SERREMENTS EN BOIS
OÙ elle puisse se loger définitiveinent , lorsque , cédant sous le poids de la colonne liquide , elle se porle en avant.
€63. Imitation du procédé saxon dans les mines de la province de Liège.
M. Rossius , ingénieur des mines de Sclessin , ayant fait exécuter trois barrages sphériques , avec des modifications conformes aux usages de la province de Liège, a pu constater la solidité de ce mode , et la manière satisfaisante dont il se comporte sous tous les rapports. Les figures 12 et 13 se rapportent à Tun de ces travaux d*art construit dans une galerie de la mine des Artistes , dépendante des éLiblissements de Sclessin.
Les parois sont entaillées , comme ci-dessus , suivant quatre plans concourant au centre de la sphère, dont le rayon intérieur est de 5.50 mètres. Les voussoirs en liétre , mesurés sur le milieu de leur longueur, ont un équarrissage qui varie entre 0.32 et 0.38 mètre, leur longueur est de 0.80 mètre. Des lambourdes et un lit de mousse, interposé entre elles et le rocher, enveloppent entièrement la digue. L'objet principal du picotage n'est pas la partie postérieure de cette dernière , où il est insignifiant ; mais la face antérieure , où il s'effectue & la manière liégeoise , c'est-à-dire , exclusivement entre les voussoirs et les lambourdes, d'abord avec des coins de bois blanc ou de sapin refendu suivant les fils, et dont la longueur égale l'épaisseur du barrage, ou 0.80 mètre; puis, après un jour de repos, avec d'autres plus couris; enfin, avec des coins en saule et même en hêtre.
La clef I placée à la troisième assise, a 0.44 mètre de largeur et 0.30 mètre de hauteur; elle est entourée de six voussoirs disposés de telle fnçon que, quoique TOMB ni. 26
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la ploœ en reste inoccupée, la eonstrudioii puisse être serrée à coups de masse , sans anéantir l'espace vide que plus tard elle doit venir occuper. Lorsqu'enfin elle doit être mise en place, elle s'établit sur un petit éohafbudage installé derrière |e serrement ; celui-ci la maintient de niveau avec Touverture rectangulaire, dans laquelle elle est introduite , en la tirant par l'intermédiaire d'une chaîne et d'une vis à écrou.
Cette construction résiste à une eolonne d'eau de KO mètres de hauteur et à une pression de 388 tonnes. Les deux serrements de la mine du Grand-Bae , construits de la même manière , sont placés à 200 mètres au-dessous du niveau des eaux de la Meuse, origine probable des sources qu'il s'agit de repousser.
666. Serrement en maçonnerie construit dûM ks travaux du puits dit Grand-Trait de VAgrappe^ à Frameries^ près de Mons.
Le serrement (Bg. 28), exécuté vers la fin de Tannée 4839, avait pour objet d'obstruer une galerie è travers bancs, percée à une profondeur de 109 mètres au-dessous du sol ; cette excavation , formée de deux compartiments superposés , destinés au transport des produits et au retour du courant ventilateur, n'avait pas moins de S.90 mètres de hnuleur. Après avoir choisi , pour remplacement du barrage , un point où la galerie avait recoupé une coueiie de 1.20 mètre de puissance, il fui procédé è la r^;u*larisation des parois; à l'entaillement du faite et du soi sur une profondeur d'environ 0.70 mètre; puis à l'établissement, en arrière de la digue projetée, d'un bafardeau a dont le trop plein s'écoulait à travers un tuyau en fonte, 6,6, traversant la partie inférieure de la maçou-
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parie dans (ouïe 6a longueur, ff^ écaoi le tuyau de déga* 9eo)eA( de l'air.
Cette muraille de B.40 inétrea d'épaisseur, eno^strée dans la roche , n'offrant de résistance que par aon propre poida dût être mise en harmonie avee celui de la colonne d'eau, L'opération conimença par la construction simultanée de deux murs, l'un C de trojs briques d'épaisseur, et l'autre Q de deux briques seulement ( ces murs sont séparés par un intervalle de 0,40 mètre , dans lequel est tassé aveo soin uq béton hydraulique, composé de chaux fusée et de briques écrasées; chacun d'eux ^ à sa partie supérieure , fut serré fortement avec des carreaux de poterie introduits vers le faite à grands coups de marteau. Le reste du massif fut l'objet d'une construc^ tion toute ordinaire; seulement, pour faciliter le serrage des briques contre le plafond , les assises de la maçoojnerie furent disposées en gradins droits, tels que e,e de l'arriére k l'avant et des parois vers l'axe de la galerie; en soria que, pendant le cours du travail, la partie la moins avancée du massif se trouva au faite, et que, dans une rangée quelconque, la brique la plus rapprochée de l'axe Alt toujours placée la dernière* Ainsi que précédemment , on cherche à exercer une forte tension des matériaux par Tintroductioa de carreaux ou de tuileaux dans tous les interstices.
Ces constructions réclament des ouvriers de choix, attentib i soigner particulièrement les joints parallèles à la direction de la galerie; ils ont le soin, dans la crainte que l'eau ne filtre a travers les pores des briques, de ne placer cellessn qu'après les avoir trempées dims un bain (te mortier liquide.
