Il en fut de même de la lampe n" â
3. La lampe no 3 fut chaufiFée au rouge, dès qu'on lui donna un mouvement de rotation assez rapide. Après qu'elle eut été suspendue dans cet état, pendant dix minutes, la ficelle à laquelle elle était attachée brûla, la lampe tomba, mais sans donner lieu à une ex* plosîon.
4. La lampe no 4 fut chauffée tout de suite au rouge , quand on la fit tourner rapidement. Après cinq minutes , elle s'éteignit avec une espèce de bourdonnement. Le réservoir d'huile et le cylindre étaient si chauds , qu'on pouvait à peine les toucher.
5. La lampe no 5 fut à l'instant chauffée au rouge, en lui donnant nn mouvement de rotation rapide. On la laissa dans cet état pendant huit minutes; après ce temps, il y eut une explosion. En examinant le tissu de plus près, on trouva qu'il avait été brûlé , parce qu*il était resté trop longtemps à l'état d'incandescence.
Les 5 lampes ayant 46 ouvertures au centimètre carré furent soumises à des essais semblables : on les tint pendant un intervalle de
AÉRâGë des mines. 343
temps de 5 1/2 à 81/^ minutes, suspendues dans ce mélan(];e explosif, en les agitant de temps en temps. Quand on retira les lampes, Thuile bouillait dans le réservoir. Il n'y eut explosion dans aucun cas.
Les lampes n°* t1, 12, 13 et 14 , ayant des enveloppes de 28 ouvertures au centimètre carré , furent soumises aux mêmes épreuves.
La lampe no 11 fut aussitôt chauffée au rouge. Au bout de six minutes, on lui imprima un mouvement très-rapide pendant une minute. Il n*y eut pas d'explosion.
La lampe no 12 devint tout de suite rouge ; elle s'éteignit au bout de deux minutes.
La lampe no 13 devint aussi rouge à l'instant ; elle resta suspendue pendant 7 minutes et 1/2.
La flamme y devenue très-intense , jetait des étincelles. Elle s'élei^ gnit sans explosion quand on imprima à la lampe un mouvement rapide.
La lampe m 14, garnie d'une gaze de 28 ouvertures au centimètre carré et de 60 millimètres de diamètre, communiqua tout de suite l'incendie au dehors. Les autres lampes ne furent pas expérimentées.
(Ces essais ont été faits non par M. Bischoff lui-même, mais par M. Muller , maHre mineur en chef à Louisenlhal.)
On essaya aussi les lampes dans du gaz de la mine de Wellesweiler; nais les essais ne furent ni aussi nombreux ni aussi décisifs. M. Biscboff croit avoir reconnu que le gaz de Wellesweiler donne lieu à des mélanges plus fortement explosifs que celui delà mine Gerhard. Mais les essais n'ont pas été faits avec assez de soin pour qu'if sdit permis de regarder le résultat comme certain.
Enfin, M. Brschoff a essayé les lampes de sûreté dansie gaz inflammable sortant d'un puits artésien de la principauté de Schaumbourg, lequel contient, d'après son analyse, 16 p. 0/0 de gaz oléfîant. il plaçait tout simplement la lampe à essayer, allumée , dans l'orifice du tuyau de pompe. Il a trouvé que les lampes qui étaient parfaitement sûres dans les gaz des mines de Gerhard et de Wellesvireiler ne l'étaient plus ici , et communiquaient l'incendie au dehors. Il essaya alors les lampes dont on se servait dans le territoire de Schaumbourg , et dont les enveloppes avaient 93 ouvertures au centimètre carré. Dans aucune circongtance, il ne fut possible de faire communiquer à ees^lindres Vincendieau dehors. Ainsi donc, le gaz de la dernière localité était bien plus dangereux que les premiers, ce qui est dû à la présence du gaz hydrogène bicarboné.
il résulterait des essais de JH. Bischoff que le nombre des ouvertures
du treillis pourrait être fixé à 100 , dans les mines de houille , aTec sécurité. Je conseillerai cependant de s*en tenir aux treillis de 120 à 140 ouvertures au centimètre carré, dont on fait généralement usage en Angleterre, en France et en Belgique. Il est évident en e£Fet qu*il est possible de rencontrer dans les mines des mélanges plus inflammables que ceux sur' lesquels on a expérimenté dans la mine de Gerhard , et dont la composition chimique n'a pas été déterminée. Tout ce que Ton peut conclure des expériences de M. Bischoff , c*est que Taugmentation du diamètre du cylindre en gaze métallique au delà de certaines limites rend la lampe beaucoup moins sûre.
