‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles;Chapitre 32 sur 324 · Réparation dw outUs · texte numérisé non relu

Réparation dw outUs

Pour reformer la pointe de cent pics ou de cent hâvercsses it iaut :

4 i/1 beures de forgeron k fr. 2.80 . • fr. ÎM

Charbon, 10 kilogrammes •••«••» 0.10

fr. i.5S

Aciérer 18 fleurets :

Aeier, S kilogrammes à fr. 1.SÛ . • . fr. 2.40

Houille , 27 kilogrammes • » 0«27

1lain-d*oraTre , 4 i/4 beores » i.28

fr. 3.92

Chaque pièce revient à fr. 0.21 ou 0.22. Rendre Tacuité du tranchant à 100 fleurets :

Gbarbon, 42 kilogrammes ...... fr. 0.i2

12 1/2 benres d^un forgeron • 9.18

fr. 5.90

Ou 3.9 centimes par fleuret.

Refaire les tranches de 18 fleurets :

Charbon, U kilogrammes fr. O.U

2 heures 35 minutes d*un forgeron • • » 0.70

fr/ 0.W

Soit 4 2/3 centimes par pièce.

774. Obéervatîona sur les différentes méthodes usUées dans la détermination du salaire relatif à la fabrication et à la réparation des outils de mine.

La confection des nouveaux outils et la réparation des anciens donne lieu è trois systèmes de rémunération , dont le choix dérive des circonstances et des usages locaux.

Ces travaux peuvent être exécutés par des ouvriers travaillant à la journée , ainsi que cela se pratique dans la fdupan des mines Belges. Les outils dérivant de ce procédé de Aibrication ont une forme constamment appropriée è Teffet qu'il ^agti de produire; la construction en est solide et il est possible de leur donner toute l'uniformité désirable. Mais ce mode est sujet à tous les inconvénients l^ttltanl des travaux à la journée ; leur prix est plus élevé que celui des mêmes ouvrages exécutés à forfait , et , lorsque les puits sont séparés les uns des autres par une asses grande distance, les foi^rons doivent se déplacer sans cesse, à moins que les outils ne soient réunis chaque Jour dans une forge centrale , ce qui occasionne alors des frais de transport assez notables.

L^exploitant peut, mettre en adjudication, pour un temps déterminé et pour une somme convenue , la confection et la réparation des outils, après avoir fait un inventaire de ceux qui existent et qui doivent être représentés lorsque le contrat cesse d'être exécutoire. Ce mode , qui simplifie coiisidérablement les comptes et offre de l'économie , exige une surveillance incessante de la part des employés de la mine , si l'on veut obtenir des outils solides et convenablement proportionnés. Il est généralement appliqué aux mines du Nord de l'Angleterre , mais seulement pour les réparations des outils , ordinairement

déduites du salaire des liaveurs. Li , un forgeron et son frappeur font le service simultané de plusieurs mines dont ils entreprennent le travail à forrait. Mais si l'extraetion est considérable , l'exploitant juge plus convenable d'établir le forgeron à Tintérieur de la mine , afin de se soustraire ii l'obligation d'extraire les outils et de les redescendre chaque jour dans les travaux. Tel est le système usité a la mine de Heltoo , où chaque jour prés de 2000 hâveresses doivent être appointies et réparées.

L'adjudication peut encore se faire d'après un tarif contenant l'énumération de tous les ouvrages auxquels les outils donnent lieu^ avec la désignation des prix qui s'y rapportent ; chaque jour un employé prend la note de ce qui a été fait par le forgeron , pour en déduire le salaire après un certain temps donné. Une exposition plus détaillée de ce système fera le sujet du paragraphe suivani*

Enfin, l'exploitant peut laisser aux mineinrs la propriété des outils, de même que le soin de les réparer. Dans ce cas , leur intérêt est de les ménager , mais armés fréquemment d'instrumens en mauvais état ou mal construits, le travail s'en ressent et naiurellement ils deviennent plus exigeants quant au salaire. Le plus convenable semble de les leur fournir à un taux modéré et de leur en retenir le prix ; ou bien , comme cela se pratique dans les mines du Centre (Hainaut), de n'en fournir de nouveoux que sur la présentation des anciens, en laissant à leur compte les frais de réparation.

Quand un établissement se charge de la fourniture et de la réparation des outils , l'ouvrier se préoccupe peu de leur conservation et les détériore de plusieurs maiiicres ; c'est ainsi que quelquefois par pure nonchalance, pour ne pas se baisser et ramasser un levier, il prend sa havercsse ,• en introduit le fer dans les fissures ,

brise fréquemment eelui-ci et presque toujours le manche ; comme d*ailleurs les outib remontent au jour tous ensemble , on ne sait à qui attribuer le méfait. Pour remédier à ces coûteuses pratiques , il convient d'attribuer un numéro d'ordre a chaque ouvrier ; ce même numéro est imprimé sur chacun des outils qui lui sont confiés et dont la note est conservée. Il est dés lors facile de reconnailre et de punir le haveur qui les détériore par n^ligence et pour toute autre c^mse dépendant de lui seul.

