Lamp9 fUptpn al Boberk
(Fig.i9,90et2i,pLXXIV.)
Cest dans le but de remédier à Tactioa dange|«use |
des coupants rapides sur la lampe de Davy, qu'a été eenstpuîte la lampe d'Upton et Roberts. j
Une enveloppe en toile métallique fiiée sur le réservoir à la mapière ordinaire est renfermée daps une eaye I en fer et protégée, sur la moitié ou les deui tiers de sa j hauteur, par un épab manchon en cristal; le tiers suivant I est enveloppé par un cylindre en cuivre vissé sur la couronne supérieure de la cage. Le manehpn est com- ' primé entre ce cylindre et le réservoir, avec lesquels il est U^ pur dep ronde^es pn drap propre k iplffçppter toute communication entre Tintérieur et Pextérieur. L'air 1 néeessairs à la combustion arriva par une rangée de i petits trous percés à la partie supérieure du réservoir;
(i ) Les ouvriers occupés aux mines du nord de l*ÂBgleterre se lervent de feux nus ou couverts , suivant le genre de travail qft*tta : sAcMieiU : fexaavatioa des gtlerles ou rarracbsncAi dea pilien^
276 CHAPITRE lil. — vil*. SECTION.
il est admis dans un espace recouvert d'une double rondelle en tissu métallique très-serré, qu'il est obligé de traverser avant d'arriver i la mèche. Le oine est une pièce d'une forme, suivant Texpression de M. Combes , à peu près semblable è celle d'un pavillon de *eor dont ia grande base reposerait sur le réservoir et qui serait coupée à la hauteur du porte-mèche; son diamètre est d'raviron deux centimètres; il sert à maintenir en place les rondelles ou disques et à forcer l'air d'alimentation à arriver sur la mèche» où il se consume en totalité, en sorte que les parois latérales de la lampe ne contiennent que de l'air impropre à la combustion, ainsi que de nombreuses expériences l'ont prouvé.
Dans le but probable d'absorber une moins grande quantité de lumière, le réseau métallique formant l'enveloppe a des mailles doubles de celles des toiles ordinaires ; ainsi , les tissus adoptés pour ces lampes n'offrent que 100 mailles par centimètre carré » les fils étant asse^ minces pour que les vides soient aux pleins comme 9 : 7. — Quant aux treillis à travers lesquek l'air passe pour alimenter la combustion, celui du disque inférieur a 3K6 mailles par centimètre carré, et les vides sont aux pleins comme 9 : 16, o'est-à-dire 6/2!^*' de vide sur 16/25* de plein.
380* Observations sur la hmpe précéâetUe.
Cette lampe a été présentée en 1835 à la Commission d'enquête de la Chambre des communes. Les expérieno^ faites par cette dernière et celles de la Commission de Liège, qui consistaient à diriger sur la lampe des courants d'hydrogène pur, ont donné la certitude de son entière sûreté» au milieu de tous les mélanges que Toa
peut reMontrer dans les mines. Pendant ces expériencea si décisÎTes, on a vu de petites explosions à l'intérieur de Tenveloppe, mais jamais elles ne se sont propagées au dehors, quoique la toile méulUque fut asses lèche. La lampe de Davy, placée dans les mêmes circonstances et avec un treillis contenant 215 mailles au centimètre carré, n*a jamais résisté à de semblables épreuves, et chaque fois a donné lieu à une explosion assez forte.
La flamme de la mèche étant protégée par un cylindre en cristal , il n'y a plus lieu de craindre que , frappée par un courant d'air ou soumise à l'influence des oscillations, l'inflammation ne se propage au dehors de Tenveloppe. La difficulté qu'éprouve l'air ambiant & pénétrer à l'intérieur , ne permettant pas une combustion trop vive de la mèche ou du gaz, la toile métallique ne pourra s'échauffer assez pour inspirer la moindre crainte. Enfin , si lé tissu métallique se troue, la flamme est protégée par l'enveloppe de verre ; si celui-ci se brise , l'appareil présente toujours un degré de sûreté égal à celui d'une lampe de Davy.
