‹ Traité de l'art des armes: à l'usage des professeurs et des amateursChapitre 16 sur 84 · MANIÈRE DE METTRE UN ÉCOLIER EN GÂHIIE · texte numérisé non relu

MANIÈRE DE METTRE UN ÉCOLIER EN GÂHIIE

Le maître ayant mis à ta main de l'écolier un fleuret, la partie courbe en dessous, lui posera le'pouce à plat sur la poignée; il lui place le' talon drbit à la cheville gauche, le pied gauche droit; et le droit en dehors, qui forment ensemble l'équerre; les deux bras tombant le ^ long du corps, la: lame du fleuret dans la main gauche: dans cette attitude, Téléve doit regarder son maître en face {voy. pi. P«, n® i ). .

Comme d'ordinaire les jeunes gens se tiennent mal, par l'habitude de jeter leur tête en avant, à leur table

DE L^ART DES ARMES. nS

d^étude, le mattre aura ratteMion de corriger ce défeut, etk renversant doucement ta iéte de Fétéve, la faisant tourner à droite et à gaucbe par un mouvement tou* jours forcé, afin d^assouplir les musdes du cou. Ce petit exercice amène la position nécessaire , et Féléve finit par tenir sa tête avec grâce.

Pour obtenir Télasticité des bras, le mattre fera rentrer les épadies ; il prendra les mains de Fécolier, et fera tourner les bras de manière & ce que le dessus des mains se toucbe par derrière le dos. On doit s^attendre à quelque difficulté auprès des jeunes- gens qui par conformation ont les épaules fortes. Il faut alors aller par gradation, et approcher les mains autant qu^ôn le peut, saiis cependant feire de mal. On fait regarder Pécolier au plafond; après quelques répétitions de cet exercice, on tâchera que les jeunes gens le fassent d^eux-niémes.

Revenant à la première position , lorsque Téléve sera droit et les pied& eu équèrre. comme on Ta dit, on lui fera ^V^ncef* le piied dmità ^distaMedë deux semelles idt demie dli gauche; ensuite on le prendra 'par les hanehfes^ et on le fera plier des deux jarrets ou des ge* noux; on pousse avec la niain droite la hanche gauche pour retirer à soi la droite avec la main gauche. Les hanches se trouvant alors efKlcées, le haut du corps l'est aussi, et la partie gauche est soulagée aux dépens de la droite; mais dans cette opération on prendra bien garde de trop tourner les hanches; cet excès porteroit le genou et le pied droits en dedans, et ôteroit toute la grâce de la position*. ^ ^ - -

L'élève étant bien placé , on lui fait tourner & droite

S6 TltàlTÉ .

sa tête UH haute , en 8<Mrte qu'ii regarde devant lof* Alors le mattre, le prenant par les mains;. lui feit levev < les bras très haut, sans toutefois* leif^r je» épaules. Si les braa opposent de la résistance, on les assouplit en les faisant pUer beaucoup: et allonger doucement; lorsqu^enfin on n^aperçoit plus de dureté dans les mouve* ments, après que les bra^ seront leTéç, On les fera ou* vrir doucement^ laissant. le |;auche dans tine position oblique» et formant le. 4emi-^er<^y les doigts' près les uns des autres.

Le maître s^occupe ensuite avec sa mmn gauche de la droite de Féléve, il laiui incline demi -tierce, dirigeant la pointe de son fleuret à la hauteur de la main; il «Gontinue à donner du liant, en feisant ployer et remettre le bras en place comme précédemment; prenant garde qu^il né soit pas tendu,, il s'attache aussi à ce que Té* . pauTe soit basse, que Fendroit de la saignée soit flexible. Pour obtenir cet ensemble, le maître > toujours tenant la main droite de Félév?, posera «a droite sur. son^ épaule pour empêcher qu'elle ne lève, ce qui est un grand défaut. 11 lui place ensuite la main à S pouces plus, bas que répaule, en tirant une ligne droite. Dans cette position, la main pourra défendre le dessus comme le dessous, c'est ce qu^on appelle garde partagée ^ la (^rde du. plastron la plus difficile (voj':ph I*"®, n® 2).

Il faut aussi habituer Féléve à ne tenir son fleuret que du petit doigt et de Fannullaire; le pouce et les deux autres doigts ne doivent être sur la poignée que pour conduire la pointe saiis senrer; si on serre ^ la pointt

s^écarte.

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La main dans la garde doit être demi-tîeroe ou demi* ^nte; cela foime un angle qui tient la pointe de Tad- Tersaire hors de la ligne au corps sur les deux engage* mentt de tierce et de quarte, et, par ce moyen^ le foible est maîtrisé.

Obseri^ations.

Uéléve ainsi placé est daus la position la plus difficile; mais 8i cette garde présente des difficultés, elle a aussi de grands avantages, elle mei; à même de prendre toutes les gardes possibles , et de varier auunt que le jeu de Fadversaire l'exige ; car où ne peut combattre également qu'en opposant les mêmes moyens et les mêmes positions. Je fais prendre Tali^poement du talon droit à la cheville gauche, parccqu'autrement le corps se placeroit mal; Falignement derrière le talon gauche fiiit tourner les hanches, et l'épaule gauche vient en avant; alors on présente plus de surfis», et l'on tire plus lentement, par la raison que le corps, devant s'effacer avant de partir, oblige à un temps de plus; un autre inconvénient est de mettre le talon droit à l'endroit delà boucle du pied gauche; dans cette position, l'écolier se trouvera croisé; en tirant, il portera son pied droit en dedans, l'aplomb sera perdu, le corps sera de travers, et la pointe n'ayant plus sa juste direction, il manquera à toucher, quoiqu'ayant bien trompé le fer. Pour sentir l'effet de ces mauvaises positions, il faut les soumettre à l'analyse et à l'examen : supposons un tireur eu garde , placé régulièrement , le corps effacé , que son

bouton touche le mur^-^^aprèd le juste alignement qull a pris, et faisons-lui changer cet alignement en jportant le pied droit au talon gauche; qu^il laisse ensuite aller son corps sans y mettre de la retenue ou de la force, il sentira que son épaule gauche est inclinée à venir ^x avant, et que sa pointe qui touchoit le mur s^en trouve éloignée de 6 pouces, et qu^enfin, outre cette perte de longueur dans sa garde, il y a encore perte de temps à cause de Teffacement inévitable avant de partir. Si le tireur prend son alignement à la boucle du pied gauche, il verra que s*il ne met pas de force après le développement, il lui est impossible d^ajuster, parceque croisé, il perd spn aplomb.

Ces expériences doivent; feire triomphet* lé principe d'après lequel on prendra son alignement en portant le pied droit à la cheville gauche.

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