Division en deux parties des taiUes à gradins
Cesî m le lieu de parler d'une modification introduite dans l'exploitation du dressant de la couche dite Grande- Veine par le puits d'Inchamps, concession de l'Espérance, à Seraîng, près de Liège (fig. H , pi. XXVIII).
Les travaux ayant été entrepris , comme d'habitude , en faisant régner la taille sur toute la hauteur v v^ de la tranche (30 mètres), on s'aperçut que le courant venti-. lateur , parvenu seulement au dixième gradin , était habituellement si chargé de poussière et de gaz inflammable que la moindre imprudence pouvait entraîner une explosion. Pour prévenir cet accident, on imagina de diviser les chantiers en deux parties : celle de dessus fut exploitée la première, et ses produits, descendant le long d'un plan incliné s t?, parvinrent dans la galerie à travers bancs v, tandis que celle de dessous fut l'objet d'un arrachement ultérieur dont y y fut la voie de niveau. On suppose , dans la figure , que la zone supérieure du couchant est entièremenl dépouillée et que l'exploitation de la partie inférieure vient de commencer. Au levant , la taille est portée dans la tranche supérieure ; le plan automoteur repose sur la partie intacte de la couche qui , plus tard , sera l'objet de l'exi^oitation.
394 CHAPITRE IV. — \l\ SBCTION.
S'il arrivait que la dqrée du travail fût t^lç que \^ galerie inclinée s v exigeât de trop fréquentes répfirf|UqQS, on la pqrterait en avaqt après ovoir enjevé ui^e parfîe dif ina$sir inférieur , ou , plptôf , on ea établirait ^pfi q^i^r Y^llfi , afin d actiever rarrachement de U houille sqp^j^ur^.
Ce procédé peut s'appliquer aux pouchea p^it abpp^ltqtq^ en gaz inflammable , dans lesquelles il est permis d^ poepclfs des tranches d*une grande hauteur ; car alors on diminuera le nombre des galeries à travers bancs , toujours si coûteuses lorsqu'elles doivent être prolongées k de grandes distances. Il suffit, pour cela, de les disposer de manière â embrasser entre elles deux ou même tcois tninclies d'exploitaiipn ; de creuser ds^ns la couche une galerie ascendante disposée en plan automoteur pour le dégageiDWi des produits de la zone supérieure ; puis un autre pouP h transport de la houille provenant de la z^oe int^opnédîaîfie ; la tranche inférieure s'enlèvera d'ailleurs par la méthode ordinaire. De cette manière , la marche du courant d'«if est constamment ascensionnelle et le nombre des bacnures est réduit de moitié.
4i0. C(n/Lj» de sonde dfi mreté.
On a vu qu'uue des principales difficultés d^ l'^3^p.\çui(9tipn liégeoise Vienait de la crainte de desserrer aui^ eatflç accumulées en iipnpieose quantité dans les anciens travaux inconnus. Le mineur , dans le but d'éviter, lea cço^sé^ quences épouvi^ntables de la ^encontre aubite de a^-r blables lacs souterrains, pe s'avance, qu'avec les pluagirapdea précautions « en se faisant précéder de coups de son^ forés dans le plan de la couche i ces trous , quelquefois fort multipliés et portés à de grandes dUtançes du ttouff de taille menacé , servent h reconnaître répais|^ur 4^
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ma^if préservateur et avertissent le mineur de Texistence de ce dtin{;ereux voisinage.
Lçs forages 3ont de trois espèces : les coups droits a , q (fig: 8, pi. XXVII), dirigés perpendiculairement ai^ front de taille ; les concoistages 6 , 6 , qui , parallèles aux preopiers , sont le, prolongement des côtés du chantier ; enfîi^, les pareusagea c , c, percés obliquement dans les parois, avec lesquelles ils forment un angle de 4% de« grés. Le sondage 1^ plus compliqué consiste en plusieurs coups droits régulièrement espacés sur le front de taille , en deux parcusages et deux concoistages. Souvent on supprime ces. derniers , dont Texécution présente quelque difficulté, et les pareusages sont placés dans les angles. Souvent aussi Ton se borne à forer un ou deux trous vers le point où Ton soupçonne la présence d*anciens travaqx. Dans tous les cas, les percements effectués au front de taille , par des ouvriers spéciaux , se prolongent chaque nuit d'une longueur égale à Tavancement de la taille pendant la journée ; le même forage est ainsi prolongé jusqu'à ce qu'une trop grande déviation de l'outil lui fasse perdre sa direction primitive , et qu'on soit obligé d'en recommencer un putre ; quant aux pareusages , chaque avapcement en réclame nécessairement de nouveaux.
