ACTE SÉMINAL
pour défenseurs : Rondelet, Fallope, qui découvrit ces organes chez l'homnie; de Graaf, Sœmmerring, Brugnonne, J.-F. Meckel, Prévost et Dumas, Burdacli, Panizza, E.-L.-F. Webfir, Gurlt et J. Davy.
L'une et l'autre de ces deux manières de voir sont trop exclusives. Les vésicules séminales sont tout à la fois des glandes et des réservoirs : elles sont des glandes parce que l'anatomie montre des follicules nombreux dans leur membrane muqueuse, et parce que les observations de Hunter sont exactes et parfaitement concluantes en faveur de cette opinion; mais elles sont aussi des réservoirs du sperme, parce qu'une injection poussée par le canal déférent arrive jusqu'à elles, parce que le liquide qu'elles renferment présente au microscope des animalcules spermatiques, ainsi que l'ont attesté Baer, Valentiu, Weber, etc.
Enfin, des recherches d'anatomie pathologique, entreprises par ^l. Gosselin, à l'occasion de l'oblitération des épididymes consécutive à l'inflammation de ces organes, ne laissent aucun doute sur le double rôle assigné aux vésicules séminales. Qu'on me permette de reproduire ici les conclusions physiologiques que cet expérimentateur tire de ses recherches, sur lesquelles je reviendrai ailleurs quand j'étudierai les causes de la s^,érilité : « On conjecture bien, dit-il, depuis les travaux de Hunter, que celui (le liquide) qui vient des testicules est peu ai)ondant, et que la plus grande quantité provient des vésicules séminales, qui ont reçu en dépôt, depuis un temps plus ou moins long, te produit testiculaire. Mes observations me paraissent démontrer que cette conjecture est une réalité, et même que la quantité de liquide testiculaire est encore plus faible qu'on n'est disposé à le croire. On y remarque, en effet, deux phénomènes capitaux : 1° les éjacu-lations sont aussi abondantes, malgré l'oblitération des voies spermatiques, que dans les cas où ces dernières sont libres •
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2° la distenlion du canal épididymaire par le sperme ne donne pas à ce canal des proportions très-considérables, et n'occasionne pas de souffrances sur le vivant. Sans doute, il se fait une résorption ; mais si la sécrétion testiculaire était aussi active qu'on le suppose généralement, cette résorption ne serait pas assez rapide pour empêcher si complètement les effets de la distention. Il ressort de ces deux points que la quantité habituellement 'fournie par les testicules est très-faible, quoiqu'elle soit la plus importante
, . . Quanta la composition du liquide éjaculé, il résulte de mes observations que, dans les cas d'oblitération, il a la même couleur, la même odeur, la môme consistance qu'à l'état normal ; la seule différence est donnée par Texamen microscopique, qui démontre l'absence des spermatozoïdes dans un cas, leur présence dans l'autre. Il est donc permis d'établir que, normalement, le testicule ne donne pas autre chose au produit de l'éjaculation que la substance fécondante, caractérisée par les animalcules, et que les matériaux au milieu desquels ceux-ci sont plongés se développent et vivent, proviennent surtout des vésicules séminales. C'est au produit ie ces dernières que le sperme doit, en réalité, sa couleur, son odeur et toutes les substances que l'analyse chimique y fait découvrir (1). »
Quoi qu'il en soit, le rôle que jouent les vésicules séminales dans l'éjaculation spermatique est identique avec celui de la vésicule biliaire dans l'excrétion du produit fourni par le foie. Le réservoir spermatique se contracte d'une manière lente et chasse le liquide qu'il contient dans les canaux éjaculateurs. Cette contraction est effectuée au moyen d'une couche de tissu musculaire qui entre dans la composition de ses parois, et qui, appartenant à la vie organique, ne se contracte pas d'une
(1) Gosselin, Ardiives générales de médecine, septembre 1853.
