‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 120 sur 164 · OBLITÉRATIONS DES É1MD1DY3IES · texte numérisé non relu

OBLITÉRATIONS DES É1MD1DY3IES

reconnues Berzelius, ainsi que M. Gosselin s'en est assuré, dans un cas, avec le préparatenr de chimie à la Faculté de médecine; 3° enfin, le sperme, examiné au microscope, n'offrait, pendant les premiers temps, aucune apparence de spermatozoïdes.

La seconde catégorie, remplie par cinq observations, se rapporte à des épididymites datant de plusieurs années. Chez quatre de ces individus, dont les épididymes présentaient une induration comme dans les faits précédents,, le sperme avait perdu sa propriété fécondante, tout en conservant ses caractères physiques et chimiques; chez le cinquième, l'induration n'a pu être constatée que d'un seul côté, et l'on a trouvé des spermatozoïdes dans la liqueur séminale.

Enfin, ainsi que M. Gosselin l'avait établi dans un précédent mémoire (l), toutes les fois que les épididymites n'ont pas été suivies d'induration, la fonction séminale n'a subi aucun trouble, et des spermatozoïdes ont été vus dans le liquide t'jaculé.

C'est donc à l'existence de cette induration, qui forme un obstacle mécanique à la marche du produit testiculaire, qu'il laut rapporter l'absence des animalcules spermatiques

Cette hypothèse, qui me paraît être l'expression de la vérité n est point infirmée par la persistance des autres circonstances pbysiolooiques de la fonction génitale qui semblent, au prc-' mier abord, lui donner un démenti. Les désirs vénériens et la puissance virile n'éprouvent aucune diminution, parce que la sécrétion testiculaire continue, quoique le produit de cette «ecrétion, au lieu d'être rejeté au dehors par le canal de 1 uret ire, rentre dans l'organisme par la résorption ; le liquide ^^ul. présente les caractères physiques et chimiques qu'il olTie a 1 état normal, parce que ces caractères sont ceux du

aJu^î^r" sciences, séance

UOUBAUD.

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produit delà sécrétion des vésicules séminales; — dans les cas dont il s'agit ici, la liqueur éjaculée est du sperme vésiculairc duquel est complètement absent le sperme testiculaire. —Les considérations physiologiques, placées dans l'introduction de cet ouvrage (1), et relatives au rôle respectif joué dans la fonction séminale par les vésicules et les testicules, permettront au lecteur de se rendre compte des circonstances que J'indique ici, sans qu'il soit nécessaire de m'y arrêter plus longtemps. D'ailleurs, on pourra toujours recourir au travail de M. Gosselin, dont je ne puis, on le comprend, qu'analyser les parties les plus saillantes et les plus appropriées à mon sujet.

Cependant, au nom même de l'intérêt de ce sujet, qu'on me permette de reproduire les conclusions pathologiques que l'auteur a tirées de ses recherches. Cette citation, tout en abrégeant le discours, rendra ma pensée plus lucide, car je partage sur ce point tous les errements de M. Gosselin.

« Cette oblitération, dit-il, occupe le plus souvent la queue de l'épididyme; mais elle peut, à la rigueur, se trouver sur un autre point de cet organe. Comme, à partir de son corps, c'est un conduit unique qui se forme en s'enroulant, il sufht que le calibre de ce conduit s'efface en un point pour qu'il y ait obstacle au passage du sperme.

» Elle n'occasionne pas de douleurs; on voit, il est vrai, des malades qui souffrent longtemps à la suite d'une orchite blennorrhagique; mais je l'ai attribué, dans quelques-unes de mes observations, à un reste d'inflammation au niveau du noyau, car les douleurs étaient augmentées par la marche et les travaux pénibles, tandis que l'éjaculation n'avait sur elles aucune influence. La pression du point induré les augmentait, tandis que les autres parties de l'épididyme étaient peu sensibles.

» Elle n'entraîne pas de changement appréciable pour les malades dans les fonctions des organes génitaux. Si même on

(1) Voyez les pages i\) et suiv.

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voyait, à la suite d'une orcliite, les érections et les éjaculntions diminuer, il faudrait craindre une aflection tuberculeuse, et explorer, à l'aide du toucher rectal, les vésicules séminales et la prostate.

