‹ Traité de l'épuration des eaux naturelles et industriellesChapitre 25 sur 97 · BLANCHISSERIES. LAVOIRS. BAINS · texte numérisé non relu

BLANCHISSERIES. LAVOIRS. BAINS

Les blanchisseries, qui opèrent sur les fils et les toiles, sont placées dans des conditions identiques à celles que nous venons d'examiner. Ici encore on n'obtient de bons résultats qu'en employant l'eau pure ou corrigée et évitant ainsi la formation de savons calcaires sur les fibres soumises au lavage.

D'une façon générale, toutes les industries qui emploient le savon ont intérêt à débarrasser, préalablement à l'emploi, les eaux de sels calcaires ou magnésiens qui forment avec les corpsgras des composés insolubles. Les eaux salées qui dissolvent difficilement le savon, ne conviennent pas non plus à ces industries.

La présence de matières en suspension dans l'eau, surtout si ce

■pcignaj^eg importants du Nord perdraient ainsi 1 000 à 2 000 kilog^rammçs de savon pac jour. (Des Eaux et des Savons au point de vue industriel.)

sont des matières organiques ou des matières minérales colorées, s'oppose à l'obtention de beaux blancs et l'emploi de couleurs complémentaires, comme les bleus d'azurage, n'est qu'un palliatif insuffisant.

§ 4. — USINES d'apprêt, teintureries, fabriques de toiles peintes

Un dégraissage mal fait, causant la formation de savons calcaires adhérents aux étoffes et qui ne peuvent être dégorgés par les rinçages, est souvent la cause de graves ennuis pour les apprêteurs dont les pièces, ayant séjourné quelque temps en magasin, contractent l'odeur désagréable des corps gras rances.

Le mauvais dégraissage est aussi souvent la cause de teintures brunies, ternes, mal unies.

Dans les teintureries mêmes, l'eau pure ou corrigée est spécialement nécessaire aux bains de savon (décreusage de la voie, teinture des soies en bain de savon neutre ou coupé, mordançage du coton par formation de savons insolubles), aux teintures en cochenille, souvent aux teintures en nuances par les couleurs artificielles, aux rinçages de nuances fraîches, surtout sur soie, mais non dans les rinçages de soie pour charge ou pour alunage.

Les sels de fer contenus dans certaines eaux peuvent les rendre impropres à la production de certaines nuances claires, en teinture comme en impression.

Dans un grand nombre d'opérations de teinture, la pureté de l'eau n'est pas nécessaire, du moins [en ce qui concerne les sels calcaires en solution qui peuvent jouer un rôle utile dans la fixation des couleurs.

En théorie, le teinturier devrait partir d'une eau pure pour la préparation de ses bains et y ajouter d'une façon rationnelle tout ce qui doit entrer dans la composition du bain, mais, en pratique, il est certain que la routine et l'habitude suppléent aux défauts de l'eau, sans qu'on ait besoin d avoir recours à une épuration préalable.

Dans cette industrie, par conséquent, on ne peut conclure à la nécessité générale d'une correction de l'eau, et une étude spéciale,

cil devront intervenir le chimiste et le praticien, pourra seule élucider la question pour chaque cas particulier.

Ce qui ne fait de doute pour personne, c'est que Tirrégularité de composition des eaux est une cause de gêne pour le teinturier. Les eaux chargées de sels alternant avec des eaux relativement pures, les eaux troubles succédant à des eaux limpides nuisent, au coloriste dans la production régulière des nuances claires.

Sous ce rapport, les eaux de fleuve sont inférieures aux autres et demandent une clarification préalable.

C'est un fait bien connu à Lyon, par exemple, que les teintureries de soie où on emploie les eaux du Rhône, toujours chargées, et surtout pendant les crues, de matières en suspension, ne peuvent obtenir de blanc aussi beau que celui que donnent les eaux de puits limpides.

§ 5. — FABRIQUES DE MATIÈRES COLORANTES, LAQUES, EXTRAITS DE BOIS, PRODUITS CHIMIQUES

Les fabriques de matières colorantes naturelles ou artificielles exigent des eaux pures ou épurées.

L'extraction des couleurs nécessite souvent de grandes quantités d'eau, qui doivent être évaporées par la concentration, et s'enrichissent ainsi en substances étrangères, substances en suspension ou sels en dissolution.

Ces impuretés viennent ternir les couleurs, ou sont une cause de perte pour certaines opérations (parmi lesquelles nous citerons la fabrication de l'alizarine, de la purpurine), quand elles se combinent avec les matières colorantes en formant des précipités insolubles.

Les laques de nuances claires ne peuvent être produites au sein d'eaux impures. Les blancs précipités comme le blanc fixe (sulfate de baryte précipité), par exemple, n'acquièrent tout leur brillant et leur pureté que s'ils sont formés dans des eaux limpides, et si ces mômes eaux seulement servent aux nombreux lavages qu'on leur fait subir.

Ces industries ne sauraient donc prendre trop de précautions

pour s'approvisionner d'eaux claires et exemptes ou débarrassées, par un traitement préalable, de sels de chaux, de magnésie et de fer.

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