CIIAIMTUE V. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES PRISONS
283i. Diiiisles (Icniiî'ivs ('\|)ciitMic('s sur la Nciililalioii, lnr>(|ii(> hî foyer clail allume, un n'a poiiil iiiesuio la (|iiaiililé de comlmstihU; brûlé par heure dans le foyer, mais on peut la déduire du résullal précédent, parce que le rapport de la vitesse réelle à la vitesse théorique doit rester le même. Le volume d'air appelé a été de 2940 mètres par heure ou 0"'%81G par seconde. Alors la vitesse d'entrée de l'air dans la cheminée était de 0"',81G ; 0,282 = 2,893 ; la vitesse théorique devait être de 2,89){ : 0,30 = 9,Gi. D'après cela, on trouve facilement au moyen de la formule
en mettant à la place des lettres leurs valeurs actuelles, que l'excès de température de l'air dans la cheminée devait être de 57°, et que pour jtroduire cette énorme ventilation de 74 mètres cubes par individu et l)arheure, ona dùdépenser par heure 2940 . 1,3 . (37 — 15) . 0,24 = 38o2.^) unités de chaleur ([ui correspondent à peu près à cinq kilogrammes de houille. Si l'on réduisait la ventilation au quart, c'està-dire à 18"', 50, ce qui pourrait paraître encore insuflisaiit, la vitesse deviendrait quatre fois plus petite, et comme les excès de température / — ô sont proportionnels aux carrés des vitesses, ou aurait / — ô=z(q7 — 6) : 16 ; d'oiW=:9°,l8; ainsi la consommation de combustible serait réduite à 9,18 : 57= 0,16, et par conséquent à 6.0,16 = 0S80.
2833. Ce qui manque à ces appareils de chauffage et de ventilalion, ce sont des instruments qui indiquent, à chaque instant, l'état de la ventilation, afin qu'on puisse toujours la maintenir entre certaines limites; car, s'il est important pour la salubrité qu'elle ne descende pas au-dessous d'un certain point, il est nécessaire, sous le point de vue économique, de ne pas tomber dans des ventilations exagérées qui occasionnent inutilement une grande consommation de combustible. Mais, comme la ventilation par aj)pel est fortement iniluencée par les variations atmosphériques, il faudrait avoir pour chaque cellule des appareils régulateurs tenant compte de toutes ces circonstances, ce qui paraît bien difficile.
l*risou cellulaire de ToiirM.
2836. La prison de Tours est composée de trois bâtiments égaux, disposés comme ceux de la prison Mazas, et réunis à angles droits.
422 LIVRli: XV. — CIIAUPTAGE ET VENTILATION DES LIEUX HABITÉS.
Ces bâtiments reiifernienl 120 cellules, mais 108 seulement peuvent être occupées par les détenus. Au point de croisement de trois corridors se trouve la chapelle; au-dessous, un calorifère à eau chaude. L'eau chaude circule dans des tuyaux liorizontaux placés dans des canaux creusés au-dessous du sol et dans les axes des galeries. L'air extérieur pénètre dans ces canaux, s'échauffe contre les tuyaux à eau chaude et se rend dans chaque cellule par un conduit pratiqué dans l'épaisseur du mur.
