‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 27 sur 164 · ACTE SÉMINAL · texte numérisé non relu

ACTE SÉMINAL

un jeune étudiant allemand, Louis Hamm. Leeu^venhoeck, à qui ils furent montrés, en fit l'objet de ses études, et peu de temps après, Hartsœker les décrivit pour la première fois dans le Journal des savants. Ils se rencontrent chez tous les animaux à l'époque du rut, et n'apparaissent chez l'homme qu'à l'tlge oii s'établit la fonction génératrice. Ceux de l'homme, comme ceux d'un très-grand nombre d'animaux, présentent une partie renflée à laquelle on a donné le nom de corps ou de tête, et un filament que l'on désigne sous le nom de queue ; la tête est ovoïde et un peu aplatie ; la* queue, faisant suite à la grosse extrémité du corps, est assez épaisse à son origine, s'amincit peu à peu et se termine par un filament très-délié. A un grossissement de 300 ou /iOO fois, on voit que leur longueur totale est de V20" de millimètre, et que le grand diamètre de leur tête est de 'J/'iOO" à 1 /300'' de millimètre.

Quand on les observe an microscope, les animalcules sperraatiques se font surtout remarquer par la rapidité et la nature de leurs mouvements : ils ne suivent aucune direction déterminée; ils vont en avant, reviennent en arrière, plongent au fond du liquide ou arrivent à sa surfaee, se heurtent, se croisent entre eux, passent entre les lamelles épithélialcs ou les globules muqueux qui les environnent ; en un mot, ils semblent obéir à une impulsion volontaire. D'après Hcnle, ils peuvent parcourir un espace de 2 centimètres en sept ou huit minutes. Ce mouvement, qui paraît être produit par les ondulations de l'animal, cesse après quelques instants, sous l'influence du froid, d'une température élevée ou du dessèchement; mais en dehors de ces circonstances défavorables, les spermazoïdes peuvent, pendant plusieurs heures, manifester leur existence ; Wagner assure même qu'il a noté ces signes de vie après vingt-quatre heures.

Cependant les animalcules spermatiques, observés dans les organes de la femme qui les doivent normalement recevoir,

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vivent un temps beaucoup plus long dans ces organes ; plusieurs observateurs ont acquis cette certitude, en examinant le sperme trouvé dans le vagin, et surtout dans l'utérus et les trompes de Fallope. Leeuwenhoeck pensait que les spermazoïdes pouvaient se mouvoir dans ces organes pendant huit jours; Prévost et Dumas ont vu les zoosperraes s'agitant encore, dans les trompes de chiennes, sept jours après le coït, et Bischoff a observé le même phénomène dans les trompes de lapines, huit jours après l'accouplement (1).

La motilité des animalcules spermatiques est diminuée et même détruite par certaines circonstances que les observateurs ont notées; parmi elles je citerai le froid, le chaud, l'électricité par décharge, les acides, l'acide cyanhydriquc (Prévost et Dumas), la strychnine (Wagner), les narcotiques, le mucus vaginal dont l'acidité est augmentée, et le mucus utérin dont l'alcalinité est plus prononcée (Donné) ; d'un autre côté, le mucus, la salive, le lait, le pus (Donné), (2) l'urine (Wagner), n'ont aucune influence sur cette même motilité.

On a également remarqué que les spermatozoïdes n'ont pas toujours la môme énergie, la môme densité, les mêmes dimensions depuis le moment où ils se rencontrent dans le testicule, jusqu'à celui où on les examine après le coït. Ils peuvent être plus ou moins nombreux, très-rares, remplacés par des produits incomplets, et même manquer complètement chez certains malades. Duplay, dans un.travail dontj^aurai à m'occuper plus tard (3), avance que la sécrétion spermatique s'effectue encore chez les vieillards de quatre-vingt-six ans, quoiqu'elle

(1) Bischoff, Traité du développement de l'homme et des mammifères, trad. de l'allemand par A.J.-L. Jourdan. Paris, 1843.

(2) Donné, Cours de microscopie cow pic meiil aire des études médicales. A natomie microscopique et plujsioloijiquc des f aides de réconomie, Paris, t84i.

(3) Duplay, Recherches sur le sperme des vieillards {Archives de médecine, 1852, 4« série, t. XXX, p. 385).

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