TOME II
puits B. Une porte, munie d*un guichet, peut servir à régler le volume d'air qui va au foyer.
Indépendamment de ces deux branches principales , un filet d*air traverse la double porte P P, et suffit pour aérer la galerie M, qui met en communication directe les puits A et B. Les portes indiquées dans la figure sont toutes des portes principales, qui sont hermétiquement fermées, sauf la double porte PP, et la porte p, qui doit laisser passer un filet d'air , détaché de la première branche, pour aérer le bout de galerie N.
On voit que le mode d'exploitation consiste : !<> dans le creusement de deux systèmes de galeries rectangulaires, séparées par des piliers de houille; S^* dans l'extraction de ces piliers, ou d.épilage, que Ton commence à l'une des extrémités de la mine, et qui se continue en se rapprochant des puits A et B. Le dépilage est suivi d'éboulements , au milieu desquels il est impossible d'entretenir aucune voie régulière , pour la circulation de l'air. A mesure que l'enlèvement d'une rangée de piliers est terminé , on isole , aussi bien que possible , cette partie de la mine des galeries voisines, par des barrages en briques. Néanmoins , les gaz nuisibles , et surtout l'hydrogène carboné (quand la mine en fournit), qui s'accumulent dans les vides existants, traversent les barrages, que la mobilité du terrain ne permet pas de rendre, ou de maintenir tout à fait imperméables , et vicient fortement la pre* mière branche du courant d'air. C'est pourquoi on la conduit directement au puits B, par une voie particulière, écartée du foyer d'aérage , toutes les fois que la mine est sujette au grisou.
Si l'on n'était pas parfaitement sûr que la deuxième branche du courant ne peut jamais devenir explosive , on devrait la faire déboucher dans le puits B , comme la première , par le conduit , ou un autre analogue , et l'on alimenterait la combustion du foyer, au moyen du filet d'air , qui aurait passé à ti*avers la double porte PP , et n'aurait parcouru souterrainement que la seule galerie M. Il est aisé de voir qu'on obtiendrait ce résultat , par un simple placement de porte. Il suffirait, par exemple, d'en placer une en a^, suivant la ligne ponctuée , pour que les deux branches se réunissent dans le conduit D.
On pourrait également , par de simples déplacements de portes, faire circuler l'air de la deuxième branche principale, dans des galeries où passe la première branche , et vice versé. Enfin , on peut déterminer, au moyen de portesrégulatrices , le volume d^air, qui entre dans chaque branche , de manière à ce que les deux groupes de galeries soient convenablement aérés.
AËRAGE DES MINES. 307
La Pg. 1 , PL XXFIII , représente Tensecnble des travaux d^une mine étendue, exploitée par compartiments ; A est le puits par lequel l'air descend; B le puits de sortie, au bas duquel est installé un f6yer d^aérage F ; GG^ une grande galerie servant au roulage, et par laquelle le courant d*air frais arrive à tous les travaux. Les groupes de travaux 1, 2 et 3, à droite de la galerie, sont aérés par une branche principale du courant d*air. Cette branche arrive jusques ep G^ , circule ensuite dans le groupe n» 1 , où elle est subdivisée entre deux galeries parallèles, ainsi qu*on le voit par les flèches, qui indiquent la marche du courant, et par les portes qui le forcent à parcourir Tensemble des galeries. Après avoir circulé dans le groupe 1, Tair arrive dans le groupe 2, en passant par la galerie gg^, U circule dans ce deuxième groupe, comme dans le premier, passe ensuite dans le troisième , et se rend enfin au puits B , en passant à travers le foyer d*aérage F, On suppose que les travaux des groupes 1 , S et 5 ne laissent pas dégager une quantité de gaz inflammable, telle que cette branche du courant puisse devenir explosive. Les trois groupes 4 , 5 eC 6 y situés à gauche de la galerie GG' , vis-^-vis des premiers , sont aérés, chacun isolément; par trois branches détachées du courant général , qui arrive par la galerie GG^ ; on suppose que ces groupes sont sujets à un dégagement de gaz très-abondant : c*est pourquoi on renvoie directement au puits de sortie B Pair qui a cir* culé dans chacun d'eux , sans le faire passer dans les deux autres. Ainsi, Tair qui circule dans le groupe 4, se détache du courant général à Textrémité G^ de la galerie GG^ ; il est forcé , par la porte p, de circuler dans les galeries de ce groupe, où il se subdivise entre trois galeries parallèles: il rentre ensuite dans la galerie KK^ et se rend directement au puits B, en suivant cette galerie, et une voie particulière, sans passer sur le foyer F.
L'air qui circule dans le groupe 5 est dérivé du courant général au point C , par une galerie CC , qui croise , en projection horizontale , la galerie KK', laquelle sert au retour de Pair, sans l'interrompre, parce qu'elle est excavée au dessus ou au dessous de celle-ci. L'air circule comme dans le groupe 4 , et se réunit ensuite à celui qui vient de ce dernier, dans la galerie KK^ Le groupe 6 est de même aéré par une branche , dérivée du courant général, au point C, , par la galerie C> G/, exécutée aussi à un niveau différent de la galerie KK^ , pour ne point interrompre celle-ci ; cette branche se réunit aux précédentes , pour retourner au puits B.