Voici les reproches dont cette lampe a été l'objet : i: Son prix élevé; circonstance i laquelle on ne doit avoir nul égard lorsqu'il s'agit de la vie des ouvriers et de la conservation de la mine; 2**. La fragilité du manchon de cristal, objection qui sera discutée dans l'un des paragraphes suivants; 3*. L'obturation des mailles du treillis que doit traverser le courant d'air , détermine Textinetion de la flamme ; cet effet résulte soit des pous* sières de houille toujours en suspension dans l'atmosphère des mines, soit de l'épanchement de l'huile du réservoir. Or, toutes les fois que l'air est chargé de grisou, la combustion du gaz à l'intérieur du cône élève la tem* pérature de cet espace , l'buile du porte-mèche entre en
578 CHAPlThfi Ili. — vil*. SECTION.
êbulllliôti; Éè t*épa»d sur les disqttes, dont 11 obstf uè lei mailles et prive l'appareil de Toxygène nécessaire h la eombustiôii. 4^ Enfin, le fdible pouvoir éclairant de cet tippët^eil est Un défaut ghtve àuquet les inventeurs des tdmpes suivantes oht ché^ôhé k fiorter remède.
SSl . Lampe de M. du Mesnil (fig. 18 el 19, pi. XXV).
M. du Mesntl a eU poUf but , de même que tous ceux qui l'ont sutvt dans la 6afrière du pe^lbctionnement des lampes de sûreté , de les soustraire à l'influence dangereuse des courants rapides et de les rapprocher paf le pouvoir éclairant des lampes découvertes.
Le réservoir d'huile J^ semblable , pour la forme , è une tabatière rectangulaire, est établi verticalement sur l'Un des côtés de l'appareil ; la mèche est plate ; l'huile y arrive en traversant un tube b placé aU-dessous de la plateforme inférieure. Peux iubes hdducteurs c c , légèrement inclinés du côté de la mèche, ont leur bec recouvert d'uue toile métallique en cuivre d'environ iOO mailles par centimètre carré; ces tubes projettent, ént les dèut côtés de la flamme , Tbir nécessaire à la (^ombustioii à laquelle aucune partie du volume introduit ne peut se soustraire. Le manchon en cristal recuit est ser^é entré ta plàte-fOrnie inférieure et la plate-forme supérieure , qui forme une saillie d^eiiviron deux centimètréà ; il est en outre protégé èontre tes chocs par un certain nombre de barreaux en fil de fer arqilés. trois cylindres en tôle, soudés aa-dessôus dé la plateforme et un quatrième au-dessous du réservoir, servent de pieds à la lampe. Une chemibée , terminée à son ettrémilé supérieure par un orifice rétréci, laisse librement sortir les produits de là combustion; dans ta premiéi^ 'moitié de sa hauteui' se trouve ude double enveloppe ibté-
rieure proloogée de quelques centimètres dans Pintérieui' du manchon de cristal , où elle s*évase en forme de cône. Les expériences de la Commission de Liège ont fait ressortir les propriétés de cet appareil ,• il se comporte, au milieu d*un mélange d'air et de gaz hydrogène , aussi bien que la lampe d'Upton . pourvu , toutefois , que les toiled métalliques , dont les becs des tuyaux adducteurs sont recouverts , aient environ 400 mailles au centimètre carré ; Texplosion se propage au dehors lorsqu*on se sert de toiles de cuivre ayant 215 ouvertures par centimètre carré; enfin 144 mailles d*un tissu en fer , et même 126 dans les treillis de cuivre , suffisent si le mélange est composé d'air et de gaz oléûant d'éclairage. En cas d'abondance de grisou , elle fait entendre un son de cornemuse ou , comme le dit l'inventeur lui-même , elle crie dans le danger. Bien construite , elle offre toute sécurité et procure tous les avantages de la lampe dUpton sans eki avoir les inconvénients. Ainsi on ne doit , en aucune manière, redouter l'influence des courants d'air ou de gaz, même lorsqu'ils passent horizontalement au-dessus de ta cheminée. Elle a l'avantage incontestable de répandre une clarté Comparable à celle de trois lampes de Davy en ne consommant pas beaucoup plus d'huile, ce qui permet de la suspendre à une certaine distance des ouvriers, afin de la soustraire aux chocs de diverse nature. Enfin , elle brûle pendant 8 à 10 heures consécutives sans qu'on ait à s'occuper d'elle , si ce n'est pour remonter deux ou trois fois la mèche pendant cet intervalle de temps.