La profondeur des trous est déterminée par la hauteur présumée de la colonne d'eau , par ta puissance de la couche et la résistance résultant de sa solidité. En France, on regardei un massif de trois mètres comme suffisant. En Belgique^ où cette matière est soumise aux règlements concernant la police des mines , on place les sondages du front de taille à quatre mètres de distance les uns des autres ; leur longueur est de six mètres pour les couches dont la puissance excède 0.70 mètre, et se réduite quatre mètres pour celles d'une épaisseur moindre. Les pareu*
sages , placés dans les angles , doivent avoir dix mètres dans le premier cas et six mètres dans le second ; œ qui donne la garantie qa'aucune cavité n'existe latéralement & des distances respectives de 7.07 mètres et i.24 mètres des parois de la taille.
Les coups de sonde de sûreté n*exigcnt qu'un seul oovrier y auquel on adjoint quelquefois un enfant qui Paide à retirer l'appareil et à dévisser les verges. L'attention du sondeur se porte naturellement sur les déblais extraits du trou , car ils lui indiquent y par leur humidité , le voisinage d'un bain d'eau. II ne doit pas, toutefois, se laisser épouvanter par les premières gouttes qu'il en rencontre, les couches étant empreintes de ce que le mineur liégeois appelle le sang de la veine ; cette humidité n'ayant aucun rapport avec les lacs souterrains, une trop grande précipitation aurait pour résultat d'interrompre inutilement l'arrachement d'un atelier quelquefois fort productif. Il est d'ailleurs facile de distinguer à l'odorat l'eau des bains de celle que la couche contient naturellement; car cette dernière est inodore , tandis que les eaux qui ont séjourné dans les anciennes excavations contractent une odeur fétide par leur mélange avec les matières fixes provenant des bois pourris et des autres substances en état de décomposition.
Lorsque l'humidité , toujours croissante des déblais , indique au sondeur l'approche d'un bain, ou lorsque Toutil s'enfonce tout d'un coup dans l'excavation , il le retire promptement et tamponne le trou par l'introduction d'une broche en bois préparée à l'avance. Si la première ne suffit pas, il en chasse une seconde d'un diamètre plus fort, puis une troisième, jusqu'à ce que le trou , entièrement obstrué , ne laisse plus de passage & l'eau. Cetle opération doit se faire avec la plus grande promptitude,
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surtout en cas de friabilité de la houille; car le liquide , en s*ëcoulant sous une gronde pression , lave les parois du trou , qui s'agrandit par l'arracbement des moléeules * et il devient fort difficile ei quelquefois même impossible de le boucher. Si l'eau coule sur les côtés d'un tampon engagé avec frottement , le sondeur taille une broche de longueur convenable et l'introduit dans la fissure ; enfin j il emploie, pour l'empêcher de pénétrer dans les travaux , tous les moyens de détail que lui suggère l'expérience.
Si l'on peut craindre un coup d'eau venant d'une couche antérieurement exploitée et superposée à celle qui est l'objet de l'arrachement actuel , dont elle n'est séparée que par un lit de schistes peu puissant , on sonde dans répaisseur du toit. Ce cas est fort rare en Belgique ; mais l'analogue se présente quelquefois en France dans l'exploitation des couches puissantes.
441. Du personne, employé dans les mines de la province de Liège.
Les mineurs sont formés en deux bandes, dont l'une, appelée cape de jour , pénètre dans les travaux entre 4 et 5 heures du matin , pour en sortir à 10 ou 1 1 heures; elle est sous la surveillance immédiate d'un chef qu'on désigne sous le nom de maUre-ouvrier de jour ou grand' maare-^mvrier. La seconde , ou côpe de nuit , commence ses travaux immédiatement après la première ; elle est commandée par le maitre-ouvrier de nuit^ qui lui-même €31 sous les ordres du maitre-ouvrier de jour , dont il reçoit toutes les instructions nécessaires à l'unité du travail. Ces employés , chargés de la direction et du détail des travaux , descendent avec le personnel auquel ils sont attachés , distribuent l'ouvrage et en surveillent lexécution ;
5u sortir de la mine , ils se rendent au bureau de fétalilissement, où ils font marquer les journées. Chacun d*eux est assisté d'un surveillatU , qui les secondé dans Texerciccf de leurs fonctions.
