CHAPITRE X
Ventilation des mines.
3178. La ventilation des mines est nécessaire pour fournir de l'air aux nombreux ouvriers qui tiavaillent dans les galeries, et en outre dans les mines de houille pour enlever, à mesure de' son dégagement, le gaz hydrogène carboné qui se dégage des filons. Les moyens de ventilation sont de deux espèces : des cheminées dans lesquelles l'air est échaulTe par un foyer, et des machines aspirantes de ditîérente nature ; dans tous les cas, les travaux souterrains sont disposés de manière que l'air extérieur descend par un puits spécial jusqu'aux galeries les plus profondes, qu'il parcourt pour se rendre dans un autre puits qui communique avec l'atmosphère, dans lequel, ou à l'extrémité duquel, se trouvent placés les moyens d'aspiration. Presque toujours le courant d'air se divise en plusieurs parties qui parcourent sinuillanémenl les travaux des dillérents étages, et dans^
cliaciin d'eux les galeries ont des directions et des seetions si variables, qu'il serait très-difficile de déterminer par le calcul la résistance que l'air doit éprouver pour les parcourir, d'autant plus que les galeries inférieures étant à une température constante, presque toujours supérieure à celle de ralmosphère, le courant descendant, en s'écliauirant, acquiert une force ascensionnelle variable qui s'ajoute aux résistances provenant du frottement et des changements de section et de direction. On peut cependant obtenir une estimation approchée du travail nécessaire à la ventilation, soit par le calcul, soit par la comparaison avec d'autres mines ventilées qui se trouvent dans des conditions analogues. Dans les mines qui ne produisent point de gaz impropre ou nuisible à la respiration, le volume d'air qui doit traverser les travaux doit être au moins de 10 mètres cubes par mineur et par heure; pour les autres, et surtout pour les mines de houille, la ventilation doit être plus considérable en raison du dégagement variable du grisou. Il est bien reconnu actuellement que les plus forts dégagements de ce gaz correspondent à l'abaissement de la pression atmosphérique. Il y a là un indice qu'il ne faut pas négliger si l'on veut rendre la ventilation elîective en toute circonstance.
3179. Dans chaque cas particulier, on peut facilement déterminer l'efTet utile du mode de ventilation. Supposons par exemple qu'on ait observé la diminution de pression intérieure à l'extrémité du puits de sortie de l'air, et qu'on connaisse le volume d'air appelé par seconde, le travail nécessaire à la ventilation sera ph, j) étant le poids de l'air écoulé en une seconde, et h la hauteur d'air correspondant à la pression observée. Supposons ce travail estimé en chevaux-vapeur à raison de 4 kilogrammes de charbon par heure ; l'appel ayant toujours lieu par une certaine consommation de combustible, ou dans une cheminée, ou par un générateur, en retranchant la consommation calculée, on aura la partie de combustible ou de travail résultant des transmissions de mouvement et de la machine ellemême.
Dans un ouvrage de la nature de celui-ci, je ne puis entrer dans les détails du mode de circulation de l'air, de la distribution de l'aérage, du volume d'air nécessaire ; je renvoie pour tous ces objets aux ouvrages spéciaux, qui traitent de l'aérage des mines. J'ai parlé dans le livre IV des difTérentes machines employées pour la ventilation en général, et des effets produits par des jets de vapeur ; je rapporterai seulement les résultats des expériences faites en 1844, avec beau-
CIIAPITRE X. — VENTILATION MES MINES. "inT
oniip (lo soin, par M. (ih'piii, int^n'iiiciir dos niiiK^s de houille du (iiaiul-IIornu (HcliAitiiU'i, sur la voulilaliou directe par des foyers.
Ce mode de veutilalion est généraleiuent remplacé par leuiploi de luacliines aspirantes, ventilateurs divers, etc. ; les expériences cpic iintis rapportons servent à montrer l'avantage de cette substitution «liif nous avons indi(jué dans le li\rc IV.
Cheminées d'appel élev^'OH :iu-i1eHmiH du hoI aTec foyer latéral au bas de la rlioinint'e.
3180. Dans le piiils n° Il de la mine du (irand-Iïornn, le foyer d'aérage communiipie avec les puits d'appel par un canal de 10 mètres de longueur; la cheminée a 41"", 74 de hauteur et 1"',20 de section. Dans une première expérience, le volume d'air écoulé par seconde par la partie supérieure de la cheminée était de l'",88 à 74° ; la température de l'air d'accès était de 13°.-> ; celle de l'air extérieur était de 3° ; le foyer brûlait par heure 29S7 de houille //<?«« de qualité inférieure ; et dans le canal qui précédait la cheminée, l'excès de pression de ratmos[»hère était de 0'",012 d'eau.