ACTli SliMINAL. ^0
manière brusque et saccadée comme les fibres d'un muscle de lîi vie animale. Pressé de toutes parts, le liqnide ne peut refluer dans le canal déférent à cause dn sperme qui y arrive en plus grande abondance, et est forcé de s'échapper par l'ouverture postérieure des canaux éjaculateurs admirablement disposée pour cet effet.
Canaux éjaculateurs. — Il résulte de la disposition anatomique des conduits éjaculateurs, ainsi que de l'étroitesse de leur diamètre et de la direction oblique de leur orifice, que dans l'état de tranquiUité et de santé, ces parties éprouvent une compression assez forte pour empêcher le sperme de couler des vésicules séminales dans l'urèthre ; mais lorsque le sperme les a pénétrés, ils doivent, au moyen de la contraction de leurs fibres, contribuer à favoriser sa marche vers le canal de l'urèthre.
Canal de l'urèthre. — Grâce au réseau veineux qui entoure sa muqueuse et qui constitue le corps spongieux, le canal de l'urèthre se trouve largement ouvert dans toute sa longueur pendant la turgescence du membre, et, par conséquent, admirablement disposé pour donner un libre passage à la liqueur prolifique.
Mais son rôle n'est pas entièrement passif : il s'accomplit du côté de la prostate, sur le verunwntanum même, un phénomène curieux de turgescence qui empoche tout à la fois le sperme de tomber dans la vessie et l'urine de sortir de son réservoir.
Après avoir franchi les deux ouvertures antérieures des conduits éjaculateurs qui s'ouvrent, ainsi qu'on le sait, sur les parties latérales et antérieures du vcrwnontanum, et avoir pénétré dans le canal de l'urèthre, le sperme s'accuraulet-il dans ce canal ou en est-il chassé immédiatement? On n'a pas craint d'avancer que le bulbe n'était autre chose qu'un réservoir dans lequel s'amoncelait le sperme pendant la
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copulation, pour être lancé tout à coup en saccades par les contractions du muscle bulbo-caverneux. Cette opinion de l'élargissement de la portion bulbeuse du canal de l'urètlire est contredite par un examen de M. Kolbelt, qui a pris l'empreinte exacte de la lumière du canal; l'élargissement qui se lait à partir de la portion membraneuse a lieu d'une manière régulière, continue, et c'est par la seule présence du sperme dans le bulbe que les muscles de l'urèthre se contractent et chassent en avant \\\ liqueur prolifique.
Mais on se demande alors s'il n'y a pas une espèce de contradiction entre la ténuité des canaux éjaculateurs et la quantité assez considérable de liquide chassé par l'éjaculation. Sans doute, l'objection aurait quelque gravité, si l'on ne savait que la plus grande partie du liquide éjaculé n'est pas de la semence, et n'est autre chose que le produit de différentes sécrétions glandulaires dont je vais maintenant parler.
Le fluide prostatique est un liquide filant, transparent, hyalin, qui se mêle au sperme au moment de son émission, et lui donne la couleur laiteuse qu'il présente. Gela est si vrai que le sperme, privé de fluide prostatique, est grisâtre, comme on peut s'en assurer en examinant le liquide des dernières éjaculations, quand celles-ci ont été abondantes et répétées.
Un autre liquide, sécrété par les glandes de Cowper ou de Méry, vient également se mêler au sperme. D'après Kraiise, il est filant, clair, visqueux ; il contient quelques flocons dans lesquels sont amassées des granulations de 1/900'= h i/'èJd' ; il a, par conséquent, une grande analogie avec le fluide prostatique. « De même que le fluide prostatique l'raie la voie au sperme dans les portions prostatique et membraneuse, dit Huschke, de même le liquide des glandes de Cowper les garantit de l'urine qui pourrait être restée dans les portions bulbeuse et spongieuse du canal. »
Les follicules de Littre et de Morgagni sécrètent à leur tour