Dans quelques mines bien organisées de la province de Li^c, les ouvriers, lorsqu'ils entrent dans la mine et qu'ils en sortent , prennent avec eux leurs outils réunis en faisceau à Taide d'une courroie. A rorifice du puits se trouvent une série de cases numérotées , où ils placent leur trousseau ; chaque jour le forgeron passe l'inspection des instruments , les répare , substitue des neufs à ceux qui sont usés, etc.

775. Confection et réparation des outils dans le district de la Ruhr.

Les opérations de ce genre donnent toujours lieu à des entreprises spéciales. Le salaire est déterminé, soit d'après un tarif renfermant toutes les catégories de travaux et indiquant les prix relatifs aux poids des pièces ou à leur nombre , soit d'après l'extraction et en rapport^mt cette valeur è une unité déterminée (100 sciieffels ou 54 hectolitres), soit d'après le nombre des journées de haveurs, de traineurs et d'ouvriers accessoires occupés à l'intérieur.

Ces adjudications se font au rabais et pour un laps de temps déterminé. Le forgeron , comme garantie de l'exé-

84 CUAPITRB VU. — 11*. SECTION.

cuUon du contrat intervenu entre hn et l'esqfiloîtuit , fovmit une somme d'argent ou présente eomme caution une tierce personne solvable. Il est chargé de la ferrure des vases, de la confection de tous les outils et instruments nécessaires à Texploitation , de la réparation du matériel , des machiBes à vapeur et souvent même des chaudières.

Au moment de son entrée en fonction, il est dressé contradictoircment un inventaire du matériel établissant le nombre, le poids et le prix des divers objets. Puis, 4 l'expiration du contrat , un nouvel inventaire fait connaître l'accroissement ou la diminution du nombre de pièces et leur plus ou moins value; l'entrepreneur reçoit alors une indemnité ou est astreint à payer la différence, s'il y a lieu.

Pour le soustraire autant que possible aux intdélités , te eontre-mahre de la mine (Steigêr) lui remet une Usie du peraonnel et du nombre d'outils dom chaque ouvrier est appelé à se servir. Il le prévient toujours en temps utile de l'époque où les mineurs quiUent l^élablissement et n'autorise le paiement de leur salaire que sur la présentation d'un certificat constatant leur entière libération à son égard. Les outils neufs ne sont d'ailleurs fournis que sur la présentation des anciens ou sur un ordre formel du eontre-maitre.

L'entrepreneur doit se conformer, quant à la forme et au poids des outils, aux modèles déposés chez les fonctionnaires du district. Les pièces forgées contrairement aux règles établies sont refusées , et si les circonstances le réclament, il est permis à l'exploitant d'en faire venir d'autres aux frais du forgeron. Les armures des vases de transport et d'extraction sont pesées en présence du contre-maitre ou d'un autre employé supérieur. La pose d'un objet de cette espèce sans un contrèle préalable peut donner lieu

OUTILS. bS

& son enlèvement, k un nouveau pesage et à son replacement sans indemnité.

Le forgeron doit exécuter les commandes de la mine dans les 24 heures, si toutefois ces commandes n'excèdent pas» par leur importance, la valeur des dix plus grosses pièces inscrites dans le tarif. La lenteur ou ta négligence dans 1q travail autorisent Fexploitant à réclamer le secours d'un autre ouvrier aux frais de rentreprenéur.

Comme ce dernier travaille dans son propre atelier, c*est4-dire à )ine distance plus ou moins grande de Tétablissement , il prend ordinairement à son compte le transport des outils neufs et des vases nouvellement ferrés , et laisse à l'exploitant le soin des objets soumis aux réparations, à moins que la distance à parcourir n'excède une demi*lieue.

Le forgeron se charge de tous les vieux fers ; il les revend pour les deux tiers de leur valeur, à Texception toutefois -des vieilles tôles de chaudières.

Enfin , la note des travaux exécutés dans le cours du mois est tenue en double et d'une manière symétrique par lentrepreneur et par les employés de la mine. La comparaison de ces notes et leur vérification est immédiatement suivie du paiement du salaire mensuel.

Le système exposé ci-dessus est généralement mis en usage dans toutes les exploitations de l'Allemagne.

Voici , pour les mines de la Ruhr , le nombre des pièces qu'un ouvrier et son aide peuvent forger en une journée de travail :

4 & l( masses.

8 grands coins.

6 à 7 marteaux.

10 petits.

8 pics.

8 grands leviers,

8 liaTeresses.

11 boorroirs.

11 pics d^cntaille.

14 curettes.

17 à 18 pointeroUes.

10 à H fleurets.

4 à 8 leviers à pointe.

CIIVIMTnE vu. — II*. SECTION.

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