Nouvelles lampes de sûreté. Lampe d*Vpton et Roberts* — Les observations nombreuses desquelles il résulte que la flamme , quand elle est poussée par un courant d'air^ passe à travers un treillis de 100 à 140 ouvertures au centimètre carré, et Tinsufllsance de la lumière des lampes de Davy dans beaucoup de cas, ont conduit plusieurs personnes à modifier ces lampes, pour les rendre plus sûres ou pour augmenter leur pouvoir éclairant. Parmi les ]am|ies assez nombreuses qui furent soumises au comité d'enquête de la chambre des communes, on distingua celle qui fut présentée par J. Roberts, ancien ouvrier mineur; elle difiPère de la lampe de Davy : 1<» en ce que le cylindre en gaze métallique est entouré , depuis sa base jusqu'à la moitié ou aux deux tiers de la hauteur, d'un cylindre épais en cristal, maintenu en place par un cylindre en cuivre qui environne la partie supérieure de la toile métallique , et se visse sur une couronne sup« portée par les quatre ou cinq tiges en fil de fer qui forment la cage extérieure de la lampe. Le cylindre en cristal est pressé par le cylindre en cuivre , entre deux rondelles annulaires de drap , dont Tune est adaptée au bas de ce dernier cylindre , et l'autre repose sur le réservoir de la lampe; 2« l'accès latéral de l'air étant ainsi prévenu, Tair nécessaire pour alimenter la conibustion de la mèche , arrive dans le corps delà lampe par une rangée circulaire de trous percés tout autour de la partie supérieure du réservoir, à la hauteur delà base du portemèche. Il traverse deux rondelles annulaires de gaze métallique trèsserrée , contenues dans des montures légères en cuivre, et posées horizontalement au dessus de la rangée de trous; 3o après avoir trsH versé cette double toile, l'air ne se répand pas encore librement dans le corps de la lampe ; mais il est dirigé tout près de la mèche , dont il doit alimenter la combustion , par une pièce que l'auteur appelle le cône ; sa forme est à peu près celle d'un pavillon de cor , dont la grande base reposerait sur le réservoir d'huile , et qui serait coupé à la hauteur du porte*mèche , où existe une ouverture circulaire au
centre de laquelle se trouve la mèche, et dont le diamètre e$t un pe^r plus grand que celui d'une pièce de cinquante centimes. Il résuKede cette disposition que la totalité de Tair entrant daos Xsl lampe rase \^ mèche de très-près , et Texpérience prouve que Tair contenu d^s le^ parties latérales de la lampe, près de la toile métallique, et entrf cette toile et le cylindre en cristal est impropre à reutretien (fe lacoa^bustion.
Les expériences faites sur la lampe de Roberts , devant la co^mi^is^ sion d'euquéte de la chambre des communes, celles que j'ai faites moi-même sur des lampes de ce genre, que Tadministration des mines a fait venir de Londres , prouvent qu'elle est complètement sûre dans toutes les circonstances, et au milieu des mélanges les plus explosiÊs^ qui se rencontrent dans les mines de bouille.
Ainsi la vitesse du courant , l'agitation de la lampe au milieu de l'air explosif, ne déterminent jamais le passage de la flamme ai^ dehors. Devant la commission de la chambre des communes , oi^ a dirigé sur cette lampe un jet de gaz inflammable , composé de trois ou quatre parties en volume d'hydrogène pur , et d'une partie de gaz de l'éclairage. La lampe de Roberts a parfaitement résisté à celte épreuve. Les lampes de Davy, de Stevenson, et toutes les autres soumises au même essai, ont laissé passer la flamme. Dans les expériences que j'ai faites moi-même , j'ai employé du gaz hydrogènie pur, et je n'ai réussi qu'une seule fois, contre beaucoup de tentatives inutiles , à faire passer la flamme à travers les trous destinés à l'introduction de l'air.
J'ignore si l'usage de la lampe de Roberts , malgré sa supériorité incontestable , sous le rapport de la sûreté contre l'inflammation du gaz , s'est répandu dans les mines d'Angleterre. On peut craindre que le cylindre extérieur en cristal ne vienne à casser, ce qui réduit l'appareil à une lampe de Davy ordinaire. Ce danger me parait peu important , parce que le cristal est si bien protégé que la fracture serait un accident bien rare. Une objection beaucoup plus forte , contre l'emploi de cette lampe dans les mines , consiste en ce qu'elle donne encore moins de lumière que la lampe de Davy.
