‹ Traité de l'art des armesChapitre 25 sur 97 · DES FAUX ENGAGEMENTS · texte numérisé non relu

DES FAUX ENGAGEMENTS

Le faux engagement dans lequel on prend avec le

foible le fer de l’advesaire , est une faute dans les armes; on ne tient rien s’il a la main légère, et s’il sait saisir l’à-propos. Il tire sur ce faux engagement avec d’autant plus de facilité que le foible est livré : il est toujours dangereux de passer l épée d’un côté à l’autre sans s’assurer parfaitement du foible; cela exige une grande justesse d’opposition, sur-tout si l’on a affaire à un tireur qui ait de la main et une belle élévation ; car il s’empare du foible aussitôt la jonction du fer.

L’engagement diffère du dégagement , en ce que le premier sert, comme on vient de l’expliquer, à s’emparer du fer, et le second pour passer d’un autre côté, et tirer un coup quelconque. Le maître fait engager l’épée , c’est-à-dire , de quarte en tierce , ou de tierce en quarte, le fort maîtrisant le foible, et tenant la pointe adverse hors de la ligne du corps et la pointe près du passage de l’épée. Si elle est tenue en quarte, « frappez du pied pour affermir le corps, dira le maître, marchez, tournez les ongles, enlevez la main, levez le pied, tendez le jarret gauche , partez, relevez-vous, engagez l’épée en tierce, les ongles bien tournés , formant angle comme à la parade de tierce, frappez du pied, marchez; si j’ai la main basse, tournez les ongles en quarte, enlevez, et partez quarte sur les armes. En garde , engagez l’épée en quarte, frappez du pied, marchez; si je serre votre fer, dégagez quarte sur les armes, tournez les ongles, enlevez, partez. En garde, et replacez-vous, engagez l’épée en quarte, achevez votre engagement pour bien vous couvrir, asseyez-vous, effacez votre corps , sentez l’épée légèrement en ne for-

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mant que l’opposition ; plus un tireur a le toucher léger, plus il est embarrassant, frappez du pied sans remuer le corps, et marchez; si j’ai l’épée devant moi; marquez la feinte une, deux, pour m’amener à l’épée tierce, enlevez la main, et partez. En garde, engagez l’épée en tierce, frappez du pied, relâchez-vous, ni dureté ni roideur dans les bras, marchez; si j’ai l’épée devant moi, marquez la feinte une, deux, de quarte en dedans pour revenir quarte sur les armes, enlevez, et tirez. En garde, engagez l’épée en quarte en dedans, couvrez-vous , étendez la garde , votre fort dans mon foible, et la pointe basse, la main demi-tierce pour marquer une , deux et trois » ; mouvement très difficile, il faut aller très doucement pour apprendre à le faire près du talon de l’épée adverse. Si l’élève a de la peine à le comprendre, on en décompensera les temps, et on les lui fera exercer jusqu’à ce qu’il les exécute bien, et il sentira alors que les coups larges sont faciles à juger, et dérangent le corps.

Dans l’assaut, il ne suffit pas de tromper le fer pour toucher, il faut encore que la pointe soit réglée par de très petits mouvements ; autrement on n’ajuste pas, l’expérience le prouve. Le maître dit : « Marquez la feinte une, deux et trois, que la pointe frise le talon de mon fer, et passez en quarte sur les armes', enlevez la main, tournez les ongles. En garde, et partez; relevez-vous. »

À chaque exercice, le maître ne négligera pas d’examiner si l’élève est bien en position, et il corrigera les défauts qu’il pourroit apercevoir; il prendra garde aussi de lui donner trop de facilité par la manière de retirer

sa main, ce qui fait partir le corps trop tôt. Lorsque l’élève est bien posé, le maître lui dit : « Couvrez-vous en quarte sur les armes, engagez l’épée en quarte en dedans, frappez du pied, engagez l’épée en tierce, le corps en arrière; marchez, restez là, la feinte de seconde près du fer, revenez quarte sur les armes, retenez le corps, tournez la main, enlevez, levez le pied, tendez le jarret gauche; en garde, frappez du pied, effacez-vous, frappez du pied encore une fois, marchez, restez là , marquez la double-feinte , et retombez en seconde, partez; en garde. » Ici on revient aux premiers principes, qui sont les coups simples. Le maître, tenant le fer de son élève en dedans, lui dit : « Tournez les ongles, enlevez la main, baissez le bras gauche, restez là sans tirer et sans remuer le corps, remettez vos bras en place. » C’est un balancier nécessaire à exercer pour habituer l’écolier à faire agir la main avant le départ du corps; cela se répétera donc souvent et en détail: «Tournez la ma'n, lui dira-t-on, enlevez au plus haut, prenez l’opposition, et laissez la pointe au corps sans avancer le vôtre, il faut rester ployé. » Nous avons déjà démontré la nécessité de laisser la pointe au corps, ainsi que la manière de tenir le fleuret , afin que les doigts obéissent; mais nous ne saurions y revenir trop souvent: tenez donc votre fleuret du petit doigt et de 1 avant-dernier, les trois autres doivent jouer sur la poignée, pour conduire la pointe à mesure que la main s’enlève; en tournant, le petit doigt s’ouvre et le quatrième aussi ; en sorte que quand la main est arrivée au plus haut , on ne tient plus le fleuret qu’avec ie

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pouce, l’index et le doigt du milieu; l’écolier qui répé« tera souvent ces exercices se donnera une grande facilité; ils auront le même effet pour lui que les battements multipliés pour les danseurs de théâtre; assouplir, donner du liant, est de nécessité dans tous les arts : on parlera souvent de l’avantage de ces mouvements dans l’exercice du mur.

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