VICES DE CONFORMATION DES ORGANES EXTERNES
A. Anomaliei de la vulve.
Je comprends sous le nom de vulve : 1* l'ouverture inférieure du canal vaginal ; 2* les grandes et petites lèvres ; S* le clitoris. — Je laisse à dessein, comme ne rentrant pas dans mon sujet, le méat urinaire qui s'ouvre, comme on le sait, au milieu des nymphes.
J'examinerai séparément les vices de conformation des divers organes qui composent la vulve ; mais je dois, avant d'aller plus loin, signaler une anomalie excessivement rare, et qui s'accompagne , lorsqu'elle existe , de malconformations très graves des organes internes de la génération ; je veux parler de l'absence complète de la vulve. Les annales de la science offrent très peu d'exemples de ce vice de conformation dans lequel n'existent des traces ni des grandes ni des petites lèvres , ni du clitoris , ni de l'ouverture vulvaire, et dans lequel cette partie présente une surface unie, sans poils, et comme la continuation de l'abdomen.
Il suflit d'indiquer, sans s'y arrêter davantage, l'existence possiblede celte anomalie, car, en de pareilles circonstances, la médecine est désarmée et l'abstention est la seule ressource de notre art.
1* Anomalies de rouverture vulvaire. — Ces anomalies consistent surtout dans l'oblitération complète ou dans un simple rétrécissement de l'ouverture; mais au point de vue où nous sommes placé , il importe peu que l'occlusion
nets BC eoirroRNATioii AOit crlli^re oti pnr(icll<>, |i(iiin ii <]ii'ol v rail siiiri>snle ponr em|j6cllPr l'introiliiclkin de la *crge dans le viipiii.
Suiis (lotilu, sous 1r rapport de la )iiinli^ gL^ii^rDlc il^pmdanl do la r^lenliuii mécanique des ri'clc*, m je piiU ain»i dire. In ilistindio» h Fairo entre ce* (leux éiot!! palhologit^u» est im|iorlanle i car si le Hm|)le rétrécissement i(ui |)ern)et au smig cntaméiiiiii du l'écouler auiletior!!, ne réclame pu» impérieusement rinlcrvenlion de l'ârl, il n'en est pas ilc même de l'oblilériilion complète qui peut mettre en danger Ici jours de lo malade, moi» qui, dam tous le> va*, s'scrompagiie de ■>mpl6meii élraiigeii et toujours douluureui.
Me rciifermanl donc dans lo cadre qui m'es! écliu, je ne ferai de l'ocrlusiou complète et du rétrécissement do l'ouverlure lulvairo qu'une seule anomalie, pnrre que à notre foiiil lie vue, je le répète, lea conséquences «menées par chacun de ces deux états sont identiques, c'est-à-dire qu« l'un et l'autre s'opposent h l'entier et facile sccomplisscinent de la copulation.
L'occlusion de l'orilice vulvsire peut dépendre ou des parties dures ou des parties molles.
Dans te premier cas, elle l'accompngnn lonjours d'une vicieuse conformation du bassin, caractérisée surtout par une dépression considérable du pubis. Quelquefois le bossin est bien conformé, et co sont des cxosloses qui obstruent l'entrée du conduit laginol; mais comme j'aurai plus loin l'occasion de parler des ctostoses accidentelles, je reviendrai ti leur sujet oui eiosloseï congénitales. Qusul aux vices de conformation du bassin, il faut se résigner h ne rien faire, le mal e»t au-dessus des ressources de notre art.
L'uccluiion de la vulvo par les parties molles a son siège, tintAt «ux lèvres génitales, luitlât oui parois mêmes de l'oriDce vulvaire, et tantôt i h membrane hymen.
,fv.
Je vais rn|M(leincnl examiner charuiic de ces variélés.
Lorsque l*occlusion, qu'elle soit ('om|)lète ou incomplète, dépend des lèvres génitales» leur adhérence |)eut être médiate ou immédiate.
La première de ces variélés n'est pas signalée par les auteurs; cependant , quoique inliniment plus rare que Tadhérencc immédiate, elle se rencontre quelquefois, et, pour mon compte J'en pourrais citer un ou deux exemples. Dans ces cas, il existe entre les deux petites lèvres une mem* brane plus ou moins résistante qu'il ne faut pas confondre avec l'hymen, car on retrouve celui-ci au fond de la vulve^ quand il existe, après la déchirure de la première membrane.
La membrane supplémentaire n'a ordinairement que quelques lignes d'étendue, est plus ou moins épaisse, et occupe tantôt la totalité et tantôt quelques points seulement de rou\erture vulvaire. Il est toujours facile de la reconnaître soit à l'espace qu'elle laisse entre les deux petites lèvres, et qui permet de glisser entre elles le doigt ou une sonde cannelée, soit a la résistance moins grande qu'elle oppose h la pression.
Quand l'adhérence des petites lèvres se fait d'une manière immédiate, leurs parois, ainsi que le dit M. Amussat, sont collées ou soudées, comme chez les jeunes garçons, lorsque le prépuce est adhérent au gland.
Mais quel que soit le mode suivant lequel l'adhérence s'établisse, il est d'une saine pratique d'opérer de bonne heure le débridemcnt; cependant lorsque le canal de l'urètre ne participe pas h l'oblitération, le chirurgien, qui a par devers lui un temps assez long, peut attendre l'époque qu'il croira la plus convenable, quoique les faits cités par M. Amussat no laissent aucun doute sur le succès de Topération pratiquée de bonne heure, puisqu'il a pu déchirer
VICBfi UK ClMruBHAtlOK g es pendant le sommeil de renfanl. et sans qae
B-ct s'o{K-rçùl ni6me de la |ir^H-iicv <Iu liiirur^iieii. ttl. Amussiit ext d'avi» ilc proscrire le bistouri de ces sortes d'opi^ruliuti, !>urlout rliu/ les \ths jeuncii (illcs. Il il, selon lui , d'opérer ries tractions pour déroller les mbrarics niuqueusos, et it dit atuir empluyû deux fois ce procédé avec un entier surcès (1 ).
^uand on songe k l'analogie que M. Amtissal établit même entrr li-s udliérences de« grandes Ijivres et celle» du gland et du prépuce, on se demande, si dans les deux Taits qu'il cite dans son mémoire et auxquels je viens de foire allusion , ce praticien n'aurait pas eu affaire è des adhérences médiates, auxquels cas la membrane supplémentaire se déchire en elTet très fadleuicnt, et d'autant mieu\ que l'obstacle est moins ancien.
Ce sont tout è la fois les termes de la comparaison de M. Amussat et son procédé opératoire qui m'ont conduit, quand une occlusion vulvaire se présentait & mon observation, h y regarder de plus prits, et Gnalement à admettre l'adhérence médiate.
Dans ce dernier cas, en effet, il suffit d'opérer des tractions pour obtenir la désunion; mais si l'adhérence estimmédiate, si les deui muqueuses sont collées ensemble, à la manière du gland et du prépuce, les tractions nonseulement sont insuffisantes, mais encore elles peuvent devenir dangereuses par les déchirures qu'elles sont susceptibles de déterminer aux lèvres. Il faut alors recourir k riutrumeut Iranchaol.
Quand l'occlusion est incomplète, l'opération est simple:
(t) OlMervalioa sur une opérslioD de vagin artiHcwl, lue i l'Académie des scieDCM le i novemt>re I83S, p. 88.
1>E8 0HGANB8 BXTKRNBS DE LA GÉNÉHATION. &57
il sufiit d'agrandir une ouverture qui existe déjà. C'est un débridement que Ton pratique avec un bistouri conduit par la sonde cannelée, et dirigé quelquefois en haut, le plus souvent en bas.