La ventilation des galeries devait avoir lieu, pendant l'hiver, par le foyer du calorifère ; pour cela, sur le sol de chacune des trois galeries, et au milieu de leur longueur se trouvent deux ouvertures couvertes de grilles, terminant des canaux qui aboutissent au cendrier du calorifère. La ventilation d'été des galeries devait être produite par des ouvertures ménagées à chaque étage dans chacun des vitraux qui ferment les extrémités des galeries ; ces ouveiiures pouvaient être plus ou moins fermées par des châssis vitrés, mobiles dans des coulisses. La ventilation des cellules devait avoir lieu, comme à Mazas, par les tuyaux de descente ; les cuvettes d'une forme conique, en fonte émaillée, communiquent à la partie inférieure avec un tuyau qui sort obliquement à travers le mur extérieur et descend verticalement, contre sa surface extérieure, dans la fosse creusée sous le chemin de ronde. Il y a une fosse pour six cellules. Les murailles et les voûtes des fosses sont formées de moellons posés à sec, sans mortier. Les fosses, à l'origine, étaient en communication avec deux cheminées du calorifère qui renfermaient à leur partie inférieure un poêle à eau chaude. La ventilation d'hiver devait avoir lieu par la chaleur de la fumée, et celle d'été par les poêles à eau chaude. « Les appareils ont été reçus par une commission qui n'a fait aucune réserve pour la ventilation qui ne fonctionnait pas encore. »
2837. Mais, lorsque les tuyaux de descente ont été posés, on a reconnu qu'ils fournissaient une communication facile entre les détenus : des paroles prononcées à voix basse près de l'ouverture d'un siège étaient entendues distinctement à l'ouverture des autres sièges aboutissant à la même fosse. Pour éviter cet inconvénient, on fit plonger les extrémités inféi'ieures des tuyaux dans des vases pleins d'eau, et plus tard on se contenta de les faire plonger dans du sable qui couvrait le sol des fosses ; mais alors la communication des tuyaux avec l'air de la fosse a été intercepté^ ainsi que le son ; on le croyait du moins alors, et il fallut chercher un autre procédé
CIIAPITUE V.— CIlAL'FFAGt: ET ASSAINISSEMENT I>ES PUISONS. 423
(l'aérago. Les oiivclles ont oté garnies triinc enveloppo ixMU'vm; d'un tuyan lalôral en tùle, qui, a|)rès s'èlre rlev»'; à une eoitaiuc liautcur, e(tnnnuiii(|ue avec un canal creusé dans la muraille altouti>>>;iiit dans les combles ; là, il se termine par un liiyaii en lùlc (pii enlic perjtendiculaiicmenl dans des ^^aines en Ixiis qui dchouclient dans les deux clieininees iclargies du calorilère. A partir (h; ce l>i»int, les cheminées n'ont plus que o mètres de hauteur.
283S. Le chaulTage a mal réussi, du moins pour les cellules du rez-de-chaussée, pour lescpielles l'air n'a [)as une force ascensionnelle suffisante.
La ventilation d'hiver était faible, celle d'été était nulle; il régnait dans cette dernière saison une odeur infecte dans les couddos. Mais ce n'est pas tout, les tuyaux de descente, connue je l'ai dit, plongeaient par leur partie inférieure, et d'une petite quantité, dans le sable dont on avait rempli en partie les fosses, le son était intercepté, mais la communication des tuyaux avec l'air des fosses ne l'était point; et comme les murs et les voûtes des fosses étaient en pierres sèches, et que le sol environnant était perméable à l'air, il s'ensuit que les tuyaux de descente qui n'étaient pas fermés à leur partie supérieure étaient réellement en connnunicalion avec l'air extérieur par l'intermédiaire des fosses. Alors les vents, l'échaufiement des tuyaux de descente par l'ardeur du soleil, faisaient monter l'air des fosses dans les cellules.
2839. Ainsi, point de ventilation dans aucune saison, ni pour les cellules, ni pour les galeries ; l'air des cellules vicié par les vapeurs qui s'élevaient des tuyaux de descente, non fermés à leur partie su- }iérieure ; les cellules en communication directe par les tuyaux d'ascension et de descente avec deux foyers permanents d'infection, les fosses et les condjles, dont l'air, par l'action des vents et du soleil, se mouvait tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, mais toujours en passant par les cellules, et enfin les cellules en communication directe avec les galeries. Yoilà ce qui existait dans la prison de Tours en 1849 ; il serait difficile d'imaginer une réunion de circonstances plus déplorables.
Dans le commencement du mois de juillet 1849, le choléra existait dans la ville de Tours, mais avec {ww d'intensité et seulement dans les quartiers éloignés de la prison ; lorsque, le 13 de ce mois, cette terrible épidémie se manifesta dans l'intérieur de cet établissement et en quelques heiu'es y prit un développement elï'ravant. Le 14, Monseigneur l'archevêque avait mis à la disposition du di-
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recteur une maison de campagne pour y recevoir les détenus que le choléra avait épargnés ; on ne put y transporter que deux hommes. Sur une population de 89 détenus, 08 sont morts. L'administration comptait 22 personnes, hommes, femmes et enfants, 11 ont été atteints et 9 ont succombé.
A la suite de ce terrible résultat, on a changé les conditions de la ventilation qu'on a rendue en partie mécanique ; la disposition des cuvettes a été modifiée. Le choléra ayant reparu à Tours en 1854 ne s'étendit pas sur la prison.
Renseig^nenients sur quelques autres prisons.
2840. M. Grouvelle a chauffé plusieurs prisons au moyen de calorifères à air chaud. Voici la disposition adoptée à la prison d'Angers qui renferme 252 cellules.