Lampe de M. E. du Mesnil, — M. E. du Mesnil a présenté , en 1838 , à l'Académie des Sciences et à M. le directeur général des ponts et chaussées et des mines , une lampe établie sur un principe analogue à celui de Roberts. Toutefois l'exécution est fort différente.
Dans la lampe de M. du Mesnil {PL XXFÎIIy fig. 5), le réservoir d'huile est établi latéralement , et l'huile arrive à la mèche par un conduit placé au dessous de la plate-forme circulaire P. La mèche est
plate , en coton tressé. L'air nécessaire à la combustion est amené sur les deux faces par deux conduits inclinés C,C', coiffés d'une gaze métallique en fil de fer ou de laiton , que l'on peut changer trèsfacilement quand elle est usée. Le cylindre en toile métallique de la lampe de Davy est supprimé , et remplacé par un cylindre en cristal recuit, très-épais, M; la plate-forme supérieure F' repose sur ce cylindre, qu'elle déborde de deux centimètres environ. Le cristal , serré entre les deux plates-formes P et P', est protégé par des tiges en fil de fer assez écartées pour ne pas intercepter une portion notable de la lumière. Au dessus de la plate-forme supérieure P^ s*élève une cheminée d'un diamètre moindre que celui du cylindre en cristal, et dont la hauteur est assez grande. Elle est à double paroi ; la paroi interne descend un peu dans le corps de la lampe , où elle s'évase en forme d'entonnoir renversé. La cheminée se termine par un orifice rétréci , qui n'est garni d'aucune toile métallique. La hauteur totale de la lampe , y compris la cheminée , est de o™,40 à 0n»,44.
La lampe de M. du Mesnil offre le même degré de sûreté que celle de Roberts , tant qu'elle est intacte. Ainsi des expériences faites à Paris et à Saint-Etienne constatent qu'elle ne laisse pas passer la flamme qui remplit le cylindre en cristal , quand elle est plongée dans un mélange explosif ^ beaucoup plus inflammable que ceux qui se rencontrent dans les mines. On a aussi essayéà Saint-Etienne, de jeter des gouttes d'eau froide sur le cristal ., lorsque le gaz brûlait fortement dans l'intérieur ; le cristal a résisté , ou bien il s'est étoile sans que les fragments se séparassent les uns des autres. Enfin , cette lampe éclaire mieux qu'aucune autre, ce qui est un point de la plus haute importance.
Essais faits à Liège par une commission d* ingénieurs, — Une commission instituée à Liège par le gouvernement de Belgique a soumis les diverses lampes de sûreté à des essais, dont les résultats ont été imprimés à la suite du Recueil des mémoires sur Vaérage des mines y couronnés par l'Académie de Bruxelles.
Elle a reconnu que la rupture de trois ou quatre mailles contiguës , ou des trous arrondis de trois à cinq millimètres de diamètre pratiqués dans le treillis , à six ou huit centimètres au dessus de la mèche , ou dans la calotte de cuivre dont la toile est surmontée, n'ont pas suffi pour que la combustion se propageât de l'intérieur à l'extérieur de la lampe. Tout ce que les commissaires ont pu remarquer, c'est que la présence de ces défauts amenait une perturbation dans l'allure ordinaire de la lampe. La flamme était moins fixe, et semblait tournoyer dans rinlérieur de la toile métal-
AÉRAtiË DES MINES. oA7
lique. On vit à deux reprises un pointe de flamme sortir par Tun de^ trous jusqu^à J/9 centimètre de distance du réseau métallique, et s^éteindre aussitôt , « probablement dit la commission , parée qu^eile »était étouffée par une forte proportion diacide carbonique résuftant »de la combustion et lancé au dehors par le trou qui avait litre pas- »sage à ces jets de flamme. »
Tandis qu'une ouverture de 5 millimètres de diamètre pratiquée vers le haut du cylindre de gaz métallique , ne détruisait pas , dans des circonstances ordinaires, les propriétés préservatrices de la lampe de Davy, il suffisait d'un défaut de moins de deux millimètres d'ouverture , pratiqué à peu près à la hauteur de la mèche , pour que l'explosion eût lieu. Cette explosion était favorisée , lorsque le courant de gar ou de mélange détonant était dirigé sur la mèche. Les expériences ont été faites dans des mélanges en proportions variées de gar oléfiant provenant de la distillation de la houille et d'air atmosphérique, sur des lampes dont la toile présentait 144 mailles par centimètre carré 9 savoir : épaisseur des fils 28/1 00«« de millimètre; largeur des trous 56/1 00«« de millimètre, ce qui fait 5/9 de plein et 4/9 de vide. (P. 450 du Recueil des mémoires sur Vaératfe.)