» Quand l'oblitération existe des deux côtés, elle occasionne nécessairement la stérilité; quand die existe d'un seul côté, la fécondation est i)ossible, à la condition que l'autre testicule soit sain

» La durée de l'oblitération est variable. Je suis heureux d'avoir pu démontrer aussi clairement que possible qu'au bout de trois, quatre, ciini et môme de huit mois, elle peut disparaître et laisser libre la circulation du sperme. Je n'ai pas de fait qui me prouve que loblitération puisse disparaître après un temps plus long, mais il n'y a pas de raison pour regarder la chose comme impossible; je ne voudrais môme pas assigner un terme au delà duquel on ne devrait plus compter sur la guérison. Pour obtenir à cet égard des résultats satisfaisants, il faudrait beaucoup plus d'observations que je n'en possède; je compte recueillir avec soin toutes celles que le hasard me permettra de suivre; mais, vu leur rareté et les difficultés inhérentes à ce genre de recherches, il faudra nécessairement un temps assez long. Au point où en est aujourd'hui la question, on peut concevoir cependant que certains individus, après avoir été stériles pendant les premiers mois qui suivent une épididymite double, puissent, au bout d'un certain temps, redevenir aptes à la fécondation (1). »

Les réserves exprimées par M. Gosselin au sujet de la durée des indurations épididymaires ont été confirmées par l'expérience. J'ai vu, pour mon compte, un grand nombre de ces indurations, et j'établis, comme règle absolue, qu'après le

(1) Gos^^lin, Nauvellr. études sur VobUtemUon de, voies spermati^ ques {Archives générales de médecine, sepimihvc 1853).

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sixième mois, l'induration résiste à tout traitement ; le malade, si les deux épididymes sont pris, estpom' toujours stérile.

Cette loi ne souffre aucune exception.

A part cette certitude que m'a donnée une longue expérience, il est impossible de rien reprendre au chapitre que M. Gosselin a ajouté à l'histoire de l'épididymite blennorrhagique; mais au point de vue de ce livre, le cadre est trop restreint, et je dois rechercher si la blennorrhagie est la seule cause d'inflammation épididymaire, capable d'amener l'obHtération de ce conduit, et, par suite, la stériUté.

Hippocrate a noté que les Scythes étaient pour la plupart stériles, et il attribuait leur infirmité à l'habitude qu'ils avaient de monter à cheval. Depuis le père de la médecine, la même observation a été faite bien souvent, et l'on rencontre tous les jours des hommes, cavaliers par état, qui, a^vec les apparences de la plus énergique virilité, sont inhabiles à la fécondation, surlout s'ils n'ont pas l'habitude de soutenir le scrotum dans un suspensoir. J'ai eu Toccasion d'examiner quelques personnes de celte profession, et j'ai constaté sur plusieurs d'entre elles l'induration caractéristique décrite par M. Gosselin. Les chirurgiens des régiments de cavalerie pourraient sous ce rapport donner à la science des renseignements certains ; c'est un intéressant sujet d'études que je leur signale. En attendant des faits confirmatifs plus nombreux, je crois que l'observation d' Hippocrate est vraie, comme à peu près toutes les propositions de ce grand homme, et que l'explication anatomique du phénomène se trouve tout entière dans l'organisation et la transformation fibreuse de la lymphe plastique au niveau delà queue des épididymes, et duc à l'inflammation que finissent par amener, dans ces organes, les frottements et les chocs des testicules contre le pommeau de la selle.

En tirant de ce fait sa conséquence la plus logique, il faut admettre qu'il en est de même de toute inflammation à cause

OBl.irÉRATTONS DU CANAL DÉFÉRENT. OOi

franchement Iraiimatiquc, et, par une nouvelle déduction, on arrive à comprendre dans le même cadre toute inflammation épididymaire, quelle qu'en soit la cause, ainsi que le justifie le fait dont j'ai parlé au début de ce chapitre.

Généralisant donc l'étude de M. Gosselin, on doit reconnaître que toute épididymite double, qu'elle soit vénérienne, traumatique, métastatique, etc., etc., en favorisant le dépôt de la lymphe plastique sur un point de l'épididyme, peut devenir une cause de stérilité soit temporaire, soit définitive : temporaire, si la lymphe plastique qui forme obstacle au passage du sperme testiculaire est résorbée; définitive, si l'induration persiste.

