CHLORE
Lorsqu’on respire ce gaz , même en petite quantité , il irrite vivement les bronches; il détermine une toux très-vive , accompagnée souvent de crachements de sang. Introduit à dose faible dans l’estomac, il détermine des vomissements violents, avec une inflammation des muqueuses; il agit h la manière des acides minéraux
Trailemcnt. Kartner avait proposé les inspirations d’ammoniaque; ce moyen est plutôt nuisilde qu’utile ; il doit être rejeté. .Si le chlore a été administré dissous dans l’eau, on fera prendre au malade de l’eau albumineuse, du lait, puis on traitera l’inflammation par les calmants , les émollients ; si le gaz a été inspiré , on traite l’angine pharyngienne ou trachéale par les gargarismes adoucissants, la saignée générale ou locale , etc.
Recherches. Le chlore est un gaz jaune verdâtre, d’une odeur particulière suffocante ; il décolore le.s couleurs végétales. Un volume d’eau dissout 3 volumes de chlore; il ternit une lame d’argent et précipite le nitrate d’argent en blanc cailleboté. Ce précipité est insoluble dans l’eau, l’acide azotique froid et bouillant; soluble dans l’ammoniaque; exposé à la lumière, il devient violet. Toutes les fois que du chlore libre existe dans une matière, on en décèle la présence par .son action décolorante sur le tournesol , et on distille ces matières avec de l’eau ;
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et si l’on fait passer les vapeurs sur du papier iiupi-égiié d'amidon et d’iodure de potassium , il y aura une belle coloration bleue qui disparaît par un excès de chlore.
EraPOXSOMnNEMEZffT PAR T.r.s ACIDES.
Les acides doivent être divisés en deux classes , par rapport à leur action ; ceux très - vénéneux sont d’autant plus actifs qu’ils sont plus dilués, conséquemment d’une absorption facile. Dans cette section, nous trouvons les acides cyanhydrique, sulfhydrique, arsénique, arsénieux, oxalique, etc. Les seconds, au contraire, n’agissent qu’en raison de leur concentration , et peuvent être pris impunément lorsqu’ils sont très-dilués, ce sont : les acides sulfurique, phosphorique , azotique, chlorhydrique, acétique, tartrique, etc.
ACIDES COXCEXTRÉS OU MOYEXXEMEXT COXCEXTRÉS.
Signes de l'empoisonnement. Saveur acide, âcre, brûlante, chaleur très-vive à la gorge, â l’estomac et puis à l’abJomen; nausées, vomissements souvent sanguinolents et faisant effervescence sur le carreau ; hoquet , constipation ou diarrhée abondante, pouls fort et régulier, soif très-vive, frissons, sueurs froides, gluantes, difficultés d’uriner, face livide.
Lésions. Les acides déterminent des lésions variables, selon leur état de concentration ; concentrés, ils corrodent tous les tissus , déterminent des perforations de l’estomac , ou bien ils irritent les nerfs qui entrent dans la composition des tissus, et donnent lieu à un épanchement dans la cavité du péritoine, et le malade succombe à une péritonite intense; si les acides sont dilués, l’inflammation est moins vive.
Traitement et contre-poisons. L’eau administrée en abondance et tenant en suspension de la magnésie calcinée ou du carbonate de magnésie , de la craie {carbonate de chaux) ; â défaut de magnésie , de l’eau de savon , des dissolutions de bicarbonate de potasse ou de soude , du lait, des huiles grasses.
Les liquides administrés en abondance ont pour premier but de diluer l'acide et de le rendre ainsi moins corrosif; ensuite ils distendent l’estomac et favorisent les vomissements; enfin les contre-poisons que nous venons d’indiquer saturent les acides et forment des sels sans action sur l’économie.
On traitera l’inflammation produite; par les émollients, administrés â l’intérieur et appliqués localement sur l’abdomen,
AimÉGÉ DE T0X1C0L(»G1E.
SOUS la fonno de cataplasme, de bains, lotions ou fomentations. On fera observer la diète la plus absolue; quelquefois on aura recours aux narcotiques doux. La convalescence est longue. On nourrira le malade par le bouillon de veau ou do poulet, par les féculents ; il est de la plus grande importance d’insister longtemps sur une alimentation tràs-légèrc, si l’on ne veut s’exposer à voir reparaître tous les symptômes d’une gastro-entérite intense. Les premiers aliments solides que l’on donnera seront les gelées végétales et animales , plus tard le poisson , les viandes blanches, etc.
IXecherchcs médico-légulcs. Les acides les plus concentrés administrés à l’intérieur ou appliqués sur la peau sont absorbés ; mais l’absorption se fait d’autant plus facilement qu’ils sont plus étendus. On doit donc les recherclier dans les urines, dans le sang et dans les divers organes. Dans ce dernier cas, on fera bouillir longtemps ces organes dans l’eau, et on opérera comme nous le dirons en parlant de chaque acide en particulier.
Lorsqu’on applique les acides concentrés à l’extérieur, ils corrodent les tissus, et la mort a pour cause la vive inflammation d’une grande étendue de la peau et la réaction sur le système nerveux qui en est la suite. On avait pensé que les acides détruisant les parties, et se décomposant eux-mêmes, l’absorption devenait impossible; mais les expériences de M. Orfila nous ont appris que , malgré tout , l’acide arrivait dans les urines.