TÏRYSIPELIS'DÉS NOUVEAU-NÉS
faibles^ chétifs^ d'une mauvaise constitution, et pendant les deux ou trois premiers mois de leur naissance, que l'on observe cette maladie. Ces faitsjoints aux caractères d'adynamic^ de gangrène et quelquefois d'atonie, qu'elle présente ordinairement^ démontrent qu'elle tient bien plutôt à des causes générales qu'à des accidens locaux auxquels on ne peut guère accorder qu'une valeur d'occasion. Certaines constitutions atmosphériques la développent quelquefois avec une effrayante généralisation , comme le prouvent les relevés annuels faits dans les grands établissemens. Sa marche est ordinairement progressive, quelquefois erratique, le plus souvent avec les caractères d'asthénie ou typhode que nous avons, décrits, qui se diversifient et s'aggravent en raison de l'âge des sujets. Son point de départ est souvent à l'ombilic; le travail d'inflammation et de suppuration éliminatoires établi dans cette partie pendant les premiers jours de la naissance, joint aux froissemens des vêtemens, lorsque toutes les précautions ne sont pas bien prises, nous explique suffisamment cette prédilection particulière de la maladie, dans son invasion chez des sujets prédisposés. Les parties génitales sont ensuite le point le plus fréquemment affecté, les matières et l'urine qui les baignent habituellement nous en donnent la raison; toutefois il n'est pas sans exemple de voir l'inflammation débuter par tout autre point, et même par ceux qui sont le moins exposés aux irritations locales.
ÉRYSIPÈLE DES NOUVEAU-NÉS. i^ôg
Ces cas forment l'exception, les autres constituent la règle.
Le pronostic de cette maladie, sur laquelle M.Dugès a fait un travail rjuc l'on pourra consulter avec fruit^ est toujours grave. Bang rapporte qiie sur dix éryî>ipèles des en fans nouveau-nés observés à l'hôpital royal de Copenhague pendant les années ï8i3 et 18145 dix se sont terminés parla mort avec ulcération , gangrène ou suppuration du tissu cellulaire sous-cutané (actes de la soc, roj. de méd. de Copenhague, t. V.) M. OEsterleben, à Stuttgard , a traité six cas de ce genre: dans cinq , les malades ont succombé. {Heidelberger klinische annalen.)
Le traitement de cette maladie consiste d'abord à la prévenir autant que possible par les soins de propreté, Péloignement de tout ce qui peut irriter l'ombilic, les pansemens relatifs au travail d'élimination et de cicatrisation de cette partie, une alimentation saine , un air sec et bien renouvelé, l'isolement des enfans aussitôt que l'on peut craindre l'invasion morbifique; et lorsqu'elle est survenue, les médications locales et générales que nous avons conseillées surtout dans le^traitement des érysipèles asthémique et typhode avec les modifications nécessitées par l'âge et la force des sujets. OEsterleben, sur lessix malades indiqués mit en usage avec succès le mercure gommeux de Plenk, le sulfate de quinine^' l'un et l'autre à la dose d'un quart de grain , 3 fois chaque jour, un bain tiède quotidien^ immédiatement après celni-ci une friction avec l'onguent mercuriel sur l'endroit
26o DE L'ÉRYSIPÈLE DES VIEILLARDS.
affecté. Le docteur Ch, Meigs cite plusieurs cas d'érysî pèles chez les nouveau-nés qui ont cédé promptement à l'emploi du Uniment de Kentish. Mais il faut l'avouer, lorsque la maladie sévit épidémiquement surtout, elle se montre rebelle aux méthodes les mieux combinées et la nombreuse pratique de M. Baron lui fournit depuis long-temps des faits qui servent à constater l'impuissance des médicamens dans l'érysipèle des nouveau-nés.
11". DE l'érysipèle des VIEILLARDS.
« Dans l'érysipèle qui survient chez les sujets vieux et affaiblis, les conditions vitales sont bientôt sérieusement compromises, nos efforts doivent tendre plutôt à les soutenirqu'à combattre l'inflammation locale, «J'ai vu beaucoup de ces malades dans une période avancée d'érysipèleà la face avec un pouls vite et faible, une langue sèche et brunâtre, recouvrer la santé par l'usage du quinquina et du vin y malgré ces cir« constances en apparence désespérées. » (Lawrence. La cliniq. des hôpitaux et déjà ville , t. IL p. Sg.)
L'érysipèle des vieillards se développe ordinairement anx pieds, aux jambes , surtout chez les sujets lymphatiques bouffis, cacochymes, épuisés par l'âge ou par toute autre influence; aux parties génitales, notamment chez, les individus affectés d'incontinence d'urine, etc. Dans^la plupart de ces cas il revêt les caractères plutôt de l'œdème érysipélateux que de l'érysipèle œdémateux. Aux jambes, c'est presque