Quand Tocclusion est complète, l'opération, sans être aussi simple que la précédente, n'offre pas de très grandes difficultés. On incise d'abord couche par couche les tissus qui se trouvent sur la ligne médiane en suivant la direction du raphé périnéal, et quand un point de l'occlusion est ouvert, on termine comme si l'on avait affaire à une occlusion incomplète, et de la même façon qu'il a été indiqué tout à l'heure.
Il est inutile, ne faisant point ici un traité de chirurgie, de recommander de prévenir une nouvelle occlusion, dé^ terminée cette fois par la cicatrisation des tissus divisés, en introduisant entre les lèvres de la plaie, soit une canule, soit une mèche de charpie, soit tout autre corps étranger.
Quand l'occlusion de la vulve a son siège sur les parois mêmes de l'ouverture de ce canal , la conduite à tenir est identique avec celle que je viens d'indiquer. Le débridement n'offre pas de particularité à noter, d'autant mieux que cette variété d'occlusion est rarement indépendante de l'adhérence des lèvres.
L'hymen peut être également la cause de cette occlusion; son imperforalion est tantôt complète, et alors la copulation et l'excrétion calaméniale sont impossibles; tantôt elle est incomplète et forme simplement obstacle, par la résistance de son tissu, à l'accomplissement de Tacte copulaieur. — Il est bien entendu qu'il ne s'agit point ici de fécondation, car la science possède plus d'un exemple de grossesse avec un hymen dont l'ouverture presque imperceptible laissait è peine passer un stylet.
Tins n CO^VORMATION
Qiinnd la iléchitiiro di! l'li]nii-ii ist inin[inlili- \it pormellre l'introduelinn dt* In ver(tc, ri que \n (irrmi^re» approchi-s dt: rhoinme n'ont jiu l'a-tmiidir d'uni.' nionii'ra notuble, il stiflit d'un roii|i iln cisroiiv ou de bittouri.dirifté toit en hntit, >oi( rn bnf, mats dons le svm de \a ligne médiane, jioiir ouvrir un p.issage rofivonabli! l'i rendre siiut posKille la CDfiulalioii.
Quand l'iiymcn <-!>l imperforé, ou lieu d'une incision longitudinale, il ooKiiciil mieux do Inirc une ouverture en T, dont le» lombcaui sont cntuitt! tailla», afin que pnr lt>iir lonjçueur i\» ne fuMcnt pan le coit, »inon réalisable, du nioiiis lioiiluureui |iOur k'n deux (conjoint». On peut niâii>e, dann les cas d imiierforotion înconiplùle, dunner rcKo lomic è t'outerlurc arlifitiellr, surtout l»rïi]u'on o à craindre qaa U'S lainliiMui (le l'Inn.en iniin^ no se K^ums-.i-nl pendant le travail de la cicalrisalion, ou ne restent durs et pendants, comme dans l'imperforation romplëlc.
2° j4nomatie des lèvret. — Je ne reviendrai pas ici sur l'adliérence ilcs grandes et des petites lèvres entre elles, dont je viens de parler ; je no m'arrêterai pas davantage è l'abscnro ou h la petitesse de ces oriianon, parce ({ue rei inumalies n'empêchent point la copulation, ot je n'indiqucroi comme vice de conformation suscoplilile de s'npposer au rapprochement setuel, que le volume, quelquefois énorme, que pri^scntcnt les petites lèvres.
Ce n'est guère que dans les pays chauds, p| surloat en Afrique, que les petites lèvres acquièrent ce développement considérable ; dans ces contrées, l'oxcision de ces (larties constitue une règle d'hygiène comparable è la cirooncision, et, de même que cette dernière opération est sortie dn domaine purement chirurgical, l'ablation d'une portion des petites lèvres est la spécialité de certains hommes étranger!
(I notre nrl et i\u'\ s'en vont [»ar los rues en criant : Quelle est celle qui veut être coupée (1 ) ?
Cet usage a disparu despnjs oùs'est établie la civilisation européenne, mais le fait ana(omi(|()c qui lui avait <lonné naissance existe toujours, ainsi que Ta constaté M. le docteur DuchcsnOy en visitant les prostituées mauresques de la ville d'Alger (2).
On rencontre rarement une semblable anomalie dam nos climats tempérés, et si quelques femmes présentent un volume des nymphes plus considérable que dans Tétat nor« mal, ce volume n'atteint jamais des proportions incompatibles avec le coït.
Cependant, si une pareille conformation existait, il serait facile de la faire disparaître en pratiquant Texcision des petites lèvres, qui s'exécute avec de grands ciseaux ; Thé* morrhagie qui en résulte n*exige, pour s'arrêter, que l'emploi de compresses d'eau froide ou de glace, et l'inflammation s'éteint d'elle-même par quelques jours de repos au lit.
3° Anomalies du clitoris. — Ces anomalies sont de deux sortes : ou col organe manque complète ment, ou bien il acquiert des dimensions a>sez considérables pour lui donner les apparences d'une verge \éritable.
Dans le premier cas, Tintroduction du membre viril dans le vagin n'en est pas empêchée; seulement, les plaisirs du coït dévolus ù la femme, s'ils ne sont pas entièrement abolis, en sont profondément atteints. Le doute que j'émets ici m'est suggéré, non par l'observation directe, mais par les études anatomiques de M. Kobelt, que j'ai rapportées dans
(1) Voyez Amb. Paré, Œuvres complètes, t. III, p. 4 9. édil. de J.-F. Mdlgaigne, Paris, 1841.
(2) De la prostitution dans la ville d'Alger, Paris, 1853, p. 414.
VICU Dfi COKFOHMATION
Moduclion (le cet outrage, i?l itw»\ par rerloinoi consistions <|ue je ferai valoir plus loin, iilurs i|ue j'esami- Deni lc!> circonstances auxquelles doit être rApporlée la frigidité.
Eo cette ()lace, je ne veux m'occuper <\w de ta €0|mtstioD propri'm<ïiit dite, c'est-à-dire d« celle partie de l'acte caractArisée pnr l'introduction de la verge dan!i 1c tagin, e( je dois, par conitéqueut, remettre i [dus tord les considératiooi que je me propose de présenter sur l'absence et U petitesse, congénilaleii ou ncifuises, du clitoris.
Je ne porterai ici <]ue de son volume ei Ira ordinaire.
Qaelf|ues auteurs portent cv volume à des propartions eiorbilantes ; Columbu» cite un clitoriN dont In lonftueur Agalsit celle du petit doigt ; Hallcr donne ù un autre 7 pouces, et l'on vamèmc jiiKtgu'a IV^pulcr au volume de In verge, que dis -je? on ne recule pas jusqu'à lui accorder 12 pouces !
Ces proportions sont évidemment exag6rée<; , ou du moins les exemples de semblables clitoris sont excessivement rares; les cas les plus ordinaires sont des clitoris de U longueur du pouce, tel que celui observé et décrit par M. Moreau(l}.
Les Temmes qui présentent un pareil vice de conformation ont été accusées de tout temps d'un penchant très prononcé non-seulement pour la luxure, mais encore pour la tribadie, ce vice honteux qui fait rechercher aux femmes les individus de leur sexe : n Les doctes africains, dit Ambroise Paré, appellent telles Temmes saheuxit, qui vaut en latin fricatrices, parce qu'elles se frottent l'une l'autre par plaisir ; et véritablement elles sont atteintes de ce méchant vice d'user charnellement les unes avec les autres (2). »
(<) Traité pratique dt* aceoaekemmtii, l. I, p. 10&. {t)Ue.cit.,p. (8.
