pourraient résulter de semblables méprises. Il arrive môme souvent aux malades, malgré toutes les précautions possibles , d’en avaler une certaine quantité. On évitera donc de composer les gargarismes avec des substances qui , à petites doses, pourraient déterminer, sinon l’empoisonnement , du moins des accidents assez graves.
On recommandera la même attention dans le cas particulier où le malade , ne pouvant se gargariser lui-même , est obligé défaire injecter le gargarismesur les parties affectées ; alors, en effet , une partie du liquide est avalée.
ABHÉGli DE PHARMACIE.
La composition du gargarisme est très-variable , ce sont des solutés , des infusés ou décoctés , auxquels on ajoute des sels , des extraits , des acides ou d’autres substances souvent assez énergiques. Ces préparations magistrales contiennent un édulcorant.
L’eau, le lait, le vin et le vinaigre étendu d’eau servent le plus ordinairement d’excipient.
La dose de liquide est d’un verre au plus, elle ne dépasse guère un litre. Le gargarisme peut être prescrit très-chaud , tiède ou froid , selon l’indication , et employé à des intervalles plus ou moins rapprochés.
Gargarisme acidulé.
Eau commune. 120 gram.
Sirop simple. lîî gram.
Acide saUuriqae gouttes xv.
Gargarisme chlorhydrique.
Infusion de quinqnina. ......... 12S gram.
Acide chlorhydrique gouttes xv.
50 gram. ’
COLLUTOIRES.
Les collutoires sont des préparations magistrales , ayant une consistance épaisse et semblable à celle d’un sirop concentré. Il est des exemples de collutoires secs. Ces médicaments s’era- Pioient au moyen d’un pinceau ou d’un morceau d’éponge. Ils diffèrent des gargarismes par leur consistance et parce qu’ils ne sont pas en usage pour les affections de la gorge. Les collutoires se prescrivent quelquefois dans le but de faciliter l’action sialogogue de certaines substances.
Collutoire horaté.
Sou8-horat« de soude. . . 1 ...
Miel j aa
16 gram.
Collutoire sec de borax.
Borax i ^
10 gram,
Collutoire odontalg’îque.
Pyrèlhrc concaisiSe
Opium
Faites macérer pendant une heure dans ;
15 gram.
15 grain.
VinaiRre
Fillrcï. A appliquer à l’aide d'an pinceau.
190 gram.
ARHKGK de I>HARMAC!E.
ruECïioxs.
I.es injections sont des médicaments liquides destinés à étrt^ introduits avec une serinj^ue dans certains canaux et dans diverses cavités natiirelles ou morbides du corps. L’injection peut donc être regardée comme une espèce de lotion interne. La base est presque toujours un véhicule aqueux, décodé , infusé , soluté , auquel on ajoute certaines sul^stances propres en augmenter l’énergie. En prescrivant une injection , on aura soin d’en déterminer la température qui, suivant les indications à remplir, sera un peu au-dessus de celle du corps , ou froide. On indiquera en môme temps s’il faut retenir quelque temps l’in-
jection.
Injection irritante.
Vin ronge chnnd.
Alcool à 36“
500 gram.
20 gram.
NMm.
Injection calmante.
Décoction de graine de liu
Opium
200 gram.
20 cent.
Injection d’eau de pin distillée.
Ean ditlillée de pin
200 gram.
Ajonlei :
Eau commune à 50“
1000 gram.
LAVEMEXTS.
Un lavement ou clystère est une injection spécialement de^ tinée i\ la partie des intestins comprise depuis le rectum jusqu’à la valvule iléo-cœcale.
Les lavements destinés à agir, soit localement sur la muqueuse intestinale , soit par sympathie ou par absorption sur le reste de l’économie , sont de nature trés-variée. On peut y faire entrer la plupart des préparations médicamenteuses et des substances nutritives sont portées dans les intestins et oflertes à l’absorption au moyen des lavements.
