G G9AP1TRE IX
Tun des chariots porteurs se trouve en foce de ta galerie BB, lorsque Tautre sera parvenu au bas du plan incliné. On peut , pour cela , ajouter à Tun des câbles une prolonge mobile d'une longueur égale à la distance entre les galeries B'B^ et BB , ou bien , ce qui vaudra mieux , avoir toute la provision du câble sur le treuil, qui sera alors construit de façon que Tune de ses moitiés soit folie sur Taxe. Dans te premier cas, lorsque le chariot porteur du chariot vide sera arrivé en face de la galerie BB , Tautre chariot porteur n*étant pas encore arrivé au bas du plan incliné , on serrera le frein , on décrochera du câble le premier chariot porteur qu*on laissera dans fa position où ii est arrïvé , on attachera au câble ta prolonge ; on laissera ensuite le treuil libre de tourner, et quand le chariot chargé sera arrivé au bas du plan incliné, on accrochera le chariot porteur vide â Textrémité de la prolonge, qui se trouvera arrivée en face de ta galerie BB. Si ron voulait au contraire, après avoir extrait les minerais de la galerie Inférieure, passer à la galerie B^B', il faudrait enlever la prolonge, lorsque le chariot , qui est attaché à son extrémité , serait arrivé au pied du plan incliné, et monter, en agissant sur les manivelles du treuil, le chariot vide qui serait arrivé vis-à-vis la galerie BB, au niveau de B'B^
Si Tune des moitiés du cylindre monté sur Taxe du tour est folle autour de cet axe , on passera de la galerie supérieure B^'B' â oiie galerie inférieure, en débrayant te cylindre qui est fou sur Taxe, lorsque le chariot attaché au câble, qui s'enveloppe sur ce cylindre, sera arrivé en face de la galerie B'B', laissant descendre ce chariot en face de la galerie BB , et fixant ensuite de nouveau le cylindre sur Paxe. Pour passer d'une galerie inférieure à une galerie supérieure , on dé-' brayei^a le cylindre mobile, lorsque le chariot chargé, attaché à la corde enveloppée sur ce cylindre , sera au pied du plan incliné ; on remontera le chariot porteur du chariot vide au niveau de la galerie supérieure, en agissant sur les manivelles du treuil, et en empêchant^ pendant tout ce temps, le cylindre mobile de participer au mouvenient du treuil. Ces manœuvres seront faciles si te treuil est bien construit; Il suffira que le cylindre mobile ait un petit frein particulier pour qu'on puisse d'aune part modérer la vitesse de rotation qu^il prendra sous la charge , et d'autre part, Tempêcher complètement de participer à la rotation de Taxe, quand on fera la manœuvre inverse. L'embrayage et le débrayage du cylindre mobile pourront d'ailleurs se faire par un mécanisme extrêmement simple. Le cylindre mobile sera porté sur une partie ronde et tournée de l'axe du treuil : il sera monté sur deux bagues en fonte alésées , placées à ses deux extré-
mités, de manière à pouvoir glisser longiludipalemenl de quelques eenlimètres sur Taxe. Ces bagues seront saillantes en dehors du pourtour du cylindre pour former des rebords ; Tune d'elles viendra s'appliquer contre le bout du cylindre fixe, qui sera terminé par un disque en fonte ou en fer forgé faisant également saillie sur son pourtour. Des trous assez rapprochés seront percés dans les rebords du cylindre fixe et du cylindre mobile, et des clavettes en fer placées dans un ou deux de ces trous suffiront pour lier les deux cylindres , lorsqu'on voudra embrayer. Pour le dél>rayage, on ôtera ces clavettes ou verroux, et l'on écartera le cylindre mobile du cylindre fixe, en le faisant glisser sur l'axe au moyen d'un levier qui pourra en même temps servir de frein au cylindre mobile. Nous conseillerons l'usage des treuils ainsi construits pour tous les plans inclinés automoteurs, plutôt que l'usage des prolonges. Ils fourniront un moyen très-facile d'allonger ou de raccourcir au besoin les câbles ou chaînes , et par conséquent de corriger les effets de l'extensibilité de ces câbles; ils seront utiles sous ce rapport , même dans le cas où le plan incliné ne devrait desservir qu'une seule galerie supérieure à la galerie principale.