En admettant que la puissance calorifique de la houille employée soit de G 000, l'air a dû être élevé au bas de la cheminée à peu près à 100% alors la température moyenne de l'air dans la cheminée était de (100 -f 74) : 2 = 87°. En calculant la vitesse d'accès de l'air à 3° dans la cheminée d'appel au moyen de la formule
dans laquelle on a H = 4i'",74 ; a = 0,0036a ; t — 87°. 6 = 3°; on trouve v= 13,80, et pour la charge en air à 13°, II a [t — 6): {[ -f ae) = 9"',7i ; et, en eau, 0™,012G, ce qui s'accorde très-bien avec l'expérience. Le travail etTeclif est alors /)/< = 1.88, 1", 023 0,71 = 18^'",(;2, ou, en chevaux-vapein- 18,62: 7"; = 0.24. Mais la quantité de houille brûlée par heure étant de 29'', 71, elle corn'spond à 7,42 en chevaux-vapeur en comptant 4 kilogrammes de houille par cheval ; mais l'effet utile est seulement 0,24 : 7,42=: 0,032 du travail qui pourrait être produit av(>c la houille consommée. Une autre expérience, faite dans des circonstances différentes, a donné des résultats peu différents. Dans l'ouvrage de M. Glépin, on trouve les résultats obtenus dans d'autres expériences ; mais un ne peut pas les comparer avec le calcid, parce que dans les
unes il n'a pas donné la tenipéralnre au sommet de la cheminée, et que dans les autres le tirage était produit par la cheminée du générateur de la machine d'extraction.
C'Iipmiiiôes intérieures avec foyer à une g^rande profondeur.
3181. Dans la fosse n" 3 du Grand-Buisson à Hornu, le puits d'écoulement de l'air de ventilation est employé comme cheminée d'appel, et le foyer y verse de l'air chaud à une profondeur de 184 mètres. Le jour des expériences, la température extérieure était de 2° ; celle de l'air intérieur avant d'arriver dans le puits d'appel était de 15°, 5 ; celle de l'air sortant à l'extrémité du puifs était de 30°; son volume par seconde était de 6", 48, et son poids de 7'', 60. La consommation de houille par heure était de 29^,16, qui correspondent à 7,29 chevaux-vapeur à raison de 4'' par cheval. La section de l'orifice •d'accès de l'air froid étant de 5 mètres, la vitesse d'accès était de l'°,17, qui correspond à une charge en air à 2°, de 0",069 ; alors le travail utile p/« était de 7,64 0,0G9 = 0'"",.527 ; soit 0,527: 7o = 0,007 en cheval-vapeur. Pour obtenir le travail nécessaire pour efïCQtuer la ventilation en ayant égard à toutes les résistances, il faudrait connaître la diminution de pression au bas de la cheminée avant l'introduction de l'air chauffé par le foyer ; cette dépression n'a pas été observée, mais on peut la déduire des dimensions de la cheminée et de la température moyenne de l'air dans les puits d'accès et de sortie. En admettant 7 000 pour la puissance calorifique de la houille, on trouve facilement que l'air au bas de la cheminée devait être à 45° 18 ; alors la température moyenne do l'air était sensiblement (45,18 4-30): 2 ou 37°, 6 ; dans la cheminée descendante, on peut admettre qu'à la profondeur de 184 mètres, l'air avait pris la température 15°, 5 qu'il avait dans les galeries, et qu'il s'est échauffé uniformément; alors la température moyenne dans ce puits était de (15,0 -f- 2) : 2 = 8,75, et comme les sinuosités des galeries sont sans influence sur le tirage, puisqu'elles renferment de l'air à une température constante, la charge en air à 0, température de l'air d'accès, sera, en faisant Hj = H dans la formule du n° 548 :
Uait — t')
expression qui, dans le cas dont il s'agit, a pour valeur 16,75 ; le travail nécessaire est égal à 7,64. 16,75 = 128 kilogrammètres, ou, en
CIIU'ITIŒ X. — VENTILATION HKS MINES. 589
cliovnl-vjipi'iir, à 1,70. D'après cela \c travail utile est égal à 0,007, If travail ucrcssairo à 1.70. et le travail qui poiirrail êlr».' produit avec le couiliuslildc brûlé est égal à 7,29.