Les observations de Parent-Duch&telet ne permettent plus d'ajouter foi à ces croyances populaires. Cet auteur, dont la véracité est au-dessus de tout soupçon, assure que le développement du clitoris est rare chez les prostituées ; que ce développement, quand il existe, ne coïncide pas chez elles avec des penchants contre nature, et que les tribades n'ont, dans la eonformation de leurs organes sexuels, rien qui les distingue de ceux des autres femmes (1). S'il m'était permis de me citer après Parent-Duch&telet, je dirais que les hasards de la vie ou les nécessités de ma profession ni'ayant fait connattre plusieurs tribades, je les ai très attentivement examinées et n'ai signalé chez elles rien d'anormal dans les parties externes de la génération. Seulement, elles étaient a peu près toutes remarquables par une absence à peu près complète des seins et par un penchant très prononcé pour l'équitation.
Assez généralement les tribades éprouvent de l'éloignement pour le commerce des hommes, et sont frappées a leur endroit d'une sorte de frigidité qui légitime les courtes considérations que je viens de présenter et sur lesquelles j'aurai à revenir plus longuement ailleurs.
Il faut que le clitoris atteigne des dimensions assez considérables pour s'opposer à la copulation, et si l'excision n'en était pratiquée que dans ce but, elle serait à coup sûr, dans nos contrées, une des opérations les plus rares de la chirurgie. Mais il est incontestable qu'un clitoris volumineux, exposé dans la marche à un frottement continuel de la part des vêlements, ou par toute autre cause, entretient un orgasme qui peut conduire la femme à la nymphomanie et è toutes les fâcheuses conséquences qui en découlent.
(1) De \n pronlUntion dan$ la ville de Parût, t. I, p. 220 et SuW.
vicEt DB coin'nnMATKm
Quoi qi I fn wit, et i^uel «itm [HiiMe èlrr le hiit que
l'on ne iirnpone on (■vcisorit le €lil(iri«, l'op^rtilion <4t Iris
mnplc. Si l'orf^nno eitt voluminciii, nn l(> prpnd atpc li
nimii gnurlie et on le Irnnilre d'un rnii)i de Itûlouri, el t'il
moiiiï^rorl, on le saisit avec une piitre, et on rn oyins la
on, soit avec un aver des ci<ieau%. — Il
convient pas, ilans l'inlci e pràienir une liémor-
nM^ic ijue I on iiciil artMer a\L-c la cauli^tiialion, de lier l'org.niie. et il'cii J^lerminiT ninii la mort îtica lion et la ■hule. Ce procédé, oulre qu'il eit Ion;; et douloureux, eipoite il des uceidenla de gongrï-DO qui no lool paa A oraindre avec l'emploi du bi»lourt ou des ciseoui. Si nne qnnace d'hi'morrlia^ie cii!<lBit réellement, el si le clilorii ^it atsvi \u]un)iiieui, nn pourrail lier ou lordte li>« orlérioles qui alimeoleitt cet organe. Mais, je le répèle, It glace, cl au besoin la c.-iulérisalion, r6|iundeHt dant la presque totalité des cas à loulcs les indications.
B, Anomalie» du vagin.
Les anomalies du vngrn sont nombreuses et Tort diverses; tODies ne ronstiluent pas une imposnibililé radicale k la ropilation, mais celles qui la permettent encore lo rendent OD douloureuse ou didicile.
Pour mettre quelque ordre dans l'examen des vices ie conlorroalion de rel organe, je les classerai sous les cinq chefs principaux suivants : 1* absence du vagin : 2* rétrAdsscroents ; 3* obturation ; ft* bilidilé ; 5* communication ITec les orgiines voisins.
Quelques-uns de ces vices de conformalion s'opposent k la férondation, d'autres, au contraire, pcrmetlrnl encore cet acii', mais &p)iorlrtil plus ou moins de diflicuilés ù la lortie du produit de la comceplion.
On me permettra, pour ne pas scinder cet article intéressant, d'anticiper sur la partie de cet ouvrage consacrée ù la stérilité de la femme, et d'indiquer h chacune des anomalies qoe je vais eiaminer les particularités qui s'y rattachent.
Absence du vagin. — L'absence complète du va^in est un fait heureusement fort rare et qui s'accompagne généralement, quand elle existe, c'est-à-dire quand le vagin ne se confond ni avec le rectum, ni avec le canal de l'urètre, de l'absence ou toutou moins do l'atrophie complote de la matrice. Le fait suivant, rapporté par Fodéré, fera mieux comprendre ma pensée : « Le 6 août 1722, dit cet auteur, dans la paroisse du Temple, à Paris, une fille égée de vingt* cinq ans et demi, jouissant d'une bonne santé et d'un exté* rieur agréable, fut mariée à un jeune homme nommé Lahure. Il se passa six ans sans que le mariage pût être consommé; 5 cette époque, la femme consentit à ôtrc visitée par une sage-femme qui déclara n'avoir vu aucun des organes propres h la génération, et que ce qui constitue le sexe était occupé ici par un corps solide percé d'un petit trou ; la femme même avança n'avoir jamais été réglée et s'être néanmoins toujours bien portée.
» Un chirurgien nommé Déjaux fut ensuite appelé, et, après avoir observé la même chose, il crut pouvoir, par une inciMon dans les chairs qui interceptaient la communication extérieure des parties sexuelles, les développer et leur rendre l'usage dont cette barrière les privait. L'opération fut fuite en i73ti, mais en vain. Le chirurgien, ayant enfoncé le scalpel à la profondeur d'environ deux travers de doigt, au lieu du vide qu'il pensait rencontrer, ne trouva que dos chiurs très résistantes ; il jugea alors qu'il n'y avait rien h espérer en allant plus avant, et qu'on courait risque, au contraire, d'iutéresser le rectum et la
^f)/l VICES DE IIONFORMATION
tesste i il sv contenla dune il'eritrt'teiiir l'ouverture qu'il avait faite, en la tenant soigneusement dilatée par le moyen d'une grosse tente, et cette ouverturi-, qui n'était autre chose que celle de la plaie, subsista toujours, mais conserva toujours aussi la forme d'une cicatrice.
» La piiix régnu encore dans le ménage jusqu'en 17&3, temps où le mari, dégoûté de sa femme, forma la demande en cassation du mariage. I.evret et Saumet, consultés, rapportèrent, après leur visite, que l'orilice de lu vulve était ouvert de manière qu'ony pouvait introduire deux ou trois doigts jusqu'à In profondeur de deu\ a trois pouces, mais qu'ils ne pouvaient aller plus avant, en étant empêchés par une substance sulide qui bouchait l'orilice de la matrice } que les vestiges de l'opération faite en 173A annonçaient qu'elle n'avait pas réussi, parce qu'on n'avait pas suffisamment débridé les parties qui faisaient obstacle, ce qui pouvait être arrivé par la timidité de l'opérateur, ou par la prudence qui lui avait fait craindre de blesser les viscère* souslrnits à la vue et masqués par l'effusion du sang.
u Les célèbres Ferrin , Petit et Morand, consultés ensuite, décidèrent que l'opération avait été bien faite et qu'elle aurait été le seul moyen de remédier b l'impuissance de cette femme ; mais qu'il était uiitnrel de penser, d'après les détails fournis par l'opérateur, que In malade n'avait jamais été, ni avant ni depuis son mariage, pourvue dos paities nécessaires & la génération. La mort de la femme eu question, arrivée à Lyon environ dii ons après, confirma ce dernier jugement , car l'autopsie cadavérique fit voir le vagin et la malrire ne formant qu'une substance dore, compacte et sans cavité il). «
20* cause. -
(t) Cau»» eéUbra. I. Vil et X.
fgixif, 1. 1, p. aailetsaiv.