Il est inutile de dire que des portes régulatrices doivent être placées, 4ît leurs ouvertures réglées de manière à établir une proportion
convenable, entre les volumes d'air de chacune des branches, ce qui ne peut se faire que par Texpérience et le tâtonnement. Les autres portes sont des portes principales, dont les unes peuvent demeurer constamment fermées, tandis que les autres doivent s'ouvrir pour les besoins de la circulation intérieure : celles-ci sont toujours doubles , ce qui n'est pas indiqué dans la figure.
On remarquera que la division en groupes ou compartiments, offre le grand avantage de pouvoir isoler complètement , en cas d'accident, l'un des compartiments du reste de la mine ; les massifs épais qui séparent les divers groupes , ne sont d'ailleurs pas perdus pour toujours; on les exploite à l'époque du déptlage , que l'on doit commencer par les compartiments les plus éloignés du puits.
Il est aussi essentiel d'obsèrVer qu'il n'est aucunement nécessaire que les puits d'entrée et de sortie de l'air, soient placés l'un à côté de l'autre. Ainsi, il est évident que si le puits A était situé à l'autre extrémité des travaux, près du bout G^ de la galerie GG^,le puits B demeurant où il est, l'air descendu par le puits A'déboucberait immédiatement au point G^ , de sorte que la circulation dans les travaux s'opérerait de la même manière , sans qu'on eût à déplacer aucune des portes indiquées. Le trajet serait même abrégé , dans ce cas, d'une distance égale à la longueur de la galerie GG''.
Enfin, plusieurs puits peuvent être mis en communication, et l'aérage peut être conduit de façon à ce que l'air , descendu par l'un d'eux, sorte par deux ou plusieurs pulls différents, coWtepe aussi l'air descendu par deux ou plusieurs puits peut se réunir dans un même puits de sortie. Ces combinaisons diverses que nous ne pouvons qu'indiquer ici, sont journellement mises en pratique dans un grand nombre de mines.
La flg. 2 , PL XXFIily montre comment on peut commencer le creusement d'un petit nombre de galeries au bas d'un puits unique P. Celui-ci doit alors être divisé en deux compartiments par une cloison en bois ou en maçonnerie imperméable à Tair, qui se continue depuis le jour jusqu'au fond. L'air entré par l'un des compartiments remonte par l'autre. Il est forcé, au besoin , de circuler jusqu'au fond des galeries , par des cloisons verticales en bois ou en briques, qui se prolongent, à mesure de l'avancement, jusque tout près de l'extrémité des galeries. Les cloisons en briques établies dans les galeries les plus larges, sont indiquées par des hachures. La figure n'a du reste besoin d'aucune explication.
La fig, 3 de la même planche représente les cloisons que l'on établit, pour forcer l'air à circuler, jusqu'au fond des tailles ou galeries
en voie de creusement , lorsqu'il s'y dégage une quantité açsez grande de gaz irrespirables , pour qu'ils ne puissent pas être suffisamment entraînés par le courant, qui circule dans les galeries voisines. Ces cloisons qui ne sont que temporaires , sont formées de planches appuyées surdes étais verticaux. On y ménage une porte pour le passage des ouvriers et des chariots, partout où cela est nécessaire. Elles sont facilement amovibles , afin qu'on puisse les transporter ailleurs,aussitdt que le bout de galerie où elles sont placées eist mis en communication avec d'autres galeries.
Les figures de la PL XX VU et les /IJr. 1, 2 et 3 de la PL XXVIII sont empruntées aux documents publiéis à la suite de Tenquéte ordonnée par la chambre des communes de la Grande-Bretagne. Le même système de distribution est applicable, avec des modifications faciles à saisir, à toutes les mines ^ dans lesquelles on trace d'abord des tailles séparées par des piliers , qui sont enlevés à une époque postérieure, quelle que soit d'ailleurs la forme de ces piliers.
Quant aux mines qui , comme les houillères de la Belgique et du département du Nord , sont exploitées par des tailles dont le front présente une grande étendue , et en arrière desquelles on remblaie au fur et à mesure de Tavancement, avec des matériaux stériles provenant du triage de la houille , ou de l'entaillement de la roche dans les voies principales , la distribution de l'air présente moins de difficultés. Le courant général qui arrive par la voie de roulage, peut être divisé en autant de branches qu*il y a de grandes tailles. Chaque branche arrive sur le front de la taille, en suivant la voie de transport qui y aboutit, circule sur le front de celle-ci , et revient par une voie particulière appelée en Belgique et à Anzin maillage ou troussage^ dans une galerie qui la conduit au puits de sortie. Cest dans cette dernière galerie que se réunissent de nouveau les branches qui ont aéré les différentes tailles , lorsqu'il n'y a qu'un seul puits pour la sortie de l'air. Il est inutile de dire que , quand les tailles ont une étendue médiocre , ou que les gaz nuisibles sont eu petite quantité , il n'y a aucun inconvénient à faire passer successivement le même air sur plusieurs tailles. Les portes d*érage et le sens du courant d'air sont indiqués sur les flg, S , PL XX , 3 et 3 bis y PL XXI, sur lesquelles il suffit de jeter un coup d'œil pour se rendre compte.de la distribution Intérieure de Tair. Dans le cas où Ton exploite une couche épaisse par étages successifs en descendant, les voies générales pour l'arrivée et la sortie de Pair peuvent être ménagées dans le massif de houille inférieur aux chantiers d'exploUation en activité, et servent pour plusieurs étages.
