DES OS DU BASSIN
Les os du bassin sont au nombre de quatre : le sacrum, le coccyx et les deux os coxaux.
§. 1. — Du sacrum
Le sacrum, ainsi nommé parce qu'on l'offrait en sacrifice aux dieux du pajianisme, est un os impair, symétrique. Placé à la partie postérieure et médiane du bassin, entre les deux os coxaux, il se continue, en haut, avec la colonne vertébrale, en bas, avec le coccyx. Obliquement dirigé de haut en bas et d'avant en arrière, d'autant plus oblique que la cambrure des lombes est plus prononcée, il fait, en avant, au point où il rencontre la dernière vertèbre lombaire, une saillie connue sous le nom de promontoire ou d'angle sacrovertébral. Cette saillie a une grande importance ; quand elle est exagérée, elle apporte les plus sérieux obstacles à la terminaison de l'accouchement.
Forme. — On a comparé le sacrum à une pyramide quadrangulaire dont la base serait dirigée en haut ; mieux vaut le comparer plus simplement à un coin qu'on aurait courbé d'arrière en avant. Il offre à étudier : une face antérieure, une face postérieure, deux bords latéraux, une base, un sommet et le canal sacré.
A. — Face antérieure. — La face antérieure ou pelvienne, triangulaire et concave, présente sur toute sa hauteur une coloime médiane, plus large en haut qu'en bas, composée de cinq pièces quadrilatères superposées, légèrement excavées et soudées entre elles. Les points de jonction de ces pièces osseuses sont indiqués par quatre lignes transversales et saillantes. Cette dernière disposition est la trace de la soudure des cinq vertèbres sacrées dont le sacrum était formé dans l'enfance. La première ligne transversale fait parfois une saillie tellement prononcée qu'en pratiquant le toucher vaginal, on peut
FiG. 1.— Sacrum vu par la face antérieure.
A. Aileron rlu sacrum.
1». Apophyses articulaires.
('.. Premier trou sacré antérieur.
D. Facette articulaire île la base s'uiiissant au corps de la cinquième vertèbre lombaire.
E. Saillie formée par la soudure des deux premières vertèbres sacrées.
S. Sommet de l'os.
os DU BASSIN
médiane du sacrum et du coccyx.
Le chiffre 0"',27 indique la ])rofond(nir de lu courbure du sacrum.
kl confondre avec l'angle sacro-verlébral. — La colonne médiane envoie, en dehors, des prolongements osseux entre lesquels s'ouvrent les huit tirons sacrés antérieurs, quatre à droite et quatre à gauche. Disposés symétriquement sur deux lignes verticales, d'autant moins larges qu'ils se rapprochent davantage du coccyx, ces trous sont évasés à leur côté externe et se prolongent, dans le même sens, sous forme de gouttières peu profondes ; creusés obliquement dans l'épaisseur de l'os, ils se dirigent en arrière et communiquent avec le canal sacré ; ils donnent passage aux nerfs sacrés antérieurs. — En dehors de ces trous, on remarque une surface inégale sur laquelle s'insère le muscle pyramidal. La face antérieure du sacrum, à sa partie supérieure, aune largeur de 11 centimètres à 11 centimètres l/:2 ; sa liauteur, si l'on tire une ligne
droite du milieu du promontoire à Tarticulation r, >,, ,, ,. ,
' hiG. z. - Coupe verti{'al(MM
sacro-coccygienne, est de 9 1/2 à 11 centimètres;
sa longueur, si l'on suit la courbure de l'os, est de 11 à l!2 centimètres. Elle est plus concave chez la femme que chez l'homme ; on peut évaluer la profondeur de sa courbure à 27 millimètres, (à 15 ou 20 millimètres chez riiomine), mais elle varie avec les sujets (voy. fig. 2). Cette face constitue la paroi postérieure de l'excavation pelvienne et se trouve en rapport avec le rectum. B. — Face postérieure. — La face postérieure ou spinale, triangulaire comme la précédente, est convexe et inégale ; elle présente, sur la ligne nn';diane, la crête sacrée, dont le sonunet mamelonné rappelle la disposition des apophyses épineuses de la colonne vertébrale. Cette crête décroît à mesure ([u'elle descend et se bifurque à sa partie inférieure; les branches de cette bifurcalion limitent une échancrure triangidaire, et se terminent par deux petits prolongements tuberculeux désignés sous le nom de cornes du sacrum; c'est au-dessous de ces cornes que pas- i;.' iveuiier trou sacré postérieur, sent les cinciuièmes m^rfs sacrés. — *"• l'"ficett(' articulaire de la base corrcspou-
Sur les côtés de la crête sacrée se trou- ''.""' '\ '" '•"■'" ''"■*^'';'^"'7 j'" ^'"'•i'^ 'i^ la
. . <iii(|ui(Mue vertèbre iouibau'e.
vent deux gouttières dites gouttières D. Apophyses articulaires de la base du sacruui. sacrées, au fond desciueiles s'ouvrent ^- Sounuet de l'os, les trous sacrés postérieurs; au nombre de huit, (puilrc de cha(|ue côté, ces
l'iG. 3.
Sacniiii vil par la face posléricure.