La lampe de Davy, essayée dans un mélange d'air et d'hydrogène pur, a laissé passer la flamme , même lorsque le treillis avait 915 mailles au centimètre carré , au lieu de 144.
La lampe d'Dpton et Roberts a résisté dans ce dernier mélange.
La même lampe , dépouillée de son cylindre en cristal , et placée daaa un mélange détonant d'air et de gaz oléfiant, a déterminé des explosions deux fois de suite. Cela tient à ce que la toile métallique dont elle était munie n'avait que 100 mailles au centimètre carré au lieu de 144. Les fils étaient d'ailleurs assez minces pour qu'il y eût Yi de vide et ^^ de plein seulement.
- La lampe Dumesnil résiste dans un mélange d'air et d'hydrogène pur, comme dans un mélange d'air et de gaz oléfiant , lorsque les toiles métalliques qui recouvrent les tuyaux adducteurs de l'air ont environ 400 mailles au centimètre carré ; la même lampe résiste encore , dans le mélange d'air et de gaz oléfiant , quand ces toiles de 400 mailles an centimètre carré sont remplacées par des toiles en fil de fer de 144 , et même des toiles en fil de cuivre de 126 mailles au centimètre carré. Dans le mélange d'air et d'hydrogène pur, il y a eu explosion lorsque les toiles métalliques de 400 ont été remplacées par des toiles en cuivre de 215 mailles seulement au centimètre carré. La commission n'a pas pu s'assurer si , dans ce dernier cas , l'explosion avait eu lieu par retour de la flamme contre le courant d'air entrant
WM Cfli^ITfifi Vlli.
£êsais faits en France sur les lampes de MM. Dumesnil et MueseUr, — On a essayé' en France ydans les mines d'Anzin de &ive-de-^ier et de la Grand-Combe les lampes de MM. Dumesnil et Mueseler. On a trouvé que la première était d*un transport trèsdifficile et s'éteignait pour peu qu'elle fût agitée. La seconde présente le même inconvénient, quoiqu'â un moindre degré ; mais elle a le désaTantage de ne projeter la lumière que dans une 2one d'une très* petite hauteur, à cause delà nécessité ou Ton est de tenir Torifice inférieur de la cheminée en tôle très-rapproché de la mèche, afin d'isoler le courant ascendant des gaz brûlés du courant d'air qui descend le long des parois du cylindre en cristal , pour venir alimenter la combustion. Cet inconvénient est surtout très-grave dans les galeriesd'une grande hauteur et peut donner lieu à de graves dangers.
Essai de construction d'une lampe qui réunit tes avantages particuliers aux divers systèmes, — J'ai essayé de réunir les avantages particuliers aux trois lampes de Roberts , du baron Dumesnil et de M. Mueseler dans un appareil qui n'aurait pas les inconvénients de chacun de ces systèmes. La fig. A PI. XX FUI ^ représente la lampe ainsi modifiée , qui me paraît , d'après les essais que j'en ai faits , devoir être d'un bon usage. R est le réservoir d'huile disposé comme dans la lampe ordinaire de Davy et de J. Roberts. U est surmonté d'un rebord cylindrique percé , dans la partie contiguë au couvercle du réservoir , d'une série circulaire de trous par lesquels arrive l'air nécessaire à. la combustion. Cet air traverse deux rondelles superposées de toile métallique de 150 à 2OO ouvertures au centimètre carré, posées par leur contour sur une saillie ménagée dans le rebord , au dessus de la rangée de trous. Ces rondelles ,dpnt une est représentée, fig. 4 (B] , sont maintenues , ainsi que le porte-mèche , par une virole vissée dans une petite tubulure filetée qui entoure le trou du portemèche. Un disque ce ambouti en forme de pavillon de cor , percé d'une ouverture circulaire concentrique à la mèche est posé par dessus les rondelles, et amène la totalité de l'air qui a traversé les toiles métalliques au centre de la lampe et au contact de la flamme. Cedisque est maintenu en place par la cage qui conlient l'enveloppe supérieure de la lampe; celle-ci est formée de six fils de fer verticaux assemblés dans deux viroles en cuivreV,V'. La virole inférieure V se visse dans la partie supérieure du rebord du réservoir. Toutes ces dispositions sont imitées de la lampe de Roberts. L'enveloppe qui est un cylindre en cristal CG s'appuie sur une rondelle de drap collée sur le contour de la virole inférieure. Elle est maintenue en place par la partie supérieure de la lampe qui se compose d'une cheminée cylindrique
