Comparaison entre le chanvre et Valoès
Des expériences ont été faites simiilianénient dans les ports de Brest et de Toulon , par ordre du ministère de la marine française , afin de comparer la force respective des cordages en chanvre et en aloès. Les commissaires nommés à cet effet se sont conformés, dans ces circonstances, aux règlements en usage pour la réception des fournitures de chanvre. Celui-ci, à Tétat blanc, est tordu en fils de caret ; vingt-ct-un de ces fils forment un cordage appelé quaranlenier d*épreuve , dont la circonférence est de 47 millimètres. Une longueur de 4 mètres doit peser 680 grammes. D'après les conditions en vigueur dans la marine , une telle corde doit supporter au minimum un effort de 1 ,600 kilog. ; mais ils en supportent 1,800 , et quelques-uns vont jusqu^à 2,200 et plus.
Les expériences de Brest ont été faites sur laloès seul , dont les résultats étaient comparés avec le minimum exigé pour les quaranteniers en chanvre. On a trouvé qu*à poids égal , les cordages d*aloès supportaient des efforts un peu au-dessus du minimum exigé pour les cordages en chanvre , mais qu*à dimensions égales , les résistances ctaiout bien au-dessous de ce même minimum.
A Toulon , où Taloès et le chanvre étaient essayés simultanément, et où ce dernier pouvait, par conséquent, indiquer un maximum de résistance , les résultats ont été les suivants :
i". En moyenne et à volumes égaux , les cordages de ces
(i) L*aioè8 provient des tilaments soyeux de raloès-pitte ou agave d* Amérique. On emploie celte substance soii dans son état naturel, soU enduite de goudron.
TOMB lU. il
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deux substances étant doués d'une force exprimée réciproqpemeot par les nom))res 1821 et 2071 , le chanvre fl sur Faloès un excédant de force d'environ 14 p. c;
2''. Un cordage en chanvre de SO millimètres de cir« conférence pèse autant qu'un quarantenier d'aloès de K7 millimètres ; ainsi le poids de cette dernière substance n'est que de 0.877 de la première.
Quant à la manière dont ces deux substances se coqoportent lorsqu'elles sont plongées dans l'eau ou exposées aux intempéries de l'atmosphère , il résulte des expériences de Toulon que les cordages blancs en chanvre et en alocs , après un séjour de quatre mois dans l'eau de mer , perdent, les premiers, 5/6'' de leur force, les seconds, seulement la moitié; ainsi l'aloès possède une propriété bydrofuge dont le chanvre est dépourvu. L'aloès goudronné retiré de l'eau a constamment conservé presque toute sa force de résistance. Enfin , si les cordages blancs sont livrés aux intempéries de l'air (qui, pendant les expériences a été constamment sec ) , le chanvre conserve son avantage sur l'aloès , tandis que, goudronné, le contraire a lieu. Si donc l'aloès-pitte présente , à poids égal, un plus grand volume que le chanvre, si, à volumes égaux, il lui est inférieur sous le rapport de la force et peut être de la souplesse, il se comporte infiniment mieux dans qne ^tiqosphère humide , et le goudron , qui attaque les fibres du ohaqvi)^ , n'exerce pas d'influence sur l'aloès.
Dans les applications aux mines , une partie de la résistance du chanvre est anéantie par l'humidité de Tarr renfermé dans les puits , et les câbles de cette iiature pe tardent pas à devenir , sous ce rapport , inférieurs à ceux d'aloès. L'excès de volume de ce dernier n'entraine aucun Inconvénient, tandis que sa qualité bydrofuge et son peu de sensibilité pour te goudron offrent de grands avanUige^*
CABLES EN CHaAVKR ET EN ALOÉS. i63
Longtemps cependant la question est restée douteuse; ee n*est que dans ces derniers temps que l'on a fini par constater la supériorité réelle, quant aux travaux des mines, de la dernière substance sur la première.