PREMIÈRE SECTION. — A.XATOMIE ORSTÉTRICALE
trous cominuiiiqucnt avec le canal sacré et donnent passage aux nerfs sacrés postérieurs. Les gouttières sacrées se continuent, en haut, avec les gouttières vertébrales et, comme elles, donnent attache à des ligaments et à des muscles ; on y remarque, en dedans des trous sacrés, une série d'éminences qui représentent les apophyses articulaires soudées entre elles ; en dehors de ces trous, on voit une rangée de saillies inégales produites par la soudure des apophyses transverses.
C. — Bords latéraux. — Les bords du sacrum se composent de deux portions bien distinctes : l'une, supérieure, est large; l'autre, inférieure, est étroite. — La partie supérieure offre dans sa moitié antérieure une surface articulaire, en demi-lune, à concavilé postérieure, destinée à s'unir à l'os coxal; la forme de cette surface articulaire l'a fait comparer à une oreille humaine et lui a valu le nom de facette auriculaire; derrière elle, existent des inégalités et (les enfoncements qui servent à l'insertion des ligaments sacro-ilia({ues postérieurs. — La partie infé-
FiG. 4.* — Rord latéral (lu sacrum et du coccvx
rieure du bord latéral donne attache aux ligaments
qiiième vertèbre lom-
liaire.
li. Facolto auriculaire.
('.. Apophyse articulaire
E. Crète sacrée.
F. Coccvx.
sacro-sciatiques.
\. Facette articulaire cor- I' importe de remarquer que les bords du sacrum respondant à la cin- sout obliquement coupés Suivant un double sens : 1' de haut en bas et de dehors en dedans ; 2° d'avant en arrière et de dehors en dedans. Cette double obliquité empêche le sacrum de descendre entre les os coxaux ou de basculer en arrière ; elle est donc trèsfavorable à la solidité du bassin.
D. — Base. — La base regarde en haut et un peu en avant. Elle offre, sur la ligne médiane, une large facette articulaire, à grand diamètre transversal, qui s'unit à la face inférieure du corps de la cinquième vertèbre lombaire ; derrière celte facette, une grande ouverture triangulaire formant l'orifice supérieur du canal sacré ; plus en dehors, deux apophyses ascendantes s'articulant avec les apophyses correspondantes de la cinquième vertèbre lombaire. En avant de CCS apophyses articidaires passent de petites gouttières qui concourent à la formation des derniers trous de conjugaison.
De chaque côté de la facette articulaire, on voit une surface quadrilatère inclinée en avant, plus large en dehors qu'en dedans, connue sous le nom (.Vaileron dusacium; concave transversalement, convexe d'avant en arrière, cette surface est lisse et donne attache à quelques fibres ligamenteuses ; elle est séparée de la face antérieure du. sacrum par un bord mousse, bord antérieur de Vaileron du sacrum, i\\\\ forme une partie du détroit supérieur.
E. — Sommet. — Le sonnnet est tronqué et présente une petite facette elliptique, légèrement convexe, qui s'articule avec la base du coccyx.
F. — Canal sacré. — Le canal sacré peut être considéré comme la terminaison du canal vertébral, avec le(|ucl il communique par l'ouverture située
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sur la base du sacrum. Large, prismatique, triangulaire à sa partie supérieure, étroit et aplati à sa partie inférieure, il se termine, entre le sacrum et le coccyx, par une gouttière que des ligaments transforment en canal. Il s'abouche avec tous les trous sacrés et loge cet ensemble de nerfs auquel on donne le nom de queue de cheval. Ces nerfs émanent de l'extrémité de la moelle épinière et sortent par les trous sacrés antérieurs et postérieurs.
Développement. — Dans le jeune âge, le sacrum est formé de c'uu[ pièces ou vertèbres sacrées. Chacune d'elles se développe par huit points d'ossification, cinq primitifs et trois complémentaires. Il n'y a d'exception que pour les trois dernières pièces vertébrales qui manquent souvent de quelques points d'ossification. Indépendamment de tous ces points primitifs et complémentaires, il existe, sur chacun des bords latéraux de l'os, deux épiphyses : l'une correspond à la facette auriculaire ; l'autre est située sur le bord des deux dernières pièces du sacrum.
Les vertèbres sacrées conunencent à se souder entre elles de huit à dix ans ; leur réunion en un seul os est complète entre quinze et dix-huit ans.
Le sacrum, quoique fort épais, est relativement d'un poids peu considérable, parce ({ue son tissu est spongieux; les nombreux trous dont il est percé et le canal qui le traverse contribuent d'ailleurs à en alléger le poids.
g 2. — Du coccyx
Le coccyx (du grec xôxxu^) est un os impair, symétri((ue, formé de vertèbres rudimeutaires dont le nombre est vaiiable. Il peut être considéré comme un appendice du sacrum avec lequel il s'articule et qu'il continue en bas; son sommet est libre. Il est composé de quatre ou cinq petits os ayant l'aspect de tubercules aplatis; ces os sont soudés entre eux et leur volume diminue à mesure qu'ils sont plus inférieurs.
Forme. — Ainsi constitué, le coccyx a la forme d'un triangle dont la base serait duigée en haut. Sa longueur est de 40 millimètres environ. On peut lui considérer une face anléiieure, une face postérieure, deux bords latéraux, une base et un sommet.
FiG. 5. — Face mUéneure du coccyx. Fir,. H. — Face postérieure du coccyx.
A. Corims du enrryx.
JJ. Sommet de Vu».