‹ Traité de l'économie du bétailChapitre 64 sur 64 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

carottes.

betteraves.

en"),

eu J,

du poids vif.

foin.

réelle.

Kilogr.

Kilogr.

Kilogr.

Kilogr.

Kilogr.

Kilogr.

Kilogr.

Plus 1 ky. 715 gr. de son y uments).

Carottes.

Carottes.

Comprit 14 kilogr. marc^de fécule.

Betteraves.

Betteraves.

Betteraves, paille à discrétion.

Betteraves.

Plus 25 kil. résidus de distillerie.

Plus 50 kil. — —

Betteraves.

Résidus da distillerie à discrétion .

Plus 1 kil. 412 gr.de viande cuite.

Plus 460 gr. lait et petit-lait.

Pommes de terre cuites .

Carottes crues.

4 kilogr. recoupettes.

7 kilogr. recoupettes.

On voil dans quelles larges limites peut varier la ration, suivant les circonstances économiques qui régissent la culture. Par malheur nous n'avons pu le plus souvent indiquer le poids vif des animaux, ce renseignement ayant été négligé par les auteurs.

Une nourriture trop abondante , car il existe aussi parmi les animaux, des grands mangeurs et des gourmands, développe le ventre, distend les organes, et une grande partie des aliments traversent le corps sans avoir été digérés. Aussi, dans une écurie comme dans une étable , les animaux doivent-ils être séparés deux à deux, sinon seul à seul, afin qu'on puisse proportionner la ration à la taille et à Tappétit de chacun, sans quoi l'un engraisse tandis que souvent l'autre dépérit. Pour que l'assimilation soit complète, il faut que la digestion s'accomplisse sans trouble et avec régularité ,* et pour cela , il est indispensable que l'animal soit rassasié sans être cependant rempli à l'excès.

On sait quel avantage retirent les animaux , en général , de la continuation, en hiver, d'une nourriture verte, ajoncs, racines, etc.; on doit donc faire entrer autant que possible ces aliments dans le régime. M. de Béhague conseille d'établir la proportion suivante pour les bêtes à cornes à l'engrais : 2/5 foin ou autres fourrages secs ; 1/5 en farines ou tourteaux ; 2/5 en racines. Dans ce cas, on commence par donner le foin, puis on abreuve les animaux -, on donne les racines qu'on saupoudre avec les farines ou le tourteau en poudre, puis on abreuve une seconde fois. Mais on doit toujours commencer le repas par les aliments les moins appétissants. La propreté la plus scrupuleuse doit être observée dans tout ce qui touche à l'aUmentation : les râteliers, les auges doivent être parfaitement nettoyés avant d'y jeter les fourrages, les racines ou les grains; la distribution ne doit se faire que par petites portions à la fois, pour les fourrages

verts ou secs et les racines. Les animaux se dégoûtent d'un fourrage sur lequel leur haleine s'est longtemps promenée 5 les racines qui resteraient dans l'auge fermenteraient avec le tourteau et les farines et répandraient une odeur repoussante. Lorsque le xâtelier est rempli de fourrages, les bêtes choisissent le meilleur et laissent tomber le moins bon sous leurs pieds , tandis qu'elles consomment la ration entière donnée par poignées seulement. On évite ainsi toute perte et on excite l'appétit du bétail. Quant aux farines elles doivent être toujours données avec des aliments aqueux, jamais seules.

Pour les chevaux, on doit distribuer le fourrage vert ou sec d'abord et par petites portions , puis on abreuve et ensuite on donne l'avoine. M. Marlot, vétérinaire dans l'Yonne a fait quelques expériences sur des chevaux destinés à être sacrifiés, abreuvant les uns avant de leur donner l'avoine , donnant aux autres l'avoine d'abord, puis l'eau blanche; dans les premiers, il retrouvait par l'autopsie, peu après, l'estomac rempli d'avoine en commencement de digestion ; dans les seconds , il ne retrouvait plus qu'une portion des grains, le reste ayant été entraîné par l'eau dans les intestins. Sur les animaux conservés, il a toujours observé le même fait , c'est-à-dire que les crottins des chevaux abreuvés après l'avoine renfermaient toujours beaucoup plus de grains non digérés que ceux des animaux qui n'étaient abreuvés qu'ensuite. Le foin doit toujours ^tre secoué à la fourche avant d'être mis au râtelier 5 s'il renferme delà poussière ,• on le secouera d'autant plus complètement, après quoi on l'arrosera d'un peu d'eau salée, avant de le distribuer. Quand l'animal rentre en sueur du travail, on le bouchonne fortement, et on ne commence le repas que lorsque le flanc est calme et le poil ressuyé. Le barbotage au son doit être abandonné comme prédisposant à la pousse; cependant, c'est

un moyen utile de faire consommer les fourrages de qualité inférieure. On fait la litière et l'on étrille matin et soir, pendant que l'animal mange le foin.

Si nous passons aux vaches laitières, nous pourrons citer un excellent règlement qui avait été fait en 1847 pour* la vacherie de Grand-Jouan, par M. Lespiault, ancien élève de Hofwyl. « Le pansage du matin dure 2 heures h 2 heures et demie. Il se compose ainsi : à 5 heures, distribution de nourriture; J'individu chargé de la vacherie donne à chaque vache quatre rations de fourrage vert, une ration chaque quart d'heure. Une ration se compose à peu près du volume de fourrage vert que peut embrasser un homme de moyenne taille. On a la précaution de ne donner à chaque animal qu'une ration à la fois, et de ne donner la suivante qu'après que la première a été consommée, ce qui demande à peu près un quart d'heure , pour laisser l'appétit à l'animal et prévenir le dégoût que pourrait amener une trop grande abondance de fourrages.