La dose de liquide est de 125 grammes à 500 grammes pour un adulte; on la modifie pour les enfants. La température est
de 2/i“ à 30“ G. , ^
Il est important, quand on veut administrer un lavement contenant une substance active, de le faire préc<^er d’un premier composé d’eau simple , dans le but do débarrasser 1 in-
ARRhUiK l)f; l'flARMAr.JK. lO.J
testin dos matii'o’cs fécales et do permoLtro au second une action plus directe.
Les lavements peuvent être préparés avec des substances insolubles dans l’eau ; on ne doit pas oublier d’y ajouter un intermède, qui sera le plus souvent un jaune d’œuf.
Xiavement contre les Gssures à l'aniis.
Extrait de ralauhia 5 gram.
Eao 2’iO gram.
Le garder pendant une demi-heure ou une heure; on le fera précéder d’un lavemen t simple pour amener préalahlement une garde-robe.
Xiavement antispasmodique.
Ata fmlida 30 gram.
Suspendez dam :
Jttne d'mûf n»l.
Ajoutez :
DécoclS de racine de goimaure 230 gram.
X»avenaent d’amidon.
Amidon tS gram.
Eau commune 500 gram.
Délaya l’amidon dans 2.>0 grammes d’eau froide; portez le reste de l’eau & l'ébullition ; retirez-la alors du feu et versez la sur le mélange d'eau et d’amidon , et administrez le lavement.
LIVIMEXTS.
Par linin^nt , on entend un liquide onctueux ordinairement huileux qui .sert à oindre la peau au moyen de frictions faites avec la main , de la flanelle, dti coton , etc. On laisse quelquefois J’étofle , tout imbibée du Uniment, appliquée sur la peau comme dans les fomentations.
Les huiles fixes et les graisses sont les excipients ordinaires des liniments. On y ajoute des alcalis , des sels , des acides , des savon.s, des combinaisons métalliques, des gommes-résines, des baumes , des onguents , des teintures. Une huile seule constitue ((uelqiiefois un linimenL Knfiii, dan.s certains cas, le jaune et le blanc d'œuf, l’eau ou l’alcool, sont employés comme excipients ; il est alors nécessaire d’y a.ssocier du niiei ou un mucilage, pour donner au liquide une certaine consistance.
On doit indiquer la manièn^ de mélanger les sulistancos composant le Uniment et le mode d’emploi. F.a quantité à préixirer varie enti"e 40 grammes et 125 grammes.
ABRÉGÉ DÉ PHARMACIE
Xiiniinent volatil.
Huile d’olive» 12»^ gram.
Ammoniaque liquide 15 gram.
Mdlei dans une bouteille bien bouchée, failes-en de» friction» avec de la flanelle sur le» parties atteinte» de rhumatisme.
lainimcnt sédatif contre les hémorroïdes ulcérées.
Extrait de datura stramonium 2 gram.
Chlorhydrate de morphine 50 centigr.
Jaune d’œuf n“ 1 .
Battez ces substances pour en faire on Uniment. On en imbibera des bourdonnets de charpie que l’on appliquera sur les tumeurs hémorroïdales douloureuses.
BAIXS.
Un bain est un médicament dans lequel on plonge et on fait séjourner plus ou moins de temps la totalité du corps ou seulement quelqu’une de ses parties.
Les bains se divisent en deux classes : les bains généraux, et les bains partiels ou locaux , suivant que le corps y est plongé en entier ou en partie. Les bains partiels se subdivisent euxmêmes en demi-bains ou bains de siège , en pédiluves, en maniluves et en capitiluves.
Sous le point de vue de leur nature , les bains se distinguent en bains liquides (eau douce, eau de mer, eaux minérales naturelles ou artificielles, solutés, médicamenteux), en bains mous (boues minérales, marc de raisins ou d’olives, fumier) , en bains secs (sable, cendre, son, plâtre » terre), en bains gazeux (chlore, air, etc.), en bains de vapeure aqueuses ou médicamenteuses.