Dans la fosse n" 2 du (irand-Buisson, le foyer d'aérage est établi lalfi alt'uii'ul à uuc itndnMdtMU' de 1 I 7 mètres, et les gaz proveuani de la ((luibusliou vieuueul déboucher daus la cbeniiiiée d'appel j)ar un canal incliné à une distance de 103 mètres de la surface. Le jour de Texpérience, le volume d'air sortant parla fosse d'extraction était de ."J"'%320 par seconde, à la température 33" ; l'air avant son mélange avec l'air écbauiré était à 13", 25 ; la quantité de bouille brûlée s'élevait à 23'', 33 par heure qui pouvaient chauiïer l'air à la température de 43°. Ces observati<uis sont insuffisantes pour qu'on puisse en déduire le travail utile et le travail nécessaire.
Dans la fosse n" 10 du Grand-Hornu, le foyer d'aérage est établi dans l'une des parois du puits à une profondeur de 178 mètres, à l'extrémité d'une petite galerie. Le jour de l'expérience, le volume d'air extrait était de 2"", 337 à 27" ; lair extérieur était a io° ; l'air avant son arrivée au foyer était à lô^So ; la quantité de houille brûlée par heure était de 29 kilogrammes ; en admettant que la puissance ca- Inrilifpie de la houille brûlée soit seulement de 6000 calories, on tniuNc que l'air aurait dû être- porté à 85°. Cette perte énorme de chaleur est ■attribuée par M. Glé[)in à l'humidité des parois des puits par les fuites d'eau. On ne peut encore rien déduire de ces observations.
3182. Pour déterminer le travail utile dû à la combustion, on a construit un foyer au bas de la fosse n° 5 du Grand-Hornu, et on a déterminé la charge correspondante à l'écoulement en remplaçant le foyer par un ventilateur de M. Combes produisant le même effet, en mesurant la dépression que produisait l'appel. Le jour de l'expérience, le foyer était placé latéralement au puits d'extraction à la profondeur de 207 mètres. Dans une première expérience, le volume d'air extrait par seconde était de 3™, 99 à 25°, 7o ; l'air avant son arrivée au foyer était à 19° ; la consommation de combustible était de 10\15 par heure ; en admettant 7 000 pour la puissance calorifique de la houille, l'air aurait été échauffe de 26° au lieu de 6°, 75 ; la dépression produite par le ventilateur produisant le même appel était de 0",013 en eau à 18°. Cette pression estimée en air à 15°, et sous la pression de 0°',757, est de 10"°, 57 ; alors le travail dépensé est de 3,99. 1,187. 10,57 = 50 kilogi-ammètres, et en cheval-vapeur 50: 75 = 0,60. Or, le travail qui pourrait être produit par le combustible
590 LIVRU: XV. — CHAUFFAGE ET VE.NTILATIO.N DES LIEL'X HABITES.
consommé élant île 4 chevaux, le rapport du premier nombre au dernier est de 0,1G5.
GIIAIMÏHE XI
Chauffage des serres.
3183. Les serres destinées à la culture des plantes qui ne peuvent pas supporter la température de Ihiver dans nos climats, ou qui doivent être maintenues constamment à une température supérieure à celle de Tatmosphère, sont toujours closes par de grands vitrages, tantôt à surfaces planes, tantôt à surfaces courbes, qui laissent pénétrer la chaleur solaire, et dans l'intérieur desquels on maintient une certaine température, presque toujours par d(!s tuyaux à eau chaude. L'appareil connu vulgairement sous le nom de thennosiphon se compose d'une chaudière généralement en cuivre rouge à fond concave au-dessous duquel se trouve placé le foyer dont la porte est à l'extérieur de la serre. La fumée, après avoir circulé au-dessous, revient assez souvent en avant par un tube intérieur d'où elle aboutit à la cheminée. Les tuyaux d'eau chaude sont généralement en cuivre rouge, parce que ce métal se prête mieux à la confection des divers coudes qu'on est obligé de faire.