310 CIIAPITUE VIII.
Précautions à prendre dans les mines où il se dégage du gaz inflammable, — Les mines où il y a un dégagement abondant d*hydrogène carboné sont sans contredit celles où Taérage doit être le plus actif et le mieux entretenu , parce qu*une ventilation insuffisante peut avoir pour résultat une explosion qui ferait périr la plupart des ouvriers. Il faut non seulement introduire dans ces mines une quantité d*air suffisante pour déloger le gaz inflammable qui s*y développe, mais il faut encore prendre les mesures nécessaires pour que ce gaz ne puisse s*accumuler et y prendre feu.
Une expérience malheureuse a suffisamment démontré que l'emploi exclusif des lampes de sûreté -de Davy était loin d*oifrir une garantie suffisante pour la sûreté d*ouvriers qui travailleraient dans un air qui serait assez souvent ou même habituellement explosif. Pour éviter les chances de danger dans ce cas , il faut : l^ se ménager la possibilité d^augmenter rapidement le volume d*air introduit dans la mine et de le porter au delà de ce qui est suffisant, dans les circonstances ordinaires; 2» distribuer et faire circuler les diverses branches du courant d'air dans un sens tel que la diffusion de Tbydrogëne carboné soit favorisée par la légèreté spécifique de ce gaz; 3o éviter avec soin de trop grandes irrégularités dans les dimensions des galeries , des angles trop fréquents, et surtout des cloches ou excavations au faite de ces galeries, parce que Fhydrogène carboné tendrait à s^ accumuler; 4o faire en sorte que le courant ait une vitesse assez grande pour favoriser la diffusion , sans qu'elle soit portée néanmoins au delà d'un mètre par seconde dans les voies fréquentées par les ouvriers, parce qu'il serait à craindre qu'une vitesse semblable gênât les ouvriers, ou fit passer la flamme à travers la gaze métallique de la lampe de Davy.
On satisfera à la première condition en établissant des appareils d'aérage d'une puissance qui excède les besoins ordinaires, soit que ces appareils consistent dans de simples foyers , ou dans des machines aspirantes ou soufflantes établies à la surface , et mues par une machine à vapeur ou autre.
Pour satisfaire à la seconde, il faudra, autant que possible, faire circuler le courant d'air en montant, sur le front des tailles où le gaz se développe, quand celles-ci ne seront pas sensiblement horizontales. Si on ne pouvait pas éviter de faire circuler le courant en descendant, il faudrait augmenter sa vitesse dans cette partie du trajet, et la pousser jusqu'à la limite d'un mètre par seconde.
La troisième condition n'exige aucun développement. Enfin , pour régler la vitesse du courant, il faut augmenter ou diminuer la section
de Tespace dans lequel il circule, et fixer celte section en raison de ^on volume. Ainsi, sur le front des tailles exploitées par remblais on augmentera la vitesse du courant en serrant les remblais , c*es(-àdire en les tenant plus rapprochés du front de taille. Dans les mines exploitées par piliers , on ne subdivisera le courant entre deux ou trois galeries parallèles qu^autant que son volume sera assez grand pour qu*ïl conserve dans toutes tine vitesse suffisante.
Variations dans la quantité de gaz qui se dégage. Influence des variations de pression atmosphérique, ~ La quantité de gaz inflammable qui se dégage dans les mines n*est point constante; elle varie du contraire entre des limites très-étendues. Les changements de pression atmosphérique ont une grande influence sur le dégagement de ce gaz, qui devient plus abondant quand le mercure baisse dans le baromètre, et diminue lorsque le mercure monte. Ce fait que les observations nombreuses faites dans les mines du nord deTAngleterre mettent hors de doute, est surtout très-marqué dans les mines où il existe de vieux travaux abandonnés où Tair ne circule point et qui se remplissent de gaz. Comme ils communiquent toujours par quelques fissures avec les galeries fréquentées, on conçoit aisément quMls versent leur contenu dans ces galeries, lorsque la pression de" Tairy devient moindre, et qu'au contraire, Tair qui circule dans les galeries est absorbé par les mêmes fissures, lorsque la pression extérieure vient à augmenter. Llngénieur anglais Stephenson a observé des soufflards qui émettaient sous une certaine pression atmosphérique du gaz inflammable, et absorbaient au contraire Tair extérieur lorsque cette pression venait à augmenter. (Report on accidents in mines^ p. 110.) 11 résulte de là que Taérage des mines à grisou doit élre plus actif dans les temps d*orage et de vents violents , qui sont accompagnés d'une diminution de pression atmosphérique, que dans les temps calmes où la pression atmosphérique est plus grande. Les ingénieurs anglais les plus habiles ont pensé qu'il serait bon d'établir à demeure, dans les mines sujettes au grisou, un bon baromètre qui serait consulté par les chefs ouvriers chargés de la surveillance de Taérage, et pourrait leur faire connaître l'opportunité d'augmenter le volume d'air entrant dans les travaux , avant qu'ils en reconnussent la nécessité par la présence même du gaz inflammable, contenu en plus grande quantité qu'à l'ordinaire dans l'air qui a circulé dans les travaux.
Les variations de pression atmosphérique influent , sans aucun doute, sur le dégagement du gaz acide carbonique, de la même manière que sur celui de Thydrogène carboné. Les observations précé-
312 CHÀPITEfi VUI.
dentés s'appliquent donc aussi au cas où le courant pourrait être surchargé d*acide carbonique, au point de nuire à la santé des ouvriers qui le respirent.