Les bâtiments sont formés de trois ailes disposées comme à la prison Mazas. Les calorifères au nombre de trois sont placés dans des caves qui se trouvent au-dessous des trois corridors et au milieu de leur longueur ; chacun d'eux renferme 36 mètres cairés de surface de chauffe. L'air chaud est conduit par des tuyaux en poterie, placés dans les reins des voûtes jusqu'au pied des cellules, d'où il s'élève par un conduit vertical spécial à chaque cellule, qui y verse l'air chautîé à la température convenable, à O'°,50 du plafond, afin que les détenus ne puissent pas communiquer par les conduits d'air. Les prises d'air extérieur des calorifères sont garnies de registres destinés à régler la ventilation. Chaque conduit vertical extérieur de l'air chaud dans les cellules est également garni d'un registre. L'air sort de chaque cellule en traversant un coffre fixe, renfermant une cuvette mobile, qu'on enlève à de certaines heures de la journée; de ce coffre, l'air se rend dans un canal pratiqué dans les intervalles des plafonds et des planchers des cellules dans les canaux verticaux qui le conduisent au pied de la cheminée d'appel. Indépendamment des trois calorifères dont je viens de parler, il y en a un quatrième à surface de chauffe moindre, destiné au chauffage de la rotonde centrale, des parloirs et des bureaux. Les appareils ont coûté 21 ,000 francs. M. Grouvelle a chauffé et ventilé, d'après les mêmes principes, les prisons cellulaires de Bourgoin, de Beaupréau et de Marseille ; cette dernière renferme 144 cellules •et les appareils ont coûté 14^500 francs. Ainsi, avec des calorifères
cii.umthl; V. — ciialffage et assainissement i>i:s puisons. -iî3
à air cliaud, les frais de rétablissement reviciiiiciil ('ii\iiuii h KiOfr. l)ar l'clliile.
Les appareils à eau eliaiule ou à vapeur (•(•ùteiaieiil ((•rlaiurnicul davantage eonnne frais de premier élablisseuienl, mais ils seraient préférables eomme résultats et simplicité de service. Les calorifères à air cliaud ne doivent être em[)l<)yés ((ue quand on veut réduire, autant (jue possible, le prix d'installation.
2841. D'après une note remise au jury de l'Exposition universelle de ISo.j, M. Uené Duvoir aurait établi des appareils de cbauiïage et de ventilation dans les prisons cellulaires de .Moutdidiei', d'Abbe\ille, de Chalon-sur-Saône, de Remiremont, d'Étampes, de Beaune et de Sentis.
Dans ces trois dernières, le chaulTage se fait par l'eau chaude au moyen d'une disposition particulière dont nous avons déjà parle (2400).
De la partie supérieuie d'une chaudière verticale placée dans les caves partent autant de tuyaux qu'il y a de rangées de cellules, ces tuyaux longent les cellules dans un canal horizontal établi en contrebas du sol des galeries et vont jusqu'aux extrémités où ils se replient sur eux-mêmes poiu' revenir à la partie inférieure de la chaudière et former ainsi une circulation complète. Sur ces tuyaux horizontaux qui servent au chauffage des cellules du rez-de-chaussée sont branchés des fuyaux verticaux logés dans des gaines disposées dans l'épaisseur des murs, un même tuyau alimente les cellules superposées de tous les étages.
Des diaphragmes placés dans les gaines à la hauteur de chaque |)lancher limitent la partie du tuyau affectée à chaque étage.
2842. La partie du tuyau conq)rise dans la hauteur du rez-dechaussée sert au chauffage des cellules du premier étage, et la partie comprise dans la hauteur du premier étage sert au chauffage du second.
Chaque tuyau vertical porte un robinet à air à la partie supérieure qui permet de le remplir d'eau complètement. Un vase d'expansion en comnmnication directe avec la chaudière phux'e à la partie supérieure de l'édifice assure ce résultat.
Des ouvertures ménagées dans les parois de la gaîne du côté de la galerie donnent accès à l'air qui s'échauffe autoiu' du tuyau, s'élève dans la gaîne et se rend dans chaque cellule par une ouverture placée à la partie inférieure ; la température que l'air a acquise dans son parcours, lui donne une vitess(; (pii facilite; le renouvellement de l'air dans la cellule.
L'air qui entre dans la cellule par une ouverture placée à la partie inférieure en sort par une autre ouverture située sur la face opposée placée aussi à la partie inférieure et en communication avec un canal aboutissant à une cheminée générale dans laquelle un foyer spécial détermine l'appel.