3S2. Reptoches adressés à la lampe de U. du Uesnil.
' La première objeotton contre la lampe de M. du Mesnil a pour objet Venveioppc de cristal, qui seule, dans cet appareil.
280 CHAPITRE liU — Vn\ SECTION.
produit Tisolement de la flamme et dont la solidité est souvent mise à Tépreuve dans les mines, soit par la chute de la lampe elle-même et par les chocs provenant des éboulements ou des outils du mineur, soit par le refroidissement subit de la surface du mandion soumis à une haute température.. Mais l'expérience a prouvé qu'il est possible de prévenir les chocs par une bonne dispotttion des barreaux de la cage , tout autant du moins que peut Tétre une enveloppe de toile métallique, dont la résistance n'esl pas aussi grande que celle du cylindre en cristal. On a craint, dès Forigine, que le cylindre enveloppe ne résistée pas aux fractures résultant d'un brusque refroidissement que pourrait causer un filet d'eau froide tombant sur le cylindre en cristal préalablement élevé à une haute tem* pérature par la combustion du gaz à l'intérieur. Car, si, d'un côté , les expériences faites à Anzin prouvaient que l'eau projetée au moyen d'une pipette sur le manchon ne peut y déterminer qu'une étoile dont tous les fragments restent en place, d'un autre côté, M. Noeggeratb, essayant ces mêmes lampes dans l'une des mines du district de Saarbrûcken, avait trouvé que la plus petite goutte d'eau tombée sur le cristal suffisait pour le faire voler en éclats ou l'endommageait fortement. Mais la question a été décidée par une longue expérience, et il est actuellement prouvé que cet organe indispensable offre la plus grande sécurité; les cas de rupture sont fort rares, et, quand ils se présentent, les fragments restent en place, et il n'y a aucune communication entre l'intérieur et l'extérieur.
La libre ouverture de la partie supérieure de la cheminée semble offrir une chance de! danger; car, quoique recouverte par un chapeau , elle permet à un courant un peu vif , dirigé en plongeant , de déterminer une oomn^n- Dicatioi) entre l'intérieur et l'extérieur ;; çettç çirconstan^
ÉGLAIBAGE DES MINES. 281
peut se présenter dans l'abattage de la houille ; mais il est probable que les gaz brûlés , refoulés sur la mèche , éteindront la flamme*
Les essais faits par MM. Lorieux , Dumont et Quinet dans les mines d'Anzin font encore craindre Tobturation des tubes adducteurs de l'air par la poussière de la houille, obturation d'autant plus facile que le tissu , étant la seule garantie de sûreté , doit être trés-serré. Cette circonstance se présente souvent lorsqu'on pose la lampe à terre ; mais il suffit y ainsi que l'indique la Commission de Liège , de recourber les tubes au-dessous de la plate-forme.
La difficulté de transporter cet appareil , dont le poids et le volume sont fort grands; l'impossibilité de s'en servir dans les couebes minces, ou en montant et en descendant les échelles , en font un appareil fixe qui , dans ce cas , serait des plus convenables. Comme appareil portatif , il n'y faut guère songer.
Enfin la submersion de la mèche par l'afQuence trop rapide d'huile, quoique la lampe soit portée avec précaution. M. Lorieux , auquel on doit cette observation , pense qu'on préviendrait cet accident si l'on rétrécissait le tube adducteur de l'huile à la mèche.
3S5. Lampe de M. Uueseler^ ingénieur des mines
à Liège.
(Fîg. iO, 11, 12 et 13, pi. XXV.)
