MÉDICAMENTS GRAS OU RÉSINEUX
POtfl L’rSAGE EXTERNE.
CÉRATS ( KLÆOCÉROLÉS ).
.Médicaments externes officinaux formés d’huile et de cire , quelquefois de blanc de baleine; la consistance en est toujoure molle, mais elle varie suivant les proportions des substances employées. On ne se contente que très-rarement de la simplicité que nous venons d’intliquer dans la composition des cérats ; on y ajoute des liquides, des extraits, des sels, des poudres, etc. Ils s'tmi ploient étendus sur du linge ou de la charpie et pour éviter les frottements des sondes. On s’en sert encore dans les
OK PIIAKMVCIE.
linimcnts. il u’y a point do formules à établir à leur égard , il suffit d’en déterminer la dose et le mode d’emploi.
Le mode de préparation varie s«don la nature des substances qu’on veut y incorporer ; les liquides, surtout ceux de nature aqueuse, doivent y être ajoutés par petites portions et le mélange blanchit par l’interposition de l’eau et de l’air entre scs parties. Nous rapporterons comme exemple de ce genre de préparation , la formule du cérat simple et celle du cérat de Calien.
Cérat «impie.
Pr. Huile d’amandes doaces 3
Cire blanche 1
On fait fondre à une douce chaleur, on verse dans un mortier en mpbre légèrement chaulTé, et on triture avec un pilon de bois jusqu’il parfaite dii ision : en triturant avec des poudres très-fines, ou des extraits dissous dans l’eau , on obtient des cérats composés.
Cérat de Galien.
Pr. Cire blanche 1
Huile d'amandes douces 4
Eau distillée de roses 3
Opérez comme pour le cérat simple et ajoutez l’eau distillée par petites portions en agitant constamment.
PO.MMADES (Graisses médicamenteuses du Codex). (lip.arolés).
Les pommades ne contiennent jamais de matières résineuses et ne renferment que des substances grasses d’une consistance molle et chargées de principes aromatiques et médicamenteux.
Les pommades sont pour la plupart des préparations officinales. Néanmoins on a quelquefois lieu d’en formuler ; il faut donc savoir que ces médicaments se préparent par simple mélange, par solution^ par combinaison.
Les pommades se préparent par simple mélange ou incorporation quand elles se composent de poudres minérales , végétales ou animales, d’extraits aqueux ou alcooliques, de liquides aqueux , vineux ou alcooliques. Associés à l’axonge , îl laquelle on ajoute quelquefois un peu de cire pour lui donner une consistance plus ferme, ces pommades sont les seules que le médecin ait jamais à formuler ; les autres sont officinales, une ordonnance suffit.
Aimt:üÉ DE PHARMACIE.
Pomniade d’iodure de plomb.
lodarc de plomb S gram.
Aïonge 15 gram.
Mèln et frictionnez le cou soir et malin , et laissez sur la partie du papier brouillard impr(igoé de pommade.
Les pommades sont destinées à l’usage externe comme les cérats , et s’emploient étendues sur du linge ou de la charpie , ou en frictions. Il faut avoir soin de faire préparer par porphyrisation les pommades employées en frictions , surtout si elles, se composent de substances minérales.
Nous recommandons, lorsqu’on veut faire entrer dans les pommades des sul)stances solubles , de prescrire leur solution avec un liquide approprié.
Pommade stibiée.
Pr. Émétique en pondre 4 gram.
Eau Q. a., enziron 8 gram.
Azonge 50 gram.
Mêlez exactement.
Ponunade iodurée.
Pr. lodnre de potassium 4 gram.
Eau Q- 9., environ 4 gram.
Aïonge 50 gram.
Mêlez exactement.
Pommade d’iodure de potassium ioduré.
Pr. lodure de potassium 4 gram.
Iode 1 grani-
Eau Q. 8., environ 8 gram.
Axonge 30 gram.
Mêlez exactement.
Nous avons dit ailleurs que pour les substances insolubles il fallait les porphyriser avec soin avec l’axonge.