La température de l'eau doit être maintenue entre 80 et 90^ Il faut éviter l'ébuUition qui produit inutilement de la Aapeur, et qui, en diminuant la quantité d'eau renfermée dans la chaudière, expose celle-ci à être bridée, d'autant mieux que ces appareils sont généralement confiés à des jardiniers souvent fort ignorants sur les soins et les précautions à prendre. Pour obvier à ces inconvénients, on peut employer un appareil fort simple qui empêche d'un côté une ébullition trop vive, et de l'autre le fonctionnement de la chaudière quand elle ne renferme pas assez d'eau. Cet appareil se compose d'un flotteur, plongé dans l'eau ; d'un tuyau vertical, communiquant avec la chaudière. Ce flotteur est attaché à une chaîne qui, après avoir passé sur une podie, se termine par un contre -poids. Lorsque l'ébuUition se produit trop vivement, l'eau, en montant dans le tuyau vertical, fait monter le flotteur et descendre le contre-poids qui appuie alors sur la clef d'un registre placé dans la cheminée et le ferme plus ou moins, de sorte que la combustion diminue. Quand il n'y a pas assez d'eau dans la chaudière, la chaîne du flotteur agit di-
CIIAIMTKK XI. — CHAUFFAGE DES SERRES. 5î)l
ivt'toint'iil sur le ic^gislro de la cheiiiiiu'o et W fcniio de manièro à «'iiipècluT hi combustion. Ce petit appareil est destiné à rendre des services.
3181. En 18.'î7, M. Holianll (ils a constrnil les magnifiques serres du .lardin des Plantes; j'en donnerai une description sueeinele extraite du bel ouvrage (piil a publie sur les constructions du Muséum d histoire naturelle.
-' Les serres dominent une longue terrasse coupée dans son milieu par une pente douce, et se composent de deu.\ grands pavillons de :20 mètres de longueur, 12 mètres de largeur et io mètres de hauteur, et de galeries à deux étages présentant ensemble un développement de 17U mètres. Chacun des pavillons est vitré sur trois côtés et sur le comble. Le milieu du pavillon de l'ouest est creusé à 2 mètres de profondeur, pour recevoir les caisses des plantes dont le pied est au niveau du sol des allées intérieures. Ce pavillon renlerme les palmiers et les plantes tropicales qui exigent le plus de chaleur : la température ne doit jamais descendre au-dessous de 15°. Une bâche au-dessus du sol a été disposée près du mur du fond pour recevoir les plantes grimpantes qui s'élèvent le long d'un grillage en fer. A la moitié de la hauteur de ce mur, un balcon règne dans toute la longueur. Les galeries à deux étages sont adossées à un mur (pii les préserve des vents du nord. Des orifices d'accès de l'air extérieur sont ménagés près du sol de la galerie inférieure. Les galeries du rez-de-chaussée sont divisées en cinq parties, celle du premier étage en trois parties par des cloisons de verre qui permettent de classer les plantes d'après le degré de chaleur et d'humidité qui leur convient. Quelques divisions contiennent des bâches au-dessus du sol, d'autres des bâches enterrées, d'autres des gradins en fer qui rapprochent les planches des vitrages. Des bassins sont disposés dans chacune de ces divisions, et de petits tuyaux percés de trous capillaires y versent une pluie artificielle.
318o. « Il fallait chaulïer également dans toutes les parties les deux grands pavillons et les deux rangées de serres à châssis courbes, contenant ensemble un volume d'air de 9000 mètres cubes, et dont les parois en verre n'offraient qu'un très-faible obstacle à la répartition de la chaleur. La température d'un des pavillons et celle des serres courbes devait être en tous temps, et quelle que fût celle du dehors, à plus de 15°. L'autre pavillon, destiné aune serre tempérée, n'exigeait que '6\
3186. « Plusieurs moyens se présentaient pour obtenir ces résul-
592 LIVRE XV, — CHAUFFAGE ET VENTILATION DES LIEl'X HABITÉS.
lats : la circulation de la fumée, comme dans toutes les anciennes serres ; la circulation de l'eau chaude, comme dans la plupart des serres anglaises ; la vapeur, comme dans la grande serre de Loddiges près de Londres, et enfin l'air chaud émis par les calorifères, moyen puissant qui est employé à la Chambre des députés. Nous avions eu d'ahord lidée d'employer l'eau chaude mise en circulation : mais on craignit que les grandes distances qu'elle aurait à parcourir ne ralentissent le service. Les serres du Muséum ne pouvant, quant aux dimensions, être comparées qu'à celles de Loddiges, qui cependant sont moins grandes, on jugea plus prudent d'adopter le système qui y réussit depuis dix-huit ans. La vapeur a donc été employée pour le chaufîage permanent, et l'air chaud pour un chauffage supplémentaire, qui ne doit agir que dans les grands froids, parce qu'à cette époque il est important de renouveler l'air sans ouvrir aucun des châssis extérieurs.