« Pendant le repas des bestiaux, un homme les carde et les brosse avec soin. Leur repas achevé, on les conduit à l'abreuvoir; pendant leur absence, un domestique enlève les excréments, refait la litière et répand de la paille fraîche. A la rentrée de l'abreuvoir, deux rations de fourrage vert sont encore distribuées comme précédemment. Pendant que les animaux le consomment, on continue à les carder et à les brosser.

ce Après le pansage du matin , le vacher s'occupe d'apporter dans la case ménagée à cet effet la paille qui doit fournir la litière pour le pansage du soir, puis il rentre les fourrages verts qui doivent ahmenter le bétail. Cette manière d'agir a l'avantage d'économiser le temps , d'occuper les domestiques et de laisser les animaux en repos pendant la journée. On a grand soin

quand le repas est terminé , et que les animaux ne mangent plus, de tenir les auges et râteliers parfaitement propres.

« Le second pansage se fait de midi à 2 heures et absolument comme celui du malin. Le pansage du soir se fait de 6 à 8 heures comme les deux précédents. Le vacher apporte à la case le fourrage et la paille litière pour celui du lendemain matin. »

A Hohenheim, 154 vaches laitières sont soignées par trois vachers et deux enfants. Voici, d'après M. Lefour, l'ordre des pansages : lever à 4 heures en été, nettoyer les mangeoires, donner le sel. De 4 à 7 heures, mettre, en trois reprises, le fourrage devant les animaux, enlever la litière, la retourner, traire et faire boire les veaux. A 7 heures déjeuner 5 faire la htière et étriller jusqu'à 9 heures. De 11 heures à 1 heure, repos; de 1 heure à 6 heures, répétition des mêmes travaux. Un homme spécial hache le vert, la paille et les racines, un autre fauche le verf. {Annales de V agriculture française, 3^ série, 1837, tome XX, page 90.)

A Sahlis, chez le docteur Crusius , voici le détail du pansage d'hiver : à 4 heures du matin, les étables sont nettoyées. Les vaches reçoivent à 5 heures un peu de paille , puis une ration d*aliments cuits. On les trait à 7 heures. Pendant cette opération, elles reçoivent du foin ; à midi, des betteraves coupées et mêlées de paille hachée. L'après-midi, le traitement du matin est renouvelé-, les vaches ont du foin pour la nuit. Le lait est trait deux fois par jour. (C. de Gourcy, Journal d'agriculture pra'^ tique, numéro du 20 février 1854, page 137.)

En Vendée le pansage des bœufs à l'engrais se pratique, d'après M. Maillet, de la manière suivante : le matin , à 5 heures 1/2 ou 6 heures, on ouvre les portes, on nettoie les crèches et les râtehers, et on donne une première brassée de

foin (de 5 à 7 kilogr.) par couple; lorsque cette ration est mangée, on en donne une deuxième ou troisième de choux branchus. A 7 heures ou 7 heures 1/2, le repas étant achevé, on mène les animaux à l'abreuvoir d'oii ils ne rentrent que pour trouver sous leurs pieds une litière fraîche, et dans leur crèche des feuilles de choux auxquelles succèdent d'ordinaire des racines. A midi, on donne de nouveau foin , ou des choux, et on fait boire. A 3 heures, on recommence comme le matin. Le pansement finit vers 6 heures. Les bœufs ruminent jusqu'à 9 heures, oii on leur porte une dernière brassée de choux. (Leclerc-Thoiiin , Agriculture de V Ouest , page 430.)

Le nombre et la durée des repas varient suivant l'espèce des animaux et la spéculation à laquelle ils donnent lieu. Les chevaux de travail font partout et toujours trois repas en toute saison. En Normandie, ils font encore en été, un déjeuner à 8 heures, et à 4 heures un goûter, dans les champs. Les vaches laitières font presque toujours trois repas en été et deux au moins en hiver. Quant aux bœufs à l'engrais, on est généralement d'accord pour leur faire faire trois et rarement quatre repas par jour. On a reconnu que les repas ne doivent pas être trop rapprochés pour que l'animal puisse ruminer, digérer et assimiler en repos. Les chevaux ont besoin , pour prendre leur repas, d'un temps plus long que les bœufs qui achèvent leur digestion dans les intervalles du travail. Le repas terminé, l'étable des bœufs à l'engrais doit être fermée, et on doit les laisser dans le plus grand repos jusqu'au repas suivant.

Mais une fois l'heure du repas établie, il est essentiel, surtout pour le bétail de graisse , de le distribuer avec la plus grande ponctualité, afin d'éviter l'inquiétude des animaux, leurs mouvements désordonnés et les indigestions. Nous traiterons du pansage à la main, en parlant de l'engraissement.

Pour les moutons, les principes généraux sont les mêmes, mais les recommandations de propreté sont plus importantes encore. Donner peu à la fois, graduer la succulence des aliments, distribuer à heures fixes, ne jamais agir brusquement, voilà les grandes règles d'après lesquelles on doit gouverner ce craintif bétail. Des chaudières suspendues servent à l'abreuvage; les râteliers sont droits pour que le fourrage ne tombe pas dans la toison, et par un semblable motif, on affourage avant la rentrée des animaux. Le plus généralement on distribue trois repas par jour, et quatre ou même quelquefois cinq pour les animaux à l'engrais.

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