i^ÉRAGE DES MINES. 35 1
en toile métallique K , protégée par quatre tiges en (il de fer , d'une virole en cuivre portant une rondelle en toile métallique, et filetée extérieurement pour qu'elle puisse se visser dans Tinlérieur de la virole V^, et venir presser les bords supérieurs du cylindre en cristal qui est ainsi maintenu en place. Une couronne de drap est collée au fond d'une gorge annulaire daus laquelle pénètrent les bords de ce cylindre. Enfin la rondelle en toile métallique supporte à son centre un petit tuyau en cuivre qui s'enfonce dans l'Intérieur du cylindre en cristal, sert de cheminée, et active le tirage et l'aspiration de l'air par les trous percés au dessus du réservoir. Les gaz brûlés passent par ce tube, arrivent dans l'enveloppe en toile métallique K et se répandent finalement dans l'atmosphère. La rondelle en toile métallique au centre de laquelle est fixé le tuyau T , laisse subsister un vide annulaire par lequel les gaz peuvent s'échapper entre le pourtour du tuyau T et le cylindre en cristal. Il en résulte que les gaz impropres à l'entretien de la combustion ne peuvent pas s'accumuler dans cet espace , ce qui fait que la lampe peut être agitée dans l'air assez fortement, sans s'éteindre, comme on le reproche à la lampe de M. Dumesnil. La lampe que je viens de décrire s'éteint en effet dès qu'on l'agite un peu , lorsqu'on remplace par un disque métallique plein la rondelle en toile métallique au centre de laquelle est le tuyau T.
Dans la lampe précédente , qui n'est réellement que la lampe de MRf . Roberts et Dumesnil légèrement modifiée , le tuyau T est fort court , et il est inutile qu'il descende très-bas dans l'intérieur du cylindre en cristal. Les fig, 4 , 4 (A) et 4 (B)sont d'ailleurs dessinées à l'échelle indiquée sur la planche. Les dimensions principales sont les suivantes : '
MilHm*
Diamètre [intérieur du cylindre en cristal 55
Épaisseur du cylindre. 5 à 6 (1)
Hauteur 110
Diamètre du tuyau T 25
Longueur id 95
Hauteur totale de la lampe y compris le réservoir. . . 270
Ces dimensions ne peuvent rendre le transport de cette lampe diffi-
(1) Il faut donner au cristal une épaisseur suffisante pour qu'il ne se casse pas, par une chute accidentelle de la lampe. Tout excès d'épaisseur serait plutôt nuisible qu'utile.
^i CHAPITRE yni.
€ile , et toof nous porte à croire qu^elle sera d*oii usage facile et a?aiilageax dans les mines.
Jlvantages des lampes à enveloppes en cristal. — Les lampes à enveloppes en cristal seront probablement employées bientôt concurremment ayec les anciennes lampes de Davy. Elles seront préférées pour Texploitation des couches de houille puissantes^ où ces dernières n'^éclairent pas suffisamment On ne doit pas trop s'effrayer de la fragilité du cristal qui résiste bien au choc , quand il est assez épais 9 et aux variations de température, quand on a eu soin de le foire préalablement recuire dans un bain d^fauile de lin. (Test une précaution que devront prendre les constructeurs de lampes de ce ^enre.
Il est bon que les lampes de sûreté de tout genre soient pourvues d*nn mode de fermeture qui ne permette pas aux mineurs de les ouvrir. Un des moyens les pins simples d'obtenir ce résultat consiste à traverser toutes les pièces dont se compose la lampe , et qui sont vissées Tune sur Tautre par une tige filetée qui pénétre dans un écrou taraudé dans une de ces pièces , et qui ne puisse être dévissée qu'à Vaide d'une clef dont le creux, à section triangulaire, s'adapte sur Tune des extrémités de la tige terminée en prisme à base triangulaire, et enfoncée, comme l'axe du barillet d'une pendule, dans une cavité assez étroite pour qu'on ne puisse pas la saisir avec les doigts ou avec Une pince. Cette dispositioii est assez simple pour que nous il'insistions pas davantage sur ce sujet.