Irruptions subites de gaz inflammable. — Indépendamment de rémission plus abondante du gaz inflammable, au moment où le baromètre baisse, on rencontre souvent, dans la suite des travaux d'une mine, des points où ce gaz sort eu quantité beaucoup plus considérable, et quelquefois même des espèces de cavités, où il est renfermé sous une pression fort grande, et d'où il fait tout à coup irruption dans les travaux , en rompant Tune des parQis, lorsqu'elle cesse de présenter une résistance suffisante. Ces cavités sont assez fréquentes dans les mines du Northumberland pour qu'elles y aient, reçu un nom particulier dans la langue des mineurs, qui les appellent bctgs of fùulness. Enfin, le mineur peut tomber à l'improvîste dans de vieux travaux, dont la connaissance était ignorée, ou la position mal connue, et qui se trouvent ordinairement remplis soit de gaz inflammable, soit de gaz acide carbonique.
Soinà journaliers qui sont nécessaires d,ans les mines à grisou. — Au milieu de causes de danger si nombreuses , et dont l'approche ne se manifeste souvent par aucune indice , une prudence et une habileté consommées sont quelquefois impuissantes pour éviter des explosions. Apporter des soins minutieux au bon entretien des voies où l'air circule ; vérifier très-fréquemment et avec attention l'état de l'air qui a parcouru les travaux; s'assurer que les portes régulatrices 9 et surtout les portes principales , sont en bon état , et manœuvrées comme elles doivent l'être ; redoubler de soins et de surveillance quand le baromètre baisse, surtoutdansles temps d'orage, où la diminution de pression atmosphérique est considérablej prendre les mesures nécessaires pour que l'aérage n'éprouve ni interruption ni ralentissement pendant les jours fériés, et faire reconnaître l'état de l'air^ avant la rentrée des ouvriers dans les travaux; tels sont les devoirs essentiels du directeur et des chefs ouvriers , dans une mine ^sujette au grisou , ou même à des émanations abondantes de tout autre gaz irrespirable. Malgré cela, il peut^encore survenir une explosion, par suite d'une irruption imprévqe d'unç masse considérable de gaz, sortant d'une cavité ou de vieux travaux. H convient donc de prendre des mesures propres à empêcher qu'une explosion qui aurait lieu sur un point , se propage et fasse sentir ses effets dans toute la mine.
Effets des explosions de gaz inflammable, ~ Une explosion dp^ne* li^U à la production d'une grande quantité de vapeur d'eau et d'acide
AÉRAOfi DES MINES. 315
carboniiiue , qui prennent subitement un volume considérable , sous rinfiuence de la température élevée qui se développe. Son effet im^ médiat est dUnterrompre tout à coup la circulation du courant d'air ventilateur* de le refouler en arrière , et en même temps de renverser les obstades qui s'opposent à l'extension du gaz dans tous les sens. Les ravages faits dans la mine sont plus ou moins considérables , suivant l'étendue de la masse gazeuse qui s'est enflammée* Ainsi , quand le feu prend sur une taille , ou dans un bout de galerie» les ouvriers qui y travaillent peuvent ètrebrCtlés ou blessés plus ou moins ij^rièvemeot , sans que cela apporte un trouble sensible dans U circulation générale de Tair, et sans que les ouvriers occupés dans les autres parties de la mine s'en aperçoivent, si La masse gazeuse qui prend feu, est plus considérable, il y a explosion : les gaz produits par la combustion se répandent dans les galeries voisines, renversent les ouvriers qui se trouvent sur leur passage , et quelques portes destinées à diriger le courant d'air. Une partie de la mine plus oa moins étendue se remplit de gaz irrespirables, chargés d'une poussière de IkouiUe épaisse , que le courant a enlevée sur le sol des galeries ; Talr frais n'arrive plus dans cette partie des travaux , parce que les portes qui le dirigeaient ont été renversées. Les ouvriers qui s'y trouvent périssent par aspbyxie, s'ils n'ont pas le temps ou la présence d'esprit de gagner au plus vite une voie où l'air circule encore. Cependant, les grandes voies 'générales d'aérage sont conservées ; l'explQSiçn n'exerce de ravages que dans une partie restreinte de la mine , où la ventilation n'a plus lieu , tandis que les ouvriers sont en sûreté dans le reste des travaux. Enfin , si la masse gazeuse qui s-enfijimMB? e&t très^considérable, rien ne peut résister lu la force du Gouraiiit qui suit l'explosion. Les ouvriers , les portes d'air, les boisages , qiù se trouvent dans les galeries placées sur le trajet du courant dévastateur, sont renversés. Des pierres , des blocs de houille éDmrmes sont emportés par lui , aussi bien que la poussière fine, qui couvre le sol des galeries. Il arrive par la voie la pl^s facile et la plus large, à un ou plusieurs des puits aboutissant au joiir, renverse les machines, placées à la surface, s'éilève .comme un qpir tourbillon de fumée , d'où retôfnbent d'abord les pierres , les gros débris , et enfin la poussière de houille, qui va se déposer, comme les cendres rejetée$ par un volcan, jusqu'à des distances considérables de la mine où l'accident a. eu lieu. A la suite de ces épouvantables explosions, les galeries principales sont remplies de gaz irrespirables; un petit nombre d'ouvriers seulement ont été atteints directement , et tués par l'explosion même ; les autres périssent par asphyxie , si on ne leur
314 CHAPITRE VllI.
porle les secours les plus prompts ; et irialheureiisemeiït il est, la plupart du temps, impossible d'arriver jusqu'à eux , parce que la cir* culation de l'air est complètement interrompue , que les portes sont détruites, et que plusieurs galeries peuvent être obstruées par des éboulemenfs. Les moyens de déterminer le courant d'air sont euxmêmes souvent détruits, ou mis hors de service. Les foyers d*aérage placés au bas du puits , s'il y en avait de semblables ^ sont inaccessibles , et l'on s'exposerait d'ailleurs , en cherchant à les rallumer, quand ils sont éteints , à provoquer une nouvelle explosion sur le foyer lui-même. Les machines soufflantes ou aspirantes placéçs à la surface , peuvent aussi être détruites ou fortement dégradées. Enfin, le gaz enflammé peut mettre le feu à des boisages ou à la bouille sur quelque point de la mine.
