‹ Traité de l'art de la charpenterieChapitre 6 sur 159 · CHAPITRE t. SI · texte numérisé non relu

CHAPITRE t. SI

mit lH« ébauchées aveu le ciseau ou )■ besaiguf!. a, Tai; f, fer; g, coin, i.c Ter est rcpréscnlc isolf ment , vu de Taco et tic plnt , Rg. M. \.a partie inférieure , qui est la plus large , est tranchante par le bout ; lorsqu'elle esl placée dans le fût, elle en occupe toule l'épaissi-ur ; elle se trouve logée dans une entaille qui est inclinée, par rapport â la semelle , de 4S à HO degrés. 1^ rencontre de cette entaille avec le plan de la semelle forme la lumière qui «st ouverte sur toute la largeur de la semelle. La queue du fer se prolonge en dessus en passant au Iraïcrs d'une morlaisc qui n'occupe que le tiers de l'épaisseur du fût, et qui est évasée par en haut dans le sens de aa longueur , de façon à recevoir le coin qui achève de la remplir enlièrcmenl et ntainiienl le fer.

On serre le coin en Troppant sur sa tète avec le marteau . cl on le desserre pour l'enlever en frappant en sens inverse dans l'encoche qu'il porte en dessus; on préfère ce moyen à la percussion sur le bout postérieur du fat pour desserrer te coin , atlendu que , comme le fût esl fort étroit , si on le frappait par le bout il pourrait être promptcment dégradé. On frappe cependant sur celle partie du fut pour faire rentrer la lame et diminuer la saillie du Iranchanl , mais ce n'est qu'à Irès-pelits coups qui n'ont point d'inconvénients. Lin peu de jeu laisse dans la largeur de la mortaise permet, eu frappant latéralement la queue du fer , de placer le tranchant parfaitement parallèle au plan de la semelle.

Le fùlest traversé dans loulc son épaisseur par une échancrure circulaire 6 qui reçoit les copeaux au-dessus de la lumière. Celte échancrure esl évasée également des deux cùlés, entîn que les copeaux se dégorgent d'euxmêmes.

I.e guillaume est tenu comme un rabot simple; mais comme il faut le faire agir également sur les deux plans qui forment une aréle creuse , on loi donne aussi une position horizontale lorsqu'il faut travailler le cdle d'une arélc creuse qui esl vertical.

Le nom de guillaume donné à co rabot cïl probablement celui de son inventeur.

Fîg. 7. Bouvet à languetlei. Ilabut qui sert il faire les languelles sur l'é[Mii9Scur des planches ou sur le bord des pièces de bois. Cei outil est représente par une projection verticale sur un plan parallèle à sa longueur, ei une coupe par un plan vertical et perpendiculaire i la projection verlirale, suivant la ligne m n.

On voit par cette coupe l)UO h '■ partagée d'un bout

à r>Dlre en trois ;>* mr le bois qui doit

être enlevé des deux côtés , celle da milieu ne portant qoe lorsqfiie la languette a acquis sa saillie, dont elle règle Tunifonnité. Le fer /qui est représenté à part, fig. 15, a son tranchant divisé en deux parties* Il est placé dans le fût a comme ceux des autres rabots , et tenu par un coin g dans une entaille qui s'ouvre sur la face droite du fût. Duc6té de la face gauche, la semelle est bordée par un épauleroent p qui sert de guide pour conduire Toutil le long de Tarétedu bois à booveter* et bien parallèlement.

Un œil circulaire et évasé b est ouvert dans la face droite comme celui du guillaume pour dégorger les copeaux. Un renfort g pris dans le même morceau de bois ou ajouté avec des vis dans la partie supérieure de la même face , consolide le fût et change dans toute la hauteur qui lui correspond Tentaille en mortaise dans laquelle se prolonge la queue du fer et la tète du coin , que Ton serre et desserre comme celui du guillaume.

Fig* 8. B&utei à rainures. Ce rabot est représenté par une projection verticale et une coupe suivant la même ligne m ». Il sert à creuser des rainures sur répaisseur des planches ou sur le bord des pièces de bois (1). La coupe fait voir que la semelle de son fût est partagée en trois parties , de manière à porter d*abord par celle du milieu sur le bois qu'il s'agit d^enlerer pour creuser la rainure ; les deux autres ne portent que lorsque la rainure a atteint sa profondeur, dont elles assurent Tuniformité. Le fer fde ce tionvet est représenté à part, fig. 14. Son tranchant unique a juste la largeur que doit avoir la rainure ; îl est exactement égal au vide laissé entre les deux parties du tranchant du fer , fig. 13 , du kMuvet à languettes : ce qui est indispensable pour que les languettes remplissent exactement les rainures quand on joint les bois.