Lampes fixes à réservoir d'huile latéral et à réflecteur, — Pour les feux fixes servant à l'éclairage des places de chargement ou d'accrochage , et des galeries de roulage à longs alignements droits, les lampes à enveloppe de cristal sont incontestablement préférables aux lampes à treillis métallique. Elles doivent être attachées de manière à ce que le cristal soit parfaitement abrité contre la chute des corps solides, et qu'on n'ait pas non plus à craindre la chute de la lampe. Il convient d'ailleurs de placer le réservoir d'huile latéralement , comme, dans les quinquets ordinaires. Af. Mueseler a construit des lampes de ce genre, dans lesquelles le réservoir d'huile latéral a la forme d'une portion de cylindre qui embrasse la partie de l'enveloppe en cristal tournée du côté de la paroi. La face du réservoir est étamée de manière à ce qu'elle serve de réflecteur.
Moyens de porter secours aux ouvriers asphyxiés, — Il arrive assez souvent que des ouvriers sont asphyxiés dans les minés , par les mofettes qui sortent des fissures de la roche , de vieux travaux , ou qui résultent d'actions chimiques telles que la décomposition des
AÉIAQB DES ItlNES. 355
ttsilèpes iTé^étales ou aamalfts , ia oombuation de la kùuU\e^ ai swiOÊÊt les ez|Ao8ioii6 <le cas inâaniMable. Oa a donc essayé ée cm- «tnâre des appareite qiii peraisat nt de pénétrer daas les gatote^ iafeclôes, et d*y porter de la imaièK, fmar aller Mcowir jeg DNiieura qui ont été victimes de semblables accidents. L^administratkHi dos BÙOMB a publié à ce at^et nae fiRsirucUon pratique qui est imf^tmée •dans ke U XiàHAnmaleÊ des Mines , i** série.
Tmhe reâpiraioù»e, -~ Lorsque tes ouvmra asphyxiés fieir#Hy<eat à une peliie dâstowe du jour ou d'un point de ia mine où Vêif est rcapiraUe , on peut pénétrer jusqu'à eux à Taide d'ua mipè» tube reapiratoire qui eonsiete m uu boyau de toite ou de cuir, fig. Z , PL XXf^n, mainteau ouvert par un lil^le 1er coatouraé en apirale placé daiit son iatémenr. Ce tabe ae tarratoe h Tune de ses CKiPémités par «ne emboucfaure évasée , et i Tantpe extrémité par un pai^illon oiélalflque A^ ayaat la foroK convenable pour qu'M puisse s'appliquer aur ta bouche. Des ceurnoies en ouir et des boucles servent à «Itaeher ctUe seconde extréoiité ne» tube autour de la tétede Tindividu q«i va ipéaétrer dans la galène iafiectée. Une petite valve trèslégère ^ placée daos le «col cylindrique qui prolonge ie pa^Hoa «iétaHkpie «t sert à le raoeerdcr avec le l»yau , s*ouvre du cdté de la boutbe de l'individu, quand il aspire ^ et se ferme au eontraire^lors* qu'il expire. L'air aspiré i^oaule au dehors par -un bout de tuyau branché sur le col du pavillon , et portant aussi une valve légère t/ qid^^ouvre du dedans au dehors, i'ouvrier qui veut pénétrer dans la galerie infectée ^ applique sur sa bouche le pavillon que Ton fixe au BBoyen des courroies dont le habe est muni. Il |Aace sur son nez une féneette qui eompriifteses narines et fiait qifil ne peut respirer que fsar la bouche. Il avance dams la gakrie infectée, tandis que d'antres covoriers placés dans :1a galerie où l'air est pur, soutiennent la seconde extrémité du tube. L'ouvrier respire donc l'air pur qui lut arrive par <le tube , en soulevant la valve. Avec un trayau de â cenUmèlres de diamètre, on peut très^faciienent arriver , et rester sans danger à une dislance de 95 à 30 mètres du point où s'ouvre 4'extrémité du tuyau. On pourrait même aller beaucoup plus loin en oaapioyant des boyaux d%n plus graad dUmèUre.
Lotube respiratoire peutélre fort utile dans l'exploitation des carrlèms qui seraient sufcttes à .être infectées par des molettes, dans le enrage d'é^^s iniccts ; il pei^ aervir à secourir des ouvriers aspbyslés an fond id%n {Niits peu profond , dans des evres de vendanges , etc. n est raoe d'ailleurs qu'on.ait bcaaia d'oMporler avec sol de la l^nriâie f quand on n'a que des dis lances de JSO à 4n mètres à parcou-
TOHE II. 23
364 CHAPITRE TIIL
Tir , pour arriver au lieu où les secours doivent être portés. Il est inutile d'ajouter que le tube respiratoire peut être eomposéde plusieurs parties qui s'assemblent entre elles an moyen de viroles raétaltiqQes , â la manière des boyaux de pompes à incendie ou de pompes d'arrosage.