2843. Le chaulfage de l'air dans des canaux verticaux occupés par des tuyaux ascendants et de retour d'eau chaude, est avantageux quand la pièce chaulTée communique à la hauteur du plancher avec une cheminée d'appel échaulfée, parce que la vitesse de l'air est à peu près la même à chaque étage, mais à la condition que Ton ait pris les précautions nécessaires pour que les veines d'air en arrivant dans la cheminée d'appel ne se prolongent pas transversalement de manière à en diminuer la section, et que des registres convenablement placés permettent de régler la ventilation des différents étages. Quelquefois le chauffage de l'air dans la cheminée d'appel se fait par des tuyaux à eau chaude qui se prolongent jusqu'à son sommet ; c'est une disposition qui peut être employée dans des établissements, où la dépense de combustible pour la ventilation est peu considérable, et où l'on veut éviter un foyer spécial; mais poiu" des prisons, cette disposition a plusieurs graves inconvénients : elle exige d'abord une dépense assez considérable de frais d'établissement ; de plus, une dépense de combustible beaucoup plus grande que si l'air était chauffé directement par de l'air échappé d'un foyer spécial, parce qu'il y a une perte de chaleur dans le chauffage de l'eau, et enfin parce que l'échautîement de l'air ayant lieu progressivement à mesure qu'il s'élève, il n'y a qu'une partie de la chaleur employée qui est utilisée pour le tirage. En outre dans cette disposition la ventilation étant liée au chaulTage varie nécessairement avec lui, elle est faible au commencement et à la fin du chauffage, et acquiert son maximum d'effet pendant les jours les plus froids. Cette disposition ne peut pas être employée dans les prisons cellulaires où la ventilation doit être constante.
Obserrations sur le cliauffag^e et la Tentilation des prisons.
28i4. Les opinions sont partagées sur l'opportunité du chauffage et de la ventilation, dans les maisons centrales où les prisonniers vivent et travaillent en commun. Quelques personnes pensent qu'il serait dangereux de placer les détenus dans des conditions sanitaires meilleures que celles dans lesquelles se trouvent souvent les ouvriers
CilAlMTHE V. — CHAUFFAGE ET \SSAINISSEMENT DES PUISONS. Ml
lioniK'lcs (|iij InivailliMit thinslcs ateliers de rindiislrie, eteii général, (1 améliorer le régime des prisons, parce que ces amélioratiims diminueraient la gravité de la peine, aux yeu\ des hommes déiiravés qui ne sont retenus que par la crainte du cliàliment. D'autres sont d'avis, que la privation de la liberté, le travail forcé, une mauvaise nourriture, souvent même insuHisante. et la sévérité de la discipline, constituent une peine assez grave i)ar elle-même pour permettre, sans inconvénients, les améliorations relatives à la salubrité. Je partage cette dernière opinion, d'autant plus que, les gardiens et toutes les personnes attachées à l'administration souiïrent plus ou moins de l'insalubrité de la prison.
Ainsi, je pense que. dans les maisons centrales, les dortoirs, les ateliers, les infirmeries, h;s lieux d'aisances, doivent être assainis par une ventilation puissante, mais qu'elle pourrait être obtenue par le travail d'un certain nombre de détenus employés à faire mou- Aoir des ventilateurs. Toutefois la ventilation entraîne nécessairement un chaulTageplus coùteuxet les installations sont moins simples qu'elles ne paraissent l'être au premier ahord (1).
Uuantaux prisons cellulaires, le chaufîage et une ventUation convenables sont maintenant hors de toute discussion et reconnus d'une nécessité absolue, non-seulement pour les prisons qui ne renferment que des prévenus, mais encore pour celles qui sont réservées aux condamnés.
2845. Examen des différents modes de chauffage. — On a proposé de chauffer chaque cellule par de petits poêles à eau chaude ou à vapeur qm seraient traversés par l'air de ventilation ; mais cette disposition exigerait une plus grande dépense d'établissement que si le chauffage avait lieu par l'air de ventilation chauffé en dehors des cellules ; ces poêles pourraient être avantageusement remplacés par un tuyau à eau chaude ou à vapeur passant dans un caniveau placé au-dessous ou latéralement à la cellule et communiquant avec elle.