Les chariots porteurs â plates-formes garnies de rails, devront être généralement employés pour les plans automoteurs établis suivant la pente de gîtes fortement inclinés. Dans l'exploitation des gUes d'une inclinaison faible, il pourra être plus commode de se servir de chariots porteurs à plates-formes simples, destinées à porter les bennes qui seront également placées sur des chariots à plates-formes circulant dans les voies horizontales de roulage. Les fig. 5 et 6, PL XXXI, représentent les dispositions à prendre en pareil cas. La hauteur de la plate-forme du chariot porteur circulant dans la galerie inclinée , est réglée de manière à ce qu'elle se trouve précisément au niveau des plates-formes des chariots qui parcourent les voies horizontales, lorsque le chariot porteur est en face de cette voie. Le chariot circulant dans une voie horizontale étant amené contre le chariot porteur , /^^. 6 , on tire du premier chariot sur le second les bennes remplies de minerai, qui sont à cet effet garnies de patins. Les autres manœuvres sont d'ailleurs les mêmes que celles qui ont été précédemment décrites.
Lorsque le roulage est très-actif, un ouvrier est placé à poste fixe au service du plan incliné , et chargé de la manœuvre du frein. Les rouleurs demeurent, les uns dans les galeries supérieures, les autres dans la galerie générale de roulage, et f6nt les manœuvres du transbordement des chariots ou des bennes.
Quand le roulage est moins actif, les mêmes rouleurs peuvent faire le service dans la galerie principale de roulage, le plan incliné automoteur, et les galeries de roulage supérieures. Ainsi , quand ifs ont amené un chariot vide au bas du plan incliné, et qu^ils ont opéré le transbordement sur le chariot-porteur, ils gravissent le plan Incliné, vont se mettre au treuil et remontent le chariot ou les bennes vides, en descendant un chariot ou des bennes pleines. Celles-ci sont accompagnées par les rouleurs qui les ont amenées des tailles , et les conduiront ensuite à Textrémité de la galerie de roulage inférieure. H y aura en général du temps perdu dans cette manœuvre, parce que les rouleurs n'arriveront pas simultanément au plan incliné par les galeries supérieure et inférieure. C*est au reste de cette manière que le service était organisé dans la mine de houille de Lucie, no 5 (concession de Blanzy). Suivant B|. Harmet, celte couche assez régulière est inclinée de 0«,25 par mètre. L'exploitation est divisée en étages, qui ont chacun 12 à 15 mètres de hauteur verticale, et sont subdivisés par des galeries horizontales distantes de 10 mètres mesurés suivant rinclinaison de la couche. Toute la houille d'un étage est descendue par des plans inclinés automoteurs dans la galerie de roulage principale, exécutée au I)asd« cet étage, et qui aboutit au puits d'extraction. Les galeries dans lesquelles sont les plans inclinés , sont assises sur le mur même de la couche; elles ont au moins 3 mètres de largeur, et2B>,35de hauteur. On se sert de chariots porteurs à platestormes garnies de rails. Les chariots sont chargés de 000 kilogrammes de houille , et conduits par deux hommes qui opèrent eux-mêmes le chargement aux tailles. 12 rouleurs font chacun 25 voyages à um^ distance moyenne de 200 mètres , y compris le plan incliné. Deux hommes transportent ainsi 25 X 600 = 15000 kilogrammes à 200 mètres. Le travail de chaque homme consiste donc à transporter 7500 kilogrammes à 200 mètres et à charger cette quantité de houille dans les chariots. Ce travail se paie 2 francs, ce qui fait Of',0267 par 100 kilogrammes de houille chargés et transportés à 200 mètres de distance.
Quand le plan incliné est à l'une des extrémités de la voie princi'pate et de la mine, on fait f^ire ordinairement le service par des routeurs spéciaux qui opèrent le chargement aux tailles; le roulage dans les galeries courtes supérieures et la descente au niveau de la voie de roulage, sont payés à raison de 10 centimes par chariot contenant 600 kilogrammes, soit O^^j0 167 par 100 kilogrammes.
Dans une mine où existent des plans inclinés automoteurs , on ne peut guère mettre en activité simultanément deux plans inclinés qui
aboutissent à la même galerie ou portion de galerie générale. On comprend que le passage des chariots venant du plan incliné le plus reculé serait fréquemment relardé par ^interruption de la voie au bas de l'autre plan incliné, à moins cependant que Ton n'établit, ce qui serait possible, une seconde voie, dans le voisinage du point où aboutit ce dernier plan incliné, voie qui ne serait jamais interrompue, et se rattacherait à la voie principale à quelque distance en avant et en arrière du point de croisement. On doit aussi extraire à la fois tout le minerai d'un étage, avant de passer à un autre étage desservi par le même plan incliné , ce qui exige que les mineurs rangent le minerai qu*ils ont abattu , et le laissent accumulé derrière eux , pendant une journée entière, ou au moins une demi-journée.
Cheminées et couloirs. — Dans l'exploitation des gîtes très-fortement inclinés, et principalement des minerais métalliques, les mine> rais des étages supérieurs sont simplement jetés par des cheminées, ou des couloirs rectangulaires en planches , dans la voie principale de roulage. Les couloirs en planches sont quelquefois fermés en bas par une trappe que l'on ouvre, pour laisser tomber les minerais, dans le chariot qui vient se placer au dessous. La trappe tourne à charnière autour du bord de l'une des faces latérales du couloir. Celui-ci est coupé obliquement; la manœuvre de la trappe peut se faire au moyen d'un double pignon denté à manivelle, dont l'axe est porté par la paroi du canal, et de deux secteurs circulaires liés à la trappe, dont les centres sont situés sur l'axe de la charnière de la trappe. Les fig. 7 et 8, PL XXXI^ représentent cette disposition.
Élévation des minerais sur des rampes. — Les minerais doivent aussi être quelquefois élevés sur des rampes assez fortes. Cela arrive toutes les fois que Ton exploite au dessous du niveau des galeries d'allongement, et on est obligé de le faire, lorsque les gîtes s'enfoncent sous le lit de la mer, de rivières, ou sous des terrains à travers lesquels le creusement de puits serait sujet à des difficultés considérables.
L'élévation des minerais sur des rampes ne peut être exécutée économiquement par des hommes ou des chevaux, qui parcourent un chemin égal à celui des chariots , que lorsque les pentes sont modérées, et ne dépassent pas 5 à 6 centimètres par mètre. 11 faut autant que possible utiliser le poids du chariot qui descend à vide , pour équilibrer le poids de celui qui remonte plein, afin de n'avoir à élever que le poids utile des minerais, et il faut aussi faire en sorte d'utiliser le poids du moteur animé pour augmenter l'effort de traction. On ar« rive à ce résultat en établissant dans la galerie inclinée deux voies
parallèles , dont Tune porte le chariot pleio ascendant , et Tautre le cbariot vide descendant. Ces deux chariots sont liés Tun à Pautre par une chaîne ou câble qui se plie, à la partie supérieure de la galerie, sur une poulie , ou sur des rouleaux à axe vertical. Le moteur, rhommc ou le cheval, tire le chariot vide, en descendant suivant la pente , et la corde d'attache remoute le chariot plein sur la voie parallèle. Le moteur remonte à vide pour aller s'atteler à un autre chariot vide, et remonter un autre chariot plein. Get^e disposition a donné de très-bons résultats dans les mines de houille de Rive>de- Gier, ,où je Tai vu meitre en usage, il y a plus de vingt ans , pour élever £ur le sol des galeries dont la pente était assez forte, des bennes à patins. Suivant ^. Germoy, un cheval agissant de celte manière dans la mine de houiJle de la Grand-Croix, élève une à une 90 bennes chargées de 200 kUogrammes chacune, sur le sol d'une galerie longue de 50 mètres, et inclinée de 40 degrés. Le cheval parcourt donc dans sa journé,e 900 mètres, moitié en descendant, moitié en remontant. Il transporte 900,000kilogrammes à 1 mètre de distance horizontale, et élève 577,000 kilogrammes à 1 mètre de hauteur verticale. Le travail utile serait beaucoup plus considérable si le roulage avait eu lieu sur des rails en fer. Il est permis de croire qu'il aurait été à celui qui a été observé , avec des traîneaux , dans le rapport de 4 ou 5 à 1. Au surplus, les pentes de 40 degrés dépassent celles que les moteurs ani* mes peuvent parcourir avec avantage, et nous ne conseillerons pas en général de faire usage de la méthode précédente, sur des voies dont Pinclinaison excéderait 20 centimètres par mètre de longueur mesurée suivant la pente (11 àl2 degrés). Les dispositions de la poulie ou des rouleaux établis en tête de la rampe sont semblables à celles que nous avons décrites pour les plans inclinés automoteurs. On pourrait même faire usage , pour l'ascension des rampes, déchaînes sans fin , dont les deux parties s'équilibreraient mutuellement. Mais il semble que cette prtaique aurait plus d'inconvénients que d'avantages , à cause de l'embarras qu'occasionnerait la nécessité d'établir une seconde poulie de renvoi, au bas du plan incliné, et surtout de la gêne que la chaîne sans fin apporterait aux mouvements du cheval ou de Phomme qui descendrait la rampe.
Sur des rampes très-fortes, on élève habituellement les chariots au moyen de manèges intérieurs, ou de machines à vapeur, qui sont quelquefois installés dans là mine, à la tête des rampes, et d'autresfois à la surface. Dans ce dernier cas, les câbles qui remontent les chariots sur la rampe , circulent dans un compartiment particulier, isolé du puits d'extraction.
Les manèges, ou barltels à chevaux inlArieurs , ont rinconrénient de nécessiler des excavations vastes et d*une grande hauteur, qui coûtent trës-cber dans les roches dures, et exigent un muraillement ou un boisage, d*un entretien fort dispendieux, dans les roches tendres ou médiocrement dures. Il importe, quand on veut en établir, d^adopter des dispositions telles que remplacement nécessaire soit réduit aux plus petites dimensions possibles. Quand or fait usage d'un manège à axe vertical, remplacement nécessaire est réduit de beaucoup , si on construit la machine de manière que le cheval ne soit pas obligé de tourner alternativement dans les deux sens opposés. Car le cheval, pour se retourner, doit passer par dessous lesbras du manège, ce qui force à exhauser beaucoup ces bras,, ou bien tourner en dehors , ce qui nécessite un accroissement considérable du diamètre du manège. Pour éviter de retourner le cheval, on peut employer une disposition analogue à celle des plans inclinés automoteurs , avec chaîne; sans fin. jLa chaîne sans fin passerait sur une poulie montée sur Tarbre vertical du manège , et pour qu'elle ne glissât pas dans la gorge de la poulie , on garnirait au besoin le fond de celle-ci d'aspérités produites par des tètes d'aiguilles pyramidales en fer, auxquelles s'accrocheraient les anneaux du cAbie en fer. On peut d'ailleurs établir cette poulie soit au dessus des bras du manège, soil en dessous du sol de celui-ci, dans une excavation circulaire recouverte par un plancher. Les deux bouts de la chaîne passeraient paiement, dans ce cas, sous un plancher, sur lequel marcherait le cheval.
Lorsque la galerie inclinée ou vallée est trop étroite pour contenir deux voies parallèles, on est obligé de faire monter les chariots pleins et de laisser descendre ensuite les chariots vides. M. Marsais a exécuté, dans la mine de houille de la Ricamarie, voisine de St.-Etienne, pour un cas semblable, un manège représenté PL XXXI, fig* et 10, dans lequel le bras est fixé sur un collier mobile autour de l'arbre vertical. Le manège tourne tout entier avec le bras, lorsqu'on attache celui-ci au moyen d'un bout de chaîne G au disque D qui fait système avec l'arbre. Le manège peut au contraire tourner indépendamment dj^ bras qui reste fixe, lorsque la chaîne G est décrochée. On rend le bras indépendant, quand on veut faire descendre les chariots vides, et Pon modère la vitesse en appuyant sur l'extrémité du bras B. Le tasseau T fixé à ce bras s'appuie sur le disque D, frotte sur lui et ralentit ainsi le mouvement. On évite aussi , par cette disposition , de retourner le cheval.
Les machines à vapeur sont encore plus embarrassantes à établir
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dans rintérieur des raines, que les barilels à chevaux, parce qu'il faut avoir un emplacement pour les chaudières , et se débarrasser de la fumée, ce qui exige qu'un orifice aboutissant au jour existe dans le voisinage immédiat de la machine. Les machines à cylindre horizontal, imprimant directement le mouvement de rolalion à un arbre sur lequel s'enveloppent les câbles portant à la fois la poulie ou le tambour et un volant , nous paraissent être celles qui se prêteraient le mieux, en raison du peu de place qu'elles occupent, et de la simplicité des transmissions de mouvement, au service dont il s'agit ici.
L'arbre ferait autant de tours que le volant de la machine , soit 30 à 40 par minute. En donnant au tambour ou à la poulie un diamètre de 0«,50 à 0«,60, la vitesse des chariots ascendants serait de 0»,75 à On ,90 par seconde , ce qui serait convenable. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que les boisages et autres matériaux combustibles devraient être entièrement exclus de l'excavation contenant les chaudières, et de ses abords, et que la chambre des chaudières en particulier devrait être revêtue d'un muraillement complet. C'est surtout dans les ^ mines de houille que des accidents très-graves peuvent être la suite de la négligence que l'on apporterait à prendre ces précautions. C'est ainsi que, dans une des mines de Rive-de-Gier, un incendie allumé par le foyer des chaudières d'une machine intérieure, occasionna, il y a quelques années, la mort par asphyxie de plusieurs ouvriers.
