BéstiUats des expériences faites avec la lampe de Davy
Les conclusions que Ton peut Urer des nombreuses expériences faites en Angleterre par Taïueur de la lampe luimême , et sur le continent par diverses commissions de savants , sont les suivantes :
1*. Une enveloppe en tissu métallique, dont le nombre ( i ) et le diamètre des mailles sont dans un rapport convenable, présente, pendant un temps indéfini, une sécurité complète dans les mélanges en diverses proportions du gaz des houillères et de Tair atmosphérique , si toutefois Tatmosphère n*est pas agitée , si Ton n'y introduit pas d'autres gaz plus combustibles^ et si la toile ne vient pas à se trouer par suite de circonstances quelconques;
V. Le tissu métallique d'une bonne lampe empêche la flamme de se propager au dehors pendant environ 20 minutes, quelquefois moins , mais jamais plus longtemps. Une combustion trop prolongée du gaz dans Tintérieur du cylindre altère promptement et troue la toile métallique;
3*. L'intérieur de la cheminée indique toujours Tétat de
(1 ) Le règlement da iO juillet 1851 , relatif aux lampes de sûreté employées dans les mines belges, prescrit remploi de toiles métalliques formées de fils ayant au moins 0.25 millimètres de diamètre, f\ dans lesquelles on compte 225 mailles au centimètre carré.
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Tâthnosphère ambiante, c*est-à-dire la présence du gazet le volume approximatif pour lequel il entré dans le mélangé. Ainsi , lorsqu'il ne s'y trouve qu'en faibles proportions, la flamme accuse la présence du gaz par une augmentation dans sa longueur et sa grosseur. Si le grisou forme un douzième du volume total , le cylindre métallique se remplit d'une légère flamme bleuâtre , dont Tifitensité augmente en même temps que le volume du gaz s'accroit ; lorsqu'il entre pour un sixième ou un cinquième dans le mélange , cette flamme est assez développée pour absorber celle de la mèche et la faire eOmplèiement disparaître; si l'air atmosphérique domine de nouveau , la flamme de la mèche reparait ; et enfin , elle s'éteint tout-à-fait lorsque le gaz est ^al au tiers du v^riume de l'air atmosphérique ;
i"". La Commission instituée à Liège , dans ces dernières années, pour l'essai des lampes de sûreté (l)f a constaté par un grand nombre d'expériences » qu'en exposant la lampe à un courant d'hydrogène pur, il en résulte^ au boni de quelques secondes , une explosion qui se propage au dehors & travers le tissu métallique. Mais si le courant est formé par moitié ou par quart d'hydrogène carboné éclairant et d'hydrogène pur» les explosions intérieures vives et multipliées restent circonscrites dans le cylindre ^
5*". La même Commission a aussi reconnu que la réunion de quelques mailles, et même des trous ronds deSàS millimètres de diamètre ne suffisent pas pour transmettre la flamme au dehors » si toutefois ces défauts se trouvent à une hauteur de 0.06 à 0.08 mètre au-dessus de la mèche; qu'alors la flamme moins fixe semble tourner dans le cylindre-enveloppe. Mais qu'un défaut de moins de deux
(1) Annales des Travaux publics de teigUlue^ tome I» p. 309.
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ttlltlittëlreâ d*ouvenuré, pratiqué è peu près à la hauteur de cette même méehe, sufSt pour que l'explosion ait lieii, ^drtdiit si lé Courant de gaz ou le mélange détonnant se (Rtige Vers le bas du cylindre métallique. La Commission de L%e, §e Tondant sur ces faits et sur quelques autres qu*elle a 6tt Toecasion d'observer, conclut comme suit : Dans la hlmtie de Davy , de même que dans toutes les autres lampes de sûreté, la flamme, en se propageant à l'extérieur, se porte toujours en sens inverse du courant d'air destiné à alimenter la combustion ; jamais elle ne suit le courant des gaz brûlés ({ui ^'élèvent dans la lampe. Ainsi les défauts dont cette dernière peut être atteinte n'altèrent pas ses qualités préservatrices , s'ils existent à la partie supérieure de la cheminée.
6^. Il semble résulter des expériences de M. Bischof , professeur à l'Université de Bonn (1), que la sûreté d'une lampe décroit en raison de l'augmentation de diamètre du cylindre-enveloppe.
7*. M. Erdmenger, burgmeister ft Waldenburg, en expérimefltant (9) dans l'atmosphère d'une mine où se dégageait dti gaz inflammable, a trouvé que si la lampe de Davy est plongée dans uti mélange de gaz simplement combustible , tout le tissu métallique devient rouge , tandis qu'enveloppé d'un tnélange explosif le métal du cylindre reste constamment noir. Ces dangereuses expériences ont été faites aQ](rëd de demt soufOards, dont l'un fournissait du gaz détomiàlit ^r son mélange avec Tair atmosphérique; l'autre restait è l'état de gaz simplement combustible.
8*. M. Davy a reconnu, dès l'origine, qu'un courant d'air ou de gaz dirigé sur l'enveloppe métallique pouvait èhasser la flamme à travers la toile et déterminer l'explosion
(i) Des Moyens de soustraire C Exploitation des mines^ etc., p. 366. (S) Archiv von Karsten^ 2«. série, tome V, p. 208.
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de Tatmosphère ambiante. Le docteur Gurney et plusieurs ingénieurs anglais ont prouvé qu'un courant animé d*uiie vitesse de 300 pieds à la minute, ou à peu près 1.50 mèire par seconde, est souvent suffisant pour produire cet effet. 9"". Enfin , le pouvoir éclairant de la lampe de Davy est très-inférieur à celui d'une chandelle ou d'une lampe découverte. On a cherché à y porter remède par l'emploi de réflecteurs paraboliques en cuivre étamé , ou de lentilles piano-convexes destinées à concentrer un faisceau de rayons lumineux sur le point où travaille le mineur; mais les complications et les embarras qu'entraînent ces appareils, d'ailleurs peu efficaces , les ont fait proscrire depuis longtemps de toutes les mines où ils avaient été primitivement adoptés.
34S. But que l'on doit se proposer dans tempki de la lampe de sûreté.
Dans les premières années qui suivirent l'introduction de la lampe de Davy dans les mines, on accorda à celle-ci une confiance extrême , et l'on alla beaucoup plus loin que l'auteur lui-même, auquel la principale imperfection de l'appareil n'avait pas échappé. On crut pouvoir négliger les soins qu'exige son emploi et les moyens de ventilation ordinaire; enfin, on alla jusqu'à se persuader de la possibilité de travailler avec son secours au milieu d'une atmosphère explo* sive. Les nombreux accidents , qu'on vit se succéder dans les mines où ce niode d'éclairage fut employé, refroidirent considérablement l'enthousiasme; et quelques personnes, passant brusquement d'un extrême dans un autre, en vinrent au point de nier les propriétés préservatrices de cet appareil.
Un mineur prudent n'adoptera aucune de ces opinions exagérées et aussi dangereuses l'une que l'autre; il emploira la lampe de Davy parce qu'elle lui fournit tous les
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indices de Tétat de l'atmosphère ambiante; qu*eUc raverlic de la présence du gaz dans l'excavation avant que le dai^ger devienne trop imminent pour pouvoir s'y soustraire ; parée qu'enfin , sî elle n'offre pas au mineur une sûreté absolue , eRe prévient les explosions dans les circonstances ordinaires , pourvu , toutefois , qu'il s'en serve avec prudence et se conforme aux prescriptions suivantes.