Cet appareil participe des lampes de MM. Davy et duMe^nil; il en difiëre toutefois essentiellement , soit par l'^écution , soit par la manière dont s'introduit l'air nécessaire à la combustion. Le réservoir , qui contient de l'huile pour un travail de 14 à 19 heures, le porte-mèche et le
483 CHAPItRE m. — vu*. SECTION.
brochet servant k ajuster la mèche , sont disposés eortinié dans la lampe de Dnvy. Le manchon de cristal occupe environ les deux cinquièmes de la hauteur totale ; il à ses deux exirériillés a^mées de cyh'ndres en fcNblanc; il repose par sa base dans Une cavité annulaire ménagée éui* la surface ftupéHelire du réservoir , dont il est séparé pal" ]è tehotd du cylindre inférieur et avec lequel il est a§se2 iDtifnethent uni pour que les deux objets ne se séparent pas pendâtot te nettoytige. tin tube conique en tôle, sefVant de bheminée, conduit au dehors les produits de là combuétioti et le^ isole du courant d'air nécessaire fi fatimentation de là flamme; il traverse une rondelle étï ga£ métallique âVec laquelle il est lié par un fil de fér fortement serré. Cette rondelle est fixée pâl* sa eii'conféi'ence enti*ê Târthàhire supérieure et un anneau élastique non feritié qui là presse intérieurement. Le cylindre, en toile métallique couronné d*une calotte en cuivre rouge comme dans leâ lampes ordinaires, est enveloppé, k sa partie infSîriéttre, d'un tronçon de cylindre de même métal ; il est miini d'un rebord horitontal au moyen duquel il est pod^ibte de l'assujettir suf t<i manchon.
La cage offre deux étages : Tun , tbrnlé dé huit bafredirt verticaux , préserve l'enveloppe en verre ; Tautre , n'en possédant ^ue quatre légèrement indlinè) vers l'axe , éM destiné à garantir la toile métallique. Les barreaux sont rivés sur un disque annulaire commun aux deux étages. Lorsqu'on visse la cage sur le réservoir , on presse simultanément , entre celui-ci et le disque intermédiaire, le manchon , seé armatures , la rondelle métallique et lé rébord du cylindre attaché à l'enveloppe métallique , en sorte <](ijé l'on intercepte toute communicatloni entre l'iâtérieur et l'extérieur de la lampe.
L'air nécessaire à la combuâtioff It^avehië suécesslVetTicnt
lé cylibdre et la rondelle en treillis métallique ; descend Ûûtis Tespiice annulaire côtnpris entre la cheminée et les p^rôii du lUànchôri de cristal ; plonge sut* la mèche , oû il alimente h combustioh, et, enfin, s*élève, lorsqull est htulè, suivant l'axe de la lampe, s'engage dans la che- Irf triée, sert par leâ trous du chapeau et les mailles les plds élevées du tissu métallique , et se répand dans i*atfalosphèré.
Cette lampe pèse environ 1 kilogramme , c'est-è-dire i k i hectogrammes de plus que celle de Davy. Le l'apport du pouvoir éclairant de ces deux appareils est coiiimfe 2.8 î 1,
^H4. AvaMage$ et inconvénients de cette laMpe.
L*at^parejl de M. Atueseler, qui, par ses dimensions,
^*^t aussi portatif que celui de M. Davy, présente tous
'^s avantages des deux dernières lampes décHtes. Ainsi ,
9^oit[ii^ donnant un peu moins de clarté que celle de
^' du Mesnil, elle éclaire cependant fort bien; elle ne
f^^^ ressentir l'influence d'aucune espèce de courant et
^^ soumise à aucun des inconvénients signalés ci-dessus.
