EAUX FERRUGINEUSES ET MANGANESIENNES
Gransac. —Ferrugineuses, manganésiennes , arsenicales. Source Basse-Richard, légèrement laxative. Glilorose. Cacliexies produites par les hémorrhagies, par des flux chroniques, par des fièvres intermittentes rebelles. Certaines dyspepsies.
Lnxeidt, ■— Sa source ferrugineuse peut être comparée à la source Basse-Richard de Cransac.
En donnant à la fin de notre ouvrage un abrégé de toxicologie, nous n'avons pas la prétention de tout dire sur cette science si importante, et qui prend tous les jours de nouveaux développements, mais bien d'indiquer, dans un résumé succinct, les symptômes et les lésions produits par les principaux poisons, et donner des renseignements précis sur l'emploi des contre-poisons et sur les recherches à faire pour arriver à reconnaître la présence d'une substance toxique. Nous renverrons pour les détails et pour l'étude complète des poisons aux traités spéciaux de toxicologie.
Nous devons ajouter que les médecins négligent beaucoup trop l'étude des poisons : les élèves ne s'en occupent que dans le but du quatrième examen, et c'est là un grand tort ; car sans des notions exactes, et si un médecin n'a pas bien présents à l'esprit les symptômes produits par les divers poisons, il lui sera impossible de les suivre le livre à la main, et conséquemment il ne pourra se livrer avec fruit aux diverses expériences que nécessite la recherche d'une substance toxique.
Nous recommandons au médecin appelé à se prononcer sur un empoisonnement, de ne jamais avoir des idées préconçues; les symptômes et les lésions doivent seuls le guider dans les recherches qu'il devra entreprendre ; quelquefois cependant les renseignements qu'il pourra recueillir, la profession de la victime, pourront lui donner des indications; mais si toutes n'étaient pas justifiées, c'est-à-dire si un ou plusieurs symptômes, si quelques lésions manquent, il faut qu'il se rappelle que jamais ou rare- 'raent, on ne trouve tous les phénomènes décrits par les auteurs. Cependant quelques-uns de ces phénomènes sont constants, et s'ils manquaient, il devra rechercher s'il n'aurait pas affaire à une de ces nombreuses maladies simulant l'empoisonnement.
La toxicologie (de 'îoc^xbv, poison, et 'Xôyoq, discours) est la science qui s'occupe de l'étude des poisons. On appelle poison toute sub-
stance qui, prise intérieurement ou appliquée d'une manièi>e quelconque et à petite dose sur un corps vivant, altère ou détruit entièrement la vie. On a blâmé l'expression de corps vivant et on a voulu substituer les mots corps de Cliomme. 11 est vrai que les substances qui sont des poisons pour un animal, ne le sont pas souvent pour un autre ; mais ce sont là de rares exceptions , et comme une définition n'est bonne qu'autant qu'elle est générale, nous préférons celle que nous avons donnée, et qui est généralement adoptée.
La connaissance des poisons remonte à la plus haute antiquité ; Homère en parle dans ses écrits, et il suffit de se rappeler ce que l'on entend par l'art des Circéet des Locuste pour justifier cette antiquité des empoisonneurs. Le père delà médecine dit dans son serment : Je ne remettrai de poison à personne. .. Les législateurs, d'après ce que rapporte Platon dans sa République, avaient cherché à empêcher la vente des poisons. Enfin à l'époque d'Homère, déjà Moly s'était occupé de rechercher un contre-poison universel, qu'on est bien loin d'avoir trouvé de nos jours ; mais du moins serons-nous à même d'en indiquer certains qui peuvent neutraliser l'action d'un grand nombre de poisons, comme par exemple l'albumine et le sulfure de fer hydraté contre les poisons métalliques.
Pendant longtemps on s'est contenté de rechercher les poisons dans les premières voies où il avait été ingéré, dans l'estomac et dans les intestins; aujourd'hui, sur les indications très-précises de M. Orfila, on les retrouve dans les tissus ou dans les liquides sécrétés. Le professeur que nous venons de nommer, et après lui MM. Flandin et Danger, ont prouvé que tous les poisons ne suivaient pas les mêmes voies d'élimination. Ainsi, l'antimoine, l'arsenic, le plomb sont éliminés par les urines; d'autres le sont par les sueurs, quelques-uns, comme le cuivre, se localisent dans le cœur. Cette localisation des poisons, si bien établie par Orfila, est sans contredit une des plus belles découvertes de la toxicologie; c'est au même auteur que nous devons des indications précises qui nous permettent de distinguer les substances toxiques introduites dans l'économie, de celles que le corps peut renfermer à l'état normal. C'est lui encore qui a insisté, avec juste raison, sur l'importance qu'il y a dans la recherche des poisons, à se débarrasser d'abord des matières animales, précepte important et tout à fait en opposition avec tout ce qu'avait dit Fodéré. L'expérience a prononcé aujourd'hui, et nous pouvons certifier qu'en présence des matières organiques il n'y a pas de réaction nette possible.
Depuis que l'esprit de classification s'est emparé de toutes les sciences, on a donné trop souvent une trop grande extension à cette méthode. En toxicologie une bonne classification devrait être fondée sur des faits physiologiques bien avérés; mais mal-
heureusement ces faits manquent, et nous devons avouer que la classification des poisons proposée par Vicat^ adoptée par Fédéré, modifiée par Orfila, est loin d'être satisfaisante; elle comprend quatre classes: