EMPOISONNEMENT PAR LE TARTRATE DE POT^VSSE
ET d’AXTIMOINE (ÉMÉTIQUE , TARTRE STIBIÉ).
Les symptômes produits par l’émétique peuvent être réduits aux suivants.; saveur métallique, nausées, vomissements fréquents , hoquet , cardialgie , douleurs vives accompagnées de chaleur.il l’épigastre et h l’estomac, coliques abdominales, selles abondantes , syncopes , pouls petit , concentré et accéléré, froid; ou chaleur intense, vertiges, -perte de connaissance, mouvements convulsifs, crampes, prostration des forces, mort. Les vomissement^ et les déjections alvines n’ont pas toujours lieu , et alors les symptômes sont plus intenses.
Lisions produites par l'ctnélique. Elles consistent principalement dans une altération profonde des poumons , qui sont d’une CQuleur violacée, non crépitants et gorgés de sang : on y constate quelquefois l’existence de taches noirâtres irrégulières ; le canal digestif est fortement injecté dans toute son étendue; on y remarque des ecchymoses, quelquefois aussi, d’après Hoffmann , l’estomac est gangrené.
Traitemml. Les symptômes produits doivent guider pour diriger le traitement : si les vomissements ont été abondants , qu’il n’y ait ni douleur, ni mouvements convulsifs, les liqueurs mucilagineuses suffisent pour rétablir la santé; si, au contraire , les vomissements n’ont pas lieu , on les provoque par la titillation de la luette, et on administre une forte décoction de noix de galle ou de quinquina chaude , et si le temps presse , on administrera la poudre de quinquina fine délayée dans l’eau tiède. Le sulfure de fer hydraté décompose aussi parfaitement l’émétique ; il foi’me un sulfure d’antimoine insoluble et sans action sur l’économie. Nous préférerions ce contre-poison à 1a noix de galle ou au quinquina, qui agissent par leur tannin; mais le tannate d’antimoine formé n’est pas complètement insoluble.
Lorsqu’on aura expulsé par les vomitifs, ou neutralisé par les contrc-j>oi.sons la majeure partie de l’émétique; on administrera des liquides (iiurétitpies en grande abondance, et on combattra rinllammatlon produite par les émollients et les sai-
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gnées générales ou locales ; enfin on administrera l’opium si les vomissement étaient excessifs.
Pendant la convalescence , on donnera des aliments légers ; le lait et les féculents seront les seuls aliments que le malade prendra pendant longtemps.
Recherches médico-légales. — L’émétique est soluble dans environ \lx parties d’eau froide. La solution introduite dans l’appareil de Marsch donne de l’hydrogène antimonié qui peut servir à obtenir des taches et un anneau qui se forme à l’endroit même où l’on chauffe, et que l’on distingue, d’ailleurs, par les caractères que nous avons déjà indiqués page 284.
La dissolution d’émétique est incolore , transparente ; elle a une saveur styptique, rougit le tournesol; elle précipite en blanc , par la potasse , l’ammoniaque , les eaux dé chaux et de baryte , et par les acides azotique, sulKirique, etc. L’acide suifhydrique y détermine un précipité jaune orangé de sulfure d’antimoine hydraté, qui devient plus rouge par l’acide sulfhydrique, qui se dissout à peine dans l’ammoniaque, et la liqueur reste colorée. Ce sulfure jaune, calciné avec du flux noir, donne de l’antimoine métallique.
Si la solution d’éméiique était très-étendue, les réactifs que nous venons d’indiquer ne produiraient aucun précipité , si ce n’est l’acide sulfhydrique qui la trouble légèrement en jaunq, surtout si l’on y ajoute quelques gouttes d’acide chlorhydrique. Ce léger trouble pourra disparaître par l’ammoniaque avec décoloration, absolument comme le ferait le sulfure jaune d’arsenic ; mais le précipité jaune orangé de sulfure d’antimoine , ti'aité par l’acide azotique , le produit délayé dans l’eau bouillante, et introduit dans l’appareil de Marsch , donnera des taches faciles à reconnaître.
Si l’émétique était mélangé à des aliments, il serait en partie décomposé; si l’on voulait reconnaître sa présence dans un organe, on détruirait les matières organiques par l’acide azotique pur ou par l’acide azotique additionné d’un peu de chlorate de potasse. Le résidu , délayé dans l’eau , serait introduit dans l’appareil de .Marsch.
Les matières animales décomposent l’émétique au bout de quelques jours; l’acide tartrique est détruit et l’oxyde d'antimoine est précipité; il n’est pas indispen.sable de constater la ]>résence de l’acide tartrique. Si on parvient à obtenir des taciies antimoniales on pourra conclure à l’enipoisonnement par une préparation de ce métal ; si on obtient une solution qui précipite jiar les divers réactifs, comme nous l’avons dit plus liaut, et qui ne précipite pas par l’eau, on aura de grandes présomptions pour croire à la présence de l’émétique; mais, pour
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certifier, 11 faudrait l’ôbtenlr cristallisé , ou constater la préeence de l’acide tartrique , ce qui est très-difficile.
Protochloriiw d'antimoine (beurre d’antimoine). Il est décomposé par l’eau lorsqu’il n’est pas acide : il se produit de l’acide chlorhydrique et de l’oxychlorure d’antimoine ; il est précipité en jaune orangé par l’acide sulfhydrique.
, Kermès (oxysulfure d’antimoine hydraté). — Le verre d’antimoine, le crocus metallorum, etc. 'l'ous ces corps, calcinés '«vec du flux noir, donnent de l’antimoine métallique.