La division des travaux en compartiments isolés les uns des autres, par des massifs de houille suffisamment solides , et percés seulement des voies indispensables à la circulation de Taîr et au passage des ouvriers, dont la flg. I ,\P/. XXF'Jfl^ oflPre un exemple, 'est une des meilleures dispositions que l'on puisse prendre, pour éviter qu'à la suite d'une forte explosion , la totalité de la mine soit infectée. Il est d'ailleurs évident que cette division en compartiments est indépendante de la méthode particulière d'exploitation, représentée dans la PI. XXP^IIIj et applicable quel que soit le mode d'exploitatîoii suivi. On conçoit que , si une explosion , même violente , a lieu dans un des compartiments 4 , 5 ou C , les gaz résultant de la détonation tendront d'abord à renverser les portes établies dans les galeries de ce compartiment , et celles qui sont placées entre lui et la voie KK', par laquelle l'air retourne au puits de sortie. Si cette galerie et le puits présentent à la masse gazeuse une issue suffisante , le courant d'air entrant ne sera point arrêté , ou ne sera que refoulé et suspendu pendant un instant, à la suite de l'explosion. Il recommencera ensuite à circuler dans toute la mine , excepté dans le compartiment même dont les portes auront été détruites. Enfin , pour porter secours aux ouvriers qui y seront restés, on pourra suivre la voie par la<tuéllé l'air enlre , et l'on tâchera de rétablir successivement les portes renversées, afin que la circulation de l'air dans le compartiment infecté reprenne son cours.
Utilité de donner une grande section aux voies de retour d^air. — Pour que les choses se passent ainsi que je viens de l'indiquer, il faut que la galerie de retour d'air, qui conduit au puits de sortie le courant qui a parcouru les travaux , offre aux gaz résultant de la combustion une issue suffisante , sans quoi les gaz , qui se portent
AÉRAGE DES MINES. ÔT.-v
principalement du côté où ifs renconlrentte moins de résistance , reflueraient plutôt par la voie CG% dans lalgalerîe GG',par laquelle arrirc le courant d*air, et pourraient revenir au jour par le puits d^enlrée de Pair. Le courant ventilateur serait alors entièrement renversé. 1! e$t donc très-utile de donner de grandes dimensions aux voies de sortie de Tair, que les mineurs appellent en particulier galerie d'aérage, La section de ces galeries , prises ensemble là où le courant est divisé , devrait être plus grande que celle de la galerie par laquelle Pair arrive, et par les mêmes motife, la section du puits de sortie devrait être plus grande que celle du puits d*entrée de Tair. On peut même remarquer que le volume du courant d*airsortant,dans les mines où il y a des émanations particulières, dépasse toujours le volume d'air entrant , parce qu'il est chargé des gaz qui se développent dansla mine, qu'il se sature de vapeur d*eau , et enfin qu*il prend un accroissement de température; ce qui exige encore, dans Pintérèt de la facile circulation , que les voies de sortie soient plus larges que les voies d'entrée.
Ordinairement , du moins dans les mines de la Belgique et du d4*
partement du Nord, les voies de retour d'air ont de petites dimensions,
et les puits de sortie ont souvent une section beaucoup moindre qiie
les puits d'entrée de l'air. On agit ainsi par économie : ces voies ne
servant qu'à l'aérage , et n'étant parcourues, ni par les ouvriers , nr
par les chariots, on s'est dispensé de leur donner des dimensions égales
à celles des voies de roulage. Il en a été de même pour les puits de
sortie de l'air, dans le cas où ils ne servaient pas en même temps à
l'extraction de la houille , ce qui est le cas le pins ordinaire dans les
mines de la province de Liège. Cette disposition est très'-vicîeuse , et
de nature à augmenter beaucoup l'étendue des désastres occasionnés
par l'inflammation du gaz sur un point de la mine.