-Ffldéré, Méilttint
VrS ORC^NGS BITEBKES flE L.t tiliNBnATIO^. /|65
Sans doute le récil de Foil^rr laisse ilaiig l'nmbrn certaines parliculoritcs qu'il eût été inléressnnt de ronnnitre, ainsi, par exemple, l'esislence des grnndes et petilt's lèvres, il est bit'n vrai que In No;;e-remine déclare n'avoir vu * aucun des organes propres à la génération, mais plus lard Levret et Saumet semblent admettre l'eaî.'^tcnce d'un vagin incomplet, et il est probable qu'ils n'eussent pas manqué de noter, si cela eût été, l'absence des lèvres génitales.
Quoi qu'il en soit, la matrice n'était plus cet organe creui que l'on connaît; c'était un corps membraneut, plein, sans ouverture, on un mot, ce n'était plus l'organe de la conception, et cette IransforinBlion équivalait à une Térilable absence.
Cependant il ne faut pas admettre d'une manière absolue que l'absence du v^igin entraîne toujours et fatalemenl celle de la mnlrice. M. Amussat n lu à l'Institut, le 5 novembre 1835, une observation d'absence de vagin avec présence, non-seulement de l'utérus, mais encore d'émissions menstruelle.'. Le sujet était une jeune Allemande de quÎDie ans et demi, dont le ventre, très développé par les règles accumulées dans la matrice, ollVail h sa partie inTérieure une tumeur volumineuse, dure, sensible à la pression. La vulve était parfaitement couFormée^ seulement, en écartont les grandes et les petites lèvres, uu lieu de rencontrer l'ouverture qui s'y trouve ordinairement, on vojuit une surface concave et lisse, presque au centre do laquelle était le méat uriiiairc, situé beaucoup plus bas que dans l'état normal. Le doigt introduit dans le rectum sentait parfaitement l'utérus distendu qui occupait toute l'excavation du bassin. L'opération pratiquée par M. Amussat, et sur laquelle je reviendrai tout à l'heure, ne laissa aucun doute sur l'existence de l'utérus et sur l'activité de sa fonction cataméniale.
VICKS ni rOWORHATlOS
[,L'sfiriiie»es de lii mnlricc [ipineiit t'fîolemcnt mannoer ptrliellemt'iil ou J'utie matiifrre romplètc. daiii le» cm d'abiciice du tn^in. la (iazelle des hâpiUmiy r8pi»orte, d'aiirè* un journal onglais, que Soroli Riihanison, S^ie <le loiïarile-iioiiïe ans, *lant tiorie d'une niiiladie chronique des poiimt ■ "" 'i"gl-<luntro heures après.
Dorniil de ' iinncps îuivniilea : « L'oraira
droit n'eiil pi '^^ ettrémiiâ sup^rifUra ou libfC
Btlni'lié p"' ' 'Iroit ti'< P^tit "'C ovale. Un liga-
il ranil, t I o^nirc, se perd duns le tiitsu cellolatre
riëro le cot Ae la '*«•■•»(■. A h place de l'oiuîre gnurha jne lutneitr fibreuse de Torme irri^giilièremeiil arrondie, ,ie par un li{;umfrit rond plus pvlil que celui du rAté >it ci qui se rend de ni^me fi la vpsiie. Les trompes de Fallope mariquetil ; le ti$su relluloîre pinré au-dessous de la vessie faîl Taire au pi^ritoine situé derrière une li^gèrc saillie. Irialgr^ les leclierches les plus etailes et les plus minutieuses, on ne peut dtïcourrir aucune trace d'ulcrus. Les parties eitcniesde la ^énénilion n'oiïrcnt rien d'anormal : le mont de Vénus est h peine couvert de poils ; un cul-delac d'environ un demi-pouce de prurundcur, situé ou-des- )us de l'orinre de t'urètrc, constitue tout ce q' i existe du icin. hes morne Iles élurent assez développées (I). »
Les détails dans les<)uels j'ai cru devoir entrer, i Tocition d'une onomalie que quelques praticiens estiment aufgsus des ressources de l'art, se légitiment par l'eiamen e je ferai tout è l'heure de l'opportunité des opérations e l'on a proposées, pour détruire celte infirmité, car on itnprend déjjk que si l'absence du tagin enirntnait toujours jlle de la motrice, il n'y aurait oucun motif qui pût déci-*
{\)Gasettt dtt hôpitaux, mn. I84i,n' 93, supplèm,, p. 430, M tmidon nitiito-thirurg . (rantactiOKt, l. VI,
DES ORGANES EXTERNES DE LA GÉNÉRATION. t\61
der un chirurgien honnête et jaloux de son honneur & tenter rétablissement d'un vagin artifiriel. En elTet, dans la très grande majorité des cas , (|uand l'urètre ne participe pas & Pocclusion vaginale, ce n'est qu'à TAge de la puberté que Ton s'aperçoit de l'anomalie qui m'occupe; jusqu'alors l'attention se porte rarement vers un appareil que Ton sait ne devoir entrer en Fonction que plus tard, et la sollicitude des parents ou de la malade ne s'éveille qu'à Tépoque où apparaissent d'ordinaire les premiers symptômes de cette activité.
L'absence des règles, car c'est là le premier signal qui sollicite l'attention, n*est accompagnée d'aucun dérange^ ment dans la santé générale, ou détermine tous les accidents qui suivent d'habitude l'aménorrhée.
C'est sur celte diiïérencede sjmplomalologie que repose l'importante question de la nécessité d'une opération.
Quand l'utérus existe, qu'on peut en constater la présence à travers les parois abdominales, et que les règles, retenues dans son intérieur, l'ont forcé h un développement anormal, il est de toute éviilence, qu'à moins de contre-indications trop formelles, l'opération doit être tentée.
Quand la matrice existe, mais lorsque les menstrues n'ont donné aucun signe de leur |)réscnce, et que la santé générale n'est pas altérée, la prudence et Thonneur de l'art exigent une sage réserve, et la temporisation me semble alors de toute rigueur.
Si, au contraire, comme dans le cas rapporté par Fodéré, la matrice est atrophiée, si les règles font défaut, et si la santé générale est bonne, tout se réunit pour s'opposer à l'opération, et le chirurgien ne devro jamais compromettre son ort pour faciliter un coït dont le but final, la fécondation, ue pourrait être atteint.
^68 vrCES ne comoiiiiatk»
Après nvoir hirn IJniilé les ni!) ilaiis lesquels l'opi^ralloii iJoit ëlre prati<]U(!e, les cliirurgjcns se sont demandi^ à (juvlk ûpoqiic ro|i<!rntion devait être entreprise. Il me semble qu'une bien grande incertitude ne peut régner à cet égnrJ. Si le cbirurgien, averti de bonne heure, upère avant l'entier développement des organes, il double les chnm-cs tnallieureuses de l'opération en augmentunt les facilités d'intéresser le rectum ou la vessie, et en se privant, comme point de repaire [lour conduire le bistouri, de la tumeur sanguiae produite par les règles accumulées dons la matrice.
CependanI, s'il attend trop tard, c'est-à-dire s'il attend que plusieurs mois se soient écoulés depuis l'établissement des menstrues, l'opération, il est vrai, en sera peut-être plus Tacile, mais tes accidents consécutifs seront à coup sûr et plus nombrcui et plus formidables.
Il convient donc d'attendre l'approche des premières règles, mais il importe aussi de ne pas tempuri.<er au point de permettre leur accumulation dans la matrice.
Une fois l'upération résolue, le cliirurgien, avant de s'armer du bistouri, devra bien se convaincre qu'il va porter l'instrument tranchant entre deux organes importants, très rcpprochés, et dont la lésion est toujours grave ; un s vu la mort résulter de la blessure de la vessie, ou tout au moios des fistules très difticilesà guérir.