Les manèges ou les machines établies au jour, sont plus fréquemment employés que les machines intérieures , pour remonter les minerais sur des rampes qui aboutissent au bas de puits d'extraction verticaux ou inclinés. On peut avoir deux machines , dont l'une serve à l'élévation des minerais dans le puits , et l'autre à amener les minerais sur le palier qui se trouve au bas de ce puits. Ce palier doit avoir une assez grande longueur horizontale, pour recevoir les chariots vides arrivant du jour , ainsi que les chariots pleins venant du fond , et permettre de faire avec facilité les manœuvres nécessaires. Les chaînes ou câbles mus par la machine qui remonte les chariots sur le plan incliné ^ passent sur des poulies de renvoi , et descendent dans un compartiment isolé , sur un côté du puits , par une cloison en planches. Au bas du puits elles se plient sur d'autres rouleaux de renvoi , pour descendre dans la galerie inclinée. Lorsque le gîte est régulier , et exploité à la fois à différents niveaux , plusieurs galeries horizontales de roulage viennent aboutir à cette vallée, et y apportent les minerais extraits à chaque étage. Pour éviter les transbordements, et rembarras de faire passer les chariots des voies horizontales dans )a vallée , on emploie des chariots porteurs à plates-formes , sur les-^
quels on pousse , soit les chariots eux-mêmes venant des tailles , soit les bennes contenant le minerai.
Malgré la pente de la vallée , les chariots qui y circulent ont leur tablier horizontal, comme dans les plans inclinés automoteurs, que nous avons précédemment décrits. La manœuvre du chargement des chariots ou bennes sur les plates-formes des chariots porteurs, est d*ailleurs la même que sur les plans inclinés. La voie établie dans chacune des galeries de niveau doit ici élre doublée, à une petite dis<^ tance, en arrière du point où elle aboutit à la vallée, afin que ron ait une gare pour le croisement des chariots vides venant du puits, et des chariots pleins venant des tailles. Aux abords du puits , on peut disposer le palier qui est à la tête de la vallée, de façon que lorsque le chariot porteur arrive en haut, son tablier vienne se mettre sur le prolongement du plan du palier ; il suffit alors de tirer sur le palier, les bennes que Ton accrochera aux câbles de la machine dVxtraction. On pourra môme éviter ^cette manœuvre, en faisant le palier court et donnant une hauteur suffisante à rentrée de la galerie inclinée. Ces dispositions sont tellement simples qu'il suffit de les indiquer, et l'on voit qu^elles permettent de faire arriver par des manœuvres faciles, les minerais des tailles jusqu^au jour, sans leur avoir fait subir aucun transvasement.
Le remontage des minerais dans la vallée, et Textraction au jour, se font successivement au niveau des diverses galeries horizontales, c'est-à-dire , que Ton extrait à la fois tous les minerais abattus pendant la journée , et fournis par une galerie horizontale , avant de commencer Textraction des minerais fournis par une galerie parallèle. Les minerais abattus sont mis en réserve, aux tailles mêmes, pendant la journée entière. 11 est nécessaire d'agir ainsi, afin d'avoir des chaînes dont la longueur convienne à la profondeur de la vallée jusqu'au niveau où se fait l'extraction, et de ne pas être obligé d'allonger ou de raccourcir à tous moments ces chaînes ou câbles. A cet effet , la partie des câbles ou chaînes , qui doit se développer sur le sol de la vallée, ou au moins de l'un de ces câbles ou chaînes, est composée de parties qui peuvent se détacher facilement les unes des autres , et qui ont des longueurs égales aux distances qui séparent deux galeries horizontales consécutives , mesurées suivant Pinclinaison de la voie. Les chaînes ayant leur longueur totale , l'extrémité de Tune d'elles est au fond de la vallée , lorsque l'extrémité de l'autre est à la partie supérieure, sous le puits. Le remontage des minerais se fait alors au niveau du fond. Quand l'extraction est terminée à ce niveau , et qu'on veut la commencer au niveau de la galerie horizon-
taie immédiatement supérieure , on arrête le chariot vide au haut da plan incliné , pendant que la dernière partie du câble descend dans le puits. On détache celte dernière partie , dont la longueur est é^ale à la distance des deux galeries , on accroche à Textrémité du câble ainsi raccourci le chariot vide , qui arrive au niveau de Pavantdernière galerie horizontale , lorsque le chariot plein venant du fond arrive au sommet du plan incliné. Lorsque la machine prendra un mouvement de rotation en sens inverse , le chariot vide venant du jour arrivera au niveau de Tavant-dernière galerie, quand ie chariot plein arrivera sous le puits , sans que Ton ait besoin de raccourcir le second câble , la partie correspondante de celui-ci demeurant enveloppée autour du tambour. Cette manœuvre est encore la même que celle que nous avons fait connaître, à Tarticle des plans inclinés automoteurs.