Moyens de rentrer dans une mine^ à la suite d'une esplosion de gaz inflammable. Portes de sauvetage.— hai première chose ^ faire lorsqu'on veut rentrer dans une mine,^ou portion de mine où il y a eu une explosion, est d'y rétablir la'.circulation de l'air, ce qui ne peut avoir lieu qu'en remettant en place les portes qui auraient été renversées. Il est nécessaire que cette opération puisse se faire très-rapidement. C'est dans ce but que l'on établit, dans les mines, des portes que l'on pourrait appeler de sauvetage , qui demeurent habituellement ouvertes 9 sont placées à l'abri des détonations, et servent à remplacer les portes ordinaires , quand celles-ci ont été renversées. On en dis* tingue deux espèces. Les premières, appelées en anglais damm-doors (portes-digues) , sont construites avec une très-grande solidité , et placées dan^ l'intervalle qui sépare deux portes principales {main-
516 CHAPITRE TllI.
doorg^ y établies à la snite Tune de Tautre , dans la même galerie. La porte-digueest suspendue par le haut, au moyen de gonds, à la partie supérieure du cadre ou châssis, également très-solide, sur lequel elle s'applique, quand elle est fermée ; de sorte qu'elle tourne autour d*un axe horizontal, situé près du faite de la galerie. Ordinairement, elle est tenue ouverte , suspendue dans une position horizontale, et appliquée contre le plafbnd de la galerie, dans une entaille assez profonde , pour qu'elle soit à Tabri d'un courant violent qui s'y établirait. Elle est retenue dans celte position'par un verrou entrant dans un trou fixe. Lorsqu'une explosion a renversé les portes principales, si l'on peut arriver jusqu'à l'endroit où est établie la porte-digue , il suffit de tirer ce verrou pour qu'elle tombe, s'applique sur son châssis, et remplace les portes détruites. Il est entendu que les portes-digue^ sont toujours établies dans un point où la galerie est extrêmement solide , et que le châssis , qui peut être en pierre ou en bois , doit présenter une saillie nulle ou très -petite dans la galerie, afin que l'explosion ne puisse pas l'endommager. M. Buddle rapporte (Report on accidenté in mines ^ p. 160) qu'une inflammation de gaz survenue dans la houillère de Whîtehaven , ayant mis le feu à la houille, dans un des compartiments de cette houillère, le feu fut éteint par la fermeture des portes-digues qui interceptèrent complètement la communication entre le compartiment incendié et l'air extérieur. Ces portes étant demeurées fermées pendant quelques semaines , Tincendie fut complètement éteint.
Les portes de sauvetage de la seconde espèce, appelées en anglais Bwing-door» (portes-flottantes)^ sont placées dans les mêmes endroits que \e$ portes-digues. Elles sont suspendues dans la môme position , et retenues seulement par une sorte de crochet, qu'il suffit de faire tourner pour que la porte tombe. Ce crochet a un manche^ auquel, est adaptée une plaque assez large, qui, en cas d'explosion, reçoit le choc du courant , de sorte que la porte est décrochée par L'explosion même. Elle est construite très-légèrement en planches minces. Elle ne s'applique pas contre un châssis, mais elle peut osciller, comme lin pendule, de part et d'autre de l'axe de suspension. 11. en résulte qu'elle n'est pas emportée par l'explosion , eomme le sont les portes lourdes et résistantes , et qu'après quelques oscillations, elle les remplace en partie, et maintient la circulation de l'air, quoique imparfaitement , puisqu'elle ferme mal. En même temps , ces pprtes légères n'opposent aucun obstacle à la sortie des ouvriers, qi^l^se trouvant dans le groupe de galeries envahies par lesgaz irrespirables, cherchent à en sortir , pour gagner les passages non infectés.
AÊRAGE DES MINES. 317
Dangers des puits divisés par des cloisons , dans les mines à grisou, — On ne doit jamais exploiter une mine sujette à un dégagement de gaz inflammable, au moyen d*un puits unique, divisé en deux compartiments par une cloison en bois ou en briques , Tun des compartiments servant à rentrée, etTautre à la sortie du courant dVir, parce que, en cas d^explosion violente, la cloison peut être emportée, et qu^il deviendrait alors impossible aux ouvriers qui sont dans les travaux d*en sortir, et à ceux qui sont au dehors de leur porter secours. Les puits divisés en deux offrent, dans les mines à grisou , un danger si grand , qu*il me paraîtrait convenable d^en in terdire Tusage par un règlement administratif. II faut aussi que les voies d'entrée et de sortie de Tair soient partout séparées par des massifs de roche solides ou de remblais , complètement à Tépreuvc' des explosions, et percés seulement des ouvertures indispensables au service de la mine, ouvertures dans lesquelles sont établies des portes.
Lors du creusement d'un puits y il faut bien , à moins qu'on n'en creuse deux à la fois, dans le voisinage l'un de l'autre , pour les faire communiquer de distance en distance, diviser ce puits pour l'entrée et la sortie de Pair. H n'y a aucun inconvénient à agir ainsi. Mais la division ne doit être que temporaire. Aussitôt que le puits est arrivé au gtte que Ton veut exploiter, il doit être mis en communication' avec un autre, déjà existant, ou dont le foncement a été exécuté en même temps que celui du premier. Celte communication s'établira , en exécutant deux galeries parallèles, séparées par un massif de houille solide , qui sera repercé de distance en distance , pour que l'air arrive jusqu'au bout des deux galeries; pendant ce travail, aucune taille, aucuns travaux d'exploitation de quelque étendue, ne devront être entrepris, s'il y a un dégagement abondant de gaz inflammable. La communication une fois établie , la cloison sera supprimée.
Dans le nord de la France , et la partie limitrophe de la province du Hainaut, le creusement des puits, dans les terrains crétacés supérieurs au terrain houiller , est extrêmement difficile et dispendieux , à cause des nappes d'eau qui s'y rencontrent. C'est pourquoi on a l'habitude de foncer un puits unique, que l'on revêt d'un cuvelage , capable de contenir les eaux jusqu'au dessous des formations supérieures au terrain houiller. Cette partie du puits «st divisée par une cloison en deux compartiments*, dont l'un , beaucoup plus étroit , contient des échelles inclinées pour le passage des ouvriers. Après être entré dans le terrain houiller, on continue le foncement du puits principal, qui n'est plus divisé, et on exécute en même temps, à côté
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de lui, une suite de petils puiU verticaux ou inclinés, appelés iourets ou beurliaSj où Ton place des échelles, et qui sont mis en communication avec le compartiment aux échelles de la partie supérieure . L^air descend par le compartiment étroit, les puits aux échelles , et sort par le puits principal d'extraction.