J* ***^ plus fi redouter rexlinciion subite de la flamme
^^^Hcfassemed! des toiles métallioues, des rondelles
. ,J^^^ tubes adducteurs. Les treillis ne se chargent pas aussi
^^^eiit de poussière que ceux de l'appareil de Davy,
^^r eonséquent , n'exigent pas un nettoyage aussi fré-
. ^^ De même que toutes les lampes fi enveloppe de
^ï, celles-ci offrent une économie très-grande sur la
^^îtê d'huile consommée , surtout lorsqu'elles sont
^^^es i l'influence d'un courant d'air , comme cela arrive
I ^ Féclairage des ouvriers chargés du transport daris
^^iie. Comparativement à la lampe de Davy, l'éco-
384 CHAPITRE m. — vu*. SECTION.
nooiie provenant de ce chef a été de 1/6*. à la houillère de TEspéraoce et de i/8*. aux mines des ateliers deSeraiDg*
Quant à la sécurité , elle fait plus que de remplir les conditions auxquelles elle est appelée à satisfaire, puisque, plongée dans une atmosphère explosive d'air et de gax hydrogène pur, elle ne communique pas l'explosion ao dehors , même lorsqu'elle est privée de son cylindre métallique, ce qui ne peut s'expliquer, comme le dit le rapporteur de la Commission de Liège , « que par l'èpan- » chement d'une fraction des produits de la combustion » autour de la partie inférieure de la cheminée, épan* » chement qui aurait suffi pour rendre inexplosif le mé- » lange d'air et d'hydrogène arrivant sur la mèche. »
Lorsque cette lampe est plongée dans un milieu contenant du gaz inflammable, la flamme s'allonge et s'éteint presque immédiatement après. Cet effet remarquable est dû à la disposition de l'appareil, qui fait arriver par le haut l'air nécessaire à la lumière. En effet, lorsque le grisou contenu dans l'enveloppe entre en combustion , les produits gazeux qui se forment en grand volume, n'ayant pas tous le temps de s'échapper par la cheminée, restent en partie dans le cylindre, se mêlent avec le courant d'air affluant du dehors et rendent celui-ci de plus en plus impropre à l'alimentation de la flamme , dont l'allongement progressif annonce la présence du danger. Pendant ce temps, l'acide carbonique qui se dépose à la base du cylindre en cristal s'y accumule et provoque l'extinction de la mèche dès que son niveau est assez élevé. Cette circonstance doitelle être considérée comme avantageuse oo désavantageuse? Quelques personnes se plaignent de ce qu'elle ne leur laisse pas le temps de vérifier l'état de l'atmosphère et de constater la présence du grisou ; mais un bien plus grand nombre pensent que cette extioetioa , bien
ÉCLAIBAOE DES MlNfiS. â8!i
loin de mériter des reproches, doit inspirer toute con* fiaoee; car la lampe, en s'éteignant, au lieu de laisser remplir son cylindre de gaz enflammé, force l'ourrier ioaUentif ou imprudent à se retirer au moment même où le danger devient imminent. Ils pensent aussi que ceUê exquûe senHbiliié, suivant Texpressioo de M. Jobard , est une garantie dans le cas d'une invasion subite de gaz dans Tatelier d'arrachement.
La flamme 8*éteint encore lorsque la lampe se trouve dans une position inclinée; car alors les produits de la combustion, cessant de s'élever dans la cheminée, se répandent dans Tespace circonscrit par le manchon en cristal et empêchent toute combustion. Dès que cet accident arrive , l'ouvrier, qui s'en aperçoit assez promptement, souffle sur la mèche à travers le tissu métallique et ranime la flamme mourante. Dans les mines de la province de Liège on a dû établir des ateliers où sont rallumées les lampes éteintes ; ces dernières sont en assez grand nombre pour que l'on doive employer trois ou quatre jeunes ouvriers constamment occupés à les transporter de ce lieu aux chantiers , et réciproquement.
L'ombre portée par le cercle intermédiaire de la cage , et plus encore la nécessité de tenir la cheminée à une faible distance au-dessus de la mèche, afin d'isoler le courant ascendant et de le séparer de l'air propre à l'alimentation, déterminent une zone lumineuse de petite hauteur, inconvénient grave, surtout dans les grandes galeries, dont die n'éclaire qu'une faible partie. Tels sont les résultats des expériences faites i Anzin, à Rive-dn-6ier et à la Graode«Combe.
Enfin, la flamme s'éteint dans un courant ascendant rapide ; ainsi , dans les mines du Couchant de Mons où les ouvriers descendent aux échelles , on en a observé Textine*
âd6 CHAPITRE m. — Vfl''. d>lON.
tioQ presque constante dans ee parcours aus^i 4ang^r(3q)( que long (3 à 400 n)ètres),ce qui, d^ps lorigîne, inspjr rait des craintes d'accidents , non confirmées par l'expén^ncç,
Quoi qu'il en soit , on s'est constamment servi de eett^ laffipe dans les mines & grisou de la province de J#iég9 depyis le commencement de 1 841 ; elle a dope çp s^ fj^v^iir pne longue pratique pendant laquelle ont été pleipppnent justifiées les prévisions de la Commission de Lii^f , qui l'avait « unanimement considérée comme f^upi^sapt ^ un » plus haut degré que toutes celles essayées jusqp*ici |j$p .>r conditions essentielles d'une bonne lampe d^ sûreté^ ^ Toup lâs hommes de l'art ont ultérieurement r9tiQ4 Q^ 9rr^ ^ h regardent comme la plus propre à l'éclairage ie^ mine^.
