‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 3)Chapitre 139 sur 193 · Exploitation de Rive-de-Gier · texte numérisé non relu

Exploitation de Rive-de-Gier

Les circonstances caractéristiques de cette lociilité sont : les étreintes qui affectent fréquemment la grande masse ; les failles qui rejettent les deux fragments du terrain a des niveaux différents ; la profondeur des puits , beaucoup plus grande que dans le district de St.-Étienne ; Tubondauce des eaux , et surtout le désordre introduit par les anciens modes d'exploitation , dont les suites ont si gravement compromis l'avenir des mines de Rive-de-Gicr.

C'est aux nombreuses excavations pratiquées autrefois vers les affleurements , aux infiltrations qui ont été la conséquence des fissures produites par un mode vicieux d'exploitation ; c'est à la disposition des roches gisant à peu près parallèlement i la courbure du bassin formé par la vallée dans laquelle coule le Gier , que l'on doit attribuer la grande affluence des eaux dans les mines de cette loca-

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l\ii : aCQuençe telle qqe Vinterrupiion de r^piiUemeoi dans Tune des coDeegsîoos d'un district afi fait immédiatement sentir dans tous les puits voisips, et que^ depuis longlwipff il a bliu avoir recours , poii^r rassècbemeiit des tnivnw i à de puissantes machines d*exbaure.

Les ptiits sont verticaux , leur section est ârciilaire el leur diamètre varie de 2.50 à 3 mètres; le plus proibod de cette localité est le puits VeUerut (concession du CsllcnQn)^ qui a atteint le schiste mécacé à une profondeur de 4t4 mètres, De même qu'à St.-Étieooe, on ne ks mwaîDe qu'à leur partie supérieure, aux approche^ de la terre végétale ; au-^lessous des stratiQcations de la surface « les parois se soutiennent d'elies^m^es. Les roches peu solides rencontrées accidentellement sont étayées par des cadres octogones; mais il n'y a aucun puits qui soit revêtu de boisages sur toute sa hauteur.

Il n'existe pas à Rive-de-Gier de puits spécialement destiné au retour du courant d'air ; les Sodétés qui n'en possèdent qu'un seul prennent des arrangements avec la concession voisine , et les deux mines sont liées de manière à satisfaire à toutes les exigences de la ventilation* Si la circulation de l'air doit être déterminée par un puits isolé, celui-ci est divisé en deux compartiments , dopt l'un , la gaine d'aérage , est égal au tiers de la section totale.

Les galeries pratiquées dans les roches encaissantes ( njpercée$) ont pour objet d'atteindre la couche, de franchir un dérangement ou de faciliter l'écoulement des eaux.

Les procédés d'exploitation varient suivant la puissance des stratifications : les grandes tailles remblayées sont ordinairement appliquées aux couches minces, et les piliers et galeries , avec dépilage par remblais rapportés , aux couches épaisses.

BÉFARTEUIKT DE Vk LOliUÏ. 4S9

459. Système vicieux appliqué à texploitation de la Grande-Masse.

i)lk^& ee distrîei, les fissures natureiles de la bouille (}e gît df4 churban) sopi ordimdremeDi fort rapprochées les iHnes des autres et à peu près perpendicalaires aux plans de siratificatioD ; elles n ont aucun rapport avec Tineli- .oaisoi^ ou la direction de la couche, qu'elles recoupent sous lo^s les angles possibles. Le mineur de Rive-de-Gier les 4ludîe attentivement , afin de les attaquer d'une manière convenable et de faciliter la division de la masse et sa r44uction en gros blocs ; autrement , la houille offrirait par sa dureté une grande résistance aux efforts de Touvrier, f lomberait presqu'entièrement en menu. Mais il para(t qu'autrefois on faisait jouer au clivage un rôle beaucoup trop important ^ on lui sacrifiait toutes les autres considérations, et Ton faisait dépendre le percement des galeries, leur direction et même les procédés d'entaillement de sa disposition variable dans le gite. Quoi qu'il en soit, voici le système appliqué autrefois k l'exploitation de la Grande-Masse de Rive^ie-Gier (65), et qui, pour les détails ) peut être considéré comme subsistant encore opuiellement.

iiorsque le mineur, après avoir chassé à droite et à g^^he du puits, dans les bancs inférieurs de la couche ( ie nfiaud ) , une galerie horizontale dite de coursière , ayaii reconnu le sens dans lequel la houille se détache le plm aisément, il était fixé sur la direction la plus favorable à donner aux voies destinées à diviser le champ d'exploitatioB en piliers. Ces voies éjlaient de deux espèces : les premières (toys) , partant de la coursière et auxquelles il donnait une largeur de 4 à 6 mètres , étaient de véritid»les chantiers d'exploitation^ il les dirigeait perpendi-

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eukiremcnt aux plans des fissures , qui, fort inoonslaoïes » leur imprimaient une direction sinueuse. Les massifs qui les séparaient , également irréguliers , étaient recoupés par d'autres galeries ( pointes ) perpendiculaires aux premières, mais seulement lorsque les besoins de la ventilation , de Técoulement des eaux ou du transport exigeaient impérieusement leur percement, car elles sont difficiles et coûteuses à creuser et produisent beaucoup de menu. Le raffiitid étant ainsi préparc, il procédait au dépilage au moyen de tailles ouvertes dans les massifs et dirigées perpeodiculairement au git du charbon.

Pendant ce temps, et en d'autres parties de la mine antérieurement abandonnées après leur dépilage, se dédaratt un phénomène sur lequel on avait compté pour reprendre les bancs superposés au nerf blanc, ou la partie de la couche appelée la maréchale : c'est la propriété dont jouit le mur de la Grande-Masse de se désagréger , de foisonner et de tendre à se rapprocher de son toit. Lors donc que le mineur voyait les galeries entièrement bouchées par suite du soulèvement des assises inférieures, et lorsqu'il ne restait plus entre elles et la maréchale qu^un intervalle représentant le havage , il procédait à Texploitation du deuxième étage en employant le même mode de préparation et de dépilage que ci-dessus. Mais, ne rencontrant alors qu'un gîte broyé par les mouvements du terrain , l'exploitant devait multiplier les boisages, se résoudre à un transport des plus difficiles sur un sol accidenté par Tirrégularité des gonflements du mur, et s'exposer aux écrasées d'un toit disloqué cl aux incendies si fréquents dans ces mines, pour ne retirer de eelte couche que les trois quarts , le tiers et quelquefois même la moitié de la houille qu'elle contient.

Ces difficultés, inhérentes au mode d'exploitation, étaient

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eDoore aggravées par une pratique vicieuse introduite par certains entrepreneurs du travail souterrain, afin de diminuer le prix de la main-d'œuvre appliquée à Tarracheroent. Ceux-ci , non contents d'uUliser les éboulements spontanés provenant de la rupture des piliers trop minces qui cédaient sous le poids des assises supérieures , cherchaient à en provoquer d'autres plus considérables au milieu de la masse et dans les parties les plus riches de la mine » pour en recueillir les produits accumulés sur le soi. Les éboulements de la couche étaient promptement suivis de ceux du toit ; puis le mouvement^ se propageant dans les roches superposées qu'il fissurait, se faisait sentir jusqu'à la superficie du soK C'est en grande partie à cette pratique désastreuse que sont dues les inondations si fréquentes dans les mines de Rive-de-Gier.

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