TOTAL
par dates.
PROPORTIONS
pour 100 cas.
Si nou.s comparons le.s résultats obtenus par Devilliers avec ceux des trois auteurs anglais : Merriman , Murphy et Reid, nous voyous que ces résultats sont sensiblement concordants. En eiïet, d'après Devilliers, c'est du 270' au 280" jour, et d'après les auteurs anglais, duST-i" au 280' jour, qu'on rencontre le plus grand nombre d'accoucbements.
Seulement, d'après Devilliers, les cbiffres extrêmes sont 250 et 310; tandis que dans le tableau des auteurs anglais, les chiffres extrêmes sont 252 et 326.
Les résultats de Devilliers, de Merriman, de Murphy et de Reid s'accordent encore avec ceux de Schrœder (1) et de Matihews Duncan (2) qui tous deux évaluent à 278 jours, en moyenne, l'intervalle de temps en question.
Gaston (3) dont les observations furent prises à la Clinique d'accouchements sur 81 femmes, choisit aussi pour point de départ de son calcul le dernier jour des règles, et trouva que le plus grand nombre des accouchements a lieu du 267' au 273" jour de la gestation, mais que le 272^ est celui où se pfoduit le plus d'accouchements.
Ahlfeld (de Leipzig) (4) compte 271 jours à partir du 7' ou 8" jour après le commencement de la dernière menstruation. Son procédé n'est pas trèsdifférent de celui de Nsegele qui comptait dix mois lunaires ou 280 jours à partir du premier jour des dernières règles.
Certains auteurs, parmi lesquels nous citerons Harvey (5), Stark (6), Berthold (7), Hohl (8) et Mattéi, se fondant sur cette opinion que l'accou-
(1) idwœdcr, jManuel d' accouchements, Irad. Ciiarpenticr, p. 69.
(2) Diuican, Edinb. iMed. Juurn., novembre 1856.
(3) Tlièse de Paris, 1875.
(4) Monalschrij't jur Geburlskunde und Frauenhrank., Bd. XXXIV.
(5) Gulielmi Uarvcu opéra omnia a coll. med., Londinensi édita, t. I, de Partit exercilatio, 1766, p. 5i8.
(G) Archiv lur dieG(;hurlshUI'e,V,à. Xf, Stiick's, p. 15. léna, 1789. (7) Ueber das Gesetz der Schivaixjerscliafldauer, in-4°. Gœttiiigen, 1844, voy. Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XVlll, p. 1003, année 1844. {8j Lchrhucli der Geburlsliùlfe, p. 412, Leipzig, 1855.
chenicnt a lieu plus souvent aux époques cataménialcs que pendant le reste du mois, calculent le terme de la grossesse en comptant par époques cataincniales, et attribuent arbitrairement aux intervalles qui séparent deux époques consécutives, les uns une durée de ^8, les autres une durée de 30 jours. Le défaut de ce procédé de calcul est de ne pas tenir compte du type réel de la menstruation qui est loin d'être constant, non-seulement chez des femmes différentes, mais encore chez la même femme.
Quant à nous, nous comptons neuf mois de calendrier depuis la fin de la dernière époque menstruelle et nous ajoutons cinq jours; nous obtenons ainsi la date probable de l'accouchement. Pour trouver rapidement le terme de la grossesse, il suffit, après avoir ajouté cinq jours à la diite de la cessation dés dernières règles, de reculer de trois mois. Il faut donc s'habituer à ce petit exercice qui consiste k nommer rapidement les mois du calendrier en sens inverse de leur ordre naturel. Exemple : Une femme a eu ses dernières règles le 1"' janvier; elles ont duré jusqu'au 7 du même mois; on ajoute cinq jours, ce qui conduit au 1:2 janvier. On se reporte ensuite trois mois en arrière, en disant : 12 décembre, 12 novembre, 12 octobre, qui sera la date probable de l'accouchement.
3" Fixation du terme de la grossesse diaprés la date de perception des premiers mouvements actifs du fœtus. — Certains accoucheurs ont pris cette date comme point de départ de leur calcul; ilé ont supposé qu'elle coïncidait avec le milieu de la gestation, de sorte que l'accouchement aurait lieu quatre mois et demi après. Le docteur Schmith (1) (de Varsovie) a même dressé des tables pour faciliter le calcul.
Cette manière de compter est fautive, car tous les accoucheurs savent que les mouvements actifs du fœtus sont loin d'être perçus toujours à la même époque, et, en fùl-il ainsi, ce procédé serait encore insuffisant dans la i)lupart des cas, car les femmes se souviennent rarement du jour exact où elles ont senti remuer leur enfant.
En résumé, on connaît rarement la date du coït fécondant; celle du jour où l'on perçoit les premiers mouvements actifs du fœlus est un point de départ défectueux pour le calcul. C'est donc la dernière mensiruation qui, au point de vue clinique, sera la meilleure base pour la fixation du terme de la grossesse.
»e la grossesse prolongée. — Lorsque l'accoucliement a lieu en deçà ou au delà de la moyenne du terme ordinaire, tout en restant entre les limites extrêmes indiipiées dans les tableaux qui précèdent , on dit qu'il est précoce ou /ï'frt/'t/c', mais, dans ce dernier cas, la grossesse ne sera pas dïlQ prolongée, i Cette expression ne s'appliquera qu'aux grossesses dont le terme dépassera la limite supérieure des grossesses normales.
Existc-t-il une grossesse prolongée ainsi définie? Nous ne la croyons possible que dans les cas de grossesse extra-utérine, de rétention du fœlus mort
(1) Jlcvue de llicrap. médico-cliir. de Paris, î.^ juillet 1857.
dans la cavité ntérine, ou d'obstacles siégeant au niveau du c(À et empêchant l'accouchement. Stoltz et iMuller ne veulent même pas admettre la prolongation de la grossesse en dehors des cas de gestation extra-utérine. Cependant il existe des observations où il ne nous parait pas douteux que le fœtus mort soit resté dans la cavité utérine au delà des limites extrêmes. Nous citerons tout d'abord celle de Menzies (1) où le séjour fut de dix-sept mois par suite d'un cancer du col. Le professeur Herrgott vient de rapporter dans la Revue médicale de F Est (:2) une observation appartenant à Liebmann, dans laquelle on lit qu'un fœtus Ukort vers le cinquième mois de la grossesse ne fut expulsé que dans le courant du douzième mois. Dans tous ces cas, il s'est produit, au terme ordinaire de la grossesse, un travail qui cessa bientôt pour ne se reproduire que phis tard. Il y aurait donc à terme une tentative d'accouchement, mais cette tentative resterait infructueuse. C'est à l'ensemble des phénomènes qui se produisent à celte époque que les Anglais donnent le nom de travail manqué : missed labour.