Lorsque les galeries horizontales se prolongent des deux côtés de la vallée qui divise alors le champ d'exploitation en deux parties à peu près égales , chacune des voies établies dans la vallée dessert un côté de la mine , et Ton n*est pas obligé de faire passer les bennes portées par les chariots, par dessus Tune des voies du plan incliné, pour les ^ire passer du plan incliné dans la galerie horizontale , ou réciproquement ; mais si la galerie horizontale ne se prolonge pas y ou s'il n*y a des tailles en activité que d'un seul côté , ou si enfin les tailles situées des deux côtés ne fournissent pas des quantités égales de minerais , les bennes seront obligées de passer par dessus Tune des voies du plan incliné , pour être transbordées. Lorsque Tinclinaison de la vallée est petite , ce croisement ne présente aucune difficulté ; les rails de la galerie horizontale peuvent se prolonger pardessus les rails de la voie du plan incliné. 11 suffit que le rail inférieur de la voie horizontale soit interrompu , pour laisser passer les roues entières des chariots-porteurs qui circulent sur le plan incliné, et que les essieux des roues de ceux-ci soient plus élevés que la saillie à laquelle donne lieu le prolongement du plan de la voie horizontale , sur la largeur entière de cette voie, à travers le plan incliné.
Si la pente de la vallée était trop grande , pour que les essieux des chariots qui la parcourent pussent franchir la saillie dont j'ai parlé , il serait nécessaire d'avoir des bouts de rails amovibles, que l'on mettrait en place , lorsque le chariot venant des tailles devrait traverser une des voies du plan incliné. '
Déchargement des chariots. — Les chariots à caisse qui ne sont point élevés jusqu'au jour et dont le contenu doit être versé au bas du puits d'extraction , doivent pouvoir se décharger avec facilité et
TRANSPORT DES MIMERAIS. 45
promptitude. Pour satisfaire à cette condition , îl suffit de dontier à la caisse une forme convenable , et de construire le chariot de manière que son centre de gravlié soit un peu en arrière de Tessieu antérieur. Si rencaissement où le contenu du chariot doit être vidé est en contre-bas du plan* de la voie , on amène le chariot ju8qu*au bord de cet encaissement, où les roues antérieures viennent butter contre uh obstacle transversa*!, et on le soulève par derrière, ce qui n*exige qu*un effort médiocre, pour le faire basculer autour des roues antérieures. Si la caisse du chariot est évasée ou peu profonde , il n^est besoin d'aucune disposition particulière. Si elle est profonde, on rend mobile la paroi latérale antérieure qui tourne autour d*une charnière établie dans le plan supérieur du cbariot, PI, XXIX ^ fig, 20 et 21. La paroi mobile est reponssée par le poids des minerais , et tourne autour de la charnière à laquelle elle est pendue. Elle se remet d*elleméme en place, quaùd on relève le chariot, après Tavoir vidé. Pendant la marche, la paroi mobile est rattachée aux parois latérales de la caisse, par un verrou ou un loquet à ressort. L'encaissement inférieur dans lequel est versé le contenu des chariots est ménagé au bas du puits vertical , ert avant de la galerie de roulage ^ ainsi que nous l'avons expliqué à l'article du creusement des puits, et le plus souvent même on vide les chariots directement dans les tonnes d'extraction. Voyez d'ailleurs les fig 7 et 8 , PI. Xf^IIL
Pour rendre plus facile le déchargement des chariots , on les tnuuit quelquefois de deux bras formant une espèce de brancard , que le rouleau saisit, pour produire le mouvement de bascule. Il est presque inntile de dire que quand les caisses sont mobiles, ces brancards sont fixés à la caisse et non au châssis fixe dû chariot.
Le mode de déchargement des charrois on des tonnes au jour , varie suivant les circonstances locales. Nous en ferons connaître plusieurs exemples dans le chapitre suivant.
Galettes de navigation souter raines.— Les galeries d'écoulement des mines sont quelquefois transformées en canaux de navigation souterrains , pour le ti^arisport des minerais. La mine dite Fusck" grube, en Silésie, et celle de Wallcden-Mooi' , en Angleterre , nous offrent des applications de ce mode de transport. Ces deux exemples sont décrits dans la Richesse minérale , t. H, p. 514 et5â7.
La galerie de navigation de Fuchsgrube a 1 lachter 1/4 de hauteur sur 5/4 lachter de large (2«,6i5 sur l-»,57). L'eau qui sort par la galerie d'écoulement est marntemie par mie digue , qui ferme un étang extérieur, dans lequel la gaflerie débouche, à une hauteur de 40 à 42 pouces (l«,04 à 1«,10) au dessus du sol. La galerie navigable a
4Ô CHAPITRE IXi
C(H> 1/4 lachter (1390 mèlres de long). Plusieurs galeries d'allongement, pratiquées dans les couches de houille qu'elle traverse, sont aussi transformées en galeries navigables.
Les barques qui naviguent sur celte galerie reçoivent 10 caisses dé houille, dont d contiennent 4 doubles sheffels, du poids de 180 kil. chacun environ , et â autres placées aux extrémités de la barque contiennent 3 doubles sheffels semblables. Ainsi chaque barque est chargée de 6,840 kil. de houille, indépendàmmeilt du poids des caisses.