Pour se mettre en ganlc contre de pareils accidents, les précautions les plus minutieuses sont indispensables : U faut d'abord introduire une sonde dans la ves>ie et ensuite ['index de la main j^auche dans le rectum, n\ec lequel on Ts à la reciierche de la sonde à travers les tissus dont oo peut ainsi mesurer l'épaisseur; de cette fa^on, on s'nssore fi l'oblitération du vagin est complète, ou si ce canal foroie le cul-dc-ptac qui reçoit le col utérin. Dans ce cas, le cul-
DES OBUANËS EXTERNES PE LA GÉNÉRATION. q69
de-sac oiïre une rt^sislance assez cotisidéruble par suite île raccumulntion du sang menstriiel i^ui s'} est faite.
Quand toutes ces précautions auront i^té prises, et quand la vessie sera vidt'e , l'opérateur confiera la sonde h un aide, et laissera son index f;auche dons le rectum, afin d'avoir un guide dans In voie qu'il va tracer.
A quelques lignes au-dessous du méat unnaire dont la position lui est indiquée par la sonde, le chirurgien pratiquera une incision dans le sens des I6vres génitales, et pénétrera plus avant dans la direction du vagin , selon l'iixe du petit bassin, et ira ii la recherche du col de l'utérus.
Celle partie de l'opération, véritable dissection, sera faite lentement et avec précaution; on comprend la prudence qui doit présider à chaque coup de bi-slouri, afin d'éviter tes deus urgnnes entre lesquels on chemine, et pour oe pas intéresser lu col de l'utérus lui-même. La main de l'opérateur, quittant le bistouri, devra souvent exjilorcr la plaie et s'assurer de la position de la sonde et de l'index resté dans le rectum. Si la nature des adhérences le permet, il vaut mieux déchirer avec le doigt le tissu cellulaire qni unit les parois vaginolcs que de le disséquer atec le bistouri, car quelque attention que l'on apporte, on n'est jamais sûr de nu pas touchi'r la vessie ou le rectum.
Knfin, si le cul-de-sac existe, et si l'on a constaté l'existence d'une tumeur sanguine, il convient de ne pas ouvrir celte dernière par une large incision qui laisst^rait sortir tout h coup tout le sang accumulé. M. Vidal (de Cassis] propose de faire une petite ponction a>ec un de ces trocarts h robinet ou h soupape qu'on a imaginés pour vider les cmpjèmes sans permettre l'introduction de l'air dans les cavités pleurales. Après l'écoulement de tout le liquide, on ferait usage de corps dilnlanls pour agrandir le canal que
VICKS IIK (.UNFOHHATIOÎI l'on a cri'iisÈ et lui pi-rmetlrL" rie compl^tir ses paroit,
ComiDi' on le ilolt comp rendre, le rétablissemi'nt ilii vugjo pstune opi^ntioii excessivement (^rnve, et Ji ce potnl, que Boyer, malgré les rfaiigerii ijue fuit courir h lu femme la rétention du sang inenDtruel, con.«eille île >'abalenir. " J'ai Vu pratiquer trois fuis celle opération, ilit M. Vidal (de Cassis), et trois Tois In mort en n H& la con<«^i{ucnce plu» oa moins promplc, Let> ninlailes ont iiuccombé è une espèce lie fièvre qui utuit la plus (•rnnile aiialogie avec la lièvre de résorption. Il paraît qu'nprè» l'évaruntion promjiti' ite l'humeur qui était depuis luii<>temps accumulée dans U matrice, cet orgunc ne revient pas assez promplement sur luimême ; l'uir [léiiëtre itaiis sa cavité j de là dc!i occidents qui ont une grande niintogie avec ceux qui succèdent i l'inertie de la matrice !i|)[ès l'écouli-menl, et avec te qui iirriie h la suite de l'ouierturc de certains abcès symptomaliques h larges poches (l). a
L'accident signalé par M. Vidal, s'il n'est complètement prévenu, est au moins assez considérablement aiïaibli par ta modification que cet auteur lui-même pro|iose, pour qu'il ne soit pas une contre-indication formelle à l'opération.
D'oilleurs a cdlé des cas mallmnreux notés jiar les auteurs, la chirurgie compte quelques succès qui peuvent au besoin engager è l'opération.
Mais si ces considérations étaient insufllsantes poar lever tous les scrupules, on pourrait recourir au procédé en plusieurs temps qu'employa M. Amussot dans l'observalion dont j'ai déjii parlé.
Voici ce procédé tel que le décrit M. I^Iatgaigne : <• Une jeune Rlle, de quinze oiis et demi , avait le vagin obli>
(0 TVoiU d* pathologie exurn*. l V, ch>p. it. irt. ni, 4* idiu Puia, IBSS.
DES ORGANES EXTERNES DE LA UÉNÉKATION. j|71
téréau moins dans les deux tiers de son étendue ; au-dessus, les règles accumuli^es formaient une tumeur fluctuante. La malade ajant été préparée par un bain, un lavement et un cataplasme sur la vulve, le chirurgien, armé d'une grosse sonde droite, en appuya l'extrémité au-dessous de l'urètre, là où rorifice du vagin aurait dû se trouver, et poussa dans la direction du vagin, de manière à refouler la muqueuse et h produire un léger enfoncement. Il répéta cette manœuvre avec le petit doigt, après avoir mis au préalable un autre doigt dans le rectum pour servir de conducteur; la pression fut douloureuse, mais déjà efTicace, et l'impression du petit doigt resta. Pour mieux atteindre son but, il attira alors le périnée en arrière en le pinçant avec un doigt dans l'anus et le pouce dans la vulve, tandis que, d^autre part, il cherchait à attirer en haut l'urètre pour récarter du rectum et laisser plus d'espace entre ei|x. Il resta un trou sans déchirure ni effusion de sang. Pour conserver cette dilatation, on plaça dans ce petit enfuncement, en forme de doigt de gant, une éponge préparée. Trois jours après, on répéta Tintroduction et l'impulsion du doigt; on introduisit deux doigts pour opérer une distension plus forte; il y eut en ciïet un véritable éraillement dans la muqueuse avec effusion de sang. On remit l'éponge préparée. Après cinq autres tentatives ainsi faites h un ou deux jours d'intervalle, on avait créé un conduit artificiel de près de 6 centimètres de longueur : alors , ou fond de ce conduit, on dirigea sur l'indicateur un trocart qu'on plongea dans la tumeur. Puis on remplaça le trocart par le bistouri garni de linge dans les cinq sixièmes de sa lame ; il n y avait plus qu'une épaisseur de 12 à 15 millimètres à traverser. Il sortit de 350 h 380 grammes d'un sang gluant et noirâtre. On introduisit dans ce vagin nouveau une grosse
473 VICES DE COKVnnMATinN
canule en ^ominc élastique j et a|irès divers acciilenU li gaérison s'ucheva , l-( elle dure déji depuis plosieml années, u
A cet euposi^ de la ronduile du M. AmuMat, M. Matgeigne ajoute son expérience personnelle : « J'ni eu k Taire, poursuit-il, une opération analogue sur unu rt'mine ijai avait eu le viigîn oblitéré à la suite d'un accourbement. Je commençai pnr iHmsct In ricotrico (extérieure ijui arri>ait presque au nivirnii de la vulve ; puis, après la première émission, je (lérliimi \v» partios avec l'indicateur poussé en avant, rt éinr^is.sant liMoic de droJti- à gauche jusqu'à ce qu'eulin je lombni dans une petite cavité où je riconnus le col utérin. Il fallut maintenir le vagin dilaté pendant plot d'une anni'c avec des tentes de gentiane ; mais enfin il persista et se prêta porr^ilemcnt aui relations conjugales. La femme n'est pas devenue enceinte jusqu'à présent (1). »
Rétrécissement du vagin. — L'altération de la capacité du xagin ne porte pas seulement sur son diamètre transverse ; toujours ce canal oblitéré ou rétréci a une longueur bien inférieure ii celle qu'il présente dans l'état normalj les fnils observés et rapportés par Bail lie (2), S. Morand (5), Caillot (A), Cliau>sler (5), ne laissent aucun doute à cet égard ; j'ai constaté moi-même celte diminution dans la longueur du vagin chez une jeune fille de dii-neuf ans, que l'étroitesse de cet organe empêchait de se livrer è la prostitution.