C'est ici le lieu de parler des lampes de sûreté destfoéeii à l'éclairage fixe des chambres d'accrochage , qui fpr^ en usage à la mine de l'Espérance, h iSeraing, peu ^pré^ l'introduction des lampes Mueseler. Cet appiaireif, d'un ^s^ gr^nd volume et dont le pouvoir éclairant éqpivi|ll|t k c^lni d'une bonne lampe astrale , est une combipaijion de$ ly^ tèmes de MM. Mueseler et du Mesnii. De même que Ia lampe de ce dernier, elle a une mèche plate manmpvrée ^ l'fiide d'pqe crémaillère ; son réservoir , placé latéralepient , est à niveau constant ; enfin elle est munie d'up réfleçtep^ iep cristpl étamé. Elle consomme un centilitre (0.01 litre) d'huile par heure,
SSS. Lampe de M. Combes^ ingénieur en chef des fnine$ (fig. 22, pi. XXIV).
JLe but dç l'auteur a été de réunir les avantages î|ihéjrifnts aux lampes de MM. Roberts , du Mesni} et Mu^^e)^, ep évitant les inconvénients de ceç divers ays^m^r Ifi
téservoir^ disposé coipooe dans rappsireil de Dayy, e«( couronné d*un rebord cylindrique ; celui-ci est pere4 d'uM série de trous destinés à admettre dans riotérieur l'air nécessaire & Talimentation, Au-de^us de ces trou? $oq( ajustées deux rondelles en toile métalliqqe de 150 à 300 mailles qu çentiniètre carré ; le coujraqi doi( tes traverser pour ^ rendre soqs i|n disque çm^ouii en forme de pavillon de cor i mvini d'une ouverture circulaire qpi epn* ceptre la totalité de l'air dans le voisinage de la flaioqie, La cage est foripé^ ()e flh tringles yerticalps qs^mblées sur deux viroles ; le ipanchon en cristal s'appuie sur U virole inijérieure avec interposition d'une rondelle eq drap ou en cuir. La partie supérieure de l'appareil se conipoçe (l'un trejUis protégé par six tiges en fil de fer ; à /^ ba^e se trouve uoe rondelle en tissu métallique portant à son centre un tuyau ou cheminée en cuivre propre à aeUver le tirage et l'aspiration de l'air du réservoir. C'est par les mailles de cette rondelle q.ue s'échappent les gaz impropres à la combustion ; comme ceux-ci ne peuvent s'accumuler dans l'espace compris entre le tuyau et l'enveloppe en cristal , jl est permis d'imprimer à la lampe des oscillations un ppu vive^ sans provoquer l'extinction de 1^ flamme.
L^ e^périeqcea dont cette lampe a été l'objet dans les arrondissements d'Alais, de Rive-de-Gier et de Saint- Etienne ( 1 ) ont cjonné les résultats suivants :
i*w Soumise à de fortes et persistantes incliDaisops » çlle n^ s'éteint pas ; il en est de même lorsqu'elle est exposée è un eourant d'air très-vif.
^. La elarté d'une )ampe dans laquelle la somme des sections des puvertMres (l'entrée de l'air est de huit cen»
(1) AnnaUi des Minei^ tome YIl, p. 37e, ei tome IX, p. ÎQA^
288 CHAPltRE III« — VU*. SECTION.
timètres carrés a été jugée supérieure à celles que donnent les appareils de MM. Davy et Mueseler ; elle est d'ailleurs toujours suffisante pour permettre aux ouvriers de produire le maximum de travail.
3"". L'enveloppe en cristal est noircie par la fumée, mais l^èrement et à sa partie supérieure seplement.
4\ Sous le rapport de la sûreté, hi lampe s'est toujours bien comportée au milieu des mélanges les plus explosifs que contenaient les mines où l'on a expérimenté.
