Pa$$age d'une étreinte
Pour franchir une étreinte et retrouver la couche perdue sur le prolongement du plan de stratification , on suit les traces du gite , en se laissant guider par un mince feuillet de houille fréquemment interposé entre le mur et le toit. Pour peu que quelques lambeaux d'un lit charbonneux se rencontrent sur le passage de l'excavation , la recherche est facile et toujours couronnée de succès ; lorsque cette trace est entièrement efiacée , les difficultés augmentent , mais le mineur sait que l'exploration peut réussir s'il maintint le percement dans le plan de jonction des salbandes. Celle opération est facilitée par l'état caractéristique des deux roches , par la différence de leur nature : û le toit , par exemple , est un grés et le mur un schiste aifileux ; si le premier contient un banc d'une matière quelconque, mais distincte des autres roches ; si les assises du premier sont d'une épaisseur différente de celles que renferme le second. Le point essentiel étant de se maintenir toiqoun
VA8gA6£ DBS DÉIUM8HKIIT8. 617
entre les deux lisières de la eouehe , Ténuméralion des eirconstanees tendant à établir une diflérenee entre le toit et le mur est inutile ; elle est d^ailleurs suggérée au mineur par la vue des objets eux-mêmes. Lorsque, enfin , les deux salbandes cessent d'être distinctes , la reeherebe atteint le plus haut degré de dilBculté et devient fort aventureuse , le mineur n'ayant plus pour se guider que des traces accidentelles et incertaines. Cest alors que l'eipérience de la localité , le discernement et Tesprit d'observation sont appréciés dans l'explorateur.
SIO. Déterminer le ^ens dans lequel doit être recherchée une couche interrompue par une faille au par un crain.
Le mineur placé en présence d'une faille ou d'un erain poursuit sa route en s'avançant perpendiculairement à la fente, jusqu'à ce qu'ayant traversé les matières confusément entassées , il atteigne des bancs réguliers. Quelquefois il retrouve la couche immédiatement après avoir percé les substances étrangères ; le dérangement consiste alors en une simple fissure de disjonction ; d'autres fois , la hauteur du rejettement est plus petite que la puissance de la couche, et le seul fait de l'enlèvement des terrains interposés suffit pour mettre cette dernière en évidence.
Les travaux d'exploration deviennent également nuls si l'exploitant s'est trouvé en position de construire à l'avance une coupe du terrain basée sur la reconnaissance des affleurements ou sur les données que fournissent des sondages , car il connaîtra la succession des stratifications, leur ordre de superposition et^ par conséquent, la hauteur des crains ou des faillies^ Il peut également percer directement sur la
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couche, 8*il a connaissance des travaux exécutés antérieure» ment au-delà de l'accident , ces travaux lui permettant de déterminer la hauteur et le sens du rej^. Il atteint le même but si , après avoir percé les matières qui remplissent la fissure, il rencontre une couche dont l'identité soit incontestable, ou s'il possède les indications relatives au passage de la même faille è un autre étage, car les conditions de la rupture ne peuvent varier , et il est toujours facile de déterminer la hauteur de l'accident par l'épaisseur des stratifications intermédiaires.
Parvenu de l'autre côté du dérangement , le mineur , qui ne possède aucune de ces données, cherche autour de lui s'il n'existe pas des indices qui lui fassent reconnaître la position relative des deux fragments. Ces précieux indices, qu'il ne rencontre malheureusement pas toujours, consistent en de légères inflexions existant au contact, du plan de rupture ; ces inflexions se dirigent de haut en bas sur le fragment gisant au niveau le plus élevé et de bas en haut sur l'autre fragment, et sont quelquefois observées dans un ou plusieurs lits de houille , dans les intercalations ou dans les schistes des salbandes. Il s'attache aussi à reconnaître l'existence des courbures è grand rayon qi|i, se prononçant quelquefois dans les strates aux approches des rejettements , en indiquent le sens.
Lorsqu'enfin il est privé de coupes , de documents relatifs è la position des couches dans le terrain situé au-deU du dérangement » et de tout indice provenant (jes stratifications elles-mêmes , il ne lui reste d'«utr|i$ res* source que de prendre pour guide la règle théorique de Schmidt , au ri$que de tomber dans l'une des nom* breuses exceptions auxquelles ce principe est sujet. Il étudiera donc le plan de rupture sous le rapport de son inclinaison et de sa direction relativement à l'allure de».
PASSAGE DES DÉRANGCMENTS. 619
strattfleattorts carbonifères , et recherchera la coache comme si le fragment à explorer avait dû nécessairement glisser sur le mur de la fissure et suivant l'inclinaison de ce dernier.
Sii. Recherchée par sondages, puits et galeries.
Les sondages employés pour apprécier l'intensité d'un rejettement s'exécutent naturellement au-delà de la fente et dans un terrain régulièrement stratifié ; leur direction doit être à peu près normale aux plans de stratification. Ainsi, dans les couches verticales ou fortement inclinées, ils sont dirigés horizontalement ; dans les plateures , le coup de sonde est vertical de haut en bas ou de bas en haut, suivant le sens où la règle de Sehmidt fait présumer que doit se trouver la couche. Les débris, ramenés pat; l'outil sont des indications sur la nature des diverses assises, leur ordre de superposition et leur puissance à différentes hauteurs. Mais les puits et les galeries sont bien préférables, en ce qu'ils fournissent des indices pins précis sur la nature des roches , et que ces excavations , bien dirigées dès l'origine , offrent davantage de pouvoir être utilisées pour l'exploitation ultérieure du gite.