Le fer est placé comme celui des autres rabots ; il passe dans une mortaise qui traverse le fût dans toute sa hauteur, et qui est remplie par le coin g que Ton serre et desserre , comme celui du guiUaufme.

Les fers de bouvets doivent déborder un peu latéralement les petites joues des rainures et languettes de leurs fûts , afin que ces joues ne frottent pas contre le bois , et que le fer coupe sur toute la largeur de son tranchant lorsqu'on le fait agir.

(i) Le mot bùuvêt désignait daos l'ancien langage un petit bœuf; et Ton dumilbouvUtr pour labourer avec des bœufs. Le nom de bouvet a donc été donné aux petits rabots dont il s*Bgtl par une serte d*aaalogie , parce qu'ils servent à bmtueier \c boi« en y ouvrant des rainures semblablet aui «illons d'une terre labourée.

L- ilroili; Uu bouvet à raïuurescstcuminuceik- tlu |ii l'ccikiil pur un sll b circulaire et fvasé, qui joint la luniicre cl alleint la mortaise |iour que lescopcaui puissent se ilégorger faclkmeiil.

Quclquelois les deux buuvels à rainures et à laiij^uelles suiit réunis daii! un seul làt |>lus épais ; les deux fers pssseiil à cAIé l'un de l'autre cti se croi- >anl â peu près à angle droit; un épaulement commun sépare les deui »emellvs, et sert de guide pour la dÎKCtiun de t'un et l'autre outil, dont lin se sert en sens inverses.

On fait aussi dus bouccU dits de deux pièces, qui servent lorsqu'on veut que les rainures et Ils laiiguillcs soient placées i différentes distances des bords du bois. I.'épuuli'menl qui sert de guide pour la direction de l'outil est alors une pièce sépar6c qui peut c» être écartée, sui*aiit le tiesoin, au moyen de deux prismes, comme celui du trusquin. Rg. 18. cl que l'on Mxe •TCCdcscIeG).

Les bouvets sont des modilications du guillaume; ceux qui iont représentés fig- 7 et 8 ne servent que pour Taire des rainures et des languettes en ligne droite, suivant le iîl du bois. Lorsqu'on vsl dans la nécessité d'où- ' vrir des rainures qui croisent le (il du bois, il faut que les bouvets portent, dans leurs faces latérales, des lames en fer qui soient en forme de couteau, et qui précédent le fer principal, alin que les fibrus soient nettement coupées des deux côtés de la rainure avant d'élre enlevées, autrement la rainure serait déchirée. Si la raiiiuru doit tire courbe, il faut que le bouvet soit t.iillé suivant sa courbure, et l'on attache sur la pièce i bouvcler un liteau cintré pour lui servir de guide. Il est rare que les charpentiers aient ocea sion de faire usage de ces diverses sortes de bouvets, c'est pourquoi nuu^ n'en avons pas donné de ligures.

Fig. 9. Fer de la varlope, ftg. i, va sur son plat. Son tranchant est droit, et n'a qu'un bisenu cummu tous les fers de rabots.

Fig. 10. Fer de la galère, fig. l.Son tranchant est aftilé en arcde cenli*. 4(ia qu'il morde mieux sur le bois.

Fig. 11. Ferda rabot, Hg. 3.

Fig. IJ. Fer du ijuillaume, lig. 6. Le tranchant luponii à ia [Mrtii- In plus large.

Fig. 13. Fer du Anueetâ rainurei, Hg. 7. Lelmut inférieur est divisé en deux lames qui ont chacune leur tranchant ; 1rs deux tfauchants sont dan<^ une irtétne ligne druite, l.a queue de U lamu purli' uu petit crochet latéral qui serti faire, au besoin, rentrer 1.1 lamu dans li? fut pour ilimiuuer U

<.iillicdu

Fig. 14. Fer du bauvei à rainuresy fig. 8. Le tranchant est étroit et égal à Pespace qui sépare les deux tranchants du fer précédent ; il porte è sa queue un petit crochet qui a la même saillie et le même objet que celai du fer Gg. 15.

Fig. 15. Fer d'un raboi dont la semelle serait arrondie, pour former des canelures ou des arrondissements creui.

Fig. 16. Fer d'un raboi dont la semelle serait creusée, pour faire des baguettes ou arrondir les arêtes des pièces de bois.

Tous les fers de rabots s*affilent de la même manière etavec le même soin que ceux des ciseaux et des gouges.

Fig. 17. Guimbarde. Cet outil est représenté par une projection verticale et une projection horizontale.

a, fût en bois dur. Il est ordinairement en chêne.

b, fer. Le tranchant n*a qu'un biseau comme celui d*un bédane; ce fer traverse verticalement le fût en passant par une mortaise, dans laquelle il se trouve contenu très-juste dans le sens de son épaisseur, mn; dans l'autre sens, la mortaise lui laisse un peu de jeu.