« Trois calorifères et deux chaudières à vapeur servent à la production de la chaleur. Les calorifères sont disposés dans une cave qui est située derrière le pavillon de l'ouest. L'air arrive froid près du sol, s'échautTe en parcourant des tuyaux de fonte enveloppés par la flamme du foyer, s'élève dans la partie supérieure de la cave et arrive abondamment dans les serres près des vitrages à une température d'environ 50^ Le courant d'air chaud est déterminé par un appel qui est produit par les foyers et les cheminées des fourneaux. L'air, avant d'entrer dans les serres, passe au-dessus d'un bassin d'eau chaude, dont il se sature, et n'a pas ainsi les inconvénients du chauffage par les poêles qui dessèchent les plantes en échauffant l'air sans le renouveler.
3187. « Les deux chaudières sont placées au rez-de-chaussée, au-dessus des calorifères. La vapeur est conduite par des tuyaux en cuivre dans des chauffeurs en fonte disposés de manière à porter la température de chacune des serres au degré qui leur convient. Les pentes des tuyaux ont été calculées pour ramener à la chaudière l'eau de condensation, sans nuire à la circulation de la vapeur, et les effets de la dilatation ont été corrigés par des appareils simples, qui facilitent le mouvement des tuyaux supportés dans leur longueur par des galets mobiles.
(c Dans le grand pavillon de l'ouest, quatre tuyaux de 0'°,lO de diamètre, disposés sous un chemin en fonte près du vitrage au midi, et seize autres semblables le long des parois de la bâche du milieu, servent de condensateurs, et développent tout le calorique
CIIAI'ITUE XI. — r.llAUFFAGE DES SEÎUŒS. .V.lil
iirrcssairt' à un vaisseau (11111 noIuiiio de 13000 iiiclics ciiIm-s qui est plact' dans les circunslanccs los plus tlcI'aMiraltli's |K»uila conscrvalitMi de la cliali'iii'. I.es {^alênes tics serres ù châssis courhes du rc/.d('-cliaiiss('c sdiil rlianlTrcs par (|nalrt' tuyaux de Innlc, cl celles du |treuiier clagc par deux tuyaux seulement ; les besoins du scr\ice a\ant exigé (pie la leuipératnre de collc-ei fût moins élevée, et l'é- (piililiH' de lempcratnre pouvant (railleurs être facilement établi <'ii ou\rant les connnunicalions prati(|nées entre les deux étages.
3i8S. « Ce cliaidlage a eu un plein succès, et Ton est parvenu à maintenir le tliermomt'tre à 33" au-dessus île la température extérieure, ce cpii est plus (pie suilisant p^ur garantir les |)lantes des froids les plus rigoureux. Nous avons clieiclié à imiter aatant ([ne possible les modilications (pie la nature a|)[)((rte aux climats, er> ajoutant à ces moyens de chaulfage un appareil destiné à produire une pluie artificielle, et un système de rideaux mobiles (jui servent à gaiantir les plantes des coups de soleil, (jue l'interposition des verres rend souvent nuisible. Les appareils pour le cliaulfage ont été exécutés par M. Talabot. »
3189. Le jardin d'hiver consti'uit dans le parc du château royal de Laeken (nelgi(jue) comprend un jardin d'hiver proprement dit A et une orangerie B (lig. 702).
La superticie totale occupée par le jardin d'hiver et l'orangeiie est d'environ 4500 °"^, le cube total d'environ 50000 mètres, soit à peu près le double des grandes serres de Kiew, près Londres.
3190. Un a employé, pour chaulîer le jardin d'hiver, un système mixte (pii permet l'emploi simultané d'appareils à eau chaude et d'appareils à air chaud humidillé.
3191. Tous les appareils de chaullage sont placés dans une cave située sous l'aile (|ui relie le jardin d'hiver A a l'orangerie B. Deux chaudières à fonctionnement méthoditpie, placées en C, alimentent des canalisations ((ui circulent dans le jardin d'hiver dans des caniveaux recouverts de grilles c',c', formant le pourtoiu' du jardin. Dans l'orangerie les tuyaux circulent au-dessus du sol.
