‹ Traité de l'organisation du pied du cheval comprenant l'étude de la structure, des fonctions et des maladies de cet organeChapitre 15 sur 70 · TRAITÉ · texte numérisé non relu

TRAITÉ

Dt

L'ORGMÂM DU PIED DU GHfiVÂL.

L'ancienne hippiatrie exprimait par l'aphorisme que nous avons pris pour épigraphe de ce livre l'importanoe que l'on doit attacher à

rintégrité absolue des pieds du cheval dans Tappréciation des aptitudes de cet animal aux services de la domesUcité.

a Pfeg de pîedy pas de cheval ; no fitoî, «o Amtm. »

Quel est, en effet, l'usa^je exclusif du clieval dans le groupe des anunaux que l'homme a soumis à son empire? Celui d'un nioLeur. Comme ces merveilleuses machines que l'industrie humaiue a créées, pour ainsi dire, à son imitation, et auxquelles il a servi d'unité de mesure, cet animal est employé exclusivement à engendrer le mouvement et à le communiquer aux masses inertes avec lesquelles on le met en rapport.

Or, le cheval ne peut fonctionner comme moteur et produite la plus grande somme possible d'effets utiles qu'à la condition de la parfaite solidité de ses colonnes de soutien et de la force des adhérences de ses pieds sur le sol. Car c'est vers le pied que convergent, et c'est à lui qu'aboutissent toutes les actions des ressorts locomoteurs -, c'est Ini qui sert de point d'appui aux leviers que ces ressorts mettent en mouvement-, et, en dernier résultat, c'est de la solidité de cet appui que dépendent, et la sûreté de la station, et la stabilité de l'équilibre de la machine animale, et aussi l'énergie de la propulsion qui détermine son déplacement.

Pas de pied, pas de cheval donc. Cette vérité trouve tous les jours sa triste confirmation dans la ruine prématurée de bon nombre d'animaux réduits à Timpuissance de rendre leurs services, parce qu'ils pèchent par les pieds.

Toutes les qualités d'un chOYal sont, en effet, considérablement

amoindries, et peuvent même être entièrement annulées, par la maU'

3 ORGAIflSATIOll DU FIK1> DU CHITAl.

vaise conformation oa les altérations accidenleiles de ces organes eflae&tieis; et, quelle que soit la supériorité de son origine, si perfidie que se présente sa construction d'ensemble, si ré^fulier Tagencernent de ses parties, si bonne la trempe de ses ressorts : ranimai

n'en demeure pas moins incapable de suflBre aux services auxquels i! était aplc par sa race et par sa conformation, lorsque ses pieds, altérés dans leurs formes ou rendus douloureux par des maladies profondes, ne fournissent plus à la macbine qu'un point d'appui incertain ou hésité;^ témoin , par exemple, ces excellents chevaux de la race anglaise, fomeuse à tant de titres, qui périssent si souvent avant l'âge par la ruine de leurs pieds, qu'un auteur vétérinaire a pu dire, sans être taxé de trop d'exagération Uans son langage, qu'une des maladies les plus redoutables et les plus fréquentes dont ils sont atteints, la maladie naviculaire, était comme um maUdicUon jetée swr h (ofine chaire de cheval*

La région du pied a donc une importance principale dans l'ordonnance générale du mécanisme locomoteur , elle le tient tout entier sous sa dépendance, comme la base l'édifice, comme le point d'appui le levier ^ la régularité de sa structure, l'intégrité de sa fonction, sont les conditions essentielles, absolues, de Tutilisation complète du ciieval aux usages de la domesticité.

Ces simples considérations expliquent, et justifieront sans doute aux yeux de nos lecteurs, les développements assez étendus que nous avons cru devoir consacrer à Pétude de la région digitale du plus utile de nos animaux moteurs.

Notre travail comprendra trois divisions.

Dans la première, consacrée à l'iuiAlomiie» nous étudierons le pied dans tous les dérails de sa merveilleuse organisation ;

Dans la deuxième, nous traiterons de la plij'Alologfle de cet

organe ;

Dans la troisième, enfin (pmfhÊÊo^é), nous considérerons les altérations de forme, de structure et de fonctions qu'il peut éprouver, et nous Indiquerons les moyens les mieux appropriés, soit pour lui conserver, seît pour lui restitua autant que possible son intégrité normale.

AVPARUL ofamx* 3 PREHIËRE DIVISION.