(\) Manuel de mrittciae optraloirt, 6' édit., p. 703-703, Paril,
(i) Analomie iialliologiijue.
(J) 0,miiul(»il--clii,-irgie. Paris. 1768.
[i] .Vcmoires ite lu SociéU^ mêjtriilr litmuliition.
(5) tiullrlin île ta Facnllé île mrdi-fiitr de Parié.
DES ORGANES EXTERNES DE LA GÉNÉRATION. A.7â
L'étroitesse du vagin est quelquefois limitée sur un point, mais le plus ordinairement elle occupe le canal tout entier. Nysten a inséré, dans le Journal de médecine de Corvisart et de Leroux, une observation sur laquelle je reviendrai longuement ailleurs, et de laquelle il résulte que l'ori6ce du vagin présentait seul un resserrement énorme.
Mais, ainsi que je viens de le dire, c*est le plus ordinairement sur toute la longueur du canal que porte Tétroitesse; les faits de ce genre ne sont pas très rares ; je n'en rapporterai que deux exemples, remarquables, le premier par sa disparition naturelle, et le second par le traitement mis en usage et dont le succès doit engager à imiter l'auteur en de semblables circonstances.
Le sujet de la première observation, consignée dans les Mémoires de l'Académie des sciences de Paris^ est une jeune personne dont le vagin [louvait h peine admettre une plume à écrire. A chaque époque menstruelle, elle éprouvait dans la matrice une tension douloureuse très forte, et les règles coulaient avec une très grande difficulté. Mariée à Tége de seize ans h un homme jeune et vigoureux, elle ne put recevoir ses embrassements, et, visitée par des médecins, elle fut déclarée par eux impropre a la copulation. Cependant, après onze années d'impuissance et de stérilité, et sans que le vagin eût acquis une capacité plus grande, cette femme devint enceinte; son état, on le comprend, inspira les plus vives craintes, car on prévoyait que Taccouchement serait impossible par les voies naturelles. Mais vers le cinquième mois de la grossesse, le vagin commença à se dilater, et sur la fin, il avait acquis les dimensions convenables pour permettre la sortie de l'enfant (1).
(4) Mémoires de l'Académie des sciences de Paris.
47A VICES UB COKFOnilAriOIl
Ce fait e!<t cxce^sivettiL'iit rcmari]uable |>ar la terminaÎHoii qu'ila présciilt^ei il e^t |»ri)t-étrc Ipsi'uI ilaiis la fcipnre, et en face d'um- exception mm rare, il } nurail l'ulie k s'abiteoir et k cumplcr sur la nnlure.
Dans le» cas <lc eu genre, il faut que l'url interricnne, et je vais dire, eu rncontont le seconil fdit c|ue j'ai choi»i, de quelle matiii-rc se doit Taire cette irilervcntion.
Le vagin iW'. lu rumme cii question étiit à ce point resserré dans Inuk- >oti étendue qu'il pouvait è peine admettre le lujBU d'utiir plume û éciire. Mari£« îi uu horoine dool la force vjriti' it'ét;!itpa!i deuteuNe, celte infnrlun^e ne put lui faire goAttr les plaisirs de la couche nuptiale, cl elle allait voir son mari.-igi' dcclari^ nul, quiind liincvoli consulté mit en usage lu iiit-ilic.i(ion cuivaiile : il emploja d'alinr<l lea fonicnlalioii'- îiiiullii-iilo.^; ensuite il inlru(lu'>il un pessuire de racine de genliiiiie dans toute la longueur du canal, comme s'il se lui agi d'a^nindir uni' iislulo, et il augmuiila progrcssivemcnl le lohinie de ce pcssiiire jusqu'à ce qu'il put le rcmpliicer par b moelle d'une lige de maï>, et arriver ensuite à l'éponge pré|iaréo. Ces diverses substances, en s'iniprégnanl des niuto>ités vn^inales, ^e gonflèrent, dilatèrent proj;ressivemenl le vagin, et le rendirent apte à remplir ses fonitious (1).
Il suffît il'indiquer celte médicaliun pour que tout le monde en comprenne les avantages, et <|ue, dans nii cas pareil, on suite l'ingénieuse et sage conduite de Uenetoli.
Obturation du vat/iit. — Cette anomalie est constituée par la présence d'une membrane plus ou moins rénislante et placée plus ou moins haut dans l'etcavulion vaginale.
(!) Vin-SwiHen.Commenl in aphoriim. Boerh., § 1Î90, et Boyer, Malad. ehirurç., I" édil., l. X, p. 340.
C'est une véritable cloison qui coupe le vagin en deux : une partie supérieure, et une partie inférieure. Nous verrons tout à rhourc, dans les cas de bifiJité, cette cloison se diriger dans le sens vertical ot diviser le vagin en deux portions latérales.
La cloison obturatrice dont j'ai à m'occuper ici est tantôt incomplète et tantât complète. La distinction, on le comprend, est de la plus haute importance sous le rapport de la stérilité.
Une des observations les plus remarquables de cloison incomplète que possède la science, est celle que rapporte J.-L. Pelit.
Le sujet est une jeune femme que noire chirurgien avait examinée alors qu'elle était encore iille, dans le but de constater les dimensions du bassin. Après avoir reconnu la bonne conformation de cette partie, J.-L. Petit se refusa de visiter les organes internes de la génération, ne voulant pas détruire les signes de la \irginité.
Ija jeune iille s^étant mariée, et le motif allégué par le chirurgien n*e\istant plus, celui-ci reprit l'examen inlerrom|)U, et con*;tala ce qui suit : « Je trouvai, dit-il, audessus de rorifice du vagin, une tumeur de la grosseur d'un œuf, laquelle s'élargissait en montant ; comme la malade ne souffrait point, je portai mon doigt aussi avant qu*il me fut possible, et comme si j'avais percé une poche, il sortit en abondance du sang rouge et fluide, puis des caillots noirs, et en pressant tout Tespace qu'occupait la tumeur, je la vidai tout entière; puis portant mon doigt au-d(*ssus, h droite et à giuche, je recormus que cette poche avait la forme d'un panier de pigeon^ ayant son fond en bas, et son ouverture, qui était fort grande, était en haut, de manière que le sang menstruel, au lieu de sortir, tombait dans cette
A76 VICBS DB COItFORMATIOK
poche Qt la remplissait au point <{u'elle rormait une tunienr qui boucliait tout le vagin. Tout ce que jf viens (Je dire se pessa sans douleur. Pour remédier ii cet accident, (]uo]t|ae la membrane qui formait celle poche eùl l'épaisseur d'un écu, je fus d'avis de la Tendre dans presque toute sa Iongueur ; et si l'on m'avait cru, cette dame ne serait pas morte.