Les haveurs entaillent la couche et rabdtteiit quelquefois! Comme les deux ouvriers placés aux extrémité^ dcf la tàtlle {ttoupeurs de coulaie) doivent pratiquer les êchaticrure3 latérdies , la largeur qui leur est attHbuée est réduite datis Une certaine proportion. Le mineur installé sur la gsilefië de fou- Idge remplit les fonctions de chef de tatltë; il prènti aus^i le tiom de bouteur de raie (i), parce qu'il est chargé dé li'assurer si l'avancement de la taille est complet. UHé hève est la quantité dont l'ouvrier peut avancer d'un ^eul bavage. Les abatteurs succèdent aux haveurs; ils enlèvent les petits massifs réservés pour prévenir la chute spontanée de la couche ; puis , insérant des coins et des leviers , ili là détachent du toit et l'abattent sur le sol^ où elle se brise en morceaux. Lorsque le havage se fait au milieu de là couche, ou vers son toit, l'arrachement des bancs inférieurs s'exécute par les abatteurs ; ils portent alors le nom de despiiceurs (qui mettent en pièces). Les reitapleurè ou reoniblayeurs projettent en arrière de la taille lès pàrUes âtériles de la couche.
Ces diverses fonctions ne sont pas toujours distinctes les unes des autres; cette circonstance dépend de la Âaturé et delà puissance des couches. Lorsque celles-ci sont faciles h travailler , les mêmes ouvriers bavent , abattent et femblaient ; on leur adjoint alors un bourreur de remblais , chargé de comprimer les matières stériles contre le toit. Lorsque le havage se fait au milieu d'une couche de quelque puissance^ les ouvriers du premier poste bavent et abattant
(i ) Bouter le rûte signifie appliquer lA thesurè.
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la pdftîcl suiiérieiii'c et remblaient partiellement ; tandis (fue ]é sdBood poste ( les despiéceurs ) arrache ta partie iiiré^ rirârk de la coiiehe et achève le remblai. Enfin , si lé htiin^e est fort dur^ les haveurs se bornent à creuselr les eiHaiUés; Aaais leur tâche est plus forte : e^est ce iiu'on dé^i^De sous le nom de tramil à (choque.
hé8 balins sont des manoeuvres occupés & sortir la hdîtfllè de la taille et h la charger sur dès toitures.
Les basêéieurB ou bosêieurs entaillent le toit ou lé mur des couches peu puîisantes ; et donnent ûnt galeries tiuè haulem* suffissinte. Ces ouvriers sont quelquefois téhus dé relever tous les déblais provenant de leur travail et d'en construire des murailles sèches sur les parois des galeries. Les éiançonnêurè boisent les voies principales et les entretiennent en bon état.
Lés roijetêUirs entretiennent les voies dé retour de l'air et fadiitent là diarche du courant Ventilateur.
Ancienneiném , un ouvrier appelé garde-feu était préposé h là surveillance des lumières ; il visitait la taille tfvant là descente des ouvriers et pendant leur travail^ il parcourait la partie de la voie d'aérage contiguê au chantier et bbserVait les phases du dégagement de gaz inflammable. Cette foÉfetiori, supprimée pendant un assez Ior(g espace 36 tehfips, vient d'être rétablie , dans les mines à grisou, Èbtïi le titre de chef de iaille.
Le transport à bras d'hommes se fait par de jeunet ôtfvrièfs appelés hiercheurs. La bouille, parvenue nu pied dtl puits d'extraction , est envoyée au jour pur les chargeurs ëtt bUre^ et les vases sont reçus sur le pas de burà (la hîàrgelle) par des rascoyeûx:
Le ca/m est un ouvrier placé dans le puits au point ÔÛ les vases se rencontrent ; il les empêche de s'accrocher (W d^ se heurter en passant.
L'exploilalion des couches droites exige Temploi de divers manœuvres destinés à faire parvenir les déblais de la galerie inférieure au sommet et à la partie intermédiaire du chantier. Le personnel se compose , pour une taille droite de 18 mètres de hauteur, de deux bosséyeurs^ d'un chef de taille ^ d'un chargeur de pierres ei d'un accrocheur de mannes: l'un, pour charger les paniers, l'autre, pour les accrocher à la corde du treuil; de deux tourneurs , qui mettent ce dernier en mouvement , et d'un bourreur de remblais. Le boisage d'un chantier s'exécute, lorsqu'il est compliqué, par deux étançonneurs spéciaux.