Sous le rapport de leur température, les bains sont trèsfroids, froids, frais, tempérés ou chauds. Lorsque la température est moindre que 12“ G., le bain est très-froid. Il est froid, sa température étant comprise de 12 â 18° G. On le dira frais à la température de 18 â 25° G. Ges différents bains seront prescrits comme toniques. De 25 â 30° G., le bain est tempéré et a des propriétés essentiellement hygiéniques. Enfin, de 30 â 38° G. et plus, le bain est dit chaud et regardé comme débilitant.
Gonsidérés d’après leurs composants , les bains sont simples ou médicamenteux. Les premiers se font avec de l’eau pure â une température déterminée ; les seconds se préparent avec de l’eau chargée do principes plus ou moins actifs (bains mucilagineux, bains émollients, bains aromatiques, bains gélatineux , etc.) , ou avec les eaux minérales naturelles à leurs sources mômes , ou avec des eaux minérales artificielles. Les
ARRÉGÉ DE PHARMACIE. 105
bains d’eau do mer doivent être regardés comme des bains médicamenteux minéraux.
Les bains mous se donnent avec des boues tliermales, le marc de raisins et le marc d’olives, au moment où on les retire de la cuve encore échauffés par la fermentation. Le fumier n’est guère employé aujourd’hui ; on peut en dire autant des bains solides.
Quant aux bains gazeux et aux bains de vapeurs , ils sont fréquemment mis en usage depuis quelque temps. Leurs modes d’application, singulièrement perfectionnés, en ont facilité l’emploi. L’air, le chlore, la vapeur d’eau simple , ou chargée de principes aromatiques, d’acides sulfureux ou sulfhydrique , de cinabre, etc., servent à les composer.
Quand on prescrira un bain , on aura toujours soin de déterminer la température de l’eau et la quantité du principe actif, si le bain est médicamenteux. La région du corps pour laquelle le bain est ordonné sera spécifiée. La durée peut être de quelques minutes ou de plusieurs heures; la quantité d’eau ù, employer varie entre deux litres et quarante litres et plus, suivant l’indication. Le médecin indiquera s’il y a lieu de répéter les bains et à quels intervalles.
Bain aromatique.
Espèces aromatiques.’. iOOO gram.
FaitM bouillir pendant un quart d’heure dans
Eau commune. q. s.
Ajoutez à la décoction :
Essence de saron. .. t ....... ; 125 gram.
Sel ammoniao. 60 gram.
Pour un bain de douze voies è prendre pendant une heure ; le répéter trois fois par semaine.
Bain gélatineux.
1000 gram.
Faites dissoudre dans
Eau tiède *. 1500 gram.
i ajouter k l'eau d’un bain'ordinaire.,
Bain mercuriel.
Deutochlornre de mercure
Faites dissoudre dans
Alcool. .
Versez dans une baignoire en bois contenant :
Eau commune
On peut dissoudre le sublimé dans de l’eau distillée au lieu
15 gram.
125 gram.
HH5 ARRÉGÉ DE PHARMACIE
d’alcool. La baignoire en bois n’est n*conimandéc que parce que le mercure attaque les baignoires ordinaires. Cependant cette altération est au fond de peu d’importance. Dans ces derniers temps on a conseillé d’ajouter du sel ammoniac dans le but d’arrêter la décomposition du sublimé qui avait lieu en partie. On donne alors la formule .suivante ;
Siblimë I ^
S«i ammoniac. . . ( gram.
FailM di5M»dre dans
Ean. ......a...,
Vw*« dans Poan da bain et serrei-TOns d’nne baignoire,ordinairs.
Bain sulfureux.
Snlfure sec de potassinm 30 gram.
Eaa commnoe 750 gram.
Dissolvez et versez dans le bain.