‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 2)Chapitre 109 sur 188 · PLATES-CUVES · texte numérisé non relu

PLATES-CUVES

«Tun poini donné , et les refoule vers le bas , la digue (Ireud le nom de plate^uve foulante; sll veut interdire raeoës des travaux aux infiUraiions provenant des cavités supérieures , le barrage destiné à les retenir pour ainsi dire suspendues s'appelle alors plate-cuve portante.

Les piates-euves de la première espèce, plus rarement employées que celles de la seconde , permettent d'exploiter les couches supérieures par les puits où se trouve le barrage, tandis que les plates-cuves portantes interdisent lusage des excavations où elles sont consUruites. Lorsqu'il est possible d'exploiter les couches inférieures , il faut , pour en extraire les produits , avoir recours à un puits voisin.

Ces digues , dont la construction repose sur les mêmes principes que les serrements , se composent ordinairement de pièces de bois disposées horizontalement ou verticalement en forme de voûte. Il en existe aussi de fort efficaces en maçonnerie. Enfin l'emploi des pierres de taille a été proposé à plusieurs reprises; mais il ne semble pas que cette idée ait été, jusqu'à présent , mise à exécution.

669. Plate-cuve foulante^ à pièces horizontales^ établie dans un puits de la mine d'Esehweikr (flg. 21 Cl 22, pl.LXIV).

La section du puits étant un carré de 2.10 mètres de côté, il est indifférent dans quel sens seront placées les pièces horiaontales , qui cependant , en règle générale , doivent être disposées parallèlement aux petits côtés , afin .de leur donner la plus petite portée.

L'entaillement des parois détermine un tronc de pyramide, dont la grande base est à la partie inférieure; là le fofiher forme une saillie « j»*, dc^^tinéc à supporter les pièces

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pendant le travail. Vers le milieu de Tune des parois du puits y la banquette est abattue, aûn de permettre la facile introduction des pièces qui, sans cela, ne pourraient pénétrer entre les entailles. Ces pièces, en bèlre, ont 0.50 mètre de hauteur; elles sont njuslces avec soin, de manière à remplir l'espace compris entre les quatre parois ; leurs lètes, coupées en biseau , laissent cependant entre elles et la roche un espace suffisant pour le picotagc, effectué par dessus.

Les ouvriers, installés sur un plancher de service u éuibli au-dessous de remplacement réservé au barrage , introduisent successivement deux pièces , en les faisant passer par l'entaille^ pratiquée dans la banquette; ils les repoussent contre les deux parois opposées , et intercallent entre elles et ces dernières une lambourde et un lit de mousse fine eonvenablement nettoyée ; ils placent ensuite les autres sommiers, alternativement à droite et a gauche, jusqu'à la clef qui , munie d'un fort crochet v , est maintenue en place avec des cordes et des leviers. Le picotage a lieu au moyen de coins en bois blanc et de picots en chêne. L'ouvrier commence par les joints compris entre les lambourdes et les grandes faces des deux premières pièces latérales, afin de mettre toutes les surfaces longitudinales en contact entre elles, ce qui ne pourrait avoir lieu si le serrage se portait d'abord sur les tètes alors invariablement fixées. Il picote ensuite les joints que les pièces laissent entre elles ; puis enfin les intervalles compris entre les tètes et le rocher.

Un trou pratiqué à travers l'un des sommiers reçoit le tuyau d'une pompe à bras , destinée à empêcher les eaux de se porter contre la plate-cuve pendant l'opération. Le travail achevé , ce trou est bouché par une broche soigneusement picotée.

fi9 pression instantanée à laquelle fut soumise le bap*

PLATES-COVES. i09

rage(5S0 tonnes métriques) était beaucoup plus considérable qu'on ne s'y attendait; aussi , vit-on les pièces fléchir sous la charge et quelques autres accidents se déclarer simultanément. Pour y porter remède » la pompe fut remise en place, et la digue fut consolidée au moyen d*une poutre horisontale x , maintenue elle-même par des arcsboutants y, logés, par Tune de leurs extrémités , dans la roche. Cette armure fut efficace , et la cuve a résisté dés lors à tous les efforls de la colonne liquide , dont la hauteur est de im mètres.

670. Plates-cuvea portantes à pièces horizontales , construites à la mine de Bonne - Fin , près de Liège ^ dans les puits de la Figne et du Fieux^ Bafieux ( 1 ).

La section du puits de la Vigne est un parallélogramme irrégulier de 5.30 sur 3.34 mètres (fig. 24). Les parois sont entaillées au pic de manière à former une banquette horizontale, assise des sommiers A; A: de la plalc-cuvc. Un cadre tf en chêne de 0.12 d'épaisseur prévient les dégradations de la roche et facilite le déplacement et le glissement des pièces pendant le picotage. Celles-ci ont de 0.45 a 0.55 de hauteur ; leur longueur , variable suivant Tirrégularité de Tcxcavation , est toujours telle qu'il reste entre leurs extrémités et les parois un vide de 0.04 à 0.05 mètre. Les sommiers , placés parallèlement aux petits côtés , sont suivis

( f ) Ces travaux , exécutés sous la surveillance de M. Db Vaux , inspecteur général des mines en Belgique , alors ingénieur du S*, district, ont été décrits par M. V^uxeiehs , dans les Annales de* Mines , 9*. série, tome XII.

ilO CHAPITRE VI* — !'•. SECTION.

de la clef, dont la mise en plaee doit être aecompegnée de quelques rroitements durs. Pour forcer cette ohiirpêpte è se resserrer sur elle-même , les mineurs introduisent deifx êoim entre le rocher et les pièces latérales en contact avee lui ; cette opération tend è repousser les somtniers vêts le mitieii du puits et à créer un vide latéral dans lequel c^'etécute le picotage à la manière liégeoise, c*est-à-dire par Tintroduotion simultanée sur les deut faces de coins de boia blàtic placés la tète en bas , d*an lit de mousse entre eeux-d oi la roche , d'une autre rangée de coins In tète en haut , puis, enfin, de coins de saule desséché et de picots en chènc ayant la forme d'une pyramide quadrangulaire. Après avoir également picoté les deux autres côtés de la jplatecuve , les joints des pièces sont calfatés avec de la mousse d^ubord , puis avec des étoupes goudronnées. L'ensemble de la charpente est ensuite consolidé par des-étrésillons /,/, appuyées, d'un côté, sur les extrémités des sommiers^ et , de l'autre, tioûtre le faite de l'entaille $ enfin , les trous affectés à l'évacuation des eaux pendant le travail » sont bouchés av6c des broches de hêtre bien sec. Lorsque les pièces ont une trop grande portée , leur flexion est prévenue au moyen d'une poutre horizontale m , maintenue par des jambes de force nu; des oontre-fiches horizontales et inclinées sont destinées à lier ces dernières entre elles et avec le terrain. Celte armure , qui détruit en partie les points d'appui de la banquette, ne peut être mise en usage que dans les terrains très^solides. On doit ajouter que , dans les circonstances actuelles , elle n'a rempli qu'imparfaitement le but que se proposait le constructeur.

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