‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 19 sur 106 · ACTE COFDLATEDB CHEZ LA FEHHE. j · texte numérisé non relu

ACTE COFDLATEDB CHEZ LA FEHHE. j

2° De la volupté qui chez elle, comme chez l'homme, complète l'acte copulateur.

L'intromission de la verge dans le vagin n'impose à la femme qu'un rôle entièrement passif ; la conformation de ses organes la dispense sous ce rapport de toute préparation antérieure, et pour accomplir cette partie de l'acte, elle n'a besoin ni d'excitation vénérienne, ni de désirs erotiques ; il suffît que sa volonté s'efface et livre sans opposition l'appareil copulateur. Mais il n'en est pas de même pour la volupté qu'elle doit trouver dans le coït ; ici sa volonté, à défaut de i'instinct, est nécessaire pour faire naître les désirs vénériens et rendre le plaisir à la fois plus vif et plus complet ; ensuite ce plaisir est, comme chez l'homme, le résultat d'un mécanisme dont les troubles correspondent à des états morbides qui devront m' occuper plus tard.

Je dois donc ici, à l'exemple de cequej'ù fait pour l'homme, examiner ce mécanisme au repos et eu activité.

L'appareil sensuel chez la femme est analogue & celui de l'homme, et le mécanisme de l'un est entièrement identique avec celui de l'autre.

Le gland du clitoris, la partie la plus sensible de tout l'appareil, est mis en relation avec les deux bulbes au moyen d'un réseau veineux appelé réseau intermédiaire.

Les deux bulbes du vestibule, placés sur les parties latérales de l'entrée du vagin, sous le* branches de l'arcade pubienne, ont non-seulement la même fonction que le bulbe de l'homme, mais encore ils activent la copulation en resserrant l'entrée vaginale, et par conséquent en comprimant la verge.

Ce double effet est obtenu au moyen du muscle constriclor cunni, qui, malgré ta confusion dans laquelle sont tombés beaucoup d'anatomistes, est l'analogue du muscle bulbo-ca- Temeux chez l'homme.

1& PHYSIOLOGIE DE l'eSPÈCE.

Je ne reviendrai pas ici sur le mécanisme de l'érection qui m'a occupé dans le paragraphe précédent ; il est exactement le même chez la femme ; seulement je dois ne pas laisser dans l'ombre une circonstance heureuse pour le développement de la volupté chez elle, circonstance depuis longtemps signalée par Lieutaud, quand il disait : « Le clitoris n^a point la direction de la verge; il se porte dans un sens contraire, c*est-èdire de haut en bas, sans qu'il puisse se relever dans son action (1). » Cette direction du clitoris, déterminée par les éléments anatomiques qui l'entourent, en déjetant son gland au devant du rebord supérieur de l'entrée vaginale, augmente les frottements que la verge est appelée à exercer sur l'organe le plus sensible de l'appareil génital chez la femme, et accroît par conséquent chez elle la somme des voluptés qui lui est dévolue.

Le vagin, quoique moins bien doté que l'appareil dont je viens de parler, est cependant pourvu d'un tissu érectile qui rampe dans toute sa longueur, entre les diverses membranes qui le constituent. La partie la plus étroite de ce conduit se trouve à l'entrée, circonstance remarquable au point de vue du plaisir chez l'homme et chez la femme. Enfin, la volupté de cette dernière est encore augmentée par la présence des poils qui garnissent le mont de Vénus, et dont l'influence sur la sensibilité de cette partie n'avait pas échappé à Ca» rus (2).

§ m. -» Copulation.

Après avoir établi, dans les deux paragraphes précédents^ le mécanisme au moyen duquel chaque sexe est rendu capable

(1) Lieutaud, Essais anatomiques, vol. II, p. 310. (2j Carus, Physiologie, vol. III, p. 55.

COPCLATION. IS-

d'accomplir ptiysiologîquement l'acte de la copulation, il nous faut maintenant assister à leur rapprochement et nous rendre compte des phénomènes locauï et généraux qui accompagnent, chez l'homme et chez la femme, cette mise en commun de leur orgasme vénérien.

Étudié dans la sphère des organes copulateurs, c'est-à-dire examiné dans les phénomènes purement locaux, le coït ne peut avoir lieu qu'après une période de préparation pendant laquelle les organes des deux sexes entrent en érection sous l'influence de l'éréthisrae vénérien. Ouand le membre viril pénètre dans le vestibule, le gland du pénis vient heurter le gland du clitoris qui, placé & l'entrée du canal copulateur, peut céder et se fléchir & la faveur de sa position et de l'angle que fait son corps. Après cette première excitation des deux foyers sensitifs, le gland pénien glisse sur le rebord des deux bulbes, par un mouvement brusque et saccadé ; le collet et le corps du pénis sont embrassés par la saillie de ces bulbes ; le gland, au contraire, qui s'est avancé plus loin, est en contact avec la surface fine et délicate de la muqueuse vaginale, rendue elle-même élastique par la doublure que lui constitue le tissu érectile que j'ai dit ramper entre ses membranes. Cette disposition, en permettant au vagin de se mouler sur le volume de la vei^e, augmente encore la turgescence, et par conséquent la sensibilité du clitoris, en forçant le sang, chassé des parois du vagin, de se rendre, en partie du moins, aux bulbes du vestibule, & travers les veines émissaires dépourvues de valvules, et de parvenir ainsi, d'une manière médiate et directe, jusqu'au clitoris. A son tour, la turgescence, et par conséquent la sensibilité du gland pénïen est accrue par l'action compressîve du tissu vaginal de plus en plus turgescent et par celle des deux bulbes du vestibule.

De plus, le clitoris, abaissé fortement et porté à la rencontre de la face dorsale du gland et du corps de la verge, par la

16 PHYSIOLOGIE DE L*£SFÈCE.

portion antérieure du muscle compresseur, subit de la part du pénis et lui inflige à son tour des frottements voluptueux, de sorte que chaque mouvement de co[)u1ation influe à la fois sur les deux sexes, et concourt, au point culminant de cette excitation mutuelle et réciproque, à amener d'un côté réjaculation et de l'autre la réception de la liqueur séminale dans Touverture béante du col de la matrice.

On s'est demandé — et beaucoup de sérieux esprits ont abordé ce problème — auquel de l'homme ou de la femme revenait la plus grande somme de jouissance dans ces moments de suprême ivresse. Comme toutes les questions reposant sur des bases essentiellement variables et relatives, celle-ci a reçu les solutions les plus contraires; eu {)résence, en effet, de toutes les circonstances qui influent sur le sens génital, je ne sais s'il est possible de résoudre à priori un semblable problème.

Plus tard, lorsque j'étudierai l'influence du tempérament, de la constitution et d'une foule de circonstances tant particulières que gén<'rales sur le sens génésique, on se convaincra que, si la question de la diflerence de volupté entre les deux sexes n'a pas encore reçu une solution convenable, ou se convaincra, dis-je, que la question est insoluble au milieu de toutes les conditions diverses dont on ne peut faire une abstraction entière ; et cela est si vrai, qu'il est très-difficile de dresser le tablciiu exact et complet des phénomènes généraux qui accompagnent le coït : tandis que chez l'un la volupté se traduit par quelques tressaillements à peine sensibles, elle atteint chez l'autre le paroxysme de l'exaltation tant morale que physique. Les nuances, entre ces deux états extrêmes, sont infinies : la circulation s'accélère, les artères battent fortement ; le sang veineux, arrêté dans les vaisseaux par la contraction des muscles, augmente la chaleur générale, et cette stagnation, plus prononcée au cerveau par la contraction des muscles du cou et

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