»0n consulta à mon insu dirTércDles personnes, i|ui rejetèrent bien loin l'idée de celle opération, el en tirent une description telle que la nà-re, le gendre et In lille en furent elTrayés.
uOn conseilla un pessaire, qui, introduit cl placé à propos, au commencement ilos règles, presserait lu poche el )o tiendrait appliquée contre le vagin , pour empêcher qu'elle ne se remplît, pendant que le snng coulerait librement (lor l'ouverture du pessaire. Cette idée fut suinc. La malade eut ses règles ; le pessaire réussit pnrrailement, el l'on crut la malade guérie. La dame dei int grosse ; la grossesse se passa s.ins incommodité; l'accouchement ne se passa pas (le m^nie ; la poche en foi me de panier de pigeon, h laquelle un ne sungeiiil plus, <.! dont lii sage-Femme ne fut point prévenue, relarda longtemps l'aicouchemcnl, et s'étaiit enfin déchirée, un lira heureusement l'enfant, que l'on trouva mort; mais lu tète avait été retenue si longtemps au passage i|uc lu poche, le vagin el la vessie, qui avaient été fort comprimés contre le pubis, tombèrent en gangrène ; je fus appelé k ce désastre : le déchirement et II pourriture régnaient dans tout le vagrn et lu vessie, el la gangrène attaquait mémo l'urètre, le clitoris, les njmpbei et l'intérieur des grandes lèvres, etc. (1). >>
(!) alH.
itHpItUf.
■ TraiU dei nuiladhâ chininj., Paris,
tl4t. p. 7»t.Mil. de la Bibliothèqvt ehimrgitalt
Comme le voulait faire J.L. Petit, qui se trouvait en présence d'une véritable valvule, Texcision de la cloison 651 la seule ressource que l'art mette à notre disposition.
Quelquefois, surtout quand l'obturateur n'est ci trop étendu ni trop épais, on peut se contenter de le fendre en deux, soit avec les ciseaux, soit avec le bistouri, et les lambeaux, en se rétractant, se perdent dans les plis du vagin et ne sont plus un obstacle h la copulation et à la sortie des règles.
Mais si la cloison était très étendue, sans être cependant complète, et si elle était constituée par une membrane dure, épaisse, calleuse, il en faudrait faire l'extirpation entière, opération qui, grâce au spéculum, n'oiïre aucune difficulté.
Quand la cloison est complète, c'est-à-dire quand elle produit l'efTet d'un diaphragme placé en travers du vagin, le diagnostic, surtout a l'âge où s'établissent les menstrues, ne peut s'égarer. Outre le sentiment de pesanteur que la malade éprouve du côté de la matrice, outre le développement de l'abdomen dû à l'accumulation du sang dans l'utérus, les règles, pressant sur la membrane qui forme la cloison, la refoulent en bas, et constituent ainsi une tumeur fluctuante que l'on aperçoit à l'entrée de la vulve quand l'obstacle est placé assez bas, mais que Ton reconnaît toujours en introduisant le doigt dans le vagin.
L'indication à remplir se devine.
Quelquefois le sang accumulé brise par son propre poids la membrane, et épargne ainsi au chirurgien un coup de bistouri ou de trocart.
Mais le plus ordinairement, l'art est obligé d'intervenir et de donner issue au liquide, sauf à couper ensuite leslam* beaux flottants dans le vagin.
Les exemples d'obturation vaginale sont moins rares
- (78 VICKS ns r.ONFObMATIOtl
qu'on ne pen<i(^; i\mbfoi!tePurô, rtuyM-h.Fabriredellilden, Benefoll, J.-L. Petit un rapporletil |i|ii!'ieui'!>, et l'on en rencontre Un as^i-t ^roiid nomlirp dnitt Ips recueils et le» Journaut de mt^dprinc.
Bi fixité du vagin. - Ainsi (jiieje ie dicais iihi-; haiit, la cloison dont ji- vietiji de [larler, au liuu d'élre triinmeMnlc, dl*[ibrsgtnaiii[tir, peut être Inn^iliidinnlo, c'i>st-ô-dîrc dan» le Déni de l'iuc du v.if:iii, el partngcr nin»! ce connl on dcui portion!! laliViile». Celle cloison u.ot tanldt incomplète ct (aniAt compti'ic.
Elle est iricoTn|ilètG i|iianil elle n'ocrupe pns Intttc la longueur du can;il. ({u'elle Romraencc ii un [luiiit plus oo moins éloigni^ de la vuUc.
Elle est (om[iK'to, nu contraire. (|iiaiid elle divise le tn^iin dann tnnlc «ton élcnilu<.> ; assez généralt-meiit niors, ta niatriie cllc-mômc pnriii'ipc ù cftlo anomalie, et pri^senle une bilidité sur Iii(|uellc j'auroi h rrvfiiir plus Inrd. Dont-e a inséra, dans les /archives de médecine, une obsirinlion de ce grnre recueillie sur une femme mortr à l'IIÔtcl-Dieu, et ft br|uell(-je dois donner ici une place, pour mieux Tuire comprendre le vice de conformiitinn dont il s'agit :« Une membrane continue, dit-il, divisait le va->in dans toute la longueur, à jiartir du m6nt uriniiire et de In commissure postérieure de la iul>e jusqu'au milieu du col utérin. Cette cloison avait environ une demi-ligue d'épai^^ieur ; elle était ferme, rt^istante, lopi«sée de cbn'jue cAlé par la membrane mu(iueu>e vaginale, qui .«e continuait de ji.irl et d'autre sans interru|>ttun. I.e col de lu matrice ne formait point de saillie ap{iarcnte dans la cavité de ce double va^i[i; son eitrémité inférieure était plutât aplatie qu'arrondii' ; h droite et a goucbe de cette >urface, on voyait deui simples trous de Tonne ronde, de 1b grandeur d'un petit tujau de plume,
DES ORGANES EXTERNES UB LA GÉNÉRATION. à?9
n'étant point couronnés par deux lèvres, ne présentant point l'apparence de fente transversale comme dans Tétat naturel. Ces trous aboutissaient isolément dans une loge correspondante de la matrice, dont la cavité était ainsi sé|iarée en deux par un septum médian. Vers les angles supérieurs de cet organe, existaient deux prolongements latéraux d*un ponce et demi à deux pouces de longueur, ajant le volume du doigt, une texture identique avec celle des parois utérines, dont ils étaient une continuation, une forme arrondie et conoide, se terminant enfin par leur sommet en donnant naissance aux deux trompes. La longueur de ces derniers canaux était, à partir de ce point jusqu'à leurs pavillons^, aussi grande que dans Tétat naturel. Le corps de la matrice ar ait un très petit volume ; sa hauteur, jointe à celle du col, était seulement de deux pouces; sa texture ne diiïérait point de celle d'une matrice ordinaire; elle ne paraissait point avoir été en aucun temps le siège de la fécondation. Les ovaires étaient petits et comme ratatinés, l'urètre et le clitoris bien conformés (1). »
La bilidité, car, en définitive, c'est à ce point de vue qu'elle nous intéresse, peut-elle empêcher la copulation? Rigoureuscmenl, elle ne constitue pas une impossibilité absolue, un obstacle infranchissable, mais elle est une gêne et une source non douteuse d'ennuis et de douleurs pour les deux conjoints. Une jeune fcmme^ dont la bifidité du vagin était incomplète, pouvait se livrer h la copulation, il est vrai, mais avec de telles précautions qu'elle réclama mes soins pour être débarrassée de cette infirmité. La verge, en pénétrant dans le canal, heurtait quelquefois le bord inférieur de la cloison, qui était à peu près à deux travers
(4) Archives générales de médecine, ann. 4 829, t. XX, p. S3S.
ARO VICES DB r.ONFOBMATION
Je doi{;l lie l'orifice vuWaire, el ce clioc nVloil pas «ans douleur pour riinmme et surtout pour la Tenimp ; dons tous les cas, quel que Tilt le cAté où su logeât la verge, la poche vaginale n'ayonl plus que la moitii^ de $a cnpacilé ordinaire, était distendue outre mesure, et celte distension faisait da coit un sujet coiistunt de souiïrances.