Mais on peut craindre l'épanchement de l'huile sur les disques du réservoir et, par conséquent , l'obstruction d'un certain nombre de mailles, car, dans ce cas, la lampe fume et le cristal est promptement noirci. On a observé que , dans les ateliers chauds et mal ventilés , la clarté faiblissait lorsque d'autres appareils conservaient encore une lumière assez vive. Le réservoir, contenant de l'huile pour 7 i/2 à 8 heures, n'a pas été jugé assez spacieux.
5S6. Lampe de M. Boiy^ directeur-gérant du Haut'Flénu (fig. 21 et 22, pi. XXIV).
Cette lampe ressemble assez, au premier abord, à celle d'Upton et Roberts , dont on aurait soulevé le tissu métallique pour en lier la base avec la partie supérieure du cylindre en cristal , qui , dès lors , se trouve entièrement démasqué.
Le réservoir à huile est surmonté d'un socle , ou bague en cuivre rouge percée d'un assez grand nombre de trous et disposée de telle façon que sa partie supérieure corresponde avec la base de la flamme. Au-dessus est ajusté le cristal-enveloppe , couronné d'un tissu métallique contenant 265 mailles par centimètre carré. Les ouvertures pratiquées dans le socle ont même section que les mailles du treillis cylindrique.
Ces ouvertures , que la totalité du courant d*air est censé traverser pour alimenter la combustion , remplissent fort imparfaitement la fonction qui leur est attribuée; c'est ee dont il est facile de se convaincre au moyen d'une expérience fort simple : il suffit d'obstruer alternativement, avec deux lames de papier d'inégale largeur , d'abord les trous de la bague, puis le cylindre en toile métallique* Pendant la première partie de l'opération , l'alimentation de la flamme ayant lieu exclusivement au moyen de l'air affluant à travers le treillis , on n'observe aucune diminution dans l'intensité de la lumière. Mais , dans la seconde partie et pendant que l'air , pour être admis à l'intérieur , doit traverser les orifices ménagés dans le socle , si la flamme ne s'éteint pas , elle s'affaiblit tellement que la clarté en est presque nulle. Ainsi cet appareil à courant descendant n'est, en' définitive, qu'une lampe Mueseler dont on a supprimé la cheminée intérieure.
Toutefois, cette lampe s'est toujours bien conduite dans les divers mélanges où elle a été plongée; seulement, lorsqu'on l'a exposée pendant un certain espace de temps à un courant d'hydrogène pur, l'inflammation s'est communiquée au dehors après que la toile fut arrivée à la chaleur rouge. Mais il n'est pas nécessaire qu'une lampe, pour être de sûreté, résiste à des courants de ce gaz , dont on ne trouve pas la moindre trace dans les mines et dont, comme le dit M. Cauchy, « il n'est guère possible d'admettre la production au sein » d'une matière aussi riche en carbone que la houille. >» On peut donc regarder cet appareil comme satisfaisant aux exigences de la plupart des mines à grisou. Si la suppression de la cheminée et du disque auquel elle est attachée n'est pas, sous le rapport de la sûreté, une inspiration très-heureuse, cette disposition offre cependant TOME II. 19
390 CHAPITRE m. — .VH^ SECTION.
l'avantage de ne déterminer rextihction de la flamme , enveloppée d'une atmosphère détonnante, qu'après la laape Mueseier^ en sorte que Fouvrier, prévenu de la ppéaeoflO du danger, peut s'édairer en se retirant, et , s'il persiste A rester dans le milieu. détonnant, la mèche s'ételndn av^nl que le eylindre soit arrivé h l'état d'jndandesoeoce et , par conséquent, avant que l'inflammation puisse se propager au dehors. L'intensité de lumière de la lampe Bpty est plus grande que celle de M. Mueseler, à eause de la suppression- de la eheminée; en outre, elle ne s'éleiot pas lorsqu'on Tincline aocideatellement. Son poids est de 760 grammes.
Si les ouvertures, d'ailleurs inefficaces, du socle sent innocentes par elles-^mémes, elles n'en sont pu moins indirectement une cause de danger. En effet, on s'est aperçu , dans le district de Gharleroi, que des ouvriers, dans le but de se procurer une lumière plus intnnM, avaient cherché à les agrandir avec la poiole de leur couteau. Si ce fait, constaté par M. l'ingénieur Joobanis, n'était isolé , il deviendrait urgent d'exiger la suppreaaion de ces orifices.
