SILICE. — FER. MÉTAUX TOXIQUES
Silice. — Il y a de la silice en petite quantité dans un grand nombre d'eaux, même potables. On la dose en évaporant un volume d'eau connu, additionné d'un peu d'acide azotique. On chauffe le résidu au bain de sable tant qu'il se dégage des vapeurs
acides et on reprend par de l'eau chargée d'acide chlorhydrique aussi longtemps qu'il se dissout quelque chose. Le résidu insoluble représente la silice totale.
Fer et métaux toxiques. — La présence du fer est souvent une cause de gêne dans les usages industriels. Un excès de ce métal rend les eaux impotables. Il en est de même de petites quantités de métaux, comme le plomb, le cuivre, le zinc y le baryum^ le manganèsej le chrome dont les sels sont vénéneux.
La méthode de Miller est commode pour faire dans une eau la recherche de ces métaux et permet au besoin de les doser de façon assez précise. Cette méthode est basée sur ce fait que le plomb, le cuivre, etc., donnent par l'hydrogène sulfuré et en liqueur légèrement acide un sulfure noir qui ne se précipite qu'à la lon- ^e quand le métal est en très petite quantité, mais qui colore le liquide en brun plus ou moins, foncé, suivant la quantité de sulfure.
Recherche du fer, du cuivre, du plomb. — On commence par préparer 3 solutions de sels de fer, de cuivre et de plomb, ces trois liqueurs contenant chacune 1 milligramme de métal par centimètre cube.
Pour cela, on dissout séparément dans un litre d'eau :
Protosulfate de fer cristallisé 48^,96
Sulfate de cuivre cristallisé 3 93
Acétate de plomb cristallisé 1 66
Pour rechercher la quantité de fer, on prend 100 centimètres cubes d'eau qu'on place dans une capsule de porcelaine bien blanche, et on y place une baguette de verre qui a été préalablement trempée dans du sulfhydrate d'ammoniaque.
Si l'eau ne contient pas de traces de fer, la liqueur reste incolore, ou prend une légère teinte jaune. Si la quantité de fer est très minime, il se développe au bout de quelque temps une coloration verdàtre. Enfin, si la quantité de fer est notable, il se produit une teinte noire. U ne reste plus alors qu'à reproduire comparativement la même coloration avec la liqueur titrée de fer.
On compare colorimétriquement les deux liqueurs dans des
éprouvettes semblables placées sur une plaque de porcelaine blanche et en amenant à Tidentité de teinte, on peut déduire la quantité de fer contenue dans Teau.
Pour rechercher le cuivre et le plomb, on acidulé l'eau qui a servi dans 4'essai précédent, avec l'acide de chlorhydrique ; le sulfure de fer se dissout et la liqueur ne doit garder aucune coloration brunâtre.
On opère sur cette liqueur comme il vient d*être dit pour caractériser le cuivre ou le plomb.
Une bonne eau potable ne doit pas contenir plus de O'^,00io à 0^%003 de fer, par litre et moins de 1 milligramme de plomb ou de cuivre. Il n'est généralement pas nécessaire de rechercher si la coloration noire produite par l'hydrogène sulfuré en liqueur acide est due à du plomb ou à du cuivre, la présence de ces deux métaux amenant, aussi bien l'un que l'autre, le rejet de l'eau.
Si l'on avait à examiner plus complètement la partie minérale, il faudrait évaporer 5 à 10 litres d'eau dans une capsule de porcelaine et aciduler faiblement le résidu avec un peu d'acide nitrique, évaporer au bain-marie et reprendre par l'eau froide.
Le résidu renferme le plomb et Tétain ; dans la partie dissoute se trouvent le zinc et le cuivre ; on sépare ces deux portions par filtration et dans chacune on recherche les métaux par les méthodes connues.
Chrome. — Les composés de ce métal peuvent se trouver dans certaines eaux industrielles ; ils sont très nuisibles pour l'alimentation. Si on a quelque indice de la présence du chrome, il convient d'en faire la recherche.
On prend un grand volume d'eau qu'on évapore à sec, on reprend le résidu par de Vacide chlorhydrique, et on fait bouillir les liqueurs avec un excès d'ammoniaque qui précipite l'oxyde de chrome et l'oxyde de fer.
Si ce précipité contient du chrome, on obtient, en fondant avec un mélange de carbonate et de nitrate de soude, le chromate jaune caractéristique.
Manganèse. — On peut également rencontrer le manganèse dans
les eaux de ruisseaux, de rivières, contaminés par des eaux industrielles. On peut le déceler de la façon suivante :
On concentre 5 à 10 litres d'eau, on neutralise avec précaution par un excès d'acide chlorhydrique, on traite par un peu d'eau oxygénée. La formation d'un précipité brun de peroxyde de manganèse indique la présence de ce métal.
Ce précipité, fondu avec du carbonate de soude et un peu de nitre, donne du manganate de soude vert, caractéristique.
Baryum. — Ce métal, dont les sels sont vénéneux, ne peut exister dans une eau contenant des sulfates.
Pour le rechercher, on concentre l'eau et on ajoute une petite quantité d'acide sulfurique qui donnera un précipité ou un trouble formé par le sulfate de baryte.
§11. RECHERCHE DE l'aRSENIC, DES lODATES