(1) Uy a quelques années, je visitai la maison centrale de Xîmes, accompagné de M. Boileau de Castelneau, chirurgien de cette pii ,on. Dans toutes les parties de la maison, dortoirs, ateliers, infirmerie, l'air était vicié, et on y éprouvait une sensation extrêmement pénible. Mais mon attention se fixa principalement sur deux ateliers ; dans l'un on peignait de la laine, et il y avait dans la pièce une douzaine de petits foyers à charbon de bois découverts; dans l'autre, les détenus étaient employés à peigner des déchets de soie ; lair y était tellement chargé de poussière de soie, qu'on apercevait à peine les objets à quelques mètres. Ces deux ateliers étaient extrêmement insalubres; aussi, d'après les observations de l'habile chirurgien qui me conduisait, la mortalité y était très-grande, et excédait de beaucoup celle des autres ateliers.
2846. On a proposé de chaulîer les cellules en chaiitîant d'abord le corridor par des calorifères, et en y prenant l'air de ventilation; cette disposition est certainement la plus simple qu'on puisse employer, mais elle exige nécessairement que la température des corridors excède de beaucoup la température des cellules, car, dans cliacime d'elles, la quantité moyenne de chaleur perdue par les vitres et les murailles est beaucoup plus forte que la chaleur produite par le prisonnier; il y aurait alors une grande perte de chaleur 'par les voûtes des corridors et par les immenses vitrages qui les terminent. Ainsi il faut chauffer directement les cellules par l'air de ventilation porté à la température convenable.
2847. On peut hésiter entre les calorifères à vapeur seule, ceux à eau chaude, et ceux à air chaud. ])e ce qu'il n'existe encore, à ma connaissance, aucune prison en France où l'on ait établi des calorifères à vapeur seule (1), il ne faudrait pas en conclure que leur emploi offrirait des inconvénients. Ils donneraient, au contraire, plus de régularité utile que ceux à eau chaude, puisqu'ils permettraient mieux de faire varier la température des surfaces chauffantes suivant celle de l'air à échauffer; ils seraient en outre moins coûteux d'installation (jiie ceux de ce dernier système, surtout lorsque l'eau reçoit la chaleur, comme à Mazas, par l'intermédiaire de la vapeur. Toutefois, les calorifères à eau sont d'un usage commode, et procurent une ré])artition suffisante de la chaleur; mais ils coûtent beaucoup plus de premier établissement que ceux à air chaud, et ce dernier mode de chauffage est celui qui me paraît le mieux convenir pour les petites prisons. Si la ventilation avait lieu par une machine à vapeur, ce qui suppose un grand établissement, l'usage de la vapeur comme chauffage se trouve naturellement indiqué.
2848. Examen des différents systèmes de ventilation. — Il existe, comme nous l'avons vu, plusieurs méthodes d'effectuer la ventilation, et ce n'est qu'après avoir examiné les avantages et les inconvénients de chacune d'elles qu'on pourra reconnaître celle qui est la plus avantageuse. Le système de chauffage que j'ai décrit, suppose que la ventilation se fait par appel. Cet appel peut avoir lieu ou par une action mécanique ou par une cheminée d'appel. Il résulte des expériences faites à Mazas et des quantités de combustible consommées de 1851 à 1854 que la consommation moyenne de combustible pour 'a ventilation a été de 19'' par heure, ce qui correspond au moins
(1) Nous avons vu que lors de la réfection des ajipareils de Mazas, c'est ce dernier ■moyen qui a été préféré.
