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ACIDE OXALIQUE

L’empoisonnement par l’acide oxalique , très-rare en France, est devenu très-fréquent en Angleterre , ce qui tient ù, ce que cet acide est très-répandu dans le commerce et souvent confondu avec le sel d’Epsom (sulfate de magnésie). Cet acide est vénéneux , et d' autant plus actif (ju' U a etc administré en solution étendue.

Symptômes. Le premier symptôme qui se manifeste est une chaleur brfilante à la gorge et à l’œsophage , qui est suivie de vomissements de couleur foncée et quelquefois sanguinolents. Cependant ils n’ont pas toujours lieu. Presque toujours aussi le système nerveux est affecté ; les malades éprouvent des engourdissements, des fourmillements aux extrémités, quelquefois des convulsions , de sorte que les symptômes se rapprochent un peu de ceux produits par la strychnine; mais son action irritante et celle qu’il exerce sur le cœur suffisent pour le distinguer.

Lésions. Administré très -concentré, l’acide oxalique corrode, détruit les tissus qu’il touche ; souvent il détermine des perforations de l’estomac et des intestins; étendu d’eau, il n’altère ni le cerveau ni les viscères abdominaux ; les poumons offrent des taches rouges, et le cœur perd la propriété de se contracter immédiatement après la mort, lorsque l’animal succombe avant l’époque de l’insensibilité. Au contraire, si la mort est précédée de l’état comateux , le cœur continue de battre quehjues instants après que la respiration a cessé ; et dans ce cas, le sang est noir dans le système artériel et dans le système veineux , tandis que dans le premier cas le sang des cavités droites du cœur est noir et celui des cavités gauches est vermeil; en un mot, l’acide oxalique porte son action .sur la moelle d’abord, sur le cerveau ensuite, plus tard sur les poumons et sur le cœur. La mort doit être attribuée à une paralysie du cœur ou k une asphyxie, ou à ces deux causes il la fois.

Traitement. Comme pour les autres acides, page 270.

Recherches médico-légales. L’acide oxalique cristallise en prismes incolores terminés par des sommets dièdres, d’une saveur fortement acide ; chauffé , il se décompose vers 115“ c. en oxyde de carbone, acide carbonique, eau et un peu d’acide formique. Traité par l’acide sulfurique concentré, il se dédouble

î-ifi ABRÉGÉ DÉ TOXICULOGIÉ.

en oxyde de carbone et en acide carbonique ; il se dissout dans l’eau en produisant un petit petilleraent ; il est moins soluble dans l'alcool froid; il se dissout mieux dans l’alcool bouillant,

La dissolution afjueuso d’acide oxalique précipite tous les sels de chaux sans distinction. Le précipité blanc est insoluble dans un excès d'acide oxalique, ainsi que dans l’acide acétique, mais l’acide azotique le dissout facilement : l’acide oxalique dissous dans l’eau précipite l’azotate d’argent en blanc soluble dans l’acide azotique : le précipité, chaufl'é avec précaution, noircit sur les bords, détone légèrement, dégage de l’acide carbonique pur et laisse de l’argent métallique.

L’acide oxalique est absorbé ; il a été retrouvé dans l’urine . mais non dans le foie et la rate , soit parce qu’il est transformé en oxalate insoluble, ou bien plutôt parce qu’il séjourne peu de temps dans ces organes.

S’il s’agit de reconnaître la présence de l’acide oxalique libre dans un liquide; celui-ci sera d’abord évaporé à siccité, et repris par l’alcool bouillant qui dissoudra l’acide oxalique libre et laissera les oxalates ; si au contraire on doit opérer sur des ma • tières solides (foie, rate, poumons, estomac, etc.) , on coupera ces matières en petits morceaux et on les fera bouillir dans de l’eau distillée pure ; la décoction sera traitée par l’alcool comjae nous venons de le dire.

Dans le cas où il s’agirait de constater la présence de l’acide oxalique , lorsque la magnésie aurait été donnée comme contre-poison, l'opération serait un peu plus compliquée; il faudrait alors recueillir le précipité et le faire bouillir avec une solution concentrée de carbonate de potasse ; il se ferait aloi^ du carbonate de magnésie, et de l’oxalate de potasse qui serait reconnu par les moyens que nous venons d’indiquer.

EBXPOXSOimEMENT

PAR DIVERS AtTllES ACIDES VIÎCJÎTAIX.

Les empoisonnements par les acides végétaux, tels que les acides tartrique, citrique, acétique, etc., sont tellement rares que nous nous contenterons d’indiquer les caractères qui serviraient à constater la présence de ces acides; d’ailleujs le traitement de ces poisons serait le même (lue pour les acides en général.

AimtGÉ DE TOXICOLOGIE.

ACIDE TARTRIQLE.

L’acide tartrique est extrait du bi-tartrate de potasse qui lui -même se dépose dans les vins à mesure que ceux-ci deviencent plus riches en alcool. Le plus souvent l’acide tartrique cristallise en prismes he.xaèdres réguliers ; il rougit fortement le tournesol. Chauffé à sec , il ne commence pas à. se volatiliser comme le fait l’acide oxalique ; mais bien il se décompose, noircit, se boursoufle, répand une odeur de sucre brûlé et des vapeurs acides, et laisse un charbon spongieux : il est soluble dans l’eau; la dissolution précipite les sels de chaux à acide organique, mais non pas le sulfate, que l’acide oxalique précipite. Le précipité de tartrate de chaux est soluble dans l’acide azotique et dans un excès d’acide tartrique; enfin l’acide tartrique forme des sels doubles comme le sel de Seignette et les émétiques : tous ces caractères suffisent pour distinguer l’acide tartrique de l’acide oxalique.

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