HUILES ESSENTIELLES
Les huiles essentielles ou volatiles ou essences sont des principes immédiats qui tantôt existent tout lormés dans les végétaux qui les fournissent, et qui, d'autres fois, ne prennent naissance qu'à la suite de la réaction de certains principes entre eux (, essences de moutarde et d'amandes amères).
Ce sont toujours des produits riches en carbone et en hydrogène insolubles dans l'eau, solubles dans l'alcool et l'éther, et qui se divisent, se^on leur consistance, en solides, siéaroplène (camphre), et en liquides, élœioptène (citron). Chimiquement, on les divise en quatre classes.
1° Essences liydrocarbonées , presque toutes isomères, comme les essences de térébenthine, de copahu, de sabine, decitron,etc.
2° Les essences oxygénées qui, d'après M. Dumas, peuvent être considérées comme des oxydes d'hydrogène carboné ; telles sont les essences des labiées, des ombellifères, des laurinées, etc.
3" Les essences sulfurées, comme les essences d'ail, d'oignon, d'assa-fœtida.
h° Les essences azolo-sulfurêes qui ne préexistent pas dans les plantes et qui ne se forment que par la réaction de deux matières (myrosine et acide myronique) au contact de l'eau; telle est l'essence de moutarde et probablement celle des autres crucifères.
D'après leur densité, les huiles essentielles sont divisées en plus légères et plus lourdes que l'eau, celles qui sont oxygénées peuvent être divisées en plusieurs groupes chimiques :
1° Essences neutres ou indifférentes. Essences des labiées, des verbénacées.
2^ Essences acides, telles que les essences de girofle, de reine des prés, etc.
3" Essences solides, camphres de Bornéo et du Japon.
û" Essences qui peuvent être considérées'comme des aldéhydes, telles que les essences d'amandes amères, de cannelle, etc.
5° Essences que jouent le rôle d'un alcool ; comme l'essence de pomme de terre.
6° Essences qui peuvent être considérées comme un éther composé ; telle est l'essence de Gaultlieria proctmibens (salici-
latè de méthylène). C'est dans ce dernier groupe pe viennent se placer les essences factices de poires, d'ananas, de cognac, de rhum, etc.
Exposées à l'air, les huiles essentielles se résinifient et deviennent solides; (|uelqaes-uiies sont transformées en acides, comme l'essence d'amandes amères qui, en absorbant l'oxygène, produit l'acide benzoïque. etc.
Les essences s'obtiennent par l'expression, lorsqu'une grande quantité est accumulée sur un seul point, telles sont les essences des auruntiacées, d'autres par distillation avec leau, comme les Labiées, les laurinées, etc.
On les emploie intérieurement en potion et en oléo-sucrè à la dose de quelques gouttes; extérieurement en fumigation, en lavement, en Uniment, et à la surface des cataplasmes.
FECULES.
Médicaments officinaux employés à l'usage interne comme à l'usage externe. Intérieurement, on les prescrit en gelée, en tisane; on les administre en lavement. Extérieurement, on s'en sert pour les cataplasmes et pour les bains.
En chimie, comme en pharmacie, les mots fécule et amidon indiquent une seule et même chose; en économie domestique, au contraire, on désigne sous le nom de fécule les sul)stânces ternaires bleuissant par l'iode, et qui peuvent servir d'aliment, tandis que l'on appelle amidon les fécules qui sont séparées par la putréfaction du gluten des céréales, et qui, souillées par l'acide lactique principalement, sont employées dans l'industrie et quelquefois en médecine, mais qui ne pourraient servir d'aliment.
On donne le nom de farines aux graines et aux fruits des graminées réduits en poudre, et composées principalement d'amidon, de gluten, de matières grasses, etc.
L'iode bleuit les fécules, avons-nous dit ; la coloration est d'autant plus intense que les grains d'amidon sont plus gros; l'iodure d'amidon chauffé à 60 ou 80 degrés se décolore et reprend sa couleur bleue par le refroidissement ; l'iode libre produit seul cetie réaction ; les iodures, l'acide iodhydriquc ne colorent l'amidon qu'autant que l'iode a été mis en liberté. Sous l'influence de la diastase, principe neutre azoté qui se forme pendant la germination de l'orge et de la plupart des graines: et sous l'influence des acides minéraux étendus et à l'ébullition, les fécules sont transformées en dextrine, et en sucre ou glycose.