Cy coin en bois dur, traversant le fût dans le milieu de son épaisseur, en passant par une mortaise qui pénètre un peu dans la première. Ce coin sert à maintenir le fer vertical et immobile, pour qu*il conserve la saillie qa*on lui a donnée. Quelquefois on introduit parallèlement au coin une bande de métal qui sert de coussinet, pour empêcher les arêtes du fnr de déchirer le coin, et opérer une plus forte pression.

Pour augmenter la saillie du tranchant, on frappe avec un marteau sur la tête du fer, et pour la diminuer, on frappe en sens contraire sons le crochet ^ qui le termine.

La guimbarde sert à égaliser le fond des refoui llements qui doivent être parallèles aux faces planes dans lesquelles on les a creusés.

Pour faire agir la guimbarde, après qu*on a donné au fer une saillie égale à la profondeur que doit avoir le refouillement, etTavoir fixé, on place Poutil au-dessus du refouillement en y faisant pénétrer le tranchant ; on conduit alors le fût des deux mains pour lui donner un mouvement de va-et-vient, dans le sens le plus propre à couper le bois, et Ton continue ce travail jusqu'à ce que le dessus du fût soit en contact parfait avec la surface dans laquelle le refouillement est entaillé.

La face antérieure du fer qui contient le tranchant est placée verticalement, afin d'atteindre dans les arêtes creuses formées par les joues et le fond des refouillements.

CUAPlTdE I. US

Le Ter il'utie guimbanlc Joîl £tro un prisme Irès-pxacl, atin qu'il auj[ retenu suns vacillation dans sa morUise et qu'il puisse ; glisser avec un rroltemrnl égal. (,)u cl qui' fois on le fait carré, pour qu'on puisse toorncr son Iranclianl parallèlcincnt an petitcOté du fill, comme il est reprë>ien[é lig. 18, uu parallèlemrnt au grand calé, ce qui a l'avantage de pouvoir disposer l'outil pour agir dans Inutes sortes de sens.

«fer de la guimbarde l'alUle comme celui d'un bédane.

De l'aiguitemeul de» outil*.

Tous les outils qui servent à couper ou tailler sont garnis d'acter à leurs parties tranchantes; quelquefois même la totalité de l'ouLil est en acier, mais c'est toujours la seule partie du tranchant qui est trempée.

La (rempe est une npératiori qui ne peut s'appliquer qu'à l'acier, et qui a pour objet de le durcir. Pour tremper un oulil on fait rougir au Tcu la partie qui porte le tranchant, et un la plonge toute rouge dans l'eau ou dans l'huile. Si la trempe est trop molle, ce qui provient de ce qu'on n'a pas assez cbaulTc la pièce, le tranchant plie et s'éniousse •^ si elle est trop sèche, ce qui provient de ce qu'on a trop chauITé, l'acier s'égrène et l'outil est bienlùt ébréché. Dans le premier cas, il faut recommencer l'opération en chaufTant davantage, et en plongeant la pièce plus rapidement ; dans le second cas , il faut faire revenir la pièce en la chauffant sur des charbons ardents, jusqu'à ce qu'elle prenne une belle couleur bleue. Au delà de ce point, la trempe est presque détruite.

Souvent tel outil est rejeté comme mauvais, qui serait excellent si sa trem|ie était bonne. Avec un peu d'adresse et d'habitude, uu -charpentier |ieut parvenir à donner à ses outils la trempe qui leur convient, lorsqu'ils tic l'ont pas eue dès leur fabrication, cl les rertdre parfaits.

Les taillandiers livrent les outils qu'ils confectionnent, en état de couper immcdialemetit le bois; mais les outils de fabrique sunt vendus par les marchands sans qu'ils soient allllés; leur biseau est seulement préparé. Il est dune indispensable qu'un ouvrier charpentier sache aiguiser el afUlcr SCS outils, ou, comme quelques-uns disent, les affMter, expression qui doit plutôt s'entendre de l'opcralion p.ir laquelle on ajuste les outils aux luts en bois, qui servent à les maintenir dans la position la plus propre pour les faire coui>er, que de celle par laquelle uu les reuil panis.

Poar aigoiser le tranchant d*Qn outil, il faat frotter son biseau sur ane pierre dont le grain ait assez de dureté poar user Facier trempé.