Quant à leur nature on peut diviser les pommades en trois séries î
1" Les pommades par simple mélange : pommades mercurielle, iodurée, etc.;
2" Les pommades pai' solution : pommades camphrée, phosphorée, etc. ;
3” Us pommades par combinaison chimique : pommades oxygénée, citrine, etc.
ABRÉGÉ DE PHARMACIE
0\GUEXTS (rétinolés mods).
Un onguent est une pommade composée de matières résineuses unies à une huile ou à une graisse animale et ne contenant pas de substances métalliques. Leur consistance est généralement pâteuse ; on ne les emploie que pour l’usage e.xteriie. Ils diffèrent des pommades en ce que celles-ci sont plus molles et ne renferment pas de résine, et des emplâtres en ce que ces derniers sont plus consistants , s’agglutinent et ne se liquéfient point par la chaleur du corps.
On confond , dans le langage usuel , les mots baume et onguent Le mot baume s’applique à certains onguents , mais ne les comprend pas tous. Onguent devrait désigner les médieaments propres à oindre la peau , et baume serait réservé pour les pommades résineuses destinées à être appliquées sur les parties entamées ou près de l’être : telle est l’opinion de M. Soubeiran. Les onguents sont des médicaments oflicinaüx , le médecin n’a donc pas à en prescrire la formule , il lui suffit d’indiquer le mode d’emploi. Il aura quelquefois à saupoudrer l’onguent avec une substance animale ou végétale ; cette matière devra toujours être réduite en poudre très-fine ; il est important en outre de n’employer qu’une couche très-mince d’onguent. Ces préparations n’agissent que par la surface en contact immédiat avec le corps. Des onguents s’emploient en frictions ou étendus sur de la toile , de la peau , de la charpie. Ils peuvent servir d’excipient à d’autres médicaments, des poudres , des liquides , etc.
OXGÜENT-EMPLÂTRE (rÉTIKOLÉS SOUDES).
Cette préparation ne diffère de la précédente que par une proportion plus forte de matières solides.
C’est à tort que les onguents-emplâtres ont été nommés emplâtres comme nous le verrons bientôt. Les emplâtres de mucilage, de ciguë, de belladone, sont compris dans le genre de médicaments.
EMPLÂTRES PROPREMEXT DITS (STÉARATÉS).
Nous avons défini les emplâtres en parlant des onguents ; les emplâtres proprement dits ont pour base la combinaison du protoxyde de plomb avec les acides oléique , margarique et stéarique. Les uns sont préparés avec l’intermède de l’eau ; les autres sont faits sans ce liquide et sont dits brûlés.
Les emplâtres s’appliquent à l’extérieur et s’étendent en cou-
«i AÜHKGÉ DE PHARMACIE.
chos peu épaisses .sur des tissus de toile, du taiTetas , et le plus souvent sur de la peau blanche. On donne à ces excipients la forme convenable.
Emplâtre de ccruse q. g.
r‘our étendre sur une rondelle de taffetas du diamèti’e d’une pièce de cinq francs , à appliquer sur le point atteint de névralgie.
li’emplAtre simple est donc un stéarate, marçarate, oléate de plomb ; il est la base dos emplâtres composés , comme ceux de diachylon gommé, de Vigo, diapalme, etc.
Le seul emplâtre brûlé employé est l’onguent de la mère, c’e^t aussi un véritable savon , il renferme en plus de l’acétate do plomb et des matières brûlées.
Les savons proprement dits se rapprochent des savons (stéaratés) par leur composition, c’est -ii- dire que ce sont des stéarates, des margarates et des oléates de potasse (savons mous) ou de soude (savons durs), les graisses ou l’huile d’olives servent il préparer les savons et les emplâtres.
Les emplâtres peuvent être préparés par double décomposition , il suffit pour cela de faire dissoudre dans de l’eau le savon blanc , et d’y mêler une dissolution d’acétate neutre de plomb ; il se fait de l’acétate de soude soluble , et du stéarate margarate et oléate de plomb, mais l’emplâtre simple ainsi obtenu est dur et difficile à malaxer.