‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 3)Chapitre 7 sur 193 · Décomposition chimique de thydrogène protocarboné · texte numérisé non relu

Décomposition chimique de thydrogène protocarboné

Queh sont donc les moyens de débarrasser les mihes d'un corps aussi redoutable et dont les effets désastreux plongent si souvent dans le désespoir des populations tout entières? La chimie , si riche en ressources , n'a-t-elle donc aucun moyen de l'absorber , de le décomposer ou de le combiner avec une niUrc substance qui anéantisse ses tlan-

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gereuses propriétés? Malheureusement non. Ce gaE, n^étant pas soluble dans Teau , ne peut être absorbé par les alcalis. On a bien proposé de mettre à profit la grande affinité de rhydrogène pour le chlore , afin de le décomposer en lui offrant ce dernier gaz ou l'un des chlorures qui le cèdent facilement ; mais cette combinaison ne peut avoir lieu que sous l'influence double de Thumidité et de la lumière solaire ; et comme toutes les parties d'une mine ne sont pas humides, qu'elles ne jouissent jamais de la lumière Df>ème diffuse , on ne peut profiter de cette propriété po|ir s'en débarrasser. Si , d'un côté, M. Fincham prétend s'être assuré de l'efficacité du chlorure de chaux projeté dans une galerie de la mine de Bradfort , et de l'absorption de tout le gaz qui s'y dégageait; d'un autre côté, des expériences plus récentes faites dans les mines du district de Bardenberg ont prouvé qu'il n'en pouvait être ainsi. Dans tous les cas , comme le résultat de la décomposition serait du gaz acide chlorydrique , dangereux à respirer , on ne voit, pas trop ce que l'on gagnerait à cette substitution.

On a aussi cherché à décomposer ce gaz par l'oxygène de l'air. La propriété du platine réduit en fil ou à l'état spongieux est de déterminer è froid la réaction de l'oxygène sur l'hydrogène; mais comme, après un certain laps de temps , cette combinaison produit un grand dégagement de chaleur et détermine l'incandescence du métal, celui-ci pourrait faire détonner la partie du mélange non encore décomposé. Aussi M. Aloys Wehrle a-t-il proposé de mêler au platine spongieux une substance qui eut la propriété d'absorber une grande partie du calorique dégagé et de l'empêcher de rougir. C'est l'argile, dont deux parties auraient été mélangées avec une de platine pour former des boules qui, prétendait-il» devaient détruire

ALTÉftAtlON DE L*Ain DANS LEd MINES. 29

lentement et sans flammes le gaz grisou répandu dans la mine«

Au lieu de rechercher les moyens de diminuer Tintensité de la combustion du gaz, il eut peut-être été préférable de s'assurer si celte combustion était réellement provoquée par la réaction du métal sur l'hydrogène protocarboné. Or, il n'en est pas ainsi. Déjà, en 1824, un chimiste anglais , M. le docteur Henry , avait constaté dans son laboratoire que des boules contenant trois parties d'épongé de platine sur deux d'argile étaient inertes quant au gaz des houillères. Mais des expériences exécutées en grand et dans le lieu même du dégagement pouvaient complètement élucider la question. C'est ce travail que M. Trasenster a entrepris ( 1 ) dans l'une des mines de Seraing et au moyen de l'appareil imaginé par M. Payerne. Le mélange d'air et de grisou qui se présentait dans des rapports très-variables, ainsi qu'on put s'en assurer au moyen de la lampe de Davy, traversait un liquide alcalin , de la chaux , puis une couche de plusieurs centimètres de platine spongieux et calciné. En aucune circonstance l'expérimentateur n'a pu obtenir de résultats , quoique le même platine , soumis ultérieurement à un jet d'hydrogène pur, s'enflamm&t peu après le contact des deux corps. D'où il résulte que l'opinion admise sur la foi du docteur Wehrle est entièrement erronée. Mais quelle qu'eût été, d'ailleurs, l'issue des expériences, le procédé eût présenté des difflcultés pratiques fort grandes et peut-être insurmontables.