On charge les caisses avec des grues, pour éviter le transvasement de la houille et la casse qui en est la suite.
Deux barques semblables sont enchaînées Tune à Tautre, et conduites par un homme, qui les fait avancer, en s'accrochant à des mains en bois fixées aux parois de la galerie. Il doit naviguer deux fois dans un poste de là heures.
Dans la mine de Walkden-Moor, le canal souterrain, y compris ses divers embranchements, aune longueur totale de 24 milles anglais (38 1/2 kilomètres). Il est divisé en deux étages ou biefs par liii plan incliné de quatre cent cinquante-quatre pieds de longueur et d'une inclinaison de vingt degrés. On fait passer les bateaux d'un niveau à l'autre, en les posant sur des chariots disposés à cet effet, au fond d'écluses situées aux extrémités dH plan incliné.
Chaque bateau est chargé de 1 2.000 kilogrammes de houille, et pèse Vide 4000 kilogrammes. Les chariots pèsent r>000 kilogrammes. Le poids total d'une charge descendante est ainsi de 21 tonnes de 1000 kilogrammes.
A la partie supérieure du plan incliné, se trouvent deux écluses qui sont placées à côté l'une de l'autre , et séparées par un mur de trois pieds d'épaisseur; leur fond est le prolongement du chemin incliné. Chacune d'elles a 54 pieds de longueur; elle est pourvue des dispositions suivantes : l» une porte verticale, et mobile comme une vanne, correspond au chemin incliné duquel l'écluse peut recevoir , par sa partie' inférieure ^ un bateau vide , cette porte étant levée ; 2o une porte tournante ^ garnie d'une vanne , correspond au bief supérieur duquel l'écluse peut recevoir l'eau, quand il y a lieu, par sa partie supérieure ; 3o des vannes sont destinées à évacuer l'eau contenue dans l'écluse, quand il en est besoin : cette eau s'écoule par un puits qui communique avec le bief inférieur.
Au dessus des deux écluses j et par conséquent à la partie supérieure du chemin incliné^ est établi un grand treuil , pourvu d'un frein circulaire : sur le cylindre horizontal de ce treuil , deux câbles sont eni*oulés en sens inverse, comme dans les machines à molettes. Au moyed
d^une grande roue dentée, d'un pignon et de deux manivelles , des hommes mettent en mouvement cette machine, aux câbles de laquelle sont attachés les bateaux qu'il s'agit de faire descendre et remonter sur le plan incliné; celui-ci est divisé, suivant là plus grande partie de sa longueur, en deux compartiments, par un mur de briques qui présente quelques ouvertures propres à servir de retraite en cas de besoin. Chacun des deux compartiments du plan incliné est garni d*un chemin de fer, ainsi que la partie inférieure dans laquelle les deux voies se réunissent en une seule. C'est sur ces chemins que roulent les bateaux; pour cet effet, chaque bateau est fixé sur un chariot qui a trente pieds de long avec sept pieds quatre pouces de largeur, et qui est garni, par dessous, de quatre roulettes en fonte de fer.
Quand un bateau chargé de houille se présente pour descendre, en venant du bief supérieur, on le fait passer dans Tune des deux écluses , qui est remplie d'eau pour cet effet ; on ferme sur lui la porte tournante ; après quoi Ton vide cette même écluse ; on fixe le bateau qui s'est abaissé avec Teau , sur le chariot qui se trouve au fond de récluse , et Ton élève la porte d'aval. Alors, dès qu'une sonnette qui sert de signal , annonce que , dans le bief inférieur , un bateau vide est fixé sur l'autre chariot , on fait jouer le treuil : il en résulte que le bateau chargé descend sur l'un des compartiments du plan incliné^ tandis que le bateau vide remonte sur l'autre compartiment et vers l'autre écluse. Ce bateau vide vient entrer dans l'écluse correspond dame qu'il trouve à sec: aussitôt on le dégage du chariot qui le porte 4 et l'on donne l'eau à l'écluse ; par ce moyen , le bateau vide s'élève avec l'eau vers le bief supérieur sur lequel il va chercher un nouveau chargement; ensuite il redescend chargé, tandis que le bateau vide remonte au moyen des manœuvres déjà décrites. C'est ainsi que le jeu alternatif des deux écluses se continue , pour faire à chaque! fois dèdcendre uni bateau chargé et remonter un bateau vide. L'eau est fournie au bief supérieur et aux écluses par plusieurs sources souterraines, et par trois réservoirs auxquels on peut avoir recours pour cet objet. De cette manière , on fait descendre , en un poste de huit heures, 50 bateaux chargés.