A ne considérer que l'acte copuLi leur, l'opportunité d'une opération ne snuniit être douteuse ; maïs quand la bifidité du ïDgiii se prolonge jusqu'au col de l'utérus et pénètre dan* cet organe, il peut être utile de s'abstenir et de laisser subsister un obstacle au coït, atin de prévenir tes accidents ultérieurs que déterminerait it cotiy silr une grossesse; ctr le produit de lu conception, en se développant dans une cavité trop étroite, ï'il ne succombait pas lui-même, pourrait bien déterminer la rupture de la poctie utérine dans laquelle il serait contenu, sans parler des douleurs nombreuses qui accompagneraient cette distension Forcée; et puis la cloiiion longitudinnle partageant en deux, comme dans l'observation de Dance, l'ouverture inférieure de la matrice, on prévoit quelles diflicultés, et même quelle impossibilité, présenterait l'accoucbement.
Par toutes ces considérations, dans les cas de bifidité du vagin et de l'utérus, j'estime qu'il convient de respecter l'obstacle apporté par la nature k l'entraînement de la passion, et de considérer la cloison vaginale comme une sage prévision de la providence.
Mais quand Ij bilïdité n'intéresse que le vagin, quand la matrice reste étrangère k cette anomalie, «n est autorisé à débarrasser ta femme d'une iuKrmité qui, outre les ennuis dont cite remplit son etislence, serait, dans le cas de gras* scsse, la source de nombreux acciilenl« au moment de la parturition.
Communication du vagin avec les organes voisins. — Les organes avec lesquels ces communications s'établissent sont Turètre, la vessie et le rectum; elles s'opèrent par des solutions de continuité des parois vaginales, et constituent ainsi des Gstules qui presque toujours sont au-dessus des ressources de l'art.
Au point de vue exclusif de la copulation , le dommage n'est pas grand, car le coït est toujours possible; seulement ces dispositions, en laissant sortir par le vagin, soit les urines, soit les excréments, inspirent le dégoût, et deviennent ainsi la source de répulsions morales.
Il n'en est pas de même au point de vue de la fécondation qui, ainsi que je le dirai plus loin, peut être profondément atteinte.
Les communications du vagin avec l'urètre et la vessie, quoique peu fréquentes, se rencontrent cependant plus souvent que la communication du vagin avec le rectum. J.-L. Petit rapporte les deux exemples suivants des deux premières anomalies : «J'ai vu, dit-il, une fille à l'âge de quatre ans, qui était venue au monde n'ayant ni urètre, ni nymphes, ni clitoris: elle avait un vagin assez large; mais n'ayant pas d'urètre, ou du moins la partie de ce canal où se trouve le sphincter manquant, elle rendait involontairement ses urines; j'en ai vu une autre qui avait tout l'extérieur de la vulve, le clitoris, les nymphes et les grandes lèvres bien conformés, mais à qui il manquait tout l'urètre et le col de la vessie; elle rendait ses urines à l'entrée du vagin par un trou assez large pour y mettre le petit doigt (1). »
(4) Œuvres complètes y édition de la Bibliothèque chirurgieals , p. 798.
fKtS Df rWtVOHATIOII
L*Mmrtur« ia tai;in dtnt le reftum e*t nnmftmtnl ntt, ft d« pamiivs ul»enatr'>iii, (t'(i|irè« Boyer, n'oni Hé * hile* t|u'un lrè« gielit nombre d« hit : on cm Irume un fli«in|t(« lUii» l« Jtnimal dej mvtmts, annif 1777, pI on skoimI daii* l« Mémoires fie Berlin, innée 1774- L'illuMre «eirt^uiri' de l'Acadt-mie dt- L-liirurgic, l.ouîs. en dir on troÎM^'' eiempte sur lequel jo rfetnainle \a pcrmisiion Jb ^ Bi'arr4ti>r un initttint.è rau^fl desrirronManre» qui t'accoiiM ^| pogiièrent l^l dtà la diftfusiiioii è laquelle il dunna lieo, et (|«f ^| et| Tort |>eu cuiinue.
llniiK une Ihé^ soutenue 80U!i ^a pri^«ideiire aui éctifes de rliirurgîp, et dont len bibliomane» D'iicrnrdpnl h lui attribuer la (laternité, Loui» raconte qu'une Jeune fille, chei laquelle il n'existait aucune trace des parties eiterneu de la génération, i^tait r^gli^e yor l'anus. Son amant. |ioiir«uil-il, lui arracha l'aveu de ce vice de conformation, et, dan* sei transports amoureut, il la supplia de lui permettre de s'unir à elle par la seule voie qui lui restait : elle y consentit, deviot enceinte, et accoucha à terme, par l'anus, d'un enfant bkn constitué (l).
Comme conséquence de cette observation , Louis demanda aui casuisles si une femme , privée de vulve, était,
(I) Voici m enlier le l«ite même de c«(ta curieuse obaervalkm : < Alii i m perron lion 19 «pparentis «pecies liic manel recensenda de qui
• DOn ita pridem Psrisiis vidimus eiemplum noLatu dignum, veroicale
■ in Bcademiarum commentariis non Iradendum, ob verecundiam dere
■ pudendi Mrvindim. Adolefcentola in quA naiiom vuIveb et vaginn
• veaiigivm, par anum pui^aliooM menalruat pauettitur : eam rir > quidem adamavii, et buic quA data vjA se commisil, non tangaarii
■ transiliens vada, quod alibi neraoda ruissel telidaE in hoc casu Fuit
• (ecnndùm nalurœ intenlum. Gravida enim facta fœtum lempore
• opportnao enlia est, laceralo ani aptiinciore. An uxore aie dispositt,
• ttti Tu ait judiceoi (beologi moralesï i
oai OU non y en droit de chercher dans l'anus In voie de la propagation. Les théologiens s^émurenl, des cris de réprobation s'élevèrent contre le célèbre chirurgien qui ne tarda pas à avoir contre lui le parlement et la Sorbonne.
Il fut interdit.
Cependant la question n'était pas neuve pour les casuistes et avait été bien longtemps avant Louis approfondie par les pères Cucufe et Tournemine. A ce problème : An imper forcUa mulier possit concipere? les deux savants pères que je viens de citer avaient décidé « qu'une fille, privée de la vulve en apparence, devait trouver dans l'anus des ressources pour remplir le vœu de la reproduction. » Sanchez, le fameux casuiste espagnol que tout le monde connaît, avait partagé l'opinion des pères Cucufe et Tournemine, et cependant , malgré cette unanimité de trois grandes lumières de la théologie, les papes avaient fait un cas résc^rvé aux jeunes filles qui tenteraient cette voie.
Louis, par sa question indiscrète : Anvxoresicdispositâ^ uti fas sit judicent theologi morales? mettait donc en suspicion les décisions de Rome, et justifia jusqu'à un certain point les rigueurs exercées contre lui par la Sorbonne et le Parlement.
Cette affaire, on le comprend, ne se passa pas dans le huis-clos, et le problème, fort débattu en France, fut de nouveau soumis à la sagesse du souverain pontife. Le pape Benoît XIV, qui portait alors la tiare, plus philosophe et plus éclairé que ses prédécesseurs, permit l'usage de la parte-poste dans le sens du père Cucufe.
En présence d'une pareille décision et en souvenir da fait rapporté par Louis, Pougens n'hésite pas h donner le conseil suivant : « Les jeunes femmes stériles seraient peutêtre autorisées, ou devraient, au contraire, tenter lea deux
I ORflAMQieS ne L APPADEIL COl'UIJlTRtiH. I, yuui n'assurer de lu véritable route <Je lii propags-
^tnme on le voit, Puugciis répudie cette maiime de Iji wgesse des notions : Dans le doute, abstient-^oi.