Poar raîgoiseroent grossier par leqoel on prépare on traachaiil d*oatil , on se sert d^une pierre de grès, qui est ordinairement taillée en meule (1).

lorsqu'on veut se servir d*unc meule en la faisant tourner, elle doit être montée sur an aie en fer; la rotation est imprimée è la meule au moyen d*ane poulie fliée sur le môme axe, et qai reçoit, par Fioterroédiaire d*une corde sans fln, le mouvement d*une grande roue mise è son tour en mouvement par une manivelle à pédale. La meule , la poulie et la roue sont montées dans un bâtis en bois, et le tout est appelé gagne-petity en tout pareil à celui dont se servent les rémouleurs ambulants. Noos n*ea donnons pas le dessin parce que, quoique le gagne-petit soit ce qu*il y a de plus commode poar aiguiser, il est peu en usage, â cause de son prix, parmi les charpentiers. On se contente de monter la meule, et son axe en fer qui porte une aumi^ velle, dans les montants d^un fort châssis en bois, appuyé contre un mur ou quelque autre objet. Un apprenti tourne la manivelle ; un vase placé au-dessus de la meule, verse l'eau goutte à goutte pour aider Faigoisement.

On se sert aussi de la meule posée à plat, horizontalement et immobile, élevée à la portée des mains, et que l'on mouille par un moyen quelconque. L'ouvrier, en promenant le biseau de l'outil qu'il veut aiguiser sur le plat de la meule, parvient à lai donner le fil, c'est-à-dire è le rendre tranchant. Il faut néanmoins user de quelque adresse, soit qu'on se serve de la meule tournante, soit qa*on aiguise sur la meule à plat, pour conserver au grès, dans le premier cas, la forme cylindrique, et dans le second, la forme plane, parce qu^en- se creusant il donnerait aux tranchants des outils une forme trop courbée telle que leurs entailles sur le bois formeraient des sillons creux qu*on ne pourrait point'efTacer.

Il faut que les outils soient promenés è toutes les places, de façon qu'en s'osant ils usent la meule également et régulièrement. C'est par on petit tour de main, qui s'acquiert par l'habitude, qa*on donne à certains tranchants la légère courbure qui leur est nécessaire pour bien couper. En ai-

(i) Ki-8 meilleurs grès à meules 9onl ceux de Marcilly et de Celles près Langres et ceui de ra»&avant près VauvUlicrs.

CUAflTRE ].

guisant un oulil. il faut le lenîr de façtin que son biseau s'applique dans loale son étendue sur la pierre, pour qu'il se cunservc suivant l'angle qu'il doit faire avec le plan Je l'outil. Cet angle est d'environ 30 degrés. Il doit cependant varier un peu, selon la dureté du bois que l'outil doit travailler. Il est un peu moindre pour les bois très-lendrcs, et un peu plus grand pour les bois IrÈs-durs.

On ne doit aiguiser un outil a un seul biseau que du cùlé de ce biseau . aEin de conserver te fil du tranchant vif dans le plan <Iu plat de l'outil . sans quoi cet outil ne serait plus propre â planer, parce que sa lame manqoeraïl de point d'appui ; c'est pourquoi il est plus difficile de se servir des onlils à deux bisaaux , tels que haches et piochons, que de ceux qui n'eu ont qu'un.

Les outils i deui biseaux doivent ôtro aiguises des deux côlés sur chaque biseau, et autant d'un cAté que de l'autre, leurs biseaux doivent être plu.-^ allongés ou plos larges que les biseaux simples, pour que le tranchant soii aussi lin et que les deux biseaux fassent eulre eux le même angle de 30 degrés et des angles égaux avec le plan mofen de l'outil.

Lorsqu'un oulil est aiguisé sur la meule tournante ou liic , son tranchant est grossier et composé d'une multitude de petites dents formées par les grains du grès , qui ont strié la surface du biseau. Si ou le laissait ainsi , la coupure qu'il produirait sur le bois ne serait pas unie et polie. Souvent le tranchant est bordé d'une petite frange ou d'une petite lame d'acier trèsmince e( très-étroite , à peine adhérente , appelée banmre ou tnorfil; ce morfil, en se repliant sur le tranchant, l'empêcherait de couperet l'émousscrail, si on ne l'enlevait pas. four enlever les stries grossières faites par le grès. Caire tomber le miirfil et rendre le tranchant plus vif, on passe l'outil sur la pierre fine (1). Cette pierre est beaucoup plus petite et n'a point la forme d'une meule ; son grain est très-fin et sa surface est plane. Un promène le biseau dessus eu le faisant porter bien A plat , ce doul ou s'asfure en le posant d'abord sur son talon , et en le rapprochant de la pierre Jusqu'à ce que l'huilo reflue au bord du tranchant.

(i) OUe pierre ett ■uul iiipdléc pierre Ju Lciaiil «I pierre k 11 ciceuincineDi compif tv . clic lienl Ueienviruut île Smjrne. On < roncul* . Tulgiiiremenl «ppeli! /riirre à ramin , qur vieul ilu tit S«ln>-ChUc*u pr*i iitjje . uu k icrt enfin Je !■ picrro ■nelaÎHi ki •Ion pranicr» wni |ir#fw«iil«. A il^Uul ilocpi pierrei. on |h'iiI

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