Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles;
Une mine de houille est composée d'un grand nombre de galeries communiquant entre elles et avec le jour par deux ou plusieurs puits , rarement par un seul. Ces galeries y percées en différents sens dans les couches de houille et dans les roches encaissantes , ont des inclinaisons trèsvariées et occupent quelquefois des espaces fort étendus situés dans plusieurs plans superposés. Toutes les excavations fréquentées par les ouvriers doivent être remplies d*aîr atmosphérique constamment renouvelé pour fournir & la respiration des hommes et des animaux , à la com-
TOMS II. 1
2 GHAPITRE III. — r'. SECTIOK.
bustion des lumières et surtout pour neutraliser, en les noyant dans de grandes quantités d*air respirable , les miasmes et les gaz délétères qui se dégagent à chaque Instant de toutes les parties d'une mine.
L'air atmosphérique , sans lequel la vie des hommes est impossible , est composé de 79 parties d'azote et de 21 d'oxygène en volume. Il contient moins d'un millième de son volume de gaz acide cafboniqtae et une quantité variable de vapeur d'eau , qui , toutefois , ne le sature jamais. Un mètre cube d'air sec à 0** centigrade , sous la pression atmosphérique de 0.76 mètre de mercure, pèse 1.2987 kilogramme.
La densité de l'air étant prise pour unité dans l'expression de la pesanteur spécifique des gaz et des vapeurs ,
L'oxygène pèse 1J036
L'azote , » • •
L'hydrogène protocarboné ,
L'acide carbonique , *
L'hydrogène sulfuré , «
La vapeur d'eau , . Avant d'examiner les moyens employés pour fomf l'air à pénétrer dans les cavités souterraines , il convient d'analyser les causes nombreuses d'altération auxquelles il est constamment soumis. Dans les mines de hooille ^ ces causes physiques ou chimiques sont r
1\ La surélévation de température du eoumnl; sori excessive humidité et la suspension datis r&tmos]^hère dô certains produits de la combustion des lufiaièreSi
2% L'absorption d'une partie de l'oxygène de l'Mry (fodf résulte^ sur la proportion de l'air atmosphériitùe ^ tth iB9Mèâf d'azote inutile A la respiration «
S». Les gaz délétères ou irrespirables provenant dé \k combinaison de l'oxyg^m avec divers corps
ALTÉIIATIOM DE l'air DANS LtA MINES. S
¥i Le» ^ùi httnès par la décomposition dé certaine^ subilaiK^M et lîeux qtil s^exhaleat spontanément des hommes
5*. Lciê d^ft^tneÉifs dé gâtr hydrogène protocàrboné do gM inflammiible deà houitlèi^, cause de èH fiombreti^^ «I si épottVântaMés catastrophes.
234. Causes physiques de raltératton de f atmosphère des mines.
La température trop éleVéé dés courantsT Téntilaietirs H k Vapeur d'e&ii dont ils se surchargent alors, doivent être <x)nsidèrét comme tine catrsé de vidation doni oA verra ultérieurement les effets désastreux* L'humidité quel* ^uefob éjctrëme des courants résulte dé leur contact avec Feau qui s*échappe sous forme de pluie des parois des puitë dTéUtréé de Fair , ou du toit de certaines galeries percées éifis de^ terrains aqulfères et de Tévaporâtion produite fmf !e^ sources qui circulent dans les excavations. Elle provient aussi de l'absorption des produits dé la transpihktion des hommes ( 1 ) et de celle des chevaut , Celui de tou^ tes animant qui trahsf^ire le plus facilement et tfteé lé pîtis d*dbondanée.
la t|Uântité de vâpetir d'eau s*accroit ft mesuré que le courant s'avance dans les travaux , parce que celui-ci « ^ééhsttlfiRsint sotis raction des appareils d'éclairage et du rayonnement calorifique de^ Corps humains , acquiert pour féau une Capacité ^e plus en plus grande. Il est facile dé rendre sensible cet cxdés d'humidité atmosphérique , ^i
(i) On évalue à 5.75 kilogrammes la quantité moyenne de liquide qui , en 24 heures , s^échappe à Tétat de vapeur de la petià et dM (MKiflyoM ûttxti ftoihiftG |Jtls dabS txA 9tn iiOfihsA*
4 CHAPITRE III. — r% SECTION.
Ton recueille l'air d'une mine dans une bouteille préalable* ment desséchée ; car, après TaVoir hermétiquement bou« chée, on voit, en la plongeant dans Teau froide, des goul* telettes se former, et couler sur ses parois intérieures. Quelquefois aussi la vapeur d'eau se dénote spontanément et sous la même forme , par sa condensation sur les surfaces moins chaudes des roches du faite et de certaines parois des galeries.
Les nombreuses expériences auxquelles M. Hanot (1) s'est livré dans les mines du Couchant de Mons ont amené cet auteur à conclure comme suit :
1*. L'atmosphère des mines est plus humide que l'air extérieur. Cette différence s'élève quelquefois jusqu'à ^0 d^rés de Thygromètre de de Saussure. . ^. C'est dans le puits d'entrée de l'air que le courant commence à se charger d'humidité.
3"*. La quotité de vapeur d'eau contenue dans l'atmos* phère des mines est en raison des obstacles apportés A la circulation de lair, de l'étendue des travaux et du nombre d'êtres animés qui y séjournent.
i"". L'accroissement du nombre de degrés indiqués par l'hygromètre coïncide toujours avec une surélévation de température du courant ventilateur , et cet effet devient d'autant plus sensible que l'on s'avance davantage dans rintérieur des travaux.
S"". Enfin, c'est dans les voies de retour de l'air que la quantité de vapeur d'eau acquiert son maximum.
Pendant les diverses expériences au moyen desquelles on a établi ces principes , les variations du iheroMHnètre centigrade placé à l'intérieur ont été comprises entre 18 et 35 degrés ; celles de l'hygromètre entre 60 et 80 degrés.
{ï) Delà MarialUé des omriers mineurs , par le docteur G. Hakot.
ALTÉRATlOff DE l'aIR DANS LES MIMES. S
Les lampes d'éclairage projettent dans l'atmosphère des mines tme notable quantité de suie à l'état de particules soyeuses excessivement ténues ; ce sont les produits volatils d'une combustion incomplète qui se répandent dans le eooraiit d'air et dont le caractère morbide a une influence désastreuse sur la santé des ouvriers mineurs. Les poussières de bouille existent dans les mines en quantité d'autant plus grande que la ventilation est moins active ; mais leur action sur l'économie animale étant à peu près nulle, elles ne sont que fort incommodes.