DÉFINITION, ÉTENDUE, DIVISION DU SUJET
La reproduction de l'espèce humaine nécessite l'union des deux sexes ; mais le concours génésique de l'honane est momentané et sa description trouve place dans tous les livres de physiologie générale , tandis que le rôhi de la femme, agrandi par la fécondation, est durable et mérite qu'on lui consacre un traité spécial ou Traité de l'art des accouchements. Cet art exige des connaissances multiples dont l'ensemble constitue une science désignée sous le nom d'obstétrique, d'obslétricie, de tocologie{\)\ nous en donnerons la délinition suivante : une science qui a pour objet tous les phénomènes de la (lénéralion chez- la femme.
Par les progrès (pi'elle a accomplis et les services qu'elle a rendus, l'obstétrique a pris une grande importance parmi les sciences médicales. Elle soulève et examine de nombreuses questions d'anatomie, de physiologie, d'hygiène, de pathologie, de thérapeutique , de chirurgie opératoire et de médecine légale. Seule, elle a le privilège de sauvegarder simultanément deux existences, celle de la mère et celle de l'enfant. Son domaine comprend, d'une part, tout ce qui est relatif à ra|)pareil génital de la femme, depuis la puberté jus(prà la ménopause; il s'étend, d'autre part, à tout ce qui inlé-
(1) Oiste^rix, sage-tomme ; uhstetricia, soins domiés par imc sage-femme; tôxo;, accouchement; Xôyo;, doclriue.
resse le nouvel être, non-seulement pendant la vie intra-utérine, mais encore depuis le moment de sa naissance jusqu'à la fin de l'allaitement.
Dans l'espèce humaine, l'œuvre de la reproduction est très-complexe, mais elle obéit à des lois naturelles ({ui, le plus souvent, en facilitent l'accomplissement. Cependant elle présente parfois des irrégularités qu'il est utile de corriger, et les dangers dont elle est environnée sont assez nombreux pour qu'une surveillance éclairée soit indispensable, surtout pendant la parturition et la puerpéralilé. On entre ainsi dans le champ de la pathologie obstétricale. Ici, apparaissent les difficultés les plus variées, surgissent les accidents les plus redoutables. L'intervention de l'accoucheur devient nécessaire et l'on peut dire, à l'honneur de l'art obstétrical, qu'aucune branche de la médecine ou de la chirurgie n'exige plus d'expérience, de sang-froid, d'habileté opératoire.
L'usage nous a permis de restreindre l'objet de notre étude : les maladies de l'enfant nouveau-né, celles de la femme , soit avant soit après la grossesse, même les affections puerpérales, peuvent être considérées comme appartenant à la pathologie interne ou externe, et nous ne les décrirons pas. Ainsi limité, l'art des accouchements embrasse encore un grand nombre de sujets qui, méthodiquement classés, forment deux parties principales, l'une physiologique, l'autre pathologique; celles-ci, dans notre plan, se divisent à leur tour en douze sections secondaires.
La première partie traite de la génération à l'état normal et comprend les sept premières sections ; la seconde partie, consacrée à la patliologie de la grossesse et de la parturition, contient les cinq dernières sections :
1° Anatomie de l'appareil génital de la femme.
2" Physiologie des organes génitaux avant la grossesse.
■i" Grossesse normale.