Réservoir ê d'air en cuir. — Pour le cas où les ouvriers asphyxiés sont ft une grande distance du jour , ou plutôt des galeries remplies d'air resptrable , on a imaginé de ftdre usage de grands réservoirs en cuir que Ton remplit d'air atmosphérique au moyen d'un soufflet. ITn tube respiratoire, disposé comme celui qui vient d'être décrit, est branché sûr le réservoir. Un homme peut porter sur son dos , dans une botte , un sac en cuir de 20 à 21 décimètres cubes de capacité ; ce volume d'air suffit pour l'entretien de la respiration pendant 15 ou 16 minutes. On a pensé que l'air expiré pourrait servira l'entretien de la combustion de la lampe portée par l'ouvrier. A. cet efifet, la lampe serait une lanterne fermée sur son contour , n'ayant qu'un orifice supérieur pour l'écoulement des gaz brûlés , et un orifice inférieur auquel 8*adapterail l'extrémité d'un petit tube flexible branché sur l'appendice qui porte la valve v' du tube respiratoire. M. Boisse, directeur des mines de bouille de Garmeaux (Tarn), a feit l'essai de semblables réservoirs d'air portatifl ; il n'a pas pu parvenir à employer l'air expiré par l'ouvrier pour l'entretien de la combustion de la lampe.
L'usage des réservoirs d*air portatif^ que nous venons de décrire présente beaucoup de difficultés. D'abord il est nécessaire , d'après les observations de M. Boisse , de puiser directement dans le réservoir Pair nécessaire à la combustion de la lampe , ce qui diminue d'autant la portion disponible pour la respiration. D'un autre côté Touvrier chargé du réservoir n*a plus ses mouvements libres , pour secourir les asphyxiés; il a même beaucoup de peine à circuler dans des galeries basses , étroites, et qui peuvent être encombrées par des éboulements. Enfin les sacs de cuir qui ne sont employés que bien rarement , se trouvent ordinairement détériorés , et ne gardent plus Tair y au moment où l'on veut s'en servir.
L'instruction pratique de 1824 indique encore de grands réservoirs en cuir d'oine capacité de près d'un mètre cube, contenani -assez d*air pour entretenir la respiration d'un homme pendant une heure entière; ces réservoirs sont placés sur des chariots et ne peuvent être transportés que dans les voies principales de roulage. Ils pourraient être utiles , dans les mines où les voies seraient généralement larges et bien entretenues. Il faudrait d'ailleurs donner au tube respi-
AÉRAGB DES MINES. 355
ratoire branché <ur le résenroir une assez grande longueur et un diamètre de S à 3 1/3 centimètres, afin que Touvrier laissant son réservoir dans une galerie principale pût s*écarter au besoin jusqu*à une certaine distance. En définitive , il nous parait que les grands réservoirs d*un mètre cube de capacité pourraient être utilisés mieux encore que les petits sacs portés à dos , dans les mines de bouille où la puissance des couches a permis de tracer de larges galeries , par la raison qu^on pourrait envoyer deux hommes à la fois , dont Tun traînerait le chariot portant le réservoir et le second un autre chariot destiné à ramener les ouvriers asphyxiés. Le réservoir d*air serait snfiftsant fK^ur entretenir la respiration des deux hommes pendant une demi-hétrre.
