D. — TRONC
Primipares 18 18(100) 10(55.6) 4(22,2) 1(5,5) » 2(11,1) 1(5,5) 1(2,0)
Multipares 49 48(97,9) 26(53,1)17(34,7) » » 2(4,0) 1(2,0) 1(4,0)
Total... 67
Sur 67 cas de présentation du tronc, 1 (1 ,5 pour 100) est resté sans chang-oment ; 00 (98,5 pour 100) ont changé ; savoir: on mie autre position du tronc, 2 (2,9 pour 100) ; en sommet, 58 (86,6 pour 100), dont 36 (53,7 pour 100) on 0. I. G. .\.; on extrémité pelvienne, 6 (9,0 pour 100).
De ce tableau, il ressort, comme nous l'avons déjà dit, que la stabilité est plus grande dans les présentations du sommet que dans toutes les autres, cliez les primipares que chez les multipares. On y voit en outre que, lorsqu'un fœtus se présentant par le sommet subit une mutation, c'est le plus souvent une simple rotation autour de son axe longitudinal, c'est-à-dire que le plus souvent la position seule change et que la présentation subsiste.
( I ) A côté des iioiiibres absolus, nous avons mis, entre pnrentlièses, la pro|iortion de chacune des présentations ou positions trouvées lors de raccouclicment, relativement à 100 cas de la présentation ou position initiale. — On a imprimé en cliiffres gras les nombres qui correspondent aux cas de stabilité.
Dans la présentation du sommet, par exemple, la présentation ne variant pas, nous avons trouvé des changements de position 29,7 fois pour lOU; transformation d'une occipito-iliaque gauche antérieure en occipito-iliaque droite postérieure 18,8 pour iOO chez les primipares et 26,3 pour 100 chez les multipares ; transformation plus fréquente d'une occipito-iliaque droite postérieure en occipito-iliaque gauche antérieure 38,6 pour 100 chez les primipares et 38,1 pour 100 chez les multipares.
Très-rarement, une fois à peine sur cent cas (0,7 pour 100), le fœtus subit une évolution qui amène le siège à prendre au détroit supérieur la place qu'occupait d'abord le sommet. Quant à la transformation de présentation du sommet en présentation du tronc, elle ne s'est pas produite une seule fois sur 568 cas.
Quelquefois (0,8 pour 100) la présentation du sommet se change en présentation de la face. Le plus souvent c'est le résultat d'une simple déflexion qui transforme une occipito-iliaque gauche antérieure en mento-iliaque droite postérieure. Quelquefois, outie la déflexion, il y a rotation du fœtus suivant son axe longitudinal. C'est ainsi qu'on a vu une occipito-iliaque droite postérieure se changer en mento-iliaque droite postérieure.
En revanche, toutes les présentations autres que celles du sommet se changent très-souvent en présentation du sommet et surtout en occipitoiliaque gauche antérieure.
Sur 10 cas de présentation de la face, un seul a persisté. Tous les autres se sont transformés en présentation du sommet, presque toujours en occipitoiliaque gauche antérieure. Dans 4 cas (5,75 pour 100), la position mentoiliaque droite postérieure s'est transformée en position occipito-iliaque gauche antérieure du sommet, ce (|ui ii'e\ige qu'un(! flexion de la tête. Dans 3 cas (5,60 pour 100), la position mento-iliaque gauche antérieure s'est transformée aussi en position occipito-iliaque gauche antérieure, celte mutation nécessite non-seulement un mouvement de flexion, mais encore un mouvement de rotation autour de l'axe longitudinal.
La présentation de la face n'a été vue, au moment de l'accouchement, comme résultat de la transformation d'aucune autre présentation que celle du sommet.
Les présentations du siège persistent moins rarement que celles de la face. Sur 3'.), quatre sont restées sans modification, trois autres se sont simplement décomplétées. Toutes les autres se sont transformées en présentations du sommet. Les sacro-iliaques droites postérieures sont pros(|ue toujours transformées en positions occipito-ilia(iues gauches antérieures, le fœtus ayant exécuté une simple culbute autour de son axe transversal. Parmi les sacroiliaques gauchies antérieures, la plu|)art (il,7 et 5(»,3 pour lOO) sont devenues parle même mécanisnn^ des occij)ito-iliaques droites postérieures; (piehpies autres, en nombre moindre (25 et 37,5 pour IQP), sont devemies des occipito-ilia(pies gauches antérieures, le fœtus ayant exécuté, outre une cnlbule, un mouvement de rotation autour de son axe longituilinal.
Les présentations de l'extrémité pelvienne (siège ou pieds) succèdent rarement à celles du sommet (0,7 pour 100 des présentations initiales du sommet).
m TROISIEME SECTION. — DE LA GROSSESSE
plus souvent à celles du tronc (9 pour 100 des présentations initiales du tronc). On ne les a pas vues résulter de la transformation de celles de la face.
Les présentations transversales sont de toutes les plus instables. Une seule sur 67 (1,5 pour 100) a persisté sans modification. Deux autres ont persisté, la tête ayant seulement passé du Hanc droit dans le flanc gauche, chez deux multipares. Quelques-unes (9 pour 100) se sont transformées en présentation de l'extrémité pelvienne, toutes les autres (86,6 pour 100) en présentation du sommet. Plus de la moitié du nombre total (53,3 pour 100) sont devenues des occipito-iliaques gauches antérieures.
Dans tous les cas consignés dans le tableau V, on n'a jamais vu la présentation du tronc succéder à une autre présentation. Ce fait n'est cependant pas impossible, puisque nous en avons rapporté un exemple au commencement de ce paragraphe, mais il est très-rare. Kueneke l'a même observé pendant le travail, dans une grossesse gémellaire, après l'expulsion du premier fœtus (1).
En résumé, les changements de présentation ou de position sont fréquents, surtout avant le dernier mois de la grossesse : ils le sont d'autant plus que la femme a déjà eu un plus grand nombre d'enfants et que le fœtus est d'abord moins favorablement placé. Ils tendent, en général, à le ramener à une situation plus favorable et particulièrement en présentation du sommet occipito-iliaque gauche antérieure.
Ces faits ont une grande importance pratique. En effet, les mutations spontanées étant fréquentes, il est naturel de penser que les mutations artificielles sont possibles et même assez faciles. C'est ce que la clinique confirme. On réussit surtout avant le dernier mois, mais on peut aussi exécuter les changements de présentation ou de position beaucoup plus tard et même pendant le travail. L'accoucheur peut donc souvent prévenir les mauvaises présentations. On a dit que cela était inutile puisque par des mutations spontanées le fœtus tend à se placer convenablement. Il y tend, en effet, mais il n'y arrive pas toujours, et il ne serait pas prudent d'attendre de la nature une conversion qui peut ne pas se faire, quand on a le moyen de l'opérer sans danger pour la mère et pour l'enfant. Nous dirons plus tard (voy. Version par manœuvres externes) comment on exécute artificiellement ces transformations de présentation et même de position, et comment on fixe le fœtus dans une situation favorable au moyen d'une ceinture spéciale ou par des bandages appropriés.