QUALITÉS DES MÉDICAMENTS
11 importe de n'administrer que des médicameats de bonne
qualité, et le médecin n'aura toute garantie à ce sujet qu'en ayant soin de prescrire la meilleure sorte commerciale soumise récemment à la préparation pharmaceutique la plus avantageuse.
i° Sortes commerciales — Leurs variétés dépendent de la différence des espèces botaniques qui les fournissent, ou bien, la plante, restant identique, de la diversité des conditions d âge, de terrain, de climat, etc., etp us encore de la nature des préparations souvent frauduleuses qu'on lui fait subir. Ce n'est i^as toujours la qualité absolument meilleure qu'on devra rechercher dans les médicaments ; on fera bien parfois de préférer une sorte moins bonne, mais moins facile à sophistiquer et plus abondante dansle comnierce.
Dans bien des cas. il sera même nécessaire, à la campagne surtout, de se contenter de médicaments à propriétés analogues, c'est-à-dire des succédanés.
Les agents thérapeutiques placés dans la même classe peuvent, en général, suppléer les uns aux autres en tenant compte des
Pour les succédanés de chaque médicament en particulier, il faut consulter l'article qui lui est spécialement consacré.
2" Ancicaneié des préparations. — Les extraits et les autres préparations officinales perdent de leurs propriétés avec le temps. C'est une circonstance qu'il ne faut jamais oublier, principalement lorsqu'il s'agit de médicaments très-actifs ; un seul fait servira à en faire sentir toute l'importance.
Parmi les substances que nous devons signaler comme subissant une altération constante, nous indiquerons le cyanure de potassium qui, lorsqu'il est pur, est un poison narcotique trèsviolent à la dose de 20 centigrammes; mais avec le temps, et surtout selon le procédé employé pour sa préparation, il peut renfermer du carbonate, du formiate et du cyanate de potasse, corps à peu près inertes ; aussi, disons-nous du cyanure de potassium, à cause des altérations f|ue nous venons de signaler, qu'il doit être exclu de la thérapeutique interne; c'est ainsi encore que l'eau distillée d'amandes amères et celle de laurier-cerise s'altèrent rapidement, et leur principe actif (l'huile essentielle) se transforme en acide benzoïque.
Des accidents semblables pourraient arriver dans les mêmeâ j conditions avec d'autres substances énergiques. La différence d énergie observée entre deux préparations tout à fait distinctes, l'une ancienne, l'autre récente, se trouve, quoiqu'à an moindre degré, entre une portion d'une masse médicamenteuse et la masse elle-même dont elle a été depuis longtemps séparée, attendu que les médicaments s'altèrent en raison directe de leur division. Nous engageons donc les praticiens : 1° à ne pas conseiller à leurs malades un approvisionnement de cessui)stances qui dépasse les besoins de quelques jours ; 2° à réduire la dose, k chaque fois
qu'on renouvelle la provision, de telle sorte que cette dose égale au plus 1 avant-dernière; 3" à recommander au pharmacien de s'abstenir de préparations trop anciennes.
3° Préparations pliarmaceuliques . — Nous comprenons sous ce titre les formes données aux médicaments dans l'officine du pharmacien et même dans le laboratoire du chimiste. Voici quelques préceptes généraux relativement à leur choix. On doit donner la préférence à celles où les doses des principes actifs sont susceptibles d'une évaluation rigoureuse. On prescrira donc le sirop d'opium plutôt (|ue le sirop de pavot, la strychnine, et mieux le sulfate de strychnine, plutôt que la fève de saint Ignace, etc. Pourtant nous sommes quelquefois heureux d'avoir à notre disposition des préparations inférieures, mais affublées d'un nom bizarre qui en dissimule la véritable nature. En face d'un malade qui refusait absolument de prendre des opiacés, le sirop de karabé a tiré d'embarras plus d'un praticien.
Telle substance dans une certaine combinaison existe à un état de pureté plus grande que dans les autres ; ainsi l'antimoine n'est parfaiteaient exempt d'arsenic que dans l'émétique et le kermès. Ce sont ces deux combinaisons qu'on devra employer.
On peut poser en règle générale que les substances médica,menteuses sont d'autant mieux acceptées par l'économie, qu'elles sont plus analogues aux principes chimiques répandus dans notre organisme.
C'est à ce titre que les substances insolubles remportent sur les autres lorsqu'il s'agit de déterminer des effets dynamiques. 11 semble que leur dissolution à la faveur des liquides sécrétés soit un commencement d'assimilation.
On devra d'ailleurs choisir parmi les corps insolubles de même espèce celui qui se laisse le plus facilement attaquer par nos humeurs, c'est-à-dire celui qui est le plus hydraté; parmi ceux d'espèces différentes, il faut prendre celui dont les affinités sont le moins satisfaites ou dont la combinaison est la moins stable.
Ce serait la règle inverse qu'il faudrait suivre à l'égard des mé- I dicamento solubles dont on recherche l'action générale. A ce point de vue la forme saline est la plus convenable. D'ailleurs, toutes ' ces règles souffrent de nombreuses exceptions et se modifient les unes par les autres. Souvent même elles seront sacrifiées aux répugnances des malades ou à d'autres considérations, dans l'énumération desquelles nous ne saurions entrer,