Pour les deux écluses souterraines, l'excavation présente une longueur de 54 pieds, avec une largeur de 20 pieds 1/2; leur profondeur est de 4 pieds 1/2 au dessous de la surface de l'eau du bief supérieur^ dans la partie qui est contiguC à ce bief, et de 8 pieds dans la partie opposée. Au dessus de la tête des écluses, il règne une excavation de 21 pieds de hauteur, dans laquelle est placée la machine indiquée plus haut.
Sur chacun des niveaux ou biefâ , Texcavation pratiquée pour le passage du canal présente une largeur de 10 pieds 4 pouces, et une hauteur de 8 pieds 6 pouces; Veau s*y tient à un niveau de 3 pieds 7 pouces au dessus du fond.
La largeur du chemin de fer est de 19 pieds dans la partie où il est double, c*est-à-dire , depuis les écluses jusqu*à une distance de 282 pieds, comptés suivant Tinclinaison; mais sur les 172 pieds qui suivent, au dessous de cette partie, les deux chemins se réunissent en un seul qui n'a que 10 pieds de large. La hauteur du toit, au dessus de ce chemin, est de 8 pieds.
Vers Textrémité du plan incliné, chaque bateau chargé est dégagé du chariot et mis à flot sur le bief inférieur^ qui se prolonge de trois milles jusqu'à son orifice au jour, point auquel commence la navigation à ciel ouvert.
Inconvénients des voies de navigation souterraities. Ijes chemins de fer sont préf érables, ^te transport exécu lé par des hommes, sur des canaux souterrains, revient à un prix au moins aussi élevé que le transport sur des chemins de fer bien construits, avec deschariots contenant de 1000 à I200kilogrammes traînés par des chevaux, L^établissement d'un chemin de fer est moins dispendieux que celui d'un canal souterrain capable de porter des barques d'une grande dimension. Les canaux peuvent d'ailleurs donner lieu à de graves difficultés , lors de Pexploitation des gites , ou parties de gîte situés au dessous de leur niveau, parsuiledes filtrations d'eau. Enfin ils ne peuvent pas,comme les chemins de fer, être prolongés jusqu'aux tailles , et se ramifier dans toutes les parties d'une mine. Aussi les canaux de navigation souterrains des mines deFuchsgrube etdeWalkden-Moor sont-ils des exceptions , que l'on ne devra pas imiter, à moins qu'on n'y soit déterminé par un concours de circonstances locales qui ne peut être que fort rare.
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Treuils à manivelles. — Pour extraire les minerais par des puits ▼erticaux peu profonds , on se sert d'un simple tour T, à deux maniyellesM,!»', établi au dessus du puits, fig. 1 et 2, PL xxxjr. Ce tour porte, par ses tourillons, sur deux poteaux verticaux P, posés sur une semelle S, et maintenus par des arcs-boutants &, h\ Les points d'appui sont en a et a\ Une corde enveloppée sur le tour, et d'une longueur un peu plus grande que la profondeur du puits , porte à ses extrémités deux seaux dont l'un descend pendant que l'autre monte. Le rayon des manivelles est de 0«.35 à 0^.40.
Le treuil doit être rapproché de l'un des bords du puits, dont l'orifice est disposé de manière à ce que les cuveaux pleins puissent être facilement tirés sur le bord. Ainsi, quand le puits est circulaire, on place sur un des côtés une pièce de bois jp, parallèle à l'axe du treuil , et qui isole un segment du cercle de l'orifice. Sur cette pièce de bois, et sur une ou plusieurs autres pièces parallèles placées plus bas, on cloue des madriers ou des lattes refendues qq^ de manière à ce que la paroi supérieure du puits présente un plan incliné vers l'intérieur. Le segment du puits isolé parla traverse est d'ailleurs recouvert d'un plancher. Le tour étant placé presque à l'aplomb de la pièce p , les cuveaux montants , soit d'un côté , soit de l'autre, viennent frotter contre le plan incliné qq^^ et se trouvent déjà en partie au dessus du seuil g, quand ils ont dépassé l'orifice du puits. Lorsqu'un cuveau plein arrive au jour, un des ouvriers quitte la manivelle et vient le tirer avec la main sur le plan qui est en avant du puits ; les autres ouvriers retiennent d'abord le cuveau suspendu, et tournent ensuite les manivelles en sens inverse, pour le laisser redescendre, à mesure que l'ouvrier le tire sur la recette. Quand le travail est très-actif, un ouvrier est particulièrement et exclusivement chargé de tirer les cuveaux pleins sur la recette. Il faut que l'axe du tour soit suffisammf^t élevé au dessus de l'orifice du puits, pour que cette manoeuvre n'exige qu'un effort assez faible. L'élévation de l'axe du tour dépend de la