3S7. Lampe dé M. Êloin , officier des mines , à Namiir.
Cet appareil est représenté par les Ggures 16 et 17 de la planche XXV. Entre le plateau supérieur du réservoir et la base du manchon de cristal se trouve un cylindre percé de six ouvertures rectangulaires fermées par un tissu métallique à travers lequel pénètre l'air des* tiné à lalimentation de la flamme; celui-ci est dirigé sur )a mèche , où il se consume en totalité au moyen d'un
ÉGLAIRAOF DES WNfiS. * '991
eAne analogue à celai de la lampe d'Upton eC Robeits. Le cylindre en cristal offre , à sa partie eitérieure, une courbure concave destinée à disperser les rayons lumineax dans l'espace; sa base est liée avec une cheminée en enivre dont la partie supérieure est percée de' trous par lesquels s'échappent dans l'atmosphère les produits de la eorabustien. Un réflecteur en enivre, désigné par M. Éloin sous le nom de cutroiae, glisse sur les barreaux de la cage et se place à volonté au-deSsus ou audeaaous de la flamme, afin d'éclairer par réflection le 8<4 ou le toit des excavations.
MM. de Hemptinne et Staa, auxquels' l'Académie royale de Belgique avait confié le soin de soumettre cette lampe à. des essais qui pussent en faire apprécier le mérite, ont trouvé qu'elle jouissait des propriétés suivantes : Ptoegée dans l'hydrogène protoearboné, elle s'y conduit aussi bien que la lampe Mueseler et résista à l'extinction plua longtemps que oette dernière , ce qui^ dans les cas ordinairee, ne peut être considéré comme un défaut, car tm excès de sensibilité, donnant des garanties plus que suiBsantes contre l'inflammation du grisou, engendre des dangers d'une autre espèce, en privant les ouvriers des moyens de se guider au milieu des travaux; une notable partie des gaz qui pénètrent dans l'appareil en sortent sans être brûlés, ainsi qu'-on le prouve en approchant ane bougie du sommet de la cheminée. Si Ton dirige un Jet d'hydrogène protoearboné sur la toile inférieure, la eombustion aura lieu dans la cavité située au-dessous de la mèehe et autour de celle-ci ; de petites détonations se produiront ft l'intérieur du verre , mais la flamme ne se propagera pas au dehors.
La cheminée en cuivre plein est un perfectionnement fort avantageux en ce que, substituée aux toiles métaU
liques , elle ne peut être , comme celles-ci , déchirée au écrasée aussi facilement; en outre, l'imperméabilité de cet organe ne permettant pas à l'air extérieur de s'introduire latéralement, les gaz ne s'enflamment que partiellement dans la lampe, ou, tout au moins, ils ne peuvent continuer à brûler après l'extinction de la mèche , phénomènes qui peuvent avoir lieu avec les lampes Davy, Mueseler et Boty, ainsi que l'ont constaté MM. de flemptinne'et Stas.
Cet appareil, qui n'a que 0.235 mètre de hauteur, jouit de l'avantage d'être fort léger , puisqu'il ne pèse que 600 grammes. Mais son réservoir est moins grand que celui de la lampe Mueseler, dont elle n'offre pas la solidité. Gomme elle n'a pas de cheminée intérieure , son pouvoir éclairant est plus grand que celui de la précédente , et celui-ci est encore augmenté, tant par la courbure extérieure du cylindre en verre qui disperse^ vers le sol et le faite des galeries , des rayons lumineux ordinairement perdus , et contribue ainsi à éclairer ces diverses parties , que par la cuirasse ou réflecteur tendant à augmenter l'intensité des rayons projetés sur le sol des excavations.
Les reproches adressés à la lampe de M. Éloin sont : sa disposition à fumer plus que les autres lampes, lorsque la mèche est trop longue , et sa tendance à s'éteindre lorsqu'elle se trouve sous l'action de courants d'air horizontaux ou verticaux de quelque énei^ie , ou qu'on la porte en lui imprimant un balancement un peu trop vif. En outre, il semblerait résulter d'expériences faites dans quelques houillères du district de Charleroi , par MM. les officiers des mines , que cet appareil ne s'est pas toujours très-bien comporté.