La confection du mortier exige également beaucoup d'at- (eniion : il consiste en chaux fusée et tamisée et en cendrei
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provenant de la combustion de la houille sur les grilles des chaudières, auxquelles les débris de schistes brûlés communiquent des propriétés assez hydrauliques. Ces deux substances, fortement triturées ensemble avec une légère addition d*eau , sont amenées à Tétat de pâte molle capable de durcir dans les lieux humides après un court espace de temps.
Le massif étant achevé, les eaux s'écoulent & travers le tuyau de décharge pendant que la maçonnerie sèche , c'est-à-dire pendant environ un mois. Alors un tampon en bois, attaché h une longue tige de fer préalablement installée dans le tube de dégagement 66, est introduit dans son oriGce postérieur, où il est fixé h l'aide d'un écrou serré sur la partie antérieure de la tige.
Ce barrage, depuis sa construction^ a constamment résisté & une colonne d'eau de plus de 1 00 mètres de hauteur.
667. Serrements de la mine de Belle-Fue sur Êlovges {Couchant de Mons) {{).
Ces serrements , au nombre de cinq , ont pour but d'isoler le siège d'exploitation des Andrieux de celui de la grande machine à feu de Dour. La description d'une seule de ces digues (fig. 17 et 18) suffira, puisque toutes ont été construites de la même manière.
Les entailles pratiquées dans le grès houiller ont six mètres de longueur, mesurés suivant l'axe de la galerie; le vide compris entre leurs faces forme deux pyramides tronquées , réunies par leurs grandes bases rectangulaires. A leur point de contact^ la galerie a été excavée de 0.70
(I) Blëmoire de fil. G. Lambert, aspirant au corps royal des mines. — ^nna/« des travaux publics en Belgique.^ t. IV, p. 551.
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uaëtre sur chaque paroi latérale et de 0.30 mètre au faite et au sol. La poudre a clé le premier agent de ce travail, achevé à Taide du pic et du gros ciseau. ' La maçonnerie est composée d une série de rouleaux d'une brique et d*une demi-brique d'épaisseur alternant entre eux et formant des voûtes surbaissées et concentriques, dont Taxe est vertical. La partie convexe esi natu* rellement tournée du côté de la pression.
La disposition des lieux a permis que quatre de ces serrements fussent établis en allant de Tavant a Farrière , c'est-à-dire en travaillant du côté de l'extrados des voûtes i en sorte que l'ouvrage a été plus facile. Mais il est également praticable dans le sens contraire, ainsi que l'expérienec l'a prouvé par le cinquième serrement construit de l'arrière à l'avant.
Les briques , choisies avec le plus grand soin , étaient posées h bain de mortier. Celui-ci , confectionné comme cidessus et surtout corroyé avec de faibles quantités d'eau, servait à revêtir l'extrados de chaque rouleau d'une couche de 0.01 à 0.0!2 mètre d'épaisseur. En outre, on coulait régulièrement sur chaque assise un lait de chaux assez épais. Enfin , un lit de béton C de 0.50 mètre d'épaisseur fut interposé entre deux rouleaux successifs , et le dernier de ceux-ci en reçut une couche de 0.15 mètre.
Il était inutile que les eaux pussent traverser les barrages pendant leur construction ; mais l'un d'eux , celui qui a été établi en commençant par la partie postérieure, était muni d'un tuyau de fonte pour livrer passage au courant ventilateur nécessaire à la respiration des ouvriers. Ce tuyau, indiqué dans la figure, se compose de fragments •d'un mètre de longueur et 0.1 0 mètre de diamètre assemblés à l'aide de boulons. Les joints en étaient convenablement lûtes avec du mastic de fer ou pâte formée de vinaigre ,
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de limaille et de soufre pulvérisé; enfin, ehacuti de ces joinis éldit enveloppé après sa pose d'un monchon de béton de 0.95 mètre d'épaisseur. Le travail étnnt achevé , les mineurs remplirenl de mortier le tube devenu inutile} boulonnèrent, à ses extrémités revêtues d'un collet, un disque en fer dont les joints furent rendus étnnches par rinterposition d'une rondelle de plomb. Enfin , ils entassèrent sur le sol et jusqu'au-dessus du tuyaU une quatttilé de béton suffisanle pour en préserver les extrémités des éboulements du faite de la galerie. Il est évident que Topération aurait été la même si , pendant la construelion , le serrement avait dû livrer passage à leau.
Depuis longtemps les barrages en maçonnerie sotil en usage aux mines d'Ësehweiler < près d'Aix-la-Chapelle. Leur construction résulte de la combinaison des deux modes di^deasus indiqués. En effet , ils se composent ^ k leur partie postérieure , d'un massif de briques , encastré dans la roclie et lié avec un mortier de tras de Coh^ne ^ et il la partie antérieure » d'une voûte surbaissée , è axe vertical , eomposée de deux rouleaux d'une brique d'épaisseur. ' L'espace compris entre la muraille et la voûie est rempli de béton tassé fortement , afin de communiquer à la première la force de résistance de la seconde.