Les percements dans la fente, où la roche est ordi* nairement plus tendre, s'exécutent avec promptitude et facilité. Si l'accident objet du travail est un crain , le mineur conduit l'excavation de telle façon que la fente sort toujours comprise entre ses deux parois. Si c'est une faille , il s'attache , dans sa poursuite , à mettre constamment à nu les roches situées sur le côté de la
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fissure appartenant au fragment inexploré, afin que la couche ne puisse lui échapper. La direction de ces percements de recherche est horizontale, plus ou moiiis inclinée , et quelquefois verticale ; car , de même que dans un coup de sonde , elle est subordonnée à l'importance d'atteindre les couches par le chemin le plus court , et se trouve déterminée par l'inclinaison des stratifications. Ces principes ne s'appliquent évidemment qu'aux percements destinés exclusivement aux recherches , les nécessités du transport forçant quelquefois à les moditier lorsqu'il s'agit d'exploiter la couche retrouvée au-delà du dérangement.
Si le mineur a eu le soin , lors de l'enfoncement des puits et du percement des galeries, de recueillir des échantillons des diverses séries de bancs recoupés ; s'il a seulement composé une coupe indiquant la nature et l'apparence des assises qui encaissent la houille , leur disposition et leur succession ; s'il y a fait entrer jusqu'aux moindres couches et aux plus petits détails de stratification , il est probable que , parvenu à une certaine distance dans l'excavation de recherche dirigée perpendiculairement aux stratifications, il pourra reconnaître la partie de la coupe à laquelle correspondent les stratifications au milieu des-, quelles il se trouve (si toutefois le terrain a déjà été traversé antérieurement), et déterminer » par conséquent, le point et la distance où il se trouve de la stratification cherchée. C'est ainsi que l'on a procédé à la mine d'Yvoz, près de Liège (fig. 14, pi. I'*.), pour la recherche de Bijou, interrompue par un crain qui rejette de côté cette couche verticale. La galerie de recherche s'était avancée de quelques mètres vers le sud , lorsqu'elle recoupa successivement quatre petites couches de S à 30 centimètres intercalées dans des bancs de schistes , puis diverses assises d'un grès
PASSAGE DEIâ DÉRAXGCMEXtS. 631
fort caractérisé et d*ane puissance de 12.S0 mètres. Or« la galerie à travers bancs qui s'avance vers le nord avait percé toutes ces stratifications en sens inverse ; il était donc certain que l'on marchait sur la couche Bijou , qui» en effet , fut retrouvée après un percement de 46 mètres de longueur.
Si la règle de Schmidt conduit le mineur dans une fausse voie, il s'arrête naturellement dès que la succession des assises lui en fournit la preuve ; il revient au point d'origine, et se porte sur le prolongement de Taxe du percement commencé , mais en marchant dans le sens opposé.
SI 2. Exécution définitive des percements destinés à mettre en communication deux fragments de terrain séparés par une faille.
Ces travaux ont lieu après la réunion d'indices précis sur la situation de la couche cherchée; alors le mineur a ^rd aux exigences de l'exploitation future , sous le rapport de la facilité des transports et de la ventilation. Supposant que , par l'un des moyens indiqués ci-dessus , il ait apprécié l'intensité des rejets d'une couche de moyenne inclinaison , interrompue par des failles ou des crains dirigés suivant la direction ou la diagonale, il mettra le fragment du terrain en communication avec ses voisins au moyen de galeries horizontales & travers bancs , ouvertes en pied ou en tète , suivant que la couche se trouve relevée ou abaissée par l'accident. Si , outre la hauteur des rejets , il connaît l'inclinaison des stratifications à traverser, il sera facile de calculer la longueur de la galerie , c'est- &-dire la distance comprise entre son point de départ et
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celui où die alteint la couche. Sacbaot, par exemple, que rinclinaison des stratifications situées dans le fragment iopposé est (elle que , tous les mètres , elle s'est relevée de 20 centimètres ou d'un cinquième ; si la hauteur du rejetlement (50) a été reconnue de 10 mètres » il en eonduera que cette longueur devra être 10 X S = 50 mètres.
Pour exprimer cette valeur d'une manière générale^ on peut désigner par J la longueur de la galerie , par ff la hauteur du rejettement, et par a l'angle d'îoclioaison de la couche ; le rapport de ^ à jET étant le même que eelui de l'unité à la tangente de l'angle a , on a :
rr A =
tang. a
Si la couche est horizontale, tang. a devient o, et ii = —
est une valeur infinie prouvant que la galerie , à quelque distance qu'elle soit prolongée , ne peut atteindre la couche. Si cependant la position de cette dernière est certaine , et si l'exploitant ne veut pas perdre de temps à reconnaître la hauteur du rejet, il effectue un percement incliné dont il ignore la longueur, mais qu'il sait devoir atteindre le but.
Les Anglais , dans la rencontre des rejettements de deux k trois mètres de hauteur , interrompent rarement la direction rectiligne des galeries; ils se contentent d'arracher les parties saillantes du sol , d'en combler les dépressions, et de former ainsi , sur un certain espace , une voie dont la pente soit uniforme et peu sensible* Ils établissent même , suivant l'allongement des plans inclinés « a l'aide desquels ils franchissent des failles de plus grande hauteur , afin de ne pas faire dévier les voies de leur direction primitive. Ils réunissent aussi par le même moyeii