Pour prévenir, autant que possible, ce dernier résultat, le traitement, pendant la période aiguë de l'inflammation, doit tendre surtout à obtenir une résolution rapide. Les émissions sanguines locales, répétées plusieurs fois selon les forces et la constitution du malade, marquent le début du traitement; les purgatifs, donnés tous les trois ou quatre jours, remplacent ensuite les sangsues ; l'engorgement est de bonne heure attaqué par les fondants, surtout par le mercure dont l'introduction dans les voies circulatoires, ainsi que le dit M. Gosselin, paraît favorable h la résolution des épanchements plastiques dans le testicule et l'épididyme.

Si, après la disparition de tous les symptômes inflammatoires, l'induration épididymaire persiste, il ne faut point hésiter à recourir à l'iodure de potassium à l'intérieur et à l'extérieur. Sans doute, il est à craindre, ainsi que je l'ai dit plus haut, que l'iode amène l'atrophie des testicules, et que, pour éviter un mal, on tombe dans un pire. Certainement le danger n'est pas à dédaigner, mais on peut jusqu'à un certain point s'en garantir, en apportant à l'administration du médicament une réserve et une attention soutenues.

Est-il besoin de faire remarquer que toutes les considéra-

STÉRILITI'' CHEZ l'iTOMME.

t.ions (luc je viens de présenter sur ce mode d'oblitération de lepididyme, peuvent se rapporter au canal déférent? Sans doute, l'induration qui intercepte la libre circulation dans l'intérieur de ce canal est moins facilement appréciable au toucher que celle dont le siège est à l'épididyme, parce qu'elle est protégée par des parois plus résistantes, et dérobée quelquefois dans les profondeurs de l'abdomen; mais comme celle de l'épididyme, elle s'accompagne de désirs vénériens normaux, d'éjaculations aussi abondantes qu'à l'état ordinaire, et complètement privées de spermatozoïdes. Sous ces rapports, que l'induration se fixe à l'épididyme ou au canal déférent, les résultats sont parfaitement identiques.

L'inflammation n'est pas la seule source qui fournisse des obstructions au conduit vecteur du sperme testiculaire : les tubercules, le cancer peuvent y déposer leurs produits morbides, ainsi qu'on en a des exemples dans la science, et l'on comprend même qu'il puisse s'y former des dépôts d'autre nature, véritables calculs comme on en observe dans toutes surfaces creuses.

Le diagnostic différentiel de ces divers genres d'obstruction, surtout en dehors de l'épididymite, présente une obscurité sur laquelle peuvent jeter quelque jour les diathèses tuberculeuse et cancéreuse, mais que les antécédents et l'état actuel du malade n'éclairent, dans les autres cas, que d'une lumière douteuse.

La présence, dans le produit de l'éjaculation, de pus, de sang, de matières tuberculeuse, cancéreuse ou autres, n'est point un signe irréfragable, car ces matières peuvent également provenir du canal de l'urèthre, de la prostate, des canaux (\jaculateurs ou des vésicules séminales.

Cependant, comme la présence de ces matières morbides dans le sperme n'en éloigne point les spermatozoïdes, ainsi que l'ont constaté les observations des micrographes, on est

MALADIES r>ES VÉSICULES SÉMINALES.

on droit do conclure que la suppuration, la phlegmasie, la tuborculisation, le cancer, etc., de l'urèthre, de la prostate, des canaux éjaculateurs et des vésicules séminales ne sont point de suffisantes raisons pour expliquer l'absence du sperme testiculaire, et qu'il se peut faire que les matières morbides décelées dans le produit de l'éjaculation, s'étendent jusqu'au canal déférent et même jusqu'àl'épididyme. De cette manière, on arrive à déterminer : 1" par la quantité du liquide éjaculé, qu'aucun obstacle n'existe sur le parcours des voies spermatiques compris entre le méat urinaire et les vésicules séminales ; 1° par l'absence des spermatozoïdes (en supposant qu'il n'y a aucune autre cause de stérilité), qu'un obstacle les empêche d'aller du testicule à la vésicule séminale ; 3° enfin, par la présence d'une matière morbide dans le produit de l'éjaculation, que l'obstacle est probablement dû à la pénétration de cette matière morbide dans le canal déférent et même dans l'épididyme.

Je dois à la vérité de dire que c'est par induction que j'établis ce diagnostic différentiel ; je ne puis l'appuyer sur aucun fait clinique; mais il m'a paru assez logique pour être indiqué ici, afin que des recherches ultérieures et diverses en constatent ou en infirment la réalité.

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