Cette disposition est bien préférable à une division complète du puits , par une cloison continue depuis la surface jusqu^au fond ; néanmoins un puits de ce genre doit toujours être mis en communication avec un autre, avant qu'on entreprenne des travaux d^exploitation de quelque étendue, si la mine est sujette au grisou, parce que les puits aux échelles n'o£Prent pas une section suffisante à Tair entrant , et parce que, en cas d'explosion violente, la cloison établie dans le puits principal pourrait être emportée, bien qu'elle ne se trouve qu'à la partie supérieure.
Utilité des échelles pour la sortie des ouvriers , en cas d'accident, — Dans les mines profondes du nord de l'Angleterre, comme dans celles du centre et du midi de la France, "on n'établit pas ordinairement d'échelles pour le passage des ouvriers , qui descend'ent et remontent par les tonnes d'extraction.
Une série d'échelles établie à côté de chaque puits offre un moyen de sûreté précieux, en cas d'accident, aux ouvriers qui sont dans les travaux, et il serait désirable que, dans toutes les grandes exploitations, il y eût au moins une descenderie à côté de l'un des puits, sinon à côté de chaque puits. Les échelles, qui devraient être placées près du puits le moins exposé à être endommagé par une détonation accidentelle, pourraient être fort utiles dans les invasions imprévues d'eau ou de gaz , lors même qu'elles ne seraient pas habituellement Utilisées pour l'entrée et la sortie des ouvriers, et que ceux-ci descendraient et monteraient par les tonnes.
Les fofers d'aérage doivent-ils être prohibés dans les mines à grisou ? — On a agité la question de savoir si les foyers d'aérage ne devaient pas être proscrits d'une manière absolue , dans les mines sujettes au grisou. On a dit lo qu'ils étaient eux-mêmes une cause d'explosion, lorsque le courant chargé de gaz, au point d'être explosif, arrivait sur eux; S» qu'à la suite d'une détonation qui renverserait les portes d'aérage, un mélange gazeux encore explosif pouvait arriver sur le foyer, et y donner lieu à une seconde détonation , plus terrible que la première ; 3» que , dans le cas le plus favorable, il était impossible, après une explosion de gaz , de se servir du foyer intérieur , pour rétablir le courant interrompu , et qu'ainsi son secours manquerait , précisément lorsqu'il deviendrait le plus néces-
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saire; 4" qu^enfin des machines aspirantes ou soufflantes pouvaient, dans tous les cas , remplacer les foyers , n'étaient pas sujettes aux mêmes inconvénients , et n'occasionnaient pas plus de dépense de combustible que les foyers pour produire les mêmes effets.
Ces objections sont en partie fondées. Il importe seulement de les examiner à fond pour les apprécier à leur juste valeur. C'est ce que je vais essayer de faire , en les reprenant dans Tordre où je les ai énumérées :
1 Dans rétat actuel de Tart des miaes , il fendrait que les travaux fussent disposés d'une manière vicieuse , ou conduits et surveillés avec une nég^ligence bien coupable , pour que Pair qui alimente la combustion du foyer intérieur pût devenir explosif, et qu'ainsi il y eût une première détonation sur le foyer d'aérage. Nous avons expliqué avec des détails suffisants , comment le foyer était alimenté par un courant d'air particulier dans les mines du nord de l'Angleterre et dans celles d'Anzin en France. En suivant la méthode adoptée dans cette dernière localité, il est tout à fait impossible que l'accident dont il s'agit ait lieu , à moins qu'on ne laisse ouverte la double ou triple porte placée entre la chambre du foyer et la voie qui conduit l'air vicié au puits de sortie. Or cette porte doit s'ouvrir très-rarement, uniquement pour porter du combustible dans la chambre du foyer ou faire le feu. L'ouvrier qui est chargé de ce soin, doit être un homme de confiance , et est seul dépositaire de la clef. Je crois donc que la sécurité , sous ce rapport , peut être complète.
Lorsque le puits au bas duquel est établi le foyer n^est pas accompagné de petits puits latéraux contenant des échelles , comme cela a lieu à Anzin , on peut encore obtenir le même degré de sûreté. Il suffit, pour cela , de placer le foyer dans une chambre entièrementisolée par des massifs de roche intacte de tous les travaux intérieurs, qui communique seulement avec le puits de sortie de l'air par une cheminée , et avec le puits d'entrée par une galerie de petite dimension , simplement suffisante pour le passage d'un ouvrier menant un traîneau ou une brouette. Cette galerie creusée, comme la chambre elle-même , dans un massif de roche intact et inébranlable , sera munie d'une double ou triple porte régulatrice fermée à clef , que Ton n'ouvrira absolument que pour le service du foyer, et dont rentrée sera interdite à tous les ouvriers , à l'exception de celui qui sera chargé de l'entretien du feu.