CHMMTRr: V. - ciiAiTr.vr.r: et assainissement i)i;s puisons. Aû9
à 5 chevanx-vaiHMir; mais In clieminôe ayant 30"" de hauteur, Tcvoès (lo tonipérafiin* étant à j)oii près {]o 120°, le tirage niécaniijiK; n'cinjtlniiMait (jn'iint' partie du travail de la cheminée repit-scnté (2i.Tn en jj;énéral par «'Il : 2,12 (I -|-^//), qui dans lt> cas part iciiiici- (huit il s'ajiit i=:0,0t3. Ainsi une machin'' substituée à la cheminée exigerait un travail eirectif de 5.0,043 = 0,215 cheval-vapeur; mais comme il y a toujours une perte de travail par les transmissions de mouvement et dans la machine ventilante elle-même, il faudrait compter au moins sur un cheval, et supposer qu'il n'y ait pas d'accroissement de vitesse, ni à l'entrée ni à la sortie de la machine; car les étranglements occasionnent plus ou moins de perte de travail. Pour la ]M'ison Mazas, il aui'ait suffi d'employer un ventilateur à force centrifuge un peu grand, ou deux de dimensions moyennes montés sur le même axe. L'appareil serait placé dans une chambre fermée où viendrait aboutir le canal d'appel. Chaque ventilateur aurait un tuyau d'écoulement qui communiquerait avec la cheminée. L'action mécanique ne dépenserait réellement qu'une quantité à peu près nulle de combustible, la chaleur de la vapeur détendue pouvant être employée en hiver au chautTage, et en été à la buanderie ou à d'autres usages. Cette dernière considération permettrait de donner aux orifices d'accès et aux canaux de circulation de plus petites dimensions, ainsi qu'à la cheminée d'écoulement; car si le travail était porté à 3 ou 4 chevaux, la chaleur de la vapeur détendue pourrait encore être employée utilement. Ainsi, par cette disposition, presque toute la dépense de combustible de la ventilation d'hiver et d'été se trouverait économis('>e, et nous avons vu que pour la prison jMazas cette dépense s'est élevée en moyenne à G,20() francs par an, de t851 à 1854. Mais il faudrait retrancher de cette économie une certaine somme, pour les frais d'entretien des machines.
Si l'on remarque, en outre, que la ventilation par insufflation n'est pas influencée, comme celle par appel, par les circonstances atmosphériques, on doit en conclme que, pour les grandes prisons, elle doit être préférée à la ventilation par app(,'l. Poiu'l(;s petites prisons, reiifeimant un nombre restreint de détenus, on ne doit pas non plus hésitera l'employer ; seulement, comme le travail mécanique est alors très-faible, il convient de faire toiu'uer le venlilateiu- parles détenus eux-mêmes, en ayant soin d'installer un moyen facile de contrôler le nombre de tours. Le travail de nuit présenterait quelques difficultés sous le rapport disciplifiairc ; mais il ne serait pas impossible de se servir des détenus pour produire pendant le jour un travail qui serait
dépensé lentement pendant la nuit, en réduisant le volume d'air au strict nécessaire la nuit.
2849. En supposant que des circonstances particulières forcent à employer la ventilation par appel, il faut absolument éviter de faire sortir Tair des cellules par les tuyaux de descente des cuvettes ; car cette disposition a de graves inconvénients sous le rapport de la salubrité publique. En efTet, la conséquence forcée est l'évacuation dans l'atmospbère de la totalité de l'air de ventilation saturé des émanations des fosses ; à la prison Mazas, le volume d'air versé dans une heure par la cheminée est à peu près de 27,000 mètres cubes, et par jour de 658,000. On conçoit que, lorsque les vents rabattent à la surface du sol cette masse d'air infect, il en résulte pour le quartier une insalubrité réelle. On peut craindre, en outre, que les tuyaux de descente ne soient obstrués, en tout ou en partie, par les matières; ce qui arrête ou diminue nécessairement la ventilation. Il vaudrait donc mieux employer des cuvettes à tampon et à deux enveloppes, bien que cette disposition exige de la part des détenus des soins qu'on n'obtiendrait peut-être pas facilement ; et il est indispensable d'établir un canal spécial pour diriger l'air de ventilation vers la cheminée.
L'air pourrait s'écouler de chaque étage par un conduit placé près du plafond des cellules, du côté du corridor, en dedans ou en dehors, ou par l'intervalle des planchers et des voûtes des cellules inférieures, quand cette disposition a été prise pour isoler davantage les prisonniers. Le règlement de la ventilation de chaque cellule doit pouvoir s'effectuer au moyen d'un registre placé à l'entrée du conduit qui amène l'air chaud dans la cellule, et dont la tige traverserait le canal renfermant les tuyaux de chauffage.
2850. Pour les grandes prisons, la disposition du foyer d'appel de Mazas me paraît très-convenable. Pour les petites prisons, on pourrait avec avantage employer un poêle à alimentation continue, d'autant mieux qu'il serait facile de varier la consommation de combustible, et par suite le tirage, au moyen du registre d'accès de l'air dans le cendrier. Dans tous les cas, l'air nécessaire à la combustion doit être pris dans le tuyau d'appel.
2851. Il est évidemment toujours utile déplacer la cheminée des fourneaux de chauffage dans la cheminée de ventilation.
Les raisons que nous avons déjà indiquées rendront souvent préférable l'emploi, même pour l'appel, de moyens mécaniques.
Quant au calcul des quantités de chaleur à dépenser pour le chauf-