Autrefois , lorsque les mines de houille étaient peu développées et que, par conséquent, le gaz inflammable était moins abandant^ on cherchait à opérer la corn*

( 1 ) Emploi de répcage de platine pour la combustion du grisou. Annales des Travaux puHics <U Belgique , t. VU , p. 479.

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{uisiion du gaz avant qu*il ne devint e^plosible. Un ou-» vrier, appelé péniierU sur le continent et Fireman eq Angleterre, se couvrait de vêtements de lnûie o\i 4e toile mouillée, se garantissait quelquefois la figure avec m) miasque, puis s'avançait en rampant et cherchait ^ mettre le feu au grisou accumulé daqs les cavités dt| toitf dans les galeries ascendantes et partout où il pou^» voit l'atteindre. Il se servait pour cela d'une chandelle ou d'une torcha attachée à l'extrémité d'une longue lm<* guette; ou bien dépourvu de lumière, il plantait un eroehet au faite de l'excavation lieu de raccumqlatioii du gaz, passait dans le crochet un cordon dont Ynoid de^ extrémités aboutissait à une galerie voisine où l'on jugeait n'avoir rien à craindre des effets de la combustion, tandis qu'à l'autre extrémité était attachée une lampe qui, soulevée par la traction du fil, mettait le feu ai| grisou. Ce prpcédé barbare est actuellement proscrit ^ soit parce que l'ouvrier chargé de mettre le feu est in<» failliblement blessé ou tué si le mélange, au liei^ de brûler tranquillement, donne lieu à une explosion, ei que , dans le cas même où cette dernière circonstance nç ^ présente pas, il court également de grands di^ngers; i^oit parce que ce mode peut entraîner avec lui la plupart des accidents inhérents à un coup de feu , tels quç les éboulements, l'incendie de la mine, la rupture des bois par le choc , leur altération par la chaleur , etc. { soit, enfin, parce que le gaz se reproduisant continuelle* pient , il faut recommencer l'opération plçisieurfi fois chaque jour, faire sortir tous les ouvriers des travanx, et qu*à un gaz inflammable on substitue un gaz 4é)éi* tère, complètement irrespirable et fort dangereux*

ALTÉRATION DB l'aIR DANS I.E3 KINES. 3t

249. Dëayer h gaz inflammable dans de grandes masses d^air atmosphériqtie.

Le procédé le plus énergique pour se débarrasser du grâPii, \e seul «dnfiis «c^uellemeq^ , çopisisto II foU^ pé^ nétrer dans la mine des quantités considérables d*air a(inosp^4n<lue 9 PK ^ i^ rçpouveler a^ns cepse, de n^a- Dîère à déterminer un courant ventilateur qui saisisse dans son passage^ délaie ds^ns ss^ masse tous les gaz à mesure (qu'ils se dégagent, et les entraine 9v^ lui dans Tatmosphère. Les principes sur lesquels ce ^js(^e est foqdé sont la propriété de diffusion des ga^ Qom'^ l^inée iivec celle de non-explosibilité dont jouit tout mélange dans lequel l'hydrogène protocar^oné nç cops^tue pas plus de l/l^"" du volume* Il s'agit donc, de combiner les chos^ de telle façoi\ que la masse d'air qui péQètre dans la mine en un temps donné soit au moios 14 foi^ plus grande que le plus grand dégagement probable 4e grisou.

D'après ce qu'on a vu plus haut, la force de diffusion ne sQ fa\t pas sentir instantanéipent , 1^ gaz inflammable commence par s'élever vers le faite des galeries et l'acide carbonique s'établit sur )e soi. Leg deux gaz, refoulés par le courant^ cherchent alors à se réfugier derrière les bois de soutènement , dans les apgles rentrAQts et dans les aqfractuosités dçs parois, où jls ççhappeqt k Taption dissolvante de l'air; mais, si ]e courant e$t a^z énçrgique, il fipit tQUJourg par les en déloger en partie et les entraîne avec lui au milieu de )a ipasse, où ils se dissolvent et se noient pour ne plus^ présenter qu'un mélange uniforme dont tes diverses par*^ lies sont désormais mécaniquement inséparables.

3â GHAPITHE lit. — U"*. SRCtlON.

SECTIOl» II*.

GAtTSBS DE LA CIRCULATION DE L'aIR DAHS LES MINES.

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