La première objection n'est donc applicable qu'aux foyers d'aérage mal établis, et n'est certainement pas de nature à les faire généralemcut repousser comme étant toujours dangereux. Cependant il est
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il esi vr9i que le dain^^er serait réel si le foyer n^était pas établi conformément aux règles sur lesquelles f ai insisté à plusieurs reprises.
2o Le deuxième argument est beaucoup plus fondé que le premier; il est certain que , dans les foyers établis comme ils le sont le plus souvent, même à Anzin , les portes qui isolent le foyer des galeries par lesquelles le courant violent de gaz est obligé de passer pour arriver au puits , peuvent être renversées , et qu'ainsi ce courant , s*il est explosif, peut prendre feu une seconde fois. Mais si le foyer était établi comme je viens d« Tindiquer tout à Fheure, ou s'il ne communiquait avec les voies principales que par une seule galerie ou passage étroit d^une assez grande longueur où seraient établies les portes régulatrices, je regarderais le danger de Tarrivée du courant sur ce foyer comme bien moindre , s'il n'était même tout à fait écarté. En effet le courant consécutif à la détonation se précipite par les voies les plus faciles et les plus voisines vers le puits qui doit le conduire au jour. Si le courant fait irruption par le puits de soKie de Tair , sans avoir rencontré sur son passage aucune galerie communiquant avec la chambre du foyer, il est impossible qu'il arrive dans celte chambre en descendant par la cheminée qui la met en communication avec le puits de sortie. S'il fait irruption au dehors par le puits d'entrée de l'air en refoulant le courant ventilateur , il est également peu probable qu'il pénètre dans la galerie étroite et longue, aboutissant au foyer , tandis qu'il a une issue facile vers l'atmosphère par le puUs. Dans une explosion, au moment où les gaz s'enfiamment, ils exercent une pression très-grande dans tous les sens, et tendent à renversée lés parois de l'enceinte qui les contient. Quand ils ont trouvé une issue, ils s'y précipitent avec la vitesse énorme dueà îa pression pri. mitive, qui s'éteint en même temps que la vitesse augmente, de sorte que le courant renverse, entraîne tous les corps qui se trouvent sur sa direction , tout en n'exerçant latéralement qu'une pression médiocre d'autant moindre que la vitesse est déjà plus grande et qu'il a une issue plus facile. Il résulte de là qu>n évitant complètement de mettre la chambre dli féyer en comnâunication avec les travaux intérieurs, en se bornant à l'établissement de la cheminée, qui rejette la fumée dans le puits, etd'une gàletfède service assez longue, prenant l'air nécessaire à l'entretien de la combustion dans lé puits d'entrée, une irruption du courant vicié sortant de lamine à la suite d'une explosion sur le foyer sera peu à craindhe.
Je n'oserais cependant pas affirmer que ces précautions seront toujours efficaces , et qu'il ne pourra jamais arriver que la pression laté-
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raie du courant dirigé vers les puits soit assez grande pou'r qu*une porlion de ce courant reflue sur le foyer.»
S» Le troisième argument a plus de force encore que celui que je Tiens d'examiner , par rapport aux foyers établis comme ils le sont généralement dans les mines. Il est certain qu'après une explosion qui a foit irruption au Jour, il est presque toujours impossible d'approcher du foyer, et qu'il y aurait même danger de le rallumer avant de s*élre assuré que les portes destinées à l'isoler des travaux sont en lion état. Mais si le foyer était établi comme je viens de l'expliquer tout à riieure , il agirait encore après l'explosion , potir déterminer la circulation de l'air, aussi bien qu'avant. Dans le cas où les gaz auraient fait irruption au dehors par le puits de sortie de l'air en suivant le sens dn courant ventilateur ordinaire , il serait facile d'arriver au foyer , puisque la galerie qui y conduit aboutit au puits d'entrée qui ne serait pas infecté , et l'on pourrait activer la combustion pour augmenter la quantité d'air entrante dans la mine. Si les gaz, après l'explosion , étaient sortis en sens inverse du courant ordinaire parle puits d'entrée de l'air, il serait Impossible d'arriver jusqu'au fèyer avant que le courant eût repris sa direction primitive. Or il peut se faire que le sens du courant d'air demeure renversé , soit par suite d'éboulements intérieurs causés par l'exploSion, soit par les changements dans la température et le poids spécifique des gaz qu^elle a occasionnés.
Sans même admettre qu'il y ait eu des éboulements, on peut craindre que, lors des oscillations de l'air qui succèdent à l'éruptioii des gaz par le puits d'entrée , l'air contenant encore beaucoup d'hydrogène carboné qui existe dans ce puits, n'arrive jusqu'au foyer par la galerie de service en traversant les portes régulatrices, et qu'il n'y ait là une seconde explosion. Bien qu'un pareil accident paraisse peu vraisemblable , attendu que si les portes régulatrices sont demeurées intactes après la première explosion , l'air n'arriverait qu'en petite quantité sur le foyer, et serait délayé dans la masse* qui pe trouverait de l'autre côté de ces portes, on ne peut cependant pas dire qu'il soit absolument impossible. 11 y a donc encore quelque crainte à conserver de ce côté , et il est certain que le renversement du courant d'air et la sortie des gaz viciés à la suite d'une explosion par le pnits d'entrée , font naître un danger très-grave; on pourrait. tODteAns mettre le foyer et la voie particulière qui y conduit à l'abri de toute atteinte ; il suffirait d'établir une communication directe chtre la chambre où il est établi et le jour par un puits particulier d*un petit diamètre , qui ne communiquerait point avec les travaux