ÉPANCHEMENTS SANGUINS DU TISSU CELLULAIRE
sans laisser aucune trace. Pour amener la résolution complète de la tumeur, dans laquelle il ne reste plus qu'un peu d'induration, nous prescrivons quelques bains russes, et, le 10 octobre, le malade est complètement guéri.
Observation III. — Tumeur hématique de la fosse iliaque droite, — Une aspiration. — Guérison. (Chairou.)
Une femme âgée de 30 ans, sœur à Ta^'le du Vésinet, nous consulta au mois de janvier 1871, pour une tumeur fort douloureuse située dans la fosse iliaque droite. La malade fait remonter à quatre ans le début de sa maladie, mais les douleurs qui, durant toute cette période, avaient été tolérables, ont pris depuis six semaines une telle intensité que tout travail est devenu impossible, et que la malade doit garder le lit. Ce qui est à remarquer, c'est que cette femme avait en même temps des troubles hystériques très-prononcés, tels que vertige, perte de mémoire, sensations bizarres, insensibilité de l'épiglotte, anesthésie cutanée irrégulièrement disséminée.
Quand je l'examinai, je trouvai dans la fosse iliaque droite une tuméfaction notable sans fluctuation. Le ventre fort douloureux était augmenté de volume, la menstruation était fort irrégulière, et depuis quinze jours survenaient des frissons, des sueurs, en un mot, de petits accès fébriles irrégulièrement intermittents.
Je diagnostiquai un phlegmon de la fosse iliaque droite, et je pratiquai l'aspiration au moyen de l'aiguille n» 2 de Dieulafoy ; je retirai 650 grammes d'un
428 UE l'aspiration dans le tissu cellulaire.
liquide qui me prouva que je n*avais pas affaire à un phlegmon, mais à un ancien foyer sanguin ; son aspect et sa nature me parurent si singuliers, que je le fis examiner par M. Méhu, pharmacien en chef de Thôpital Necker. Voici quel fut le résultat de cette analyse:
Ce liquide très-fluide, de couleur de vin de Malaga, ou d'infusion de café torréfié, se coagule trés-incomplétement quand on le chauffe jusqu'à TébuUition, à cause de son alcalinité. Au contraire, s'il est franchement acidulé par Tacide acétique, toute la matière albumineuse qu'il contient se coagule complètement, sa densité est 1 ,020.
Un kilogramme de ce liquide, soumis à l'évaporation donne un résidu bien desséché du poids de 58 grammes, dont 9 grammes de matières minérales anhydres, et 49 grammes de matières organiques. Les cendres de ce liquide sont ferrugineuses ; sa couleur indique la présence du sang, dont la matière colorante a subi les transformations qu'elle subit habituellement dans les épanchements anciens.
Ce liquide n'est pas précipité par l'acide acétique, d'où absence de pus. Il n'y a d'ailleurs pas de leucocytes. Il est abondamment précipité par quatre volumes d'une solution saturée de sulfate de magnésie, ainsi que cela arrive avec le sérum du sang et les hydropisies (ascite, pleurésie).
En résumé, ce liquide n'a aucun caractère qui me fasse particulièrement connaître le lieu anatomique d'où il provient; mais je suis assez disposé à croire qu'il provient d'une tumeur séreuse sanguinolente enkystée, déjà ancienne.