Comme il était indispensable de réduire le plus possible la surface des caniveaux recouverts de grilles jjour ne pas gêner la circulation, car le jardin d'hiver est destiné à servir de salle de fêtes, on a dû employer des tuyaux de forme ovale munis de nervures, pour multiplier la surface de chautTe, en même temps ([u'on a disposé des jtrises d'air D, au bas des marches de la rotonde centrale, les(j[uelles amènent l'air froid du jaidin à la partie basse du caniveau, (irâce à PtcLET. ni. 38
f ir rri f^
Fig. ■:02.
CIlAl'ITRi: \l. — CIIALTFAGK DES SEHKES. 595
ces dispositions, tivs-simplcs (railleurs, les liiy;m\, bien (|ii(> pl;n;és en contre-bas du sol, donnent le remleinent calorili(pii; maximum exactement comme s'ils étaient placés d'une manière apparente dans la serre.
IH92. Les appareils à air chaud saturé, destinés à fournir Tapj)oinl de chaleur nécessaire par les grands froids, en même temps ([u*à faire face aux brusques variations de la température extérieure, sont placés en cave en K, K ; ils desservent de véritables poêles placés verticalement dans le promenoir circulaire; les orifices d'émission d'air sont à environ 3 mètres du sol pour que l'air ne vienne pas frapper sur les fleurs placées sur des gradins à I",;>0 du sol.
3193. Des bouches d'évacuation de l'air vicié sont également placées au bas des marches du promenoir circulaire en E ; elles communiquent toutes avec les deux collecteurs F, F qui viennent déboucher à la base de deux clieminées-pharcs H, placées à droite et à gauche de la cave où sont les appareils.
3l9i. L'orangeiie peut, elle-même, être chauiïée exceptionnellement au moyen d'un calorifère à air chaud K' qui est alimenté par l'air même de l'orangerie pris sur le sol en MM et ramené, après avoir été échaufîé, à des espèces de poêles N,N d'où il retourne dans la salle.
3195. Dans l'orangerie, comme dans le jardin d'hiver, les calorifères à air chaud ne fonctionnent que lorsque la température extérieure est descendue au-dessous de — 5°.
3196. La ventilation du jardin d'hiver ne fonctionne que dans le cas des fêtes ou réunions.
3197. Le chaulFage à eau chaude est elTectué au moyen de deux chaudières de 7", 50 de longueur sur 0™, 80 de diamètre; chacune d'elles est munie d'une batterie de quatre réchauffeurs ayant chacun 7"", 50 de longueur sur 0'",50 de diamètre, fournissant au total une surface de chauffe de lOS""" environ.
Les tuyaux d'eau chaude ont un peu plus de 1"'' de surface de chauffe par mètre courant, ont une longueur de lloO mètres, et par suite, une surface de 1:200""' dans la grande serre ; dans l'orangerie, la longueur des tuyaux est de 210 mètres, soit 220""' de surface de chauffe.
3198. Les petites serres P sont chauffées chacune au moyen d'une petite chaudière donnant issue à des tuyaux placés dans un caniveau demi-circulaire recouvert de grilles; une circulation d'air se
fait autour des tuyaux; Tair est pris j)ar des bouches à fleur de sol en 11, arrive autour du tuyau et ressort par la grille Q.
3199. Lors des expériences qui ont été faites pendant les derniers jours froids de l'hiver 1876-1 877, on a constaté dans le jardin d'hiver une température de 15° alors que la température extérieure était de — 5° ; dans ces expériences les appareils à eau chaude étaient seuls mis en feu, et les appareils à air chaud, dont la puissance est égale à celle des appareils à eau chaude, n'ont pas été allumés une seule fois ; la \itrerie du jardin d'hiver laissait encore beaucoup à désirer.
3200. Dans l'orangerie, les résultats ont été aussi satisfaisants que dans le jardin d'hiver ; on a maintenu une température constante de 8 à 10° centigrades, les vannes étant presque complètement fermées,
3201. Les appareils, tels qu'ils sont installés, permettent donc d'obtenir dans la serre et l'orangerie un excès de température de 30 à 35° sur la température extérieure, ce qui est suffisant dans tous les cas pour parer à toutes les variations de température qui peuvent se produire dans nos climats.
3202. La consommation en combustible a été en moyenne pendant l'hiver 1876-1877 de 1000 kilogrammes de houille par jour.