La région des membres du chev il n iaqiiclle on donne le nom de PIED daus le langage ordinaire, n'est à pi opremeal parler que Textrémilé du doigt , car Ip pifd consnjéré au point de vue zoologîque, s'étend depuis le carpe ou le tarse jusqu'ft la dernière phalange. Mais l'usage a consacré l'application de oelte dénomination à la partie du membre qui est immédiatement en rapport avec le sol, et malgré ce qu'elle peut avoir de videux, il y aurait plutdiincoDvénient qo^avcutaf» à ne pas Tadopter dans le langage sdentiflcpie.

Le pied du ebevalest r^arquable par une disposition anatomlque assez exceptionnelle pour que les naturalistes Paient considérée

comme un caractère zoologique principal de la famille, très-nettemenl distincte, à laquelle le cheval appartient : — son doigt est unique et son pied conséquemment indivisé. — D'où les noms de monodaetyles et de solipèdes, sous lesquels les animaux de cette famille sont assez souvent désignés.

Cette simplicité de disposition anatomique n'exclut pas cependant, dans le pied du cbeval, la richesse et la complexité de Porganisation. An oontrairet le doigt unique dont il est formé» considérablement développé relativement à ceux des autres animaux, fidt voir, avec un grossissement naturel pour ainsi dira, toutes les parties consUtuantes de cet organe, et dévoile, parla grandeur de ses dimensions et Pachèvement de sa structon* les seerats d'une organisation moins ftiellement saistssable dans les autres ftimilies d'animaux digités.

Le pied du cheval est composé de deux ordres de parties, les unes if^iERNES, organisées et sensibles; les autres externes, formées (rune matière organique corfiéê, mais complét#mefil dé nu ée» des propriélés dê la ds.

À. Les parties Internes sont :

4« «f^ an DMnbro de trois ilà d$miêmpàaUm§€, la troisième ei le petit séiomadt, qui forment, par leur réunion, Varticulation du pied;

8» Des ligments spéciaux, qui maintiennent ces os dans leurs rapports ;

3» Des tendons, qui remplissent le triple ol&ce d'agents de trans* mission du mouvement» de ligaments articnlaires et d'organes de suspension du poids du corps *,

4* Un appareil fbro^artilaginem ^tique, surajouté à la troisième phalange, qui la complète pour ainsi dire en arrière, et élargit la surface par laquelle elle prend son appui sur le sabot, et transmet au sol les pressions qu'elle sui)porte ;

5® Des artères, des veines, lymphatiques, des nerfs, remarquables par leur nombre, par leur développement et par leur disposition ilexueuscct anaslomotique ;

6«> Une membrane tégument aire propre à la région du pied, quî diffère du tégument général auquel elle fait continuité par ses caractères extérieurs, sa structure notablement modifiée et ses fonctions spéciales.

Les parties externes du pied, au nombre de quatre, la porot , la eek, la fourchette et le périople, forment, par leur assemblage, une botte cornée, Vongle ou le sabot, qui s'adapte exactement, par

sa cavité intérieure, sur les coniours de la lace externe de la membrane sous-ongulée, rouuaete avec elle une adhérence iniimc par engrénemenl réciproque, cl complète la structure générale du pied en fournissant à ses parties sensibles un appareil épais, dur, résistant et cependant élastique, qui fait corps avec elles et les protège contre la violence des corps avec lesquels le pied, par la nature de sa fonction, est destiné à être incessamment en rapport.

Telles sont, dans leur ordre de succession du dedans auddiors, les différentes parties composantes du pied du cheval.

Cette première division de notre travail va être consacrée à les étudier isolément dans leurs formes, dans leur 8trucUire.et dans leurs rapports normaux.

Nous considérerons donc successivement :

A. Les pwrtlw flnimiM» comprenant :

4* L'avpamil osseux avec l'appareil fibro-eortilaginmaB Mastique, qm n'en est pour ainsi dire que le complément-,

2" L'appareil viiiicuLAiRE, comprenant les ligaments spéciaux du pied , les teudous , qui en remplissent rotfice, et les gaines synoviales ^

APPAftEIL OSSEUX. 5

3<» L'appareil vasculaire, comprenant iea arlèies, les veines et ks iymplmliques-, 4« L'appareil nerveux-, 50 L'appareil lÉauJCE^TAiRE.

B. Les parties rateniMf compreDant un seul appareil : L'APfAHsiL CORNÉ, en d'autres fermes, I'ongle, le sabot, doniles différentes parties constituantes sont : la paroi, la sole, la fourchette

et le périople,

Lor^,que nous aurons considi ré isolément chactm de ces éléments de la structure du pied, nous les rétablirons dans leur en8enij>le, atin d'étudier la configuration extérieure de l'organe qu*Us concourent à former.

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