Béservoirs métalliques à air comprimé. — Au lieu de sacs en cuir remplis d'air à la pression atmosphérique, on peut avoir des réservoirs métalliques en tôle, d'une capacité beaucoup moindre et contenant de Tair comprimé. Ces réservoirs seraient munis de l'appareil ingénieux dont on a fait usage pour régler l'écoulement du gaz de l'éclairage que l'on comprimait aussi dans des vases métalliques. JOans une mine où les accidents d'asphyxie pourraient se renouveler assez fréquemment, nous n'hésiterions pas à conseiller l'usage de ce dernier moyen : nous pensons d'ailleurs que ie réservoir devrait être placé sur un petit chariot approprié aux dimensions des galeries principales ; il serait trop lourd pour être porté à dos , il faudrait , comme accessoire de ces appareils, avoir une pompe de compression pour fouler l'air, et comme cette opération est assez longue, il'serait nécessaire d'avoir des vases chargés d'avance et tout prêts à servir. Nous avons vu des vases en tôle d'un hectolitre de capacité environ , qui ont été employés par l'ancienne compagnie du gaz portatif comprimé , et qui tenaient pendant plusieurs mois le gaz comprimé sous 8 ou 10 atmosphères. L'appareil qui sert à régler l'écoulement du gaz , consiste essentiellement dans une petite capacité de forme cylindrique adaptée sur le réservoir , et communiquant avec celui-ci par un trèS'petit orifice. Elle est fermée latéralement par un cuir flexible et plissé comme l'enveloppe des soufflets cylindriques en cuir; elle est limitée en dessus par un large disque en plomb ou autre métal.lourd dont le poids doit être convenablement réglé ; une pointe conique est placée dans l'intérieur de cette capacité ; elle est liée par une combinaison de petits leviers au disque de plomb , de manière à s'enfoncer dans le petit orifice d'écoulement du gaz, et à rétrécir par conséquent cet orifice , à mesure que le disque est soulevé par la pression du gaz. Le tuyau d'émission du gaz ou de l'air est d'ailleurs
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branché «HT la «apacHé dmit bous |)arfmn. M résvHe 'démette dHq^* litn que ia ^essieu du ^az ,4k»s i^kitéiiear^eU capacité^ ne fient p9s4épasseT oelk qni correspond au poids du disque de plomba et à rélasltciié du cuir qui fome les paroâs latérales , sans que le petit oriâcepar lequel le çu passe du réservoir dass la capacité de distribution soit entièremeat fermé par la p«inte conique , qui pénètre dams son intérieur. D'un autre cAté» dés que la pression diouiiue dans la capacité , le disque de plomb s^abaisse un {>eu ^ la pointe conique débouche ronlîce» De cette façon le ^aa se maintient toujours à la même fnression dans Tintérieur de la capacité sur laquelle est braacbé le tuyau d'émissfon , quelle que soit ta ireBsion dans Tiotérieurdu réservoir d*air comprimé. L'action du poids du disque ipeut être remplacée par c^le d'un ressort.
Emploi des êotutùmê ^lUeeUinBê , ou de l'ému pourabi&rberi'm'' Gide carbonique, ^ lorsque Tair est irr«8pirable, uniquement parée qu'il est chargé de ^t acide carbonique (et c'est le cas le fl«is ordinaire dans les mines), on peut, dans des cas d'ui>(peiiee, essayer d'arriver jusqu'aux ouvriers asphyxiés, en jetant dans tes galeries un lait de obaiix vive, qui absorbera l'acide carbonique. Il e&t convenable d'avoir daps ces occasions des linges, ou «rienx encore ides morceaux de tissus Iftches-en laine, fortemernt imprégaés d^u pure, et de foire l>asser l'air qu>on respire à lrav«rs ces tissus , en les appliquant sur la booehe et le nez. Il «st inutile de dire que r«i ddit agir av«c la plus grande prudesce, «t en prenant toutes les puéeantions {lossibleS) afin de ne pas occasionner die nouveaux malheurs.
Appareil respiratoire 'de Hoberte, — 3, Ko^erts , l'auteur de la lam^ïe â enveloppe de cristal que nous avons décrite, rapporte que s^^tant trouvé une fois près d'être suiibqué par te gaz acide -carbouique , il se préserva , en couvrant sa figure avec sa veste mouillée d'eau. Cela lui donna ridée de construire un apparal respiratoire, qui a été employé par lui et par plusieurs autres personnes îl consiste en une boîte, dont la capfl<;ité est d'environ trois quarts, conte* nant une éponge fortement imbibée d'eau de chaux , ou d^ane autre solution alcaline. La paroi de cette boite est forcée de trous par lesquels «titre fa^r ambiant, qui est ahisi «ftyrcé de passer à travers réponse. Vn tube respiratoire semblaMe à ceux qui sont décrits dinis l'instrudtiisn de 18â4 , muni de deux valves , pour 'que l'air exipfré soit rejeté au dehors , est adapté à la <panie supérieure et ta %«lte , et conduit f air h la bomebe d« l'ouvrier iqui porte l'appareil suspendu en bandoulière. Sa figure peut -être, si l'oa veut, couverte d'un m^rsque complet , tenant au tube , pour prétenir l'accès de t'air
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irrespirable, qui n'aurait pas élé épuré en passant à travers l^éponge. (Reports on ctccidents in Mines , p. 261.)
Cet appareil me parait, en raison de sa simplicité, de nature à être employé utilement dans beaucoup de cas. Il serait- à désirer qu'on en fit construire quelques-uns , sur des mines où se dégagerait beaucoup d'acide carbonique , et qu'on s'assurât d'avance si un ouvrier peut respirer longtemps sans fatigue, à travers l'éponge imbibée de Roberts.