‹ Traité de l'art des armesChapitre 85 sur 97 · DE TIRER AVEC LES GAUCHERS · texte numérisé non relu

DE TIRER AVEC LES GAUCHERS

Le maître tenant en quarte sur les armes l’épée de l’élève qui, lui-même se trouve en quarte en dedans, dit: « Engagez l’épée en quarte sur les armes; si ma garde est tendne, battez l’épée en quarte, et si le fer en est écarté, tirez quarte droit. ( Voyez à l’article des battements la manière de les faire avec régularité.) En garde; engagez l’épée en tierce; si ma garde est tendue, battez le fer en tierce et rendez quarte ; on peut rendre également la main tierce, car la pointe étant écartée parle battement, elle n’a pas le temps de revenir devant un tireur vite. En garde l’épée en quarte sur les armes; si j’ai la garde tendue , battez le fer en quarte sur les armes ; si j’obéis la main haute, tirez dessous. On peut étendre cette leçon depuis la feinte jusqu’au contre-dégagement double , ce qui donne de la main, des doigts, et la retenue du corps. En garde à l’épée quarte; engagez l’épée en tierce; si ma garde est tendue, battez le fer en .tierce , et si ma main est haute, tirez dessous. En garde à l’épée tierce ; liez l’épée au contre de tierce, et si j’ai l épée tendue, battez-la et tirez droit; mais si ma

TRAITÉ

main est haute, tirez dessous. En garde à l’épée tierce; engagez l’épée en quarte; liez l’épée en quarte sur les armes ; si ma garde est tendue , battez le fer et tirez quarte. Quand le fer du gaucher n’est pas assez livré , on essaye des menacés vigoureux qui produisent souvent une tension telle qu’on peut les battre.

Contre un gaucher, de même que contre un droitier qui tire un coup quelconque, sans se relever, on fait usage des battements et des croisés après la parade.

Pour continuer, le maître, après avoir fait tirer des coups droits et des dégagements de vitesse, dit : « Engagez l’épée en tierce, et si la mienne est tendue, croisez-la au demi-cercle, tournant les ongles et tenant la main au moins à la hauteur de la bouche, pour former un grand écart; plus le mouvement du croisé est rapproché des doigts ou de la main , et plus il est violent. À la suite du croisé, on tire dans le jour. En garde à l’épée en quarte sur les armes; engagez l’épée en tierce, frappez du pied; engagez-la en quarte, frappez du pied. Si j’ai l’épée tendue, croisez-la en tierce , comme si vous croisiez en seconde avec un droitier. » Ce mouvement produit le même effet contre le gaucher que le croisé au demi-cercle contre un droitier. « Soutenez la main et tirez tierce. En garde, liez l’épée au contre de quarte en vous relevant. Engagez l’épée en tierce, croisez l’épée au demi-cercle; si j’obéis, tirez quarte sur les armes; après le croisé, faites la feinte, la double-feinte, etc. En garde à l’épée quarte, et liez-la en quarte sur les armes, croisez en tierce ; si j’obéis , croisez au demi-cercle, et dans le cas où le fer ne seroit pas encore

assez dérangé, rebattez-le en quarte sur les armes.» Il n’y a pas de main qui puisse résister à ces trois brisements réunis , pour peu que le fer ait été livré.

Il ne faut faire faire tous ces temps-là avec vitesse que lorsque la main de l’élève est bien formée; car quand dans ces battements les angles ne sont pas bien achevés par le tourné entier de la main , l’exécution ne peut rien valoir. 11 a déjà été observé que ce qui est mal fait au plastron est encore moins bien exécuté dans l’assaut.

On fait aussi avant les croisés des menacés, pour faire tendre ou livrer le fer. Par exemple: Engagez l’épée en quarte en dedans, frappez du pied, et menacez quarte en faisant un second appel ; si je réponds en tendant l’épée, croisez au demi-cercle; si j’obéis, rebattez le fer en quarte sur les armes, tournez les ongles, enlevez et tirez.

L’épée se trouvant engagée en quarte sur les armes , le maître dit : « Menacez ; je tends le fer, croisez-le en tierce; si j’obéis, rebattez-le en tierce et rendez. » On peut tirer tierce le fer étant écarté, par la raison que la parade du contre n’est pas à craindre.

Après une leçon comme celle-ci, qui entraîne avec elle quelque dureté, on revient aux coups simples et de légèreté. On ne doit jamais finir par des croisés ni des battements